Joseph Duruey
| Receveur général des finances Généralité de Poitiers | |
|---|---|
| à partir de | |
| Conseiller d'État |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activité |
| Propriétaire de |
|---|
Joseph Duruey, né en février 1741 et mort guillotiné à Paris le , est un maître des requêtes et financier français.
Seigneur de Sannois, il est nommé sous l'Ancien Régime administrateur du Trésor du roi Louis XVI, puis, au moment de la Révolution, directeur de la Trésorerie nationale.
Biographie
[modifier | modifier le code]Joseph Duruey est le fils de Pierre Duruey (1697-1767) et d'Anne Nicole Loignon de Beaupré. Joseph est baptisé à Paris, le , en la paroisse Saint-Sulpice.
La famille Duruey résidait déjà à Paris au XVIIe siècle. Edmé Duruey, le grand-père de Joseph, y était cocher du duc de Mecklembourg.
Le premier métier de Joseph Duruey est agent de change. Il exerce ensuite la charge de maître des requêtes à Poitiers en 1782[1]. Il achète ensuite la même année une nouvelle charge, celle de secrétaire du roi et obtient le poste de receveur général des finances de la Généralité de Poitiers en 1783.
Il est nommé à la cour de Versailles, trésorier des Affaires étrangères, et « banquier de la cour » en 1787 : il est alors nommé administrateur de la Caisse d'escompte, puis administrateur du Trésor royal. En 1790, il est nommé directeur de la Trésorerie nationale, jusqu'à la proclamation de la République.
Après septembre 1792, il est placé sur la liste des suspects (voir ci-dessous), arrêté puis condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire de Paris et guillotiné le 28 ventôse de l'An II (), sur la place de la Révolution à Paris. Il est inhumé à la Chapelle expiatoire.
Selon un inventaire établit le 15 octobre 1795 par ses héritiers[2], il était propriétaire de domaines à Sannois, Berthaud[Où ?], Fosse, Gaillefontaine, de deux maisons à Paris acquises en 1784[3] et 1790[4] d'une valeur de 3 millions de livres et enfin, du château de Mortefontaine[5] : le , Joseph Duruey et son épouse, Jeanne Morin, achètent à Louis Le Peletier de Mortefontaine, le château de Mortefontaine dans l'Oise. Le domaine est confisqué par l'État, comme Bien national, après la condamnation de Duruey, en 1794. C'est Joseph Bonaparte qui s'en portera acquéreur par acte du . L'ensemble de ses biens meubles est, lui, vendu à Paris le 21 juin 1797[6].
Famille
[modifier | modifier le code]Joseph Duruey épouse à Paris le en l'église Saint-Eustache, Jeanne Morin, qui lui donne deux filles :
- Antoinette, (1768-1816). Elle épouse Vincent Philippe de Laage de Bellefaye (1764-1824), fils de Clément de Laage, ancien fermier général, guillotiné comme Joseph Duruey, en 1794. Le jeune ménage de Laage de Bellefaye est à l'origine d'une nombreuse postérité.
- Angélique, (1770-1851). Elle épouse Antoine Pierre de Chaumont de La Galaisière (1759-1846).
Duruey, trésorier devenu suspect sous la Révolution
[modifier | modifier le code]Après juillet 1789, Joseph Duruey, ancien administrateur de la Trésorerie royale, est maintenu à son poste avec le titre d'administrateur de la Trésorerie nationale, sous les régimes de l'Assemblée nationale constituante (-) et de l'Assemblée nationale législative (-). Pendant ces périodes, il est également confirmé à son poste d'administrateur de la Caisse d'escompte, laquelle entre en liquidation.
Le , l'Assemblée, informée des besoins urgents de l'État, décrète la levée d'un grand emprunt national de 30 millions dont l'émission est confiée aux soins de Joseph Duruey.
Le , le roi autorise Joseph Duruey à signer et à délivrer à la Caisse d'escompte, pour un montant de cent soixante dix millions de livres en assignats, conformément aux décrets votés par l'Assemblée nationale les 19 et . Cette somme, considérable, représente alors l'exact besoin de l'État pour couvrir l'ensemble des dépenses extra-budgétaires.
En février 1791, le roi aurait informé en grand secret Joseph Duruey de son intention de quitter Paris. Pour financer son projet, le roi aurait sollicité un prêt de son fidèle trésorier [7]. La fuite manquée de Louis XVI et son arrestation à Varennes, les 20 et 21 juin 1791, entraîne la séquestration de la famille royale aux Tuileries.
