Jordan Peterson

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Jordan Peterson
Jordan Peterson by Gage Skidmore.jpg
Jordan Peterson le 20 mars 2017.
Fonctions
Professeur d'université (d)
Université de Toronto
depuis
Professeur d'université (d)
Université Harvard
-
Chercheur postdoctoral
Université McGill
-
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Jordan Bernt PetersonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Formation
Université de l'Alberta
Université McGill
Grande Prairie Regional College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Domaine
Directeur de thèse
Robert O. Pihl (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Jordan Bernt Peterson, né le à Edmonton, est un psychologue clinicien et intellectuel public canadien, professeur de psychologie à l’université de Toronto.

Ses principaux domaines de recherche sont la psychologie du comportement (connue en anglais sous le terme abnormal psychology), psychologie sociale et la psychologie de la personnalité[1]. Il apporte un intérêt particulier à la psychologie des croyances religieuses et idéologiques[2], ainsi qu’à l’évaluation et l’amélioration de la personnalité et de la performance individuelle[3].

Peterson a étudié à l’université d’Alberta et à l’université McGill. Il est resté à McGill bénéficiant d’une bourse postdoctorale entre 1991 et 1993, avant d’entrer à l’université de Harvard, où il a d’abord occupé un poste d’assistant, puis un poste de professeur associé au département de psychologie[4],[5]. En 1998, il retourne au Canada à l’université de Toronto comme professeur titulaire.

Son premier livre Maps of Meaning: The Architecture of Belief a été publié en 1999. Ce travail examine plusieurs champs académiques pour décrire la structure de systèmes de croyances et de mythes, le rôle de ces systèmes jouant dans la régulation d’émotions, la création de signification et la motivation du génocide[6],[7],[8]. Son deuxième livre, « 12 Rules for Life: An Antidote to Chaos », a été publié en janvier 2018[9],[4],[10].

En 2016, Peterson a publié une série de vidéos sur sa chaîne YouTube, dans lesquelles il critique le politiquement correct (political correctness) et la loi du gouvernement canadien Bill C-16. Suite à cela, il reçoit une couverture médiatique significative[9],[4],[10].

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Peterson est né le et a grandi à Fairview, Alberta, une petite ville au nord-ouest de sa ville de naissance Edmonton, au Canada.

Il est l’aîné de trois enfants nés de Beverly, une bibliothécaire au campus de Fairview du Grande Prairie Regional College, et Walter Peterson, un professeur d’école[11],[12]. Son deuxième prénom est Bernt, comme son arrière-grand-père norvégien[13],[14].

À l’âge de 13 ans, il découvre les écrits de George Orwell, Aldous Huxley, Alexandre Soljenitsyne et Ayn Rand par la bibliothécaire de son école Sandy Notley – mère de Rachel Notley, dirigeante de la Alberta New Democratic Party et 17e Premier ministre de l’Alberta[15]. Il travaille aussi pour le Nouveau Parti Démocratique (NPD) pendant son adolescence, mais est déçu par le parti, en raison de ce qu'Orwell avait diagnostiqué dans Le Quai de Wigan comme une prépondérance du « socialiste intellectuel, classe moyenne et habillé en tweed » qui « n’aimaient pas les pauvres ; ils détestaient simplement les riches »[11],[16]. Il quitte le NPD a l’âge de 18 ans[17].

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son diplôme de la Fairview High School en 1979, Peterson entre au Grande Prairie Regional College pour faire des études de science politique et de littérature de langue anglaise[2]. Plus tard, il étudie à l’université d’Alberta, où il complète son Bachelor of Arts en 1982[17]. Ensuite, il prend une année de congé pour visiter l’Europe. Là, il développe un intérêt dans les origines psychologiques de la guerre froide, notamment le totalitarisme européen du début du XXe siècle[2],[18], et est tourmenté par des cauchemars apocalyptiques sur l’escalade de la course aux armements nucléaires. Comme résultat, il devient préoccupé de la capacité de l'humanité pour le mal et la destruction et s’approfondit dans les œuvres de Carl Jung, Friedrich Nietzsche, Alexandre Soljenitsyne[11] et Fiodor Dostoïevski[18]. Ensuite, il retourne à l’université d’Alberta et reçoit, en 1984, un baccalauréat ès arts en psychologie[19]. En 1985, il déménage à Montréal pour aller à l’université McGill. Il obtient son doctorat en psychologie clinique sous la supervision de Robert O. Pihl en 1991 et reste comme chercheur postdoctoral à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas de McGill jusqu’à juin 1993, travaillant avec Robert O. Pihl et Maurice Dongier[2],[20].

