Joseph-Armand Bombardier

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Joseph-Armand Bombardier
Description de cette image, également commentée ci-après

Joseph-Armand Bombardier au volant d'un véhicule militaire canadien, fabriqué par son entreprise, en mars 1943.

Nom de naissance Joseph-Armand Bombardier
Naissance
Valcourt
Décès (à 56 ans)
Sherbrooke
Nationalité Drapeau du Canada Canadienne
Pays de résidence Drapeau du Canada Canada
Profession
Distinctions
Ascendants
Alfred Bombardier
Anna Gravel
Conjoint
Yvonne Labrecque

Joseph-Armand Bombardier[1],[2], né le à Valcourt (Québec), et mort le à Sherbrooke est un inventeur autodidacte canadien-francais. Il a notamment conçu la motoneige moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Joseph-Armand Bombardier, né le 16 avril 1907 à Valcourt, est un mécanicien autodidacte. Il montre durant son adolescence un penchant créatif ainsi que des connaissances techniques. Il fait son entrée au séminaire Charles-Borromés de Sherbrooke, en septembre 1921, à l’âge de 14 ans. Son père l’encourage à devenir prêtre mais le jeune homme persiste à modifier et à créer de nouveaux projets, notamment un mini-canon fonctionnel ainsi qu'un premier engin à ski motorisé à l’âge de 15 ans[3]. Lors d’un de ses retours du séminaire, son père finit par reconnaître ses capacités de mécanicien et l’envoie apprendre le métier avec le meilleur mécanicien de la ville de Valcourt. En 1926, à l’âge de 19 ans, il ouvre son premier garage à Valcourt qui est financé par son père[3].

Développement de l'autoneige[modifier | modifier le code]

Autoneige Bombardier B-12 de série R

Dans les années 1930, les routes du Québec n’étaient pas déneigées, ce qui isolait ainsi les communautés rurales. La neige rendait les déplacements lents et difficiles, surtout lors de tempêtes. Ce problème pousse alors des inventeurs, comme Joseph-Adalbert Landry de Mont-Joli, à réaliser des prototypes de véhicules pouvant rouler sur la neige. Landry présente son prototype au salon de l’automobile de Montréal en 1924, qui est une Ford équipée de patins et d’une chenille souple[4].

En 1934, Joseph-Armand Bombardier décide de s’investir dans un nouveau prototype d’autoneige après le décès de son fils Yvon, car il n’avait pas pu l’amener à l’hôpital dû aux routes bloquées par la neige[3]. Ses premiers modèles sont faits sur mesure, puis deviennent des variations d’un produit, pour ensuite devenir des produits standardisés. Ses premiers véhicules sont pour des clients riches et professionnels, comme les médecins auxquels l’invention leur sera précieuse pour visiter leurs clients. Par la suite, il crée des modèles plus abordables[5].

Le 21 décembre 1936, deux ans après la mort de son fils, il enregistre son premier brevet et commence la production de son nouveau véhicule. Ensuite, il crée son premier engin, le B7 doté du barbotin-chenille. Cette technologie est un engrenage recouvert de caoutchouc et de chenilles sur les roues arrière. Puis, c’est ce système de traction partiellement en caoutchouc qui rend tous les véhicules de Bombardier beaucoup plus efficaces sur la neige que tous les autres véhicules à chenilles de métal inventés à l’époque. Le B7 eut un franc succès et en 1939, l’usine de Valcourt ne suffit plus à répondre à la demande. Une nouvelle usine est construite en 1940, avec une capacité de production de 200 véhicules par année. Celle-ci sera inaugurée le 29 janvier 1941 sous le nom de « L’Auto-Neige Bombardier Limitée »[6].

En cherchant à perfectionner le B7, il remarque l’accumulation de neige dans les roues. Donc, en 1940, il commercialise une nouvelle version du B7 avec des roues pleines. Ensuite, en 1941, Bombardier met au point l’autoneige B12, qui pouvait transporter jusqu’à douze passagers. Ce modèle a un profil plus allongé, lui donnant une allure plus aérodynamique[7]. Puis, le B12 devient la base de ses futurs modèles, par exemple le C18.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les demandes grandissantes seront freinées par la Seconde Guerre mondiale, puis les mesures de rationnement mises en place par le gouvernement canadien. Le ministère des Munitions et des Approvisionnements demande alors à Bombardier de réaliser des modèles de véhicules de transport sur terrains enneigés pour les Forces canadiennes, par exemple pour la Norvège. Le B12 servira de base pour ses véhicules militaires[6]. Cette contribution de véhicules spécialement adaptés pour les divers types de terrain lui permet de développer plusieurs brevets. (ROY, J., 2002) Les Forces canadiennes passant une grande commande dans des délais très restreints, la société doit s’installer à Montréal, puisque l’usine de Valcourt est trop petite pour satisfaire cette demande. Pendant cette période, l’usine de Valcourt produit les pièces pour l’usine de Montréal, ainsi que quelques autoneiges civiles[6].

Après guerre et motoneige[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bombardier Produits récréatifs.

Après la guerre, le B12 connait une grande popularité. Il est utilisé dans plusieurs domaines, pour toute sorte d’usage. Cependant, le gouvernement québécois fini généraliser le déneigement des chemins ruraux et J.-Armand Bombardier doit élargir son entreprise. Il la diversifie en fabriquant des véhicules tous-terrains. Le Muskeg, véhicule créé pour l’industrie forestière et minière, en est un exemple.

Insatisfait des fournisseurs de caoutchouc, Bombardier commence à fabriquer ses propres chenilles. Ceci rend possible la production de petites motoneiges pour une ou deux personnes lorsque des petits moteurs fiables et légers à quatre temps apparaissent dans les années 1950[8]. Son fils Germain participe aussi à l’élaboration de ces véhicules. Le premier modèle fabriqué en série par Bombardier sort en 1959. Il est fait en acier et a un châssis d’une seule pièce. Sa transmission est manuelle, le moteur léger est à quatre temps et les skis sont en bois. Sa vitesse maximale est de 25 milles par heure (40 km/h)[8].

Durant les années suivantes, Bombardier apporte plusieurs modifications à ces modèles. Après le décès de Joseph-Armand Bombardier en 1964, l’entreprise Bombardier Inc. se développe pour devenir une des multinationales les plus influentes dans l’industrie.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bombardier, Joseph-Armand », sur L'Encyclopédie canadienne (consulté le 26 mai 2012)
  2. « Généalogie », sur Musée J. Armand Bombardier (consulté le 26 mai 2012)
  3. a, b et c R. Lacasse, Joseph-Armand Bombardier, Le rêve d’un inventeur, Montréal (Québec), Libre expression,‎ , p. 233.
  4. L. Bover, « La motoneige au fil des mots : faits d’hivers québécois », Québec français, no 76,‎ , p. 84-85.
  5. C. De Bresson et J. Lampel, « Bombardier’s Mass Production of the Snowmobile : The Canadian Exception? », Scientia Canadensis: Canadian Journal of the History of Science, Technology and Medicine, vol. 9, no 2 pages = 133-149,‎ .
  6. a, b et c Musée J. Armand Bombardier, « Musée Bombardier »,‎ 1997-2015 (consulté le 25 septembre 2015).
  7. Marc H. Choko, P. Bourassa et G. Baril, Le design au Québec, Montréal,‎ , p. 381.
  8. a et b Fondation J. Armand Bombardier et Bombardier Inc., Ski-doo : Tant qu’il y aura des hivers…,‎ , 100 p., p. 10 -18.
  9. « Du rêve à l'empire : De nombreux hommages posthumes », La Tribune,‎ , S6
  10. Canadian Business Hall of Fame, liste officielle.

Médiagraphie[modifier | modifier le code]

« Joseph-Armand Bombardier — l’Encyclopédie Canadienne », dans Encyclopédie Canadienne. [En ligne]. URL : http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/joseph-armand-bombardier/. Consulté le 5 octobre 2015.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Roy, J. (réalisateur), Choquette, F. et Proulx, D. (2002) 100 Québécois qui ont fait le XXe siècle : Les bâtisseurs. Épisode : Joseph-Armand Bombardier. [DVD]. L’Office national du film du Canada (ONF). Eurêka! Productions. Durée : 51 minutes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]