Joseph Rossé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Joseph Rossé
Image illustrative de l'article Joseph Rossé
Fonctions
Député 1928
puis 1932-1940
Gouvernement Troisième République
Groupe politique RDC (1932-1936)
IAP (1936-1940)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montreux-Vieux
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Villeneuve-sur-Lot
Résidence Haut-Rhin

Joseph Rossé est un homme politique alsacien, né le à Montreux-Vieux, dans le Haut-Rhin, et décédé le au Centre de détention d'Eysses (Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne).

Biographie[modifier | modifier le code]

Professeur à l'école primaire supérieure de Colmar, militant régionaliste, il est révoqué de ses fonctions après avoir signé le « manifeste du Heimatsbund »[1] en faveur de l'autonomie de l'Alsace-Moselle et de la préservation des particularités régionales. Il rejoint alors la rédaction de l'Elsässer Kurier (le « Courrier alsacien »), le journal représentant cette tendance politique.

Procès des autonomistes alsaciens (1928).

Il milite également à l'Union populaire républicaine, le grand parti démocrate-chrétien alsacien de l'Entre-deux-guerres. En 1928, le gouvernement français mène un dur combat contre les visées des autonomistes alsaciens. De nombreux militants de l'UPR sont alors accusés d'avoir conspiré contre le gouvernement légal, et inculpés. Joseph Rossé, qui vient d'être élu député, est déchu de son mandat, condamné à un an de prison et à cinq ans d'interdiction de séjour pour complot contre la sûreté de l'État, condamnation partagée avec son camarade de l'UPR Eugène Ricklin.

Amnistié en 1931, il est réélu en 1932 et participe à la création du groupe parlementaire des Républicains du centre, puis, en 1936, après une nouvelle réélection, du groupe des Indépendants d'action populaire.

Tombe de Joseph Rossé.

Farouchement pacifiste et anticommuniste, il approuve les accords de Munich. Soupçonné, en 1939, d'être un agent de la propagande hitlérienne en France, il est à nouveau arrêté et accusé d'atteinte à la sûreté extérieure de la France. Il est successivement transféré dans plusieurs maisons d'arrêt. Les nazis l'en libèrent après la signature de l'armistice et lui accordent le fructueux séquestre des Compagnies d'assurances françaises et il commence à faire campagne pour une Alsace autonome[2]. Gérant de la maison d'édition ALSATIA, il réussi à détourner une partie des crédits alloués par les autorités Allemandes afin de publier clandestinement plus de 405 ouvrages catholiques et antinazis. Il a à cette occasion des contacts avec la Résistance Allemande, notamment le Colonel von Stauffenberg. Ayant échappé à la Gestapo, son apparente collaboration avec les autorités nazies lui vaut toutefois d'être une fois de plus arrêté en février 1945 et jugé en 1947, comme collaborateur. On lui reproche des entretiens téléphoniques espionnés qui l'auraient montré de mèche avec l'Allemagne nazie. Le principal témoin s'étant cependant déclaré incapable de certifier dans le détail les entretiens téléphoniques et Robert Heitz, convoqué comme témoin à charge, ayant en fait parlé à sa décharge, il est condamné à 15 ans de travaux forcés[3] et meurt d'épuisement en 1951 en prison, dans le Sud-Ouest de la France.[4]

Citation[modifier | modifier le code]

« La lutte seule est vie. Qui abandonne la lutte s'avoue faible et vieux. Il est mort, même s'il vit encore physiquement. Qui ne travaille que pour l'argent mène une activité sans joie. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Joseph Rossé », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Unsri Heimet  » Manifeste du Heimatbund (1926)Do sin m'r d'heim », sur blog.unsri-heimet.eu (consulté le 23 novembre 2016)
  2. Robert Heitz, Souvenirs de Jadis et Naguère, 1963, p. 161.
  3. « que, entre parenthèses, il n'avait certainement pas volés » ajoute Robert Heitz, op. cit. p. 162.
  4. Michel Krempper, Aux sources de l'autonomisme Alsacien Mosellan 1871-1945, Yoran, , 386 p. (ISBN 978-2-36747-020-7), p. 343-344

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Baechler, « Joseph Rossé », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 32, p. 3292
  • Michel Krempper, « Joseph Rossé 1892-1951, Alsacien interdit de mémoire », éditions Yoran, 2016, 440 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]