Joseph Picot de Limoëlan
| Joseph Picot de Limoëlan | ||
| Surnom | Chevalier de Limoëlan Tape-à-mort |
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| Naissance | à Nantes (France) |
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| Décès | (à 57 ans) à Charleston (États-Unis) |
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| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Grade | Colonel | |
| Conflits | Chouannerie | |
| Faits d'armes | Prise de Pontorson | |
| Distinctions | Chevalier de Saint-Louis | |
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Le chevalier Joseph Pierre Picot de Limoëlan, né à Nantes le et mort à Charleston aux États-Unis, le , est un militaire français et un chef chouan pendant la Révolution française.
En 1800, il prend part à l'attentat de la rue Saint-Nicaise, mené contre Napoléon Bonaparte, sous la direction de Georges Cadoudal.
Pénitent, il termine sa vie comme prêtre catholique aux États-Unis, sous le nom d'abbé de Clorivière.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Joseph Picot de Limoëlan est le fils de Michel Alain Picot, seigneur de Limoëlan, et de Jeanne Roche de Fermoy. Il est le neveu du R. P. Pierre-Joseph de Clorivière.
À Rennes, il est le camarade de Chateaubriand, leur amitié est savoureusement rapportée dans Mémoires d'outre-tombe, Livre deuxième, chapitre 7.
Révolution et militantisme royaliste
[modifier | modifier le code]Au début de la Révolution, Limoëlan adhère comme son père à l'Association bretonne.
À la suite du démantèlement de l'association, il émigre. Son père, également membre d'une conjuration et un des aides de camp d'Armand Tuffin de La Rouërie, est exécuté à Paris.
De retour en France, il prend part à la Chouannerie et sert dans la division de Médréac. En 1799, il prend temporairement le commandement de la division de Fougères à la place de Boisguy, alors prisonnier, et s'empare de la ville de Pontorson qui ne livre aucune résistance.
Attentat contre Napoléon Bonaparte
[modifier | modifier le code]Après la paix, Limoëlan est envoyé à Paris par Cadoudal et organise avec Pierre Robinault de Saint-Régeant le complot de la « machine infernale », qui faillit tuer Napoléon Bonaparte le jour de Noël 1800.
C'était lui qui était chargé de guetter l'arrivée de la voiture du Premier consul. Mais l'attentat échoue : Bonaparte n'est pas touché, tandis que 22 personnes sont tuées dans l'explosion. Contrairement à Saint-Régeant, Limoëlan parvient à échapper aux recherches de la police de Fouché et quitte Paris[1].
Exil et mort
[modifier | modifier le code]Il montre, le reste de sa vie durant, beaucoup de remords pour son acte ; il abandonne dès lors la lutte et gagne l'Amérique, où il est ordonné prêtre en 1812 sous le nom d'abbé de Clorivière. Il ne retourna jamais en France, et devint aumônier pour le couvent de la Visitation de Georgetown (en), dans la ville du même nom. Il arriva le 13 janvier 1818 et consacra sa vie à sa nouvelle mission. Il vendit son domaine en Bretagne et consacra le produit de sa vente, ainsi que sa pension française, à la construction d'une nouvelle chapelle pour les sœurs. Clorivière lui-même enseigna le français à l'académie, ce qui contribua à augmenter les inscriptions. Il demanda et obtint de son ami Charles X de France un retable, et, par tous les moyens possibles, aida les sœurs dans leur pauvre école – la première école gratuite du district de Columbia. Chaque 25 décembre, il s'enfermait dans sa chapelle ornée des portraits de Louis XVIII et de Charles X, et passait sa nuit en prière, demandant pardon à Dieu pour son rôle dans l'attentat[2],[3],[4],[5].
En 1814, à l'annonce de la chute du Premier Empire, il souhaite rentrer en France mais est convaincu de rester en raison du faible nombre de prêtres aux États-Unis. Il meurt à Charleston, en Caroline du Sud, le [1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- M. Fouéré, « Picot de Limoëlan ou un acteur de la Chouannerie devenu Révérend Père », Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, , p. 14 à 21 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ G. Lenotre, Les grandes heures de la Révolution française, Libraire académique Perrin, (lire en ligne), p. 222
- ↑ André Castelot, Le Grand Siècle de Paris, Perrin (réédition numérique FeniXX), , 444 p. (ISBN 978-2-262-06073-2, lire en ligne)
- ↑ (en-US) John Kelly, « Why is a French nobleman who tried to blow up Napoleon buried in Georgetown? », The Washington Post, (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
- ↑ André Castelot, Bonaparte, t. I, Librairie académique Perrin, , « "Rien ne lui résiste, pas même Dieu!" », p. 549
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères,
- Pierre Le Bastart de Villeneuve, Le vrai Limoëlan : de la machine infernale à la visitation, Editions Beauchesne, (lire en ligne)
- (en) Richard Cain Madden, Joseph Pierre Picot de Limoëlan de Clorivière (1768-1826), Catholic University of America,
- René d'Ambrières, Le fulgurant destin du chevalier de Limoëlan, Versailles, Via Romana, 2023.
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
