Joseph-Alphonse de Véri

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Joseph-Alphonse de Véri
Naissance
Séguret
Décès
Avignon
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
éminence grise de Maurepas
Formation
études à la Sorbonne

Joseph-Alphonse de Véri est un ecclésiastique français né à Séguret (Comtat Venaissin) le et mort à Avignon le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Louis de Véri, descendant d'une noble famille florentine installée dans le Comtat Venaissin depuis le XVe siècle, et de Jeanne de Crillon, Joseph-Alphonse de Véri fit ses études à la Sorbonne à Paris, dont il sortit docteur en théologie. Il eut pour condisciples les abbés de Boisgelin, de Cicé, Loménie de Brienne et Turgot, dont il devint l'intime.

Carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

En 1745, alors qu'il n'était encore que diacre, son oncle, Jean-Louis de Berton des Balbes de Crillon, archevêque de Narbonne, le nomma chanoine honoraire de cette ville. La même année, il fut député par le diocèse d'Embrun à l'Assemblée du clergé et introduit auprès de René Charles de Maupeou, Premier président du Parlement de Paris, qui lui fit obtenir la commende de l'abbaye de Saint-Satur en Berry.

Ordonné prêtre en 1749, il devint grand vicaire de l'archevêque de Bourges, Frédéric-Jérôme de La Rochefoucauld. Il y arriva peu après Maurepas, qui venait de tomber en disgrâce, et logeait dans un petit pavillon dépendant du palais de l'archevêque, son cousin. Le ministre en exil ne tarda pas à faire la conquête du jeune abbé qui, en retour, exerçait une influence réelle sur M. et Mme de Maurepas.

Voyages en Europe[modifier | modifier le code]

Désireux d'entrer dans la diplomatie, l'abbé de Véri voyagea en Suisse et en Allemagne puis à Vienne où il fréquenta assidument l'ambassade de France. Il fut rappelé en France en raison du décès du cardinal de La Rochefoucauld (1757) et, privé de l'influence de son protecteur, n'obtint pas la nomination escomptée, malgré l'arrivée du cardinal de Bernis, avec qui il était lié, à la tête du département des Affaires étrangères. Quand Choiseul lui succéda, les Maurepas firent intervenir en faveur de Véri le Dauphin et le duc de Nivernais (beau-frère de Maurepas) et finirent par obtenir pour lui une nomination comme auditeur de Rote à Rome.

Véri accepta à contre-cœur. Il s'acquitta de sa tâche avec conscience, mais les subtilités de la procédure ecclésiastique l'ennuyaient. Il resta dix ans à Rome, où ses fonctions lui permirent d'accumuler une véritable fortune en bénéfices ecclésiastiques. Il avait alors 200 000 livres de rentes et menait grand train, voyageant en voiture à six chevaux et entretenant une nombreuse domesticité. Grâce à la bienveillance du duc d'Aiguillon, devenu secrétaire d'État aux Affaires étrangères, il put rentrer à Paris en 1772.

Influence politique[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, à l'avènement de Louis XVI, son ami Maurepas devint tout puissant. L'abbé de Véri exerçait toujours sur lui un ascendant considérable. On avait coutume de dire que : « M. de Maurepas ne fait rien sans consulter sa femme et Mme de Maurepas n'agit que suivant les conseils de l'abbé de Véri. » C'est suivant son avis que Turgot fut nommé secrétaire d'État à la Marine, et il parvint également, pour les Affaires étrangères, à faire écarter Breteuil, candidat de Marie-Antoinette, au profit de Vergennes. Il aurait pu devenir ministre, mais il ne voulut pas solliciter. Mais il était au cœur des affaires du gouvernement, conseillant les uns et les autres et notant ses observations dans son Journal qui constitue un document de premier ordre sur le règne de Louis XVI. Après la mort de Maurepas, on dit que le Roi lui-même consultait souvent l'abbé de Véri.

Période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

En 1789, il quitta Paris pour aller s'établir dans le Comtat avec ses deux sœurs, religieuses ursulines que la Révolution avait chassées de leur couvent de Valréas. Après quelques années passées à la campagne, il s'installa à Avignon vers 1792. Bien qu'il eût prêté le serment civique, il fut arrêté le 29 décembre 1793 et incarcéré au couvent de la Miséricorde d'Avignon. Condamné à mort, il fut sauvé par le 9 thermidor et sortit de prison le 10 octobre 1794. Il mourut le 28 août 1799.

Résidences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jehan de Witte, « Notice sur l'abbé de Véri », Journal de l'abbé de Véri, Paris, Jules Tallandier, 2 vol., 1928.