Joseph-Xavier Delfau de Pontalba

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Joseph-Xavier Delfau de Pontalba
Portrait JX de Pontalba 1809.png
portrait de Joseph-Xavier de Pontalba par Edme Quenedey en 1809
Titres de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
Nationalités
Activité
Père
Mère
Marguerite Broutin
Conjoint
Louise Le Breton des Charmeaux
Enfant
Célestin Delfau de Pontalba
signature de Joseph-Xavier Delfau de Pontalba
signature


Joseph-Xavier Delfau de Pontalba, ou Joseph-Xavier de Pontalba né le 11 février 1754 à La Nouvelle-Orléans et mort le 20 octobre 1834 à Mont-l'Évêque est un officier français et espagnol, ainsi qu'un baron d'empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Service dans l'armée[modifier | modifier le code]

Né à La Nouvelle-Orléans, Joseph-Xavier est envoyé à quatre ans en France pour son éducation. Il entre dans l'armée française en 1771 où il sert dans le régiment provincial de Montauban puis dans celui de la Guadeloupe en qualité de sous-lieutenant.

En 1777, il est impliqué dans un duel avec un Monsieur de Vigier qui faisait également partie du régiment de Guadeloupe. Vigier le fuit, mais Joseph-Xavier le poursuivra jusqu'en France avec l'accord de ses camarades et supérieurs, si bien qu'il eut des comptes à rendre au tribunal des maréchaux à Versailles en 1778[1].

En 1779, il participe au siège de Savannah, où il s'illustre, dans le cadre de la Guerre d'Indépendance Américaine. Alors capitaine, il démissionne en 1784 et regagne sa Louisiane natale qui se trouve alors sous domination espagnole. Il s'y lance dans le commerce. Alors que la Révolution Française fait rage, il s'engage dans l'armée espagnole et se retrouve capitaine du régiment de la Louisiane en 1790, puis lieutenant-colonel en 1791[2]. Il vend, achète et loue de l'immobilier à La Nouvelle-Orléans et dans les environs, augmentant ainsi la fortune de son père et devenant un propriétaire important dans la ville[3].

Retour en France[modifier | modifier le code]

En 1797, toujours sous uniforme espagnol, il regagne la France où ses origines créoles lui valent un bon accueil dans la cour de Joséphine de Beauharnais. Napoléon lui demande alors un rapport sur la situation en Louisiane qu'il lui remet la même année. Dans ce rapport, Joseph-Xavier estime que la Louisiane doit retourner sous domination française, ce qui fut fait en 1801. Il remarque cependant que cette province est difficile à tenir et importante pour les américains[4].

Le château de Mont-l'Évêque aujourd'hui

Il achète le château de Colombes en 1801. En 1802, il accepte d'accompagner le général Perrin à La Nouvelle-Orléans. Il est alors élevé au grade d'adjudant-commandant puis capitaine-général de Louisiane, mais l'expédition n'eut pas lieu en raison de l'imminence de la vente de la Louisiane, en avril 1803. Il habite ensuite à Paris où il devient armateur, banquier et exportateur, tout en étant maire de Colombes. Il revend le château de Colombes en 1805 pour acheter le château d'Ormesson à Deuil, qu'il revend également en 1807 pour acheter et s'établir au château de Mont-l'Évêque, ancienne résidence épiscopale des évêques de Senlis. Il le remaniera considérablement dans le style néogothique troubadour.

En 1810, Napoléon le crée baron avec pour majorat les terres de Mont-l'Évêque, en remerciement de ses services et de sa loyauté. Déjà chevalier de la Légion d'Honneur, et malgré sa fidélité à l'Empereur, Joseph-Xavier est également nommé chevalier de Saint-Louis par le roi Louis XVIII en 1814[2].

En 1815, il s'efforce de sauver le maréchal Ney, proche de sa famille et cousin par alliance, dont le fils de Joseph-Xavier, Célestin, avait d'ailleurs été aide de camp. Il envoie des lettres aussi bien au maréchal qu'à des contacts en Louisiane et ailleurs, et tout était prêt pour l'exil de Ney à La Nouvelle-Orléans. Cependant, celui-ci fut exécuté avant que le plan ne soit mis en action. Les lettres retrouvées sur le maréchal au moment de son arrestation et citées lors de son procès ne valurent pas à Joseph-Xavier d'être inquiété, pour des raisons inconnues[5],[2].

Caveau de la famille Pontalba où Joseph-Xavier est enterré

Il donne le château de Mont-l'Évêque à son fils et fait l'acquisition du château de Migneaux, à Verrières-le-Buisson dont il devient maire en 1818. En 1819, il achète l'hôtel Savalette de Lange à Paris (350 rue Saint Honoré). Il cède Migneaux en 1831 pour revenir s'installer à Mont-l'Évêque[2], où il décèdera en 1834 de sa propre main suite à une tentative de meurtre sur sa belle-fille, Micaëla[6].

Joseph-Xavier est enterré à Mont l'Évêque dans le caveau familial.

Famille et relations[modifier | modifier le code]

La fusillade de 1834[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edouard DE PONTALBA, Un Duel dans l'Armée en 1777, Paris, H. Bouillant,
  2. a b c et d LA BANNIÈRE, Soixante-Quatre Quartiers, Paris, C & F Roux-Devillas, 1951, p116
  3. (en) Leonard V. Huber & Samuel Wilson Jr, Baroness Pontalba's Buildings and the remarkable woman who built them, New-Orleans, The Friends of the Cabildo Inc., , p22
  4. Joseph-Xavier Delfau de Pontalba, Mémoire sur La Louisiane,
  5. Lettres adressées au Maréchal Ney par Joseph-Xavier de Pontalba, conservées aux Archives Nationales sous la cote 137AP/20 117-123
  6. Christina Vella, Intimate ennemies. The two worlds of the Baroness de Pontalba, Louisiana State University Press, 1997