Josette Spiaggia

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Josette Spiaggia, née le à Alger (Algérie), est un professeur et artiste-peintre orientaliste français.

Elle vit actuellement à Saint-Gilles dans le Gard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Josette Spiaggia est née le à Alger à l’époque de l’Algérie française. Elle est la quatrième de cinq sœurs, son père Joseph étant artisan couturier. Elle connut durant son enfance deux guerres : les bombardements d'Alger pendant la Seconde Guerre mondiale et les événements (attentats, assassinats d'instituteurs...) durant la Guerre d'Algérie.

Les origines des Spiaggia : Trapani (Sicile) est le berceau de la famille Spiaggia. Le nom de famille trouve son origine dans les circonstances tragiques de la découverte de Salvatore Spiaggia (le sauveur de la plage, en italien), nouveau-né abandonné sur une plage de Trapani en 1873 et recueilli par l'assistance publique italienne qui lui donna ce nom à l'état-civil. Traditionnellement, Innocento est le nom que l'assistance publique italienne donnait aux enfants nés de parents inconnus, ce qui veut dire en français Innocent. Néanmoins, le jeune Salvatore reçut ce prénom en hommage à l'anonyme sauveur qui le recueillit et le confia à un orphelinat, et le nom de Spiaggia symbolisant le lieu où il fut trouvé, la plage. Salvatore Spiaggia devint marin pêcheur et épousa Giovanna De Grazia, de 3 ans sa cadette. Ils émigrèrent en Tunisie puis en Algérie française et eurent plusieurs enfants, parmi lesquels Joseph, né en 1909.

Études[modifier | modifier le code]

Jeune élève au groupe scolaire Lazerges, elle a pour professeur de dessin un dénommé Bénisti, qui repère ses talents pour le dessin et l'adresse aux Beaux-Arts avec une lettre de recommandation. Elle est admise avec dispense d'âge à l'École nationale des Beaux-Arts d'Alger en 1951, à l'âge de 12 ans. Elle y passe 4 ans à perfectionner son sens du dessin, du croquis et s'initier à la peinture, et participe aux ateliers de céramique orientale, de modelage et de gravure. Elle obtient en 1952 le premier prix de dessin à l'âge de 13 ans, ex-aequo avec le jeune Gérard Di-Maccio âgé d'un an de plus[3].

En 1955, elle intègre par concours l'École Normale d'institutrices d'Alger (promotion 55-59) (ENIEB), située sur la commune d'El-Biar et plus connue sous le nom d'École Normale d'institutrices de Ben-Aknoun[4]. Elle est l'élève de Jar Durand. Âgée de 16 ans, elle est une des plus jeunes de sa promotion.

Carrière enseignante[modifier | modifier le code]

Sa carrière se distingue par deux particularités : la précocité (elle devient institutrice avant d'être majeure[5], prenant son premier poste à l'âge de 20 ans, à une époque où la majorité était fixée à 21 ans), et la longévité (elle termine sa carrière après 39 ans et 11 mois de services, alors que le taux plein de pension était à l'époque servi aux fonctionnaires au terme de 37,5 annuités.

Elle débute en 1959 comme institutrice à Blida puis à Liebert jusqu'en 1962, avant d'enseigner dans les Vosges après le rapatriement. Elle retourne enseigner en Algérie après l'indépendance, au titre de la coopération, de 1969 à 1972, puis en Allemagne à Trèves de 1972 à 1975. PEGC de 1978 à 1984, puis professeur-correcteur de biologie au CNED jusqu'en 1991, elle termine sa carrière comme professeur-documentaliste en 1999.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Peinture civile[modifier | modifier le code]

Peintre orientaliste « née au pays », elle devient par la suite spécialiste de l’armée d’Afrique. La trilogie guerrier-femme-coursier domine son œuvre avec une intransigeante rigueur documentaire et historique.