Selon les actes enregistrés en au cours du procès du roi, il ressort que[8] :
« En fin de compte final de cette expédition de Varennes, le projet par le roi est arrêté le 16 avril dernier sur une lettre signée Choiseul-Stainville (Liasse D02)... Nous estimons qu'elle a couté 6 066 800 livres à la liste civile, dont 3 200 000 livres avaient été empruntées au sieur Duruey dans les mois de février et d'avril 1791. Le reste fut fourni par le trésorier Setpteuil depuis mai jusqu'en juin. »
Donc, Joseph Duruey a bien prêté au roi la somme de plus de 3 millions de livres, à un taux d'intérêt de 5 %, prélevée sur sa cassette personnelle. La fuite avortée du roi à Varennes les 20 et , n'avait pas permis aux révolutionnaires de découvrir l'origine de ce financement et Joseph Duruey ne semble pas avoir été recherché comme complice à cette époque. Sa position d'administrateur de la Trésorerie nationale ne lui permettant pas de détacher des fonds publics au profit du souverain. En revanche, Jean-Baptiste Tourteau de Septeuil, ancien valet de chambre et confident de Louis XVI, venait d'être nommé trésorier de la liste civile - indépendante de la Trésorerie nationale depuis 1790 - et, à ce titre, il pouvait disposer librement des fonds au profit du roi. Pour sa part, Septeuil a réussi à échapper aux poursuites des commissaires chargés de l'arrêter en 1792. Il a survécu jusqu'en 1812.
Toutefois, à la suite de la prise du palais des Tuileries en date du , sous le régime de la Convention nationale, le ministre de l'intérieur Jean-Marie Roland de La Platière découvre une Armoire de fer dissimulée dans le mur des appartements royaux et communique à l'Assemblée des documents compromettant gravement l'entourage de Louis XVI, et notamment les relevés de comptes de Joseph Duruey[9].
Emprisonné à la Conciergerie Joseph Duruey, est condamné à mort comme conspirateur, le 28 ventôse de l'an 2, () et guillotiné le même jour.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Sylvie Nicolas, « Les derniers Maîtres des requêtes de l'ancien Régime (1771-1789) », in: Dictionnaire prosolographique', vol. 51, Mémoires et documents de l'École des chartes, 1998.
- ↑ Convention nationale. Décrets, no 1103, séance du 22 vendémiaire an 4, p. 4 — sur Gallica
- ↑ Le 28 juillet 1784, Duruey et son épouse se portent acquéreurs du grand et petit hôtel rue de Richelieu loués à la famille Cottin, et appartenant au père de Jean André Louis Rolland de Villarceaux, in: Auguste Vitu, La Maison mortuaire de Molière : d'après des documents inédits, avec plans et dessins, Paris, A. Lemerre, 1882, p. 276 — sur Gallica.
- ↑ La seconde maison se trouve au 93 rue de Lille — in: Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie du VIIe arrondissement de Paris, Paris, 1930, p. 158 — sur Gallica.
- ↑ Gustave Macon et Edmond Paulmier, « Montmélian, Plailly, Bertrandfosse et Mortefontaine », Comité archéologique de Senlis, Comptes rendus et mémoires, Senlis, Imprimerie Eugène Dufresne, 5e série, vol. II, , p. 145 (lire en ligne)
- ↑ Geneviève Mazel, « Les grandes heures de Mortefontaine », in: Bulletin no 59-60, Beauvais, 1993; (Gemos)
- ↑ André Castelot, Le Rendez-vous manqué de Varennes, Librairie académique Perrin, 1971, p. 47.
- ↑ Poncelin de La Roche-Tilhac, Le procès de Louis XVI ou collection complète des opinions, discours et mémoires des membres de la Convention nationale sur les crimes de Louis XVI, Debarle, 1795. T.1, p. 7.
- ↑ Dufriche-Valazé, député du département de l'Orne, Rapport fait à la convention nationale au nom de la commission extraordinaire des VINGT-QUATRE, le 6 novembre 1792, l'an Ier de la République, sur les crimes du ci-devant roi, dont les preuves ont été trouvées dans les papiers recueillis par le Comité de Surveillance de la Commune de Paris, Imprimé par ordre de la Convention nationale.(Parmi les dossiers, figuraient les traites au bénéfice de Duruey, portant la signature et le sceau de Louis XVI)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]
- « Portefeuille en cuir rouge au nom de J. Duruey (1790) », site de Richard Redding Antiques