Carrière[modifier | modifier le code]

De juillet 1993 à juin 1998[1], Peterson habite à Arlington, Massachusetts, pendant qu’il enseigne et recherche à l’université d’Harvard comme professeur assistant et professeur associé au département de psychologie. Pendant son temps à Harvard, il mène des études sur les agressions découlant de l’abus des drogues et de l’alcool et supervise un certain nombre de propositions de thèse non conventionnelles[17]. Deux anciens doctorants, Shelley Carson, une psychologue et professeur de Harvard et l’auteur Gregg Hurwitz, se rappellent que les cours de Peterson étaient hautement admirés par les étudiants[4]. En juillet 1998, il retourne au Canada et prend un poste comme professeur titulaire à l’université de Toronto[1],[19].

Les domaines d’étude et de recherche de Peterson se situent dans les disciplines de la psychopharmacologie, la psychologie de l’anormal, la neuropsychologie, la psychologie clinique, la psychologie de la personnalité, du social, industrielle et organisationnelle[1], de la religion, des idéologies[2], de la politique et de la créativité[3]. Peterson est l’auteur ou co-auteur de plus de cent articles scientifiques[21]. Peterson a plus de 20 ans de pratique clinique, recevant en consultation 20 personnes par semaine. Pourtant, en 2017, il décide de suspendre son exercice afin de mener de nouveaux projets[9].

En 2004, une série télé en 13 parties, basée sur le livre de Peterson Maps of Meaning: The Architecture of Belief, est diffusée sur TVOntario[11],[19],[22]. Il apparaît aussi sur cette chaîne dans des émissions telles que Big Ideas et, depuis 2008, comme invité et essayiste fréquent sur The Agenda with Steve Paikin[23],[24]. Depuis 2018, il est aussi apparu sur BBC Radio 5 Live, Channel 4 News, Fox & Friends et Tucker Carlson Tonight, ABC's 7.30, Sky News Australia's Outsiders, et HBO's Real Time with Bill Maher, entre autres.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Maps of Meaning: The Architecture of Belief[modifier | modifier le code]

Quelque chose que nous ne pouvons pas voir nous protège de quelque chose que nous ne comprenons pas. La chose que nous ne pouvons pas voir c’est la culture, dans sa manifestation intrapsychique ou interne. La chose que nous ne comprenons pas c’est le chaos qui a engendré la culture. Si la structure de la culture est basculée involontairement, le chaos revient. Nous ferons tout et n’importe quoi – n’importe quoi – pour nous défendre contre ce retour.

Jordan Peterson, 1998 (Descensus ad Inferos)[5]

En 1999, Routledge publie Maps of Meaning: The Architecture of Belief. Le livre, que Peterson a mis 13 ans à écrire, décrit une théorie complète sur comment les gens construisent signification et croyances. Il explore comment ils créent des récits (« narratives », en anglais) en utilisant des idées de domaines diverses incluant la mythologie, la religion, la littérature, la philosophie et la psychologie conformément à  la compréhension scientifique moderne du fonctionnement du cerveau[17],[5],[25]

Selon Peterson, son objectif principal était d’examiner les raisons pour lesquelles à la fois des individus et des groupes participent aux conflits sociaux, d’explorer le raisonnement et la motivation utilisés pour soutenir leurs systèmes de croyance (i. e. l’identification idéologique[17]), qui résultent finalement en tueries et atrocités pathologiques comme les Goulags, l'Holocauste ou le génocide au Rwanda[17],[5],[25]. Il considère que « l’analyse des idées religieuses du monde peut nous permettre de décrire notre moralité essentielle et finalement développer un système universel de moralité »[25].

12 Rules for Life: An Antidote to Chaos[modifier | modifier le code]

Article principal: 12 Rules for Life: An Antidote to Chaos

En janvier 2018, Penguin Random House publie le deuxième livre de Peterson, 12 Rules for Life: An Antidote to Chaos. L’œuvre contient des principes éthiques abstraits concernant la vie, dans un style plus accessible et simple que Maps of Meaning[9],[4],[10]. Pour promouvoir le livre, Peterson fait une tournée mondiale qui inclue notamment des entrevues, comme celle de Cathy Newman sur Channel 4 News[26],[27],[28]. Dans un court laps de temps, l’interview reçoit une attention considérable ; plus de neuf millions de vues sur YouTube. 12 Rules for Life se place comme livre le plus vendu sur Amazon aux États Unis et au Canada, ainsi que quatrième au Royaume-Uni[29],[30].