Peinture militaire[modifier | modifier le code]

Elle expose au Salon des Poilus d'Orient à Epinal en 1965 et présente ses œuvres et visages d'Algérie Française, puis réalise une sculpture de scène équestre en fer forgé au bénéfice du 7e régiment de tirailleurs algériens d'Épinal en 1967[6]. Elle expose au 40e salon national de peinture et de sculpture des armées à Paris, à l'Orangerie du jardin du Palais du Luxembourg, en 1989. Elle dédie une peinture au capitaine de spahis Laïfa Attaf. Josette Spiaggia a exposé ses œuvres au salon national des peintres de l'Armée (1995, 1997, 2001).

À l'occasion du cinquantième de la fin de la présence française en Algérie, et au sein du Musée de la Cavalerie de Saumur, elle expose ses œuvres orientalistes lors du Carrousel de Saumur de 2012, placé sous le thème de la Cavalerie d'Afrique[7].

À l'occasion du cent-cinquantenaire de la bataille de Camerone, en 2013, elle participe à l'exposition Légionnaire, qui es-tu ? organisée par le 1er REG, dont elle est réserviste citoyenne en qualité de peintre aux Armées[8],[9].

Œuvres acquises par des régiments de l'Armée de Terre

  • Le 7e RTA d'Epinal (devenu depuis le 1er RT) a acquis une œuvre en fer forgé représentant une scène équestre pour décorer la salle du repas du mess des officiers
  • Le 1er REG de Laudun a acquis l'aquarelle Flamme de Baalbek[10] pour décorer sa salle des traditions.

Prix[modifier | modifier le code]

  • Grand Prix d'Honneur de Béziers, 1988
  • Grand Prix International de Nice, 1988
  • Grand Prix de la Baie des Anges, 1988
  • Prix du Salon International de Vittel, 1988
  • Prix du Salon International de Nancy, 1988
  • Grand Prix International de Nice, 1989
  • Prix du 17e salon régional de peinture et de sculpture des Armées de la zone de défense Sud-Est, Nîmes, 1992
  • Diplôme d'honneur du 14e Salon des artistes Rapatriés, Antibes, 1992
  • Diplôme d'honneur du 15e Salon des artistes Rapatriés, Antibes, 1993
  • 2e prix du Salon d'Aix-en-Provence, 1995
  • 3e prix de l'exposition « Biou'Art », Caissargues, 2000

Décorations[modifier | modifier le code]

Sa nomination dans l'ordre du mérite, qui distingue « 54 ans de services civils » en qualité de professeur et artiste-peintre orientaliste, fait suite à une proposition d'initiative citoyenne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. chevalier du 14 novembre 2011 - NOR : PREX1130511D
  2. chevalier du 9 octobre 2012 (promotion du 14 juillet 2012)
  3. J'ai six ans, p.110 (ISBN 978-2-9531009-9-0)
  4. Créée le 18/12/1874 par décret présidentiel, l'école ouvre en 1876 sur la commune de Miliana avant d'être transférée en 1946, sur la commune d'El-Biar dans des locaux ultramodernes. Bien que portant le titre officiel d'ENIEB, l'école sera surtout connue sous le nom d'École normale d'Institutrices de Ben-Aknoun. Source : Site des anciennes élèves
  5. Mémoire de proposition d'initiative citoyenne, détail des services civils (vol. 1), p.1
  6. Spiaggia à l'honneur au Cercle des Officiers, article de L'Est républicain, mai 1967
  7. Article sur www.defense.gouv.fr : http://www.defense.gouv.fr/actualites/memoire-et-culture/la-cavalerie-d-afrique-a-l-honneur-au-carrousel-de-saumur
  8. Article sur www.defense.gouv.fr : http://1reg.legion-etrangere.com/mdl/info_seul.php?id=347&block=22&titre=programme-legionnaire--qui-es-tu&idA=154&block=22&idA_SM=0
  9. Article sur www.defense.gouv.fr : http://1reg.legion-etrangere.com/mdl/info_seul.php?id=349&block=22&titre=presentation-des-contributeurs&idA=156&block=22&idA_SM=0
  10. Flamme de Baalbek sur le site de l'artiste
  11. Décret du 14 novembre 2011 portant promotion et nomination, JORF no 0264 du 15/11/2011, NOR: PREX1130511D