Joseph Delteil (poète)

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Joseph Delteil
Biographie
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Nationalité
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Distinction
Œuvres réputées

Joseph Delteil est un écrivain et poète français né le à Villar-en-Val dans l'Aude et mort le à Grabels dans l'Hérault.

Biographie[modifier | modifier le code]

Inscription à la maison de Delteil à Pieusse.

Joseph Delteil est né dans la ferme de La Pradeille, d’un père bûcheron-charbonnier et d’une mère « buissonnière ». Joseph Delteil vit les quatre premières années de son enfance à la Borie (construction de pierres sèches) de Guillamau, à 30 kilomètres au sud de Carcassonne, dans le Val de Dagne. De cette masure, il ne reste aujourd’hui que des moignons de murs, que l'on peut toujours voir en randonnant sur le « Sentier en poésie » à l'entrée duquel on peut lire « Ici le temps va à pied » créé par Magalie Arnaud, maire de Villar-en-Val, et ses amis pour honorer la mémoire du poète.

En 1898, son père achète une parcelle de vigne à Pieusse (30 kilomètres plus loin du côté de Limoux). C’est là, dira Delteil, son « village natal », au cœur du terroir de la Blanquette de Limoux, « où le paysage s’élargit, où l’on passe de la forêt au soleil, de l’occitan au français ». Il y demeure jusqu’à son certificat d’étude (1907), puis il intègre l’école Saint-Louis à Limoux. Il est ensuite élève au collège Saint-Stanislas (petit séminaire) de Carcassonne.

La parution, en 1922, de son premier roman Sur le fleuve Amour attire l'attention de Louis Aragon et André Breton pour qui cette œuvre « dédommageait de tant de diables au corps »[1]. Delteil collabore à la revue Littérature et participe à la rédaction du pamphlet « Un cadavre » écrit en réaction aux funérailles nationales faites à Anatole France (octobre 1924). Breton le cite dans son « Manifeste du surréalisme » comme l'un de ceux qui ont fait « acte de surréalisme absolu »[2].

Le 24 mai 1924, à la Soirée du Claridge où l'ancien Corps des Pages de Russie donne un bal de bienfaisance, un défilé de mode avec des costumes de Sonia Delaunay illustre un poème de Joseph Delteil La Mode qui vient. « L'apparition de ce groupe souleva les applaudissements de la mondaine assemblée[3]. »

La publication, en 1925, de Jeanne d'Arc, ouvrage récompensé par le Prix Femina, suscite le rejet des surréalistes et de Breton en particulier, malgré le scandale déclenché par ailleurs en raison de la vision anticonformiste de la Pucelle d'Orléans. Cette œuvre est, pour Breton, une « vaste saloperie ». Delteil participe au premier numéro de La Révolution surréaliste, mais après un entretien dans lequel il déclara qu'il ne rêvait jamais, il reçut de Breton une lettre de rupture[4].

En 1931, il tombe gravement malade et quitte la littérature et la vie parisienne pour le sud de la France. En 1937, il s'installe à la Tuilerie de Massane (à Grabels près de Montpellier) où il mène jusqu'à sa mort une vie de paysan-écrivain, en compagnie de sa femme, Caroline Dudley, qui fut la créatrice de la Revue nègre.

Dans sa retraite occitane, il entretient de solides amitiés avec les écrivains (Henry Miller,...), les poètes (Frédéric Jacques Temple,...), les chanteurs (Charles Trenet, Georges Brassens), les peintres (Pierre Soulages), les comédiens (Jean-Claude Drouot,...). En publiant, en 1968, La Deltheillerie, il retrouve un peu de la notoriété des années 1920, soutenu par des personnalités comme Jacques Chancel, Jean-Louis Bory, Michel Polac, Jean-Marie Drot.

