Joseph Davrichachvili

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Joseph Davrichachvili
იოსეფ დავრიშაშვილი
Biographie
Naissance
Décès
(à 92-93 ans)
Paris (France)
Surnom
Joseph Davrichewy, dit Sosso
Pseudonyme
Jean ViolanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
russe, géorgienne, française
Domicile
Activités
Contre-espionnage, pilote, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Anéta Tchidjavadzé,
Parentèle
Joseph Staline (demi-frère)
Kéthévane Davrichewy (petite-fille)
Irakli (petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Conflit
Distinctions

Joseph Davrichachvili, dit Davrichewy[1] (en géorgien : იოსეფ დავრიშაშვილი), né le à Gori (en Géorgie, à l’époque dans l’Empire russe) et décédé en 1975 à Paris, a été un révolutionnaire géorgien, un aviateur français durant la Première Guerre mondiale, un agent de contre-espionnage français et un écrivain[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Géorgie, enfance et clandestinité[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille géorgienne, dont le père, Damien Davrichachvili (1840-1922), est préfet de police de la ville. Il grandit à 80 kilomètres de Tiflis et parmi ses compagnons d’enfance se trouve Joseph Djougachvili (le futur Staline) dont la mère était au service de sa famille ; des rumeurs, basées sur leur ressemblance physique et les mémoires de villageois, les donnent pour demi-frères. Kéthévane Davrichewy, son arrière-petite-fille, en tirera en 2016 un livre, L'Autre Joseph (prix des Deux Magots 2017)[3]. Après l’école paroissiale, il est inscrit au lycée de la perspective Golovinski (devenue avenue Roustavéli), l'un des établissements les plus renommés de la capitale géorgienne, réservé aux élèves russes et géorgiens de la bourgeoisie. Le jeune Sosso sympathise avec les sociaux-fédéralistes qui militent pour une autonomie géorgienne au sein de l’Empire russe. Son père l’envoie poursuivre ses études en France, à la Sorbonne, pour le dégager de la tentation révolutionnaire.

Dès les premiers troubles annonçant la révolution de 1905, il regagne son pays clandestinement et s’enrôle dans la branche armée du mouvement social-fédéraliste géorgien. À ce titre, il participe aux attaques de banques et du trésor public - qualifiées d’expropriations - afin d’alimenter les caisses du mouvement ; il en prend rapidement le commandement. La plus célèbre expropriation est celle de la trésorerie de Doucheti à l’issue de laquelle il s’empare de 375 000 roubles (2 ou 3 millions de dollars d’aujourd’hui)[4]. Il agit parallèlement à l’autre Sosso, Joseph Djougachvili, enrôlé dans la branche armée du Parti bolchévik et qui partage des objectifs similaires. Le , il prend part au soulèvement général de Tiflis. Le , il est présent lors de l’attentat attribué aux Bolcheviks et qui coûte la vie au Général Griaznov, commandant des Cosaques[4]. Devant la répression exercée par l’armée russe, et l’infiltration de la police politique, l’Okhrana, la révolution s’essouffle et sa sécurité n’est plus assurée. Dans un dernier sursaut, à partir de Kobouleti, sur la côte de la mer Noire, il décide de l’expropriation d’un paquebot russe, le Pouchkine : le groupe armé, déguisé en moines, s’empare des sacs postaux destinés aux banques d’Odessa et prend la direction de l’Ouest vers Constantinople et Marseille. Arrivé à bon port, il évite l’arrestation à l'inverse de certains de ses comparses [4].

L’exil définitif[modifier | modifier le code]

Proscrit pour la deuxième fois en Suisse, il est cette fois arrêté puis relâché. Son épouse, Anéta Tchidjavadzé, donne naissance à Lausanne, en 1907, à leur fils David[5],[6].

Il gagne la France, passe son brevet de pilote le [7] et s’engage dans l’aviation militaire française à la déclaration de la Première Guerre mondiale sous le nom de Jacques Davri.

En 1919, il a un deuxième fils avec une infirmière polonaise, qui deviendra le comédien français Serge Davri.

