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Joseph Diez Gergonne

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Joseph Diez Gergonne
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Recteur de l'académie de Montpellier
-
Victor de Bonald (en)
Augustin Théry (d)
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Point de Gergonne, Gergonne line (d), théorème de Gergonne, contact triangle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Joseph Diez Gergonne, né le à Nancy et mort le à Montpellier, est un mathématicien et universitaire français, fondateur de la plus ancienne revue consacrée aux mathématiques, qu'il publie mensuellement de 1810 à 1832.

Après un passage dans les armées de la Révolution (1792-1795), notamment à Valmy (septembre 1792), il est d'abord professeur de l'enseignement secondaire à Nîmes (1795-1816), puis professeur d'université à Montpellier (1816-1830), enfin recteur de l'académie de Montpellier (1830-1844).

Il est principalement connu comme l'éditeur des Annales de mathématiques pures et appliquées, couramment appelées Annales de Gergonne, première revue de mathématiques au sens moderne du terme : journal spécialisé, durable et d'une périodicité régulière, atteignant une notoriété nationale et internationale.

Sa polémique avec Jean-Victor Poncelet sur la paternité du principe de dualité de la géométrie projective est aussi restée célèbre.

Origines familiales et formation

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Dans les armées de la Révolution (1791-1795)

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Gergonne entre dans l'armée en 1791, au début de la Révolution française, mais avant le début de la longue période de guerres qui commence en avril 1792.

Le 20 septembre 1792, il participe à la bataille de Valmy contre l'armée prussienne. Le lendemain, la Convention nationale proclame la république.

En 1794, il fait partie de l'armée menant la guerre contre l'Espagne, avec qui la République française est entrée en guerre le 7 mars 1793. Cette guerre prend fin le 22 juillet 1795, par le second traité de Bâle[1] qui rétablit la paix entre les deux pays.

Carrière universitaire (1795-1844)

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Il revient à la vie civile en 1795, en occupant la chaire de géométrie transcendante à l'école centrale de Nîmes, sur laquelle il est recruté par concours.

En 1810, il lance la publication de ses Annales, notamment parce qu'il a des difficultés à faire publier ses travaux. Cette entreprise va se prolonger pendant vingt-deux ans.

En 1816, il est nommé sur la chaire d'astronomie de la faculté des sciences de l'université de Montpellier. Il inaugure aussi un cours de philosophie des sciences, ayant notamment pour élève John Stuart Mill.

Nommé recteur de l'académie de Montpellier en 1830, il cesse de publier ses Annales quelque temps plus tard (tome 22).

Il est admis à la retraite en 1844.

Mort et funérailles

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Mort en 1859, il est inhumé au cimetière Saint-Lazare de Montpellier.

La faculté des sciences de Montpellier achète alors sa bibliothèque. L'université de Montpellier conserve aujourd'hui dans ses collections des cours manuscrits et des lettres de sa main, ainsi qu'un portrait par Charles Matet.

Les Annales de mathématiques pures et appliquées

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Motifs de l'entreprise selon le Prospectus de Gergonne

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Même s'il ne l'exprime qu'en filigrane dans le Prospectus, sorte d'éditorial figurant en tête du premier numéro de ce périodique, on voit, dans les intentions et les publics visés qu'il affiche dans ce document, qu'une frustration est à l'origine du lancement depuis la lointaine province de Nîmes du premier grand journal de l'histoire des mathématiques : l’isolement dans lequel il se sentait, comme celui de nombre d’autres mathématiciens enseignant en province ou de militaires (anciens polytechniciens ou pas) isolés dans leurs cantonnements ou écoles, y enseignant parfois les mathématiques ou des techniques y faisant appel et qui souhaitaient eux aussi enrichir leur science de leurs propres avancées (résolution de problèmes, démonstrations de théorèmes, etc.).

Articles de Gergonne dans ses Annales

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Le journal fait la part belle à la géométrie, spécialité de son fondateur, qui y publia lui-même environ deux cents articles.

Il donne aussi à son journal de nombreux articles et essais de philosophie (il crée d'ailleurs une rubrique spécifique intitulée « Philosophie mathématique »), et s'en sert de tribune pour y exposer ses positions aussi bien sur la science en général et sur les mathématiques en particulier, que sur l'enseignement et la politique de son temps.

Dans le tome 7 (1816-1817), Gergonne publie un important essai de logique, Variétés. Essai de dialectique rationnelle (p. 189-228).

Autres auteurs publiés

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De nombreux mathématiciens célèbres y publient également, le journal, du fait de son succès, attirant à partir de 1820 les meilleurs mathématiciens français mais aussi étrangers : Jean-Victor Poncelet, Michel Chasles, Charles Julien Brianchon, Charles Dupin, Évariste Galois, André-Marie Ampère, le Suisse Jakob Steiner, le Prussien Julius Plücker, le Piémontais Gaspard-Michel Pagani, le Britannique William Henry Fox Talbotetc.

Autres travaux de Gergonne

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Vue d'ensemble

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La controverse Gergonne-Poncelet

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Cette controverse est connue dans le milieu des mathématiciens[2].

Notes et références

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  1. Le premier traité de Bâle (5 avril 1795) est un traité de paix avec le royaume de Prusse.
  2. Voir par exemple

Bibliographie

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  • (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « Joseph Diaz [sic] Gergonne », sur MacTutor, université de St Andrews.
  • Le « Prospectus » de Gergonne dans le premier numéro de ses Annales (), commenté par Christian Gérini sur le site Bibnum [lire en ligne].
  • Jean Dhombres et Mario Otero, « Les Annales de mathématiques pures et appliquées : le journal d’un homme seul au profit d’une communauté enseignante », dans : Ausejo, Elena et Mariano Hormigon (éd.), Messengers of Mathematics : European Mathematical Journals (1800-1946), Madrid, Siglo XXI de España Editores, 1993, p. 3˗70.
  • Christian Gérini, Les Annales de Gergonne : apport scientifique et épistémologique dans l'histoire des mathématiques (thèse soutenue à l'université Aix-Marseille, 2000), Éditions du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2002.
  • Christian Gérini, « Le premier Journal de mathématiques », Pour la science, n° 332, .
  • Christian Gérini et Norbert Verdier, « Les Annales de Mathématiques : des Annales de Gergonne au Journal de Liouville », Quadrature, no 61, juillet-, Paris, EDP Sciences, 2006.
  • Christian Gérini, « Le recteur de la monarchie de Juillet et la culture des élites. Joseph-Diez Gergonne (1771˗1859). Le zèle d’un fonctionnaire et l’esprit critique d’un libre penseur », dans : Jean-François Condette et Henri Legohérel (éd.), Le Recteur d’académie. Deux cents ans d’histoire, Paris, Cujas, 2008, pp. 53˗74
  • Luce Giard, « La « dialectique rationnelle » de Gergonne », Revue d'histoire des sciences, vol. 25, no 2,‎ , p. 97-124 (DOI 10.3406/rhs.1972.3284)
  • (en) Laura Guggenbuhl, « Note on the Gergonne point of a triangle », American Mathematical Monthly, LXIV : 3, 1957, p. 192˗193.
  • Mario Otero, « Joseph-Diez Gergonne (1771-1859). Histoire et philosophie des sciences », dans : Centre François Viète (Université de Nantes), Sciences et techniques en perspective, 302, 1997.

Articles connexes

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Liens externes

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