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Josef Hoëné-Wronski

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Josef Hoëné-Wronski
Józef Maria Hoene-Wroński par Laurent-Charles Maréchal (1801-1887). Pastel, 1850, Musées de Metz.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Józef Hoene-WrońskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Josef HoënéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Victoire Sarrazin de Montferrier (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Grade militaire
Conflit
Prononciation
Œuvres principales
Plaque commémorative.

Józef Hoene-Wroński, né le à Wolsztyn en Pologne et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un philosophe, mathématicien et scientifique polonais, naturalisé français vers 1800.

Formé comme officier de l'armée de la république des Deux Nations à l'École des cadets de Varsovie, il participe à la guerre russo-polonaise de 1792 et à l'insurrection de Kościuszko en 1794. Fait prisonnier par les Russes, il devient officier de leur armée, jusqu'en 1797.

Après un séjour d'études universitaires en Allemagne (1797-1800), il s'installe à Marseille où, en 1803, il a une sorte de révélation mystique. Par la suite, il développe une œuvre philosophique d'orientation messianiste, tout en menant des recherches dans le domaine des mathématiques, mais aussi des techniques industrielles. Venu à Paris en 1810, il se heurte à l'Académie des sciences, notamment au mathématicien Lagrange. Il séjourne à Londres de 1819 à 1822, puis revient à Paris, où il ne parvient pas à obtenir de résultats fondamentaux, ni dans le domaine des sciences, ni en philosophie.

Le principal élément reconnu de son œuvre est, en mathématiques, le wronskien, c'est-à-dire le déterminant d'une famille de solutions d'un système différentiel linéaire homogène. Mais cette reconnaissance, due au Britannique Thomas Muir, n'est intervenue qu'en 1882.

Origines familiales

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Josef est le fils d'Anton Höhne (1744-1795), issu d'une famille paysanne du royaume de Bohême (possession de la maison d'Autriche), du village de Leukersdorf (aujourd'hui Čermná, commune de Libouchec, en République tchèque), situé dans la région germanisée des Sudètes.

Le nom de cette famille apparaît dans les sources ultérieures sous différentes formes, soit allemandes (Höhne, Hoehne, Heyne) soit francisées (Hoëne, Hoëné[réf. nécessaire].

Anton Höhne (en polonais : Antoni Höhne), cadet de famille, est formé aux métiers de la construction. Il vient en Pologne pour participer à la construction du château de Rogalin, dans la région de Poznan. En 1773, il épouse une Polonaise de Wollstyn, Elisabeth Pernicka, et devient bourgeois de cette ville, propriétaire d'une maison où nait leur fils aîné. En 1777, il devient bourgeois de Poznan et est nommé architecte royal en 1778, sous le règne du dernier roi de Pologne, Stanislas II. De 1779 à sa mort, il préside souvent la corporation des maçons de Poznan.

Probablement anobli, il se fait appeler « Antoni Hoene de Wronski »[1].

Le lieu de naissance de Josef, Wolsztyn, situé à 40 km au sud-ouest de Poznań, se trouve alors à quelques kilomètres de la frontière du royaume de Prusse et est plus proche de Berlin (200 km) que de Varsovie (300 km).

Josef fait partie des élèves de l'École des cadets de Varsovie, fondée en 1765 par Stanislas II afin de former des jeunes nobles à devenir les cadres (militaires ou civils) de la république des Deux Nations.

Par ailleurs, il parle un grand nombre de langues (le polonais, le français, le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe, l'araméen), mais ne connait pas l'anglais.[réf. nécessaire]

Carrière militaire dans les années 1790

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De 1791 à 1794, Josef est officier de l'armée polonaise au cours de la guerre russo-polonaise de 1792, qui s'achève par le deuxième partage de la Pologne[2] (1793).

Il participe aussi à l'insurrection de Kościuszko en 1794. Il se distingue notamment lors du siège de Varsovie (22 juillet-5 septembre), victoire des insurgés qui reprennent la ville aux Russes. Mais lors de la bataille de Maciejowice (10 octobre), il est fait prisonnier (ainsi que par exemple Tadeusz Kościuszko).

Il est alors recruté par l'armée russe, où il atteint le grade de lieutenant-colonel, mais qu'il quitte en 1797[3].

Séjour en Allemagne (1797-1800), puis installation à Marseille (1800)

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Il part en Allemagne où il étudie le droit, la philosophie et les mathématiques jusqu'en 1800.

Il vient alors à Marseille où il s'engage dans les Légions polonaises[réf. nécessaire], créées en 1797 par Jean-Henri Dombrowski.