Chaîne YouTube et podcasts[modifier | modifier le code]

En 2013, Peterson commence à enregistrer ses cours (Personality and Its Transformations, Maps of Meaning: The Architecture of Belief) et à les télécharger sur YouTube. Sa chaîne YouTube obtient plus d’un million d’abonnés et ses vidéos reçoivent plus de 48 millions de vues à la date d’avril 2018[31],[32]. En janvier 2017, il engage une équipe de production pour filmer les cours de psychologie à l’université de Toronto. Il utilise des fonds récoltés au travers du site de financement de crowdsourcing Patreon après être entraîné dans la controverse de Bill C-16 en septembre de 2016. Son financement au travers de Patreon augmente de 1 000 dollars par mois en août 2016 à 14 000 dollars en janvier 2017 et plus de 50 000 dollars en juillet 2017[15],[33].

Peterson est apparu sur The Joe Rogan Experience, The Gavin McInnes Show, Louder with Crowder de Steven Crowder, The Rubin Report de Dave Rubin, Freedomain Radio de Stefan Molyneux, H3 Podcast de h3h3Productions, le Waking Up podcast de Sam Harris, la série de The Saad Truth de Gad Saad et autres émissions en ligne. En décembre 2016, Peterson a commencé son propre podcast, The Jordan B. Peterson Podcast, qui a 39 épisodes à la date de février 20, 2018, incluant des invités académiques tels que Camille Paglia, Martin Daly et James W. Pennebaker, tout en interviewant sur sa chaîne aussi Stephen Hicks, Richard J. Haier et Jonathan Haidt, entre autres. Peterson à soutenu l’ingénieur James Damore dans son action contre Google[10].

En mai 2017, Peterson commence la série de conférences en direct dans des théâtres The Psychological Significance of the Biblical Stories, aussi publiées comme podcasts, dans lesquelles il analyse les narratifs archétypales dans la Genèse comme schémas de comportement, vitales pour la stabilité personnelle, sociale et culturelle[34].

Self Authoring Suite[modifier | modifier le code]

Peterson et ses collègues Robert O. Pihl, Daniel Higgins et Michaela Schippers ont généré un programme de thérapie d’écriture comportant une série d’exercices d’écriture en ligne, intitulé la Self Authoring Suite. Le program contient le Past Authoring Program, une autobiographie guidée, deux Present Authoring Programs, qui permettent au participant d’analyser leurs défauts et vertus de personnalité dans les termes du modèle de personnalité Big Five ; et le Future Authoring Program, qui guide les participants au travers du processus de planification de leurs avenirs désirés. Le dernier programme a été utilisé avec des étudiants de McGill University placés en probation académique pour améliorer leurs notes, ainsi que, depuis 2011, à la Rotterdam School of Management, Erasmus University.[35],[36] Les programmes de Self Authoring ont été développés partiellement sur la base de la recherche de James W. Pennebaker à l’université de Texas à Austin et Gary Latham a la Rotman School of Management de l’université de Toronto. Une étude de 2015, co-écrite par Peterson, démontre une réduction significative des écarts de performance entre les différents groupes ethniques et de genre, notamment parmi les étudiants de sexe masculin, appartenant à des minorités ethniques.[37] Selon Peterson, plus de 10 000 étudiants ont utilisé le programme à la date de janvier 2017, avec des taux d’abandon qui se sont réduits de 25 % et notes moyennes qui sont augmentées de 20 %[11].

Déclarations publiques et opinions politiques[modifier | modifier le code]

Déclarations à propos de l'égalité hommes/femmes et la masculinité[modifier | modifier le code]

Invité lors d'un débat houleux sur la chaîne britannique Channel 4 le 16 janvier 2018, Jordan Peterson a déclaré que la question de l’écart salarial entre les femmes et les hommes ne constitue pas une discrimination liée au sexe ni un acte de domination masculine : « On ne peut pas dire que l’organisation de nos sociétés est une conséquence du patriarcat capitaliste. C’est absurde et c’est faux »[38].

