Joseph-Stanislas Lescorné

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Joseph-Stanislas Lescornel
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de
Maîtres
Œuvres principales
Marguerite d'Angoulème (d), Jean de La Bruyère (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Joseph-Stanislas Lescorné, ou Lescornel[1], né le à Langres et mort le à Paris[2] est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du menuisier Jean Lescorné[3], Joseph-Stanislas Lescorné travaille enfant dans l'atelier paternel et est élève à Langres de l'école de dessin locale, avant de devenir à Paris, à partir de 1822 celui de l'École des beaux-arts dans les ateliers de Pierre Cartellier et Louis Petitot[4]. Il expose au Salon entre 1827 et 1870 et reçoit une médaille de 2e classe en 1836 pour Une jeune fille morte — qu'il expose avec un buste de Philippe V, roi d'Espagne — et une autre en 1848[5].

En 1845, Joseph-Stanislas Lescorné visite l'Italie, la Grèce et l'Asie mineure durant plus d'une année.

Il est membre correspondant de la Société historique et archéologique de Langres[6].

Joseph-Stanislas Lescorné souffre en 1870 d'une attaque d'apoplexie et d'une paralysie qui se renouvelle en 1872 et entraîne sa mort le .

Il est le frère de Nicolas Lescornel (1806-1879), également sculpteur, qui dans son testament fait don d'œuvres de son frère au musée d'Art et d'Histoire de Langres[7].

Réception critique[modifier | modifier le code]

À propos des deux œuvres exposées au Salon de 1836 — Une jeune fille morte et Philippe V, roi d'Espagne —, Alexandre-Nicolas Barbier écrit dans le Journal de Paris : « Nous voici devant une œuvre sans aucune prétention, mais touchante par sa simplicité même et par le sentiment dont l'artiste a su l'animer ; c'est la statue en marbre d'une jeune fille, prise sur nature morte, par M. Lescorné. Il y avait une difficulté à vaincre que tout le monde peut apprécier ; celle de chercher dans la mort un souvenir de la vie, de refaire une ressemblance détruite par une longue agonie : M. Lescorné l'a surmontée avec beaucoup d'intelligence. Sa statue est l'un des bons ouvrages de l'exposition, et annonce un talent que nous allons voir se déployer d'une manière encore plus décisive dans un buste de Philippe V, roi d'Espagne, commandé pour la Maison du Roi. On ne pouvait mieux conserver au marbre le caractère des belles peintures de Rigaud et de Largillière ; ce sont les mêmes chairs, les mêmes draperies, et, pour ainsi dire, la même touche reproduites avec autant de fidélité que de succès. Ces deux productions font beaucoup d'honneur au ciseau de l'artiste et nous font pressentir tout ce qu'il pourra faire, lorsque, au lieu d'une peinture ou d'un corps inanimé, il aura sous les yeux de la nature bien vivante[8] ».

Les mêmes œuvres sont ainsi commentées par J. Arago dans la Revue et gazette des théâtres : « M. Lescorné fait de la sculpture comme Prudhon fait de la peinture. Sa statue de jeune fille est plus vivante que le modèle qui a posé. Cela est gracieux et triste à la fois, et la main seule ne compose pas une si touchante élégie. Le buste de Philippe V, roi d'Espagne, par le même auteur avait droit à une place dans un musée royal, il y sera[9] ».

Le Courrier estime que : « le plus beau buste du Salon est sans contredit celui de M. Lescorné : le jeune roi d'Espagne Philippe V ; la tête est pleine de cette fierté douce et juvénile que l'on peut supposer à un petit-fils de Louis XIV ; les accessoires sont traités d'une main de maître. Un second buste, en marbre comme le premier, a été exposé par M. Lescorné ; il reproduit les traits de Bouchardon. Enfin, cet artiste distingué a représenté dans un troisième ouvrage, précieusement exécuté et extrêmement touchant, une jeune fille à genoux sur un tombeau. La tête est portrait, l'expression est on ne peut mieux sentie. Cette statue qui indique une rare aptitude à travailler le marbre, et dont les détails sont excellents, nous parait être hors de ligne dans cette exposition de 1836, qui n'est assurément pas féconde en œuvres saillantes[10] ».