Il travaille à l'observatoire de Marseille et se fait naturaliser français à cette époque.

Il se lance aussi dans un travail d'études scientifiques et de réflexions philosophiques.

La révélation de l'Absolu (1803)

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Le , il a la révélation de ce qu'il appelle l’« Absolu », et dès lors, ne cesse de travailler à une théorie générale du « Messianisme » (ou « Paraclétisme »), fondée sur cette révélation. Tout au long de sa vie, il n’aura de cesse d’exposer ses idées dans de différents ouvrages.

La date exacte de la révélation n’est jamais été précisée dans les écrits de Wronski. Mais il semble qu'il ait promis à l'un de ses disciples, le banquier Pierre-Joseph Arson (1778-1851), de lui « faire connaître l’objet de tous [ses] vœux et de toutes [ses] recherches ; et il avait fixé le [1814?] comme étant l’anniversaire de cette grande découverte »[4].

Les années parisiennes (1810-1819)

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En 1810, il s'installe à Paris, où il épouse la marquise Henriette Sarrazin de Montferrier, sœur d'Alexandre Sarrazin de Montferrier, adoptant le nom de Wronski[pas clair].

Portrait par Félix Vallotton

Conflit avec l'Académie des sciences

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Son premier mémoire sur les bases des mathématiques est édité en 1810 ; il lui vaut des comptes-rendus réservés voire défavorables de Sylvestre-François Lacroix, de Joseph-Louis Lagrange et de Pierre-Simon de Laplace, ces deux derniers jugeant « incompréhensible » la philosophie des mathématiques de Wronski[5].

Wronski cesse alors ses relations avec l'Institut de France, considérant l'Académie des sciences comme « un ennemi né de la vérité ».

En 1812, il s'en prend à Lagrange dans sa Réfutation de la théorie des fonctions analytiques de Lagrange. Il critique l'utilisation des séries infinies par Lagrange et introduit sa propre idée du développement en série des fonctions. Les coefficients de cette série sont des déterminants, aujourd'hui connus sous le nom de wronskiens. Cette appellation, qui date de 1882, est due au mathématicien britannique Thomas Muir (1844-1934).

La même années, il publie aussi un travail prétendant prouver que toute équation algébrique a une solution par radicaux. Ce travail, appelé « méthode de Wronski » dans les Annales de Gergonne (publiées de 1810 à 1832 par Joseph Diez Gergonne), contient des idées intéressantes, mais est malheureusement entaché d'erreurs. Il contredit notamment des résultats publiés par Paolo Ruffini (1765-1822). Son approche[De qui ?] s'inscrit dans la lignée des travaux de Lagrange sur la résolution de telles équations.

Un point final à la question sera apporté quelques années plus tard par les résultats obtenus par Abel et Galois qui ont mis en évidence l'existence d'équations non résolubles par radicaux et ont donné les caractéristiques de celles qui le sont.

Séjour à Londres (1819-1822)

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Il dessine, entre autres, les plans de véhicules tout terrain destinés à concurrencer les chemins de fer, mais ils n'ont jamais été fabriqués.[pas clair]

En 1819, Wronski part en Angleterre afin d'obtenir une récompense du Bureau des longitudes[pas clair], mais ses instruments sont confisqués par la douane à son entrée dans le pays. Ils lui sont rendus par la suite et il peut entrer en contact avec le Bureau des longitudes. Mais son travail sur le sujet ne contient en fait que des généralités et n'impressionne guère.

En 1821, il fait publier (en anglais) son livre Introduction à un cours de mathématiques.

Dernières années (1822-1853)

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Il rentre à Paris en 1822.

N'ayant pas réussi à vendre ses spéculations industrielles, ni à faire accepter ses idées à l'Académie des sciences, il est contraint d'emprunter de l'argent pour publier ses écrits philosophiques. Mais une faillite de son banquier[réf. nécessaire] met un terme à l'impression de ses travaux dont certains restent inédits pendant plus de 30 ans, à l'exception de son Canon des logarithmes[pas clair].

Mort et funérailles (1853)

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Wronski meurt en 1853 à Neuilly.

Il est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, où sa sépulture est surmontée de son buste sculpté par François Black.

Sépulture de Wronski au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Généralités

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Mathématicien, technicien, philosophe, mystique, etc., ses travaux touchant aussi bien la politique, la religion et la philosophie que les sciences et l'industrie peuvent paraître confus.