Il entre dans les services secrets français sous les ordres du commandant Ladoux, au contre-espionnage, il est chargé de surveiller Marthe Richard, avec qui il a une liaison et qu’il innocente.

De 1939 à 1944, sous le nom de Jean Violan, il dirige le 2e Bureau clandestin des engagés volontaires étrangers à Saint-Amand-Montrond (Cher) et mène des actions contre la Milice française et l'occupant allemand[8]. Son parcours est reconstitué en , lors d'une enquête du journal Le Berry : il agit clandestinement tour à tour à partir de l'hôtel Chevrette en septembre et , puis à partir du 20 route de Bourges en [9].

Le , il demande un droit de réponse au rédacteur en chef de la revue Rivarol qui a fait état de son lien de parenté avec Staline : Si le fait que Sosso Djougachvili (Staline) est le fils de mon défunt père Damien Davrichewy est officiellement établi, alors dans les veines de Staline coulait le sang des Croisés français. En effet, ma famille est phrangui-catholique (franc) descendante des Croisés (franc) français réfugiés comme d'ailleurs plusieurs autres familles phrangui géorgiennes au cours des croisades et après la destruction du royaume franc en Syrie. D'après la tradition, les lointains aïeux de ma famille sont des ressortissants du Berry[10].

Le , la Télévision suisse romande diffuse dans son émission Continent sans visa un document du journaliste Jean-Pierre Goretta et du réalisateur Alain Tanner, intitulé Russes blancs, dans lequel il traite les Russes blancs de cadavres ambulants, réitère le fait qu'il est le demi-frère de Staline et affirme qu'il a passé à tabac deux fois Léon Trotski.

Il meurt à Paris en 1975.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1933 : Dans l’air et dans la boue. Mes missions de guerre par Jean Violan, Éditions du Masque, (ASIN B001AFQN00).
  • 1934 : Souvenirs et récits contés le par Pierre Ducas Courtes, Louis Bechereau, Gaubert, de Davrichewy, Éditions du Comité des œuvres sociales du Ministère de l'air, (ASIN B001D6FD7U).
  • 1936 : Astrakan, l’espion du Quartier latin par Jean Violan, Édition Baudinière, Paris.
  • 1979 : Ah! ce qu'on rigolait bien avec mon copain Staline, Édition J.C. Simoën, Paris (à titre posthume).

Décorations[modifier | modifier le code]

Il était titulaire de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre 1914-1918 et de la Croix de Saint Georges.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Davrichachvili a porté plusieurs prénoms, Jean ou Jacques et plusieurs noms Davrichewy, Davritschevy, Davri, Violan.
  2. Colisée : « Joseph Davrichewy ».
  3. Kéthévane Davrichewy : « L’Autre Joseph » sur le site des éditions Sabine Wespieser.
  4. a b et c Joseph Davrichewy : « Ah ! Ce qu’on rigolait bien avec mon copain Staline », Édition Jean-Claude Simoën, Paris, 1979, (ISBN 2-7313-0112-0).
  5. David Davrichachvili (1907-1987), dit Datho, fils de Joseph Davrichachvili, vivra tour à tour en Suisse, en Géorgie, en France, retournera en Géorgie et reviendra en France : il aura une nombreuse descendance par ses deux mariages, l’une avec Marguerite Matignon portera le patronyme de Davrichewy, l’autre avec Tamar Vatchnadzé portera le patronyme de Davrichachvili ; son fils Artchil Davrichachvili, archiprêtre, est recteur de la paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris.
  6. Geneanet : « Davrichachvili ».
  7. Le Bloc-Notes de l’aérophile, page 7 : « Davrichewy (de) Joseph dit Jacques. Brevet n° 1138 ».
  8. Jean Débordes feuillette l’Histoire : « Saint-Amand-Montrond ».
  9. Archives départementales du Cher. La Seconde Guerre mondiale dans le Cher. Fonds du cabinet Préfet, page 51.
  10. Lettre de Joseph Davrichewy à Rivarol

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]