Joseph-Gaspard de Maniban

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Joseph-Gaspard de Maniban
Fonctions
Premier président du parlement de Toulouse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ToulouseVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Jean-Gui de Maniban
Mère
Marie-Marguerite de Fieubet
Conjoint
Jeanne-Christine de Lamoignon

Joseph-Gaspard de Maniban est né à Toulouse, le . Il meurt à Toulouse dans la nuit du au . Il est un membre éminent du milieu de la noblesse de robe toulousaine, premier président du Parlement de Toulouse comme son grand-père.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Il est le fils unique de Jean-Gui de Maniban, mort en 1707, avocat général au parlement de Toulouse en 1651, président à mortier en 1683, et de Marie-Marguerite de Fieubet, une fille du premier président du parlement de Toulouse, Gaspard de Fieubet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanne-Christine de Lamoignon (musée du Vieux Toulouse).

Il est pourvu d'une charge de conseiller au parlement de Toulouse. Il se marie le avec Jeanne-Christine de Lamoignon, fille de Chrétien-François de Lamoignon, marquis de Basville et président à mortier du parlement de Paris, et Marie-Jeanne Voisin. Il va atteindre, grâce à son alliance avec le milieu de la noblesse de robe parisien et l'appui politique qu'elle lui donne, la fonction de premier président du parlement de Toulouse en 1722 (il a été nommé premier président le , prêté serment entre les mains du roi le et est entré en exercice le ). Devenu chef de famille, il va aider les membres de celle-ci : son cousin, François Honoré Casaubon de Maniban (1729-1743), archevêque de Bordeaux, ou sa cousine, Marie de Maniban, mariée au poète Jean Galbert de Campistron.

En 1712 il est mainteneur des Jeux floraux, le il est nommé président à mortier du parlement.

Sa fortune est estimée à un million de livres provenant essentiellement de terres qu'il a reçues en héritage, dans le bas et le haut Armagnac. Il est marquis de Maniban (titre reçu en 1681), marquis de Campagne et d'Ayzieu, seigneur de Cazaubon, des terres de Labastide, de Toujouze, de Montguilhem, comte d'Eauze, et dans le Haut-Armagnac, seigneur de Busca, d'Ampeils, de Lagardère, de Mouchan, de Cézan, Tilladet, Valence, Masencôme, etc. Il tire de ses terres environ 60 000 livres de revenu annuel. Cependant, ses revenus importants suffisent juste à soutenir les dépenses de représentation que sa fonction l'oblige à faire.

En 1748, il achète le château de Blagnac. Par mimétisme social, il est membre de la confrérie des Pénitents bleus.

Premier président du parlement de Toulouse, il essaie de jouer un rôle de modération en maintenant la paix à l'intérieur du parlement et dans ses relations avec les autres institutions du royaume. Il se montre ferme quand on attaque les privilèges du parlement qu'il dirige ou les siens propres. Il demande l'obéissance aux magistrats.

À partir de 1730, les problèmes religieux compliquent sa tâche. Le jansénisme et le gallicanisme sont des questions qui s'imposent. Il cherche à limiter les discussions sur ces questions à la Grand-Chambre et cherche à éviter la tenue d'une assemblée des chambres pour traiter de ces questions. Si nécessaire, il fait traîner en longueur le traitement des affaires épineuses pour permettre aux esprits de se calmer.

Il défend le parlement de Toulouse face aux ingérences du pouvoir royal et se pose en protecteur des lois du royaume. Il défend l'indépendance de la Couronne face au pape quand elle est critiquée par certains évêques du Languedoc.

À la fin de sa vie, il voit le début des attaques des différents parlements contre la Compagnie de Jésus à laquelle il est personnellement hostile. À partir de 1759, la maladie le tient éloigné du parlement.

Famille[modifier | modifier le code]

Pour sa succession, il va substituer pour ses héritiers une branche cadette de la famille. Ses biens échoient à son neveu, Jean-Gui de Campistron, qui les dilapide entièrement.

Il a eu deux filles de son mariage :

Armoiries[modifier | modifier le code]

De gueules à deux bourdons d'or passés en sautoir, cantonnés en chef d'un croissant d'argent et d'un feu follet ou larme dans les autres cantons, le tout surmonté d'une couronne de marquis et au-dessus encore d'un mortier de magistrat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Clair, Joseph-Gaspard de Maniban, premier président du parlement de Toulouse de 1722 à 1762, p. 29-36, École nationale des chartes, Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1980 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe, Paris, 1980 (lire en ligne).
  • Joseph Michelet, Poètes gascons du Gers depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, p. 311-312, Slatkine reprints, Genève, 1972 (lire en ligne).
  • L'état de la France, tome cinquième, p. 73, Paris, 1764 Texte