Son but était une « réforme du savoir humain » comprenant aussi bien la théorie du mouvement spontané que l'art de gouverner. Comme il le dit dans Prolégomènes du Messianisme :

«L'objet de cet ouvrage est de fonder péremptoirement la vérité sur la terre, de réaliser ainsi la philosophie absolue, d'accomplir la religion, de réformer les sciences, d'expliquer l'histoire, de découvrir le but suprême des États, de fixer les fins absolues de l'homme, de dévoiler les destinées des Nations.»

Contrairement, par exemple, à ses contemporains Lagrange ou Laplace, Wronski n'avait visiblement pas de ligne directrice prédéterminée. Génie, plus proche du romantisme voire de l'illuminisme que de l'académisme, il suivait visiblement l'inspiration du moment (mais peut-être aussi, les modes du moment[réf. nécessaire]).

Pendant des années, les travaux de Wronski ont été considérés comme inutiles. Toutefois, un examen récent plus approfondi de son travail a prouvé que si une partie est fausse et s'il avait une très haute opinion de lui-même et de ses idées, il a tout de même fait preuve d'une grande perspicacité mathématique, et même d'un certain génie.[réf. nécessaire]

Son beau-frère Alexandre Sarrazin de Montferrier publie L'Arithmétique des logarithmes, ou Application usuelle des logarithmes aux calculs numériques et géométriques, avec une table des logarithmes des nombres de 1 à 10.000 et une table des logarithmes des sinus et tangentes, de minute en minute pour tous les degrés du quart de cercle, à 6 décimales, extraites du "Dictionnaire universel et raisonné de marine" en 1853, puis après sa mort une Encyclopédie mathématique, ou Exposition complète de toutes les branches des mathématiques, d'après les principes de la philosophie des mathématiques de Hoëné Wronski en 1856.

Liens avec les utopistes

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Certains de ses ouvrages appelaient à la formation d’une école, ou plutôt d’une « Union Antinomienne » qui servirait à « la connaissance et l’application de l’Absolu dans la vie »[6].

Le maître eut des disciples plus ou moins fidèles, dont Antoine Bukaty, et ses écrits suscitèrent de l’intérêt chez les penseurs utopistes de l’époque. C’est d'ailleurs au titre d' « auteur utopiste » qu’il est mentionné par Sainte-Beuve[7] et Balzac[8].

Ses écrits auront une grande influence sur les occultistes du XIXe siècle, tels Éliphas Lévi, Saint-Yves d'Alveydre ou Papus.

Eliphas Levi, qui l'aurait rencontré peu de temps avant sa mort, raconte avoir eu connaissance d'un "prognomètre" ou "prognoscope", une "machine à deviner", "calculant les probabilités et posant les équations des faits passés, présents et à venir"[9], qui aurait beaucoup occupé les recherches de Wronski.

Liste de ses écrits

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Notes et références

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  1. Scripta Mathematica, Yeshiva College, 1946, qui cite l'ouvrage de S. Dickstein, Hoene Wronski Jego Zycie i Prace, Cracovie, 1896, pages 4-5.
  2. Le premier a eu lieu en 1772.
  3. Michel Criton, « Le « savoir humain absolu » de Wronski », dans Gilles Cohen et Edouard Thomas, Mathématiques et philosophie : En quête de vérités, POLE, coll. « Bibliothèque Tangente » (no 38), , 158 p. (ISBN 9782848841106 et 2848841109).
  4. Pierre-Joseph Arson, Document pour l’histoire des grands fourbes qui ont figuré sur la terre ou Mémoire d’Arson de l’Isle de Vaucluse contre Hoëné Wronski, auteur de divers ouvrages sur les mathématiques, Paris, Didot, 1817-1818, p. 27.
  5. Alphonse Rebière, Mathématiques et Mathématiciens, Paris, 1998, p. 452.
  6. Serge Zenkine, Une herméneutique du sacré : le cas Wronski (op. cit.).
  7. Sainte-Beuve, article sur Ballanche dans la Revue des deux Mondes, 15 septembre 1834, tome 3, p. 686-715.
  8. « Et il lut à Marguerite un article où il était parlé d’un procès relatif à la vente qu’un célèbre mathématicien polonais avait faite de l’Absolu », Honoré de Balzac, La Recherche de l'absolu, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, tome X, p. 834-835.
  9. Eliphas Levi cité par Jean Saunier, Saint-Yves d'Alveydre, Dervy Livres, 1981, p 407
  10. Francis Warrain, L'Œuvre de Hoëné Wronski, éditions Véga, trois volumes parus (sur six prévus), 1933, 1936 et 1938.

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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