Il est enterré, ainsi que sa femme Caroline, décédée en 1982, au cimetière de Pieusse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Cœur grec (1919)
  • Le Cygne androgyne (1921)
  • Sur le Fleuve Amour (1922)
  • Choléra (1923)
  • Les Cinq sens (1924)
  • Jeanne d'Arc (1925, Prix Femina)
  • Le Discours aux oiseaux par Saint François d'Assise (1925)
  • Les Poilus (1925)
  • Mes amours...(...spirituelles) (1926)
  • Allo ! Paris (1926)
  • Ode à Limoux(1926)
  • Perpignan (1927)
  • La Jonque de porcelaine (1927)
  • La Fayette (1928)
  • Le Mal de cœur (1928)
  • De J.-J. Rousseau à Mistral (1928)
  • Il était une fois Napoléon (1929)
  • Les Chats de Paris (1929)
  • La Belle Corisande (1930)
  • La Belle Aude (1930)
  • Don Juan (1930)
  • La Nuit des bêtes (1931)
  • Le Vert Galant (1931)
  • A la Belle étoile (1944)
  • Jésus II (1947)
  • François d'Assise (1960) - rééd. 2009
  • Œuvres complètes (1961)
  • La Cuisine paléolithique (1964) - éditions Robert Morel, Grand Prix international de littérature gastronomique 1965
  • La Deltheillerie (1968)
  • Le sacré corps (1976)
  • Correspondance privée Henry Miller-Joseph Delteil, Paris, Pierre Belfond, 1980 (préface, traductions et notes de Frédéric Jacques Temple)
  • Musée de marine (1990)
  • Les Prisonniers de l'infini (1994)
  • Le Maître ironique (1995)
  • L'Homme coupé en morceaux (2005)

Travaux consacrés à Joseph Delteil[modifier | modifier le code]

  • André de Richaud, Vie de saint Delteil, Paris, La Nouvelle Société d'Édition, 1928.
  • Maryse Choisy, Delteil tout nu, Paris, éd. Montaigne, 1930.
  • Christian Chabanis, « Joseph Delteil au cœur du monde » in Le Figaro Littéraire, 30 décembre 1961.
  • Claude Schmitt, « Joseph Delteil ou l'épithète introuvable » in revue L'Honneur, 1970.
  • Collectif s/d de Claude Schmitt, Delteil est au ciel !, Alfred Eibel Éditeur, 1979.
  • Robert Briatte, Joseph Delteil, coll. « Qui êtes-vous ? », Lyon, La Manufacture, 1988.
  • Jean-Marie Drot, Joseph Delteil prophète de l'an 2000, Imago, 1990.
  • Jean-Louis Malves, Delteil en habit de lumière, Éditions Loubatières, 1992
  • Collectif s/d de Robert Briatte, Les Aventures du récit chez Joseph Delteil, Montpellier, Éd. de la Jonque/Presses du Languedoc, 1995
  • Collectif s/d de Denitza Bantcheva, Joseph Delteil, coll. « Les Dossiers H », L'Âge d'homme, 1998.
  • Denis Wetterwald, Joseph Delteil. Les escales d'un marin étrusque, Christian Pirot éditeur, 1999.
  • Guy Darol, Joseph Delteil brille pour tout le monde, Samuel Tastet éditeur, 2006.
  • Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, Joseph Delteil : une œuvre épique au XXe siècle, destinées du héros et révolution du récit, Éditions IDECO, 2006.
  • « Les Riches heures de Joseph Delteil » Metz, imprimerie Jean Vodaine, 1977. Numéro triple (23,24,25 )de la revue Dire. Typographie au plomb par Arthur Praillet. Pur chiffon de Lana. 50 exemplaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Allusion au roman de Raymond Radiguet « Le Diable au corps » qui connut un grand succès et fut unanimement détesté des surréalistes.
  2. Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, coédition Office du livre, Fribourg (Suisse) et Presses universitaires de France, Paris, 1982, page 123
  3. Georges Le Rider, Florence Callu, Jean Toulet, Sabine Coron, Sonia & Robert Delaunay, Paris, éditions de la Bibliothèque nationale de France, (ISBN 2-7177-1388-3), p. 83
  4. Biro & Passeron, page 123

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