Plus réticent, Alfred de Musset écrit dans Revue des Deux Mondes : « Il y a un sentiment naïf dans la Jeune fille de M. Lescorné ; les pieds nus qui sortent de la robe ne produisent pas un bon effet ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, Volume 1, , no 12, p. 348 (en ligne).
  2. Archives de Paris acte de décès no 506 dressé le 20/04/1872, vue 11 / 31
  3. Société historique et archéologique de Langres Auteur du texte, « Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres », sur Gallica, (consulté le ).
  4. a b et c Stanislas (1858-1944) Auteur du texte Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'École française au dix-neuvième siècle. T. III. G.-M. / par Stanislas Lami…, 1914-1921 (lire en ligne).
  5. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  6. Société historique et archéologique de Langres Auteur du texte, « Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres », sur Gallica, (consulté le ).
  7. Société historique et archéologique de Langres Auteur du texte, « Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres », sur Gallica, (consulté le ).
  8. Alexandre-Nicolas (1789-1864) Auteur du texte Barbier, Salon de 1836 : suite d'articles publiés dans le Journal de Paris / par A. Barbier, (lire en ligne).
  9. « Gazette des théâtres : journal des comédiens », sur Gallica, (consulté le ).
  10. « Le Courrier », sur Gallica, (consulté le ).
  11. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  12. a b c d e f g h i et j Stanislas (1858-1944) Auteur du texte Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'École française au dix-neuvième siècle. T. III. G.-M. / par Stanislas Lami..., 1914-1921 (lire en ligne).
  13. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  14. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  15. « Le Charivari : publiant chaque jour un nouveau dessin », sur Gallica, (consulté le ).
  16. « Statue de saint Michel, en pierre », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  17. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le )
  18. « Buste de Philippe V, Roi d'Espagne », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  19. « Buste du sculpteur Edmé Bouchardon (1698-1762) », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  20. Théophile Gautier, Correspondance générale, Vol. 1, Librairie Droz, 1985, p. 417 (extrait en ligne).
  21. « Le Charivari : publiant chaque jour un nouveau dessin », sur Gallica, (consulté le )
  22. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  23. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  24. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  25. « Musée d'Amiens », sur mobile.statuedefrance.fr (consulté le ).
  26. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  27. « Les statues du Luxembourg - La statue de Marguerite de Navarre », sur www.paristoric.com (consulté le ).
  28. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  29. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  30. « Aile Colbert. Lescorne. La Bruyère », sur louvre.sculpturederue.fr (consulté le ).
  31. « Aile Colbert, premier étage : statue de Jean de La Bruyère par Joseph-Stanislas Lescorné », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  32. Journal des débats, p. 3. Sur l'une des faces du socle est gravé : « Fait par Joseph Lescorné et donné par lui à la Comédie-Française en 1853 ».
  33. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  34. « Sculpture : buste en marbre de Denis Diderot, philosophe et homme de lettres français (1713-1784) », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  35. « Sculpture : buste en marbre de Denis Diderot, philosophe et homme de lettres français (1713-1784) », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  36. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  37. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  38. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  39. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  40. Wilfried Zeisler, Le patrimoine de l'École des mines de Paris, monographie de l'École du Louvre, Paris, , pages 28-29.
  41. « Jean sire de Joinville – Joinville », notice sur e-monumen.net.
  42. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  43. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  44. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  45. Henry (1841-1913) Auteur du texte Jouin, La sculpture dans les cimetières de Paris (le Père-Lachaise, Montmartre, Montparnasse) : ouvrage précédé du Musée de la mort et suivi du Jour de l'an des trépassés / par Henry Jouin,..., (lire en ligne).
  46. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  47. « Base Salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  48. « Monument funéraire du cardinal François-Nicoles Mormot, archevêque de Paris », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :