Josef Werndl

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Josef Werndl
Bürgerschaftsfenster - Ausschnitt.png
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SteyrVoir et modifier les données sur Wikidata
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signature de Josef Werndl

signature

Gedenktafel am Geburtshaus Josef Werndls 1.jpg

plaque commémorative

Familiengruft Werndl.jpg

sépulture

Joseph Wendl, né le à Steyr (Haute-Autriche) et mort dans cette même ville le , est un inventeur industriel autrichien qui intervint dans le secteur de l'armement. Il fonda la Manufacture d'armes autrichienne de Steyr, plus connue comme Steyr-Daimler-Puch.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fusils modèles 1867 Werndl–Holub
Une des génératrices présentées en 1884 au Salon de l’Électricité (Musée de la ville de Steyr (de)).

Formation[modifier | modifier le code]

Fils du fabricant d'armes Leopold Werndl et de son épouse Josepha Müller, il fut apprenti fraiseur à Prague et à Vienne avant d'accomplir un long voyage d'étude à travers l'Angleterre, la Thuringe et enfin aux États-Unis, dans les usines Remington et Colt. À son retour, en 1855, il prend avec sa mère les rênes de l'entreprise Josef und Franz Werndl & Comp., Waffenfabrik und Sägemühle.

Carrière[modifier | modifier le code]

Werndl bâtit son succès sur le marché des pièces détachées : il imagina de fabriquer en grande série des pièces usinées très précisément et facilement interchangeables. Il commença par introduire de nouvelles techniques de fabrication dans l'usine de 500 ouvriers qu'il venait de prendre en main et, en collaboration avec son contremaître Karl Holub (de) et remporta sur les fusils Remington la fourniture de l'armée d'Autriche-Hongrie grâce à son verrou rotatif de culasse. L'usine employa bientôt jusqu'à 6 000 ouvriers, et devint une société par actions, Österreichische Waffenfabriksgesellschaft (OEWG), dont Werndl était le directeur-général. La production grimpa à 8 000 fusils par semaine.

Par contrat passé le , Werndl s'engage à fournir au ministère de la Guerre 100 000 fusils Modèle 67 à chargement par la culasse. Mais des différends avec ses employés ralentissaient la production, et c'est ainsi que parut la dépendance de l'armée d'Autriche-Hongrie, qui n'avait qu'un seul fournisseur (a fortiori autrichien) de fusils de ce genre. Le Journal de l'armée signale d'ailleurs que l'usine de Werndl possède à elle seule plus de machines que l'ensemble des autres fabricants autrichiens[1]. Le journal satirique Kikeriki (de) publia à ce sujet en 1869 une caricature de Werndl[2] disant : « Que veulent-ils donc? si je livre les fusils dans les délais, j’augmente le risque de guerre ; si j'ai du retard, je menace la paix. Que je livre des fusils (Gewehr) ou pas, j'ai des garanties (Gewähr) ! »

Werndl privilégiait la « production d'électricité par turbinage » afin de faire face à la crise du marché de l'armement. OEWG fabriquait des dynamos, des ampoules électriques et des tubes d'éclairage. À l'occasion du salon régional de l'électricité, de l'industrie et du bois de 1884 (du au ) il fit installer l'éclairage dans plusieurs rues et des places telles la place Karl-Ludwig (aujourd'hui Volksstrasse). Certaines rues et ruelles conservaient leur éclairage au gaz afin de montrer la supériorité de l'éclairage électrique. La nouveauté était l'énergie électrique elle-même qui, contrairement aux expositions universelles de Vienne et de Paris, venait du turbinage de l'eau. Werndl construisit les premières centrales hydroélectriques d'Autriche et c'est ainsi que la ville de Steyr fut la première ville des Alpes équipée en courant. Ce n'était toutefois qu'éphémère, car les ampoules furent récupérées à la fin de l'Exposition, où l'empereur François-Joseph s'était rendu le , suivi le par le prince Rodolphe et la princesse Stéphanie[3],[4].

La collaboration avec Holub et l’ingénieur des chemins de fer Ferdinand von Mannlicher fit de la petite manufactures d'armes autrichienne un producteur de niveau mondial, capable de produire neuf millions d'armes de toutes les tailles entre 1869 et 1911. Avec par moment jusqu'à 15 000 ouvriers, OEWG était la plus grande usine d'armes d'Europe[5].

Werndl construisit pour ses ouvriers des logements, des écoles, un dispensaire et une piscine, et fut le fondateur de l'école de natation de Steyr[6],[7]. La cité ouvrière a été en partie préservée par la municipalité, en particulier dans le quartier des Wehrgraben.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Le Vendredi saint de 1889, Werndl contracta une pleurésie alors qu'il tentait malgré la pluie de rallier Letten (commune de Sierning) dans un cabriolet à chevaux découvert. Il s'éteignit le à h 45 dans sa villa de Petzengütl, âgé de 58 ans. Il fut inhumé au cimetière du Mont-Tabor de Steyr[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Hans Stögmüller, Josef Werndl und die Waffenfabrik in Steyr, Ennsthaler, , p. 153 et suiv.
  2. Kikeriki! magazine satirique. n°28. (9e année) 15 juillet 1869 (page de titre)
  3. Hans Stögmüller: Josef Werndl und die Waffenfabrik in Steyr, Ennsthaler 2010 S. 227 ff Kapitel: Das elektrische Abenteuer
  4. Karl-Heinz Rauscher: Der König von Steyr. Anmerkungen zu Josef Werndl, Weishaupt Verlag 2009 S. 53 ff
  5. Cf. Benedikt Schnabl, « Industriegeschichte der Stadt Steyr », .
  6. D’après « Die Steyrer Schwimmschule - Ältestes Arbeiterfreibad Europas » (consulté le 23 juin 2010)
  7. D’après « Josef Werndl - Der Pionier von Steyr », sur 3Sat, .
  8. D'après Karl-Heinz Rauscher, Der König von Steyr. Anmerkungen zu Josef Werndl, Weishaupt Verlag, , p. 184 et suiv.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Stögmüller, Josef Werndl und die Waffenfabrik in Steyr, Verlag Ennsthaler, (ISBN 978-3-85068-860-4)
  • Karl-Heinz Rauscher, Der König von Steyr. Anmerkungen zu Josef Werndl, Weishaupt Verlag, (ISBN 978-3-7059-0299-2)
  • Joschi Schuy, Das Waffensystem Werndl. Josef Werndl – Erfolg und Dynamik aus Steyr, Linz, (ISBN 3-9500718-0-6)
  • Maximilian Narbeshuber, Der Pionier von Steyr: Biographischer Roman um Josef Werndl, Verlag Ennsthaler
  • (de) Dickinger: Werndl, Joseph, dans: Allgemeine Deutsche Biographie (ADB). Volume 42, Duncker & Humblot, Leipzig 1897, p. 17 f

Liens externes[modifier | modifier le code]