Dans une de ses conférences filmées et publiées sur sa chaîne YouTube, il affirmait : « Au fur et à mesure que la demande d'égalité et l'éradication de la masculinité s'accélèrent, il y aura un désir inconscient pour l'exact opposé. Plus vous criez pour l'égalité, plus votre inconscient va admirer la domination »[39].

Pour lui, les différences hommes/femmes s'expliquent majoritairement par celles que l'on retrouve au niveau des Big Five (5 traits centraux de personnalité). Il admet également sans problème que les discriminations existent. Il ne soutient d'aucune manière ce genre de chose, mais affirme qu'elles font partie intégrante de toute société complexe, qui ne peut exister sans formes de hiérarchie. Il affirme que les hiérarchies ont naturellement tendance à se transformer en tyrannies, et qu'« il faut toujours avoir les yeux ouverts pour prévenir cela ». Jordan Peterson marque fréquemment, face à ses détracteurs, la différence entre « décrire quelque chose et le justifier. » Il invite également à relativiser les inégalités de nos sociétés démocratiques par rapport à celle retrouvée dans notre histoire avant l'émergence de la démocratie ou à notre époque dans les pays non démocratiques.

Critiques de la gauche radicale, du féminisme et du « politiquement correct »[modifier | modifier le code]

Jordan Peterson affirme ne pas faire de politique. « Je ne joue pas à un niveau politique, je joue à un niveau philosophique ou peut-être à un niveau théologique[39]. »

Cependant, il attaque régulièrement la gauche et l'anticapitalisme, le féminisme et les féministes. Il critique notamment ce qu'il appelle les « gauchistes radicaux » et « les féministes radicales »[39], ainsi que les militants LGBT et antiracistes[38]. Il déclare lors d'une de ses conférences : « Il y a cette alliance folle entre les féministes et les islamistes radicaux que je ne comprends pas. Pourquoi les féministes ne passent pas leur temps à protester sans cesse contre l'Arabie saoudite me dépasse complètement. […] Les féministes radicales sont-elles attirées par cette domination masculine totalitaire qu'elles ont chassée de l'Occident ? »[39].

Il les accuse d’instaurer un « politiquement correct » totalitaire qui menacerait, selon lui, la liberté d’expression[38]. « Nous devons pouvoir dire ce que nous voulons avec force, ou nous ne pourrons plus penser du tout », s'est-il écrié à l'université de Toronto[39]. Lorsque l'universitaire est invité sur la chaîne conservatrice américaine Fox News pour un entretien le 23 janvier 2018, un journaliste lui demande : « Êtes-vous un suprémaciste blanc ? », question à laquelle Peterson rigole et répond : « Non. » Puis il déclare : « Dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui, si vous vous opposez à la gauche radicale, ce que je fais assurément, la stratégie la plus facile pour les gens de la gauche radicale est de vous qualifier de termes péjoratifs »[39].

Plusieurs médias (non conservateurs) l'ont décrit comme un porte-parole ou héros pour l'alt-right[39] au Canada et aux États-Unis, ou plus généralement d'une droite américaine conservatrice[40],[39] relativement masculiniste[38],[41] et antiféministe[38]. Choses qu'il réfute continuellement, puisque ses critiques, bien que portant pour le moment sur la gauche, qu'il juge plus dangereuse à notre époque, s'adressent en réalité à toute forme d'idéologie extrémiste. Dans une récente interview, il met en balance l'intense critique reçue par la gauche à celle dont on parle moins provenant de l'extrême droite. Selon lui, ces critiques simplistes permettent à ses adversaires d'éviter d'avoir à réfuter ses dires.

Lui-même se décrit de tendance « libérale ».

L'une de ses suggestions, développée lors du Munk debate, est de demander à la gauche de formuler de manière claire et concise à partir de quel moment ses mouvances les plus extrêmes iraient « trop loin », considérant que ce moment pour la droite est, d'après lui, universellement reconnu comme « des prétentions de supériorité raciale ». Il mentionne souvent les tragédies du XXe siècle, mettant dans la balance les cruautés commises à la fois par l'extrême gauche et l'extrême droite, et déplorant que l'on ne ressente pas le même sentiment de dégoût à la vue d'un drapeau communiste qu'à celui suscité par un drapeau nazi. Il se réfère souvent, sur ce sujet, au livre L'Archipel du Goulag.

Opposition à la loi C-16[modifier | modifier le code]

Peterson est notamment connu pour s'être opposé au projet de loi fédéral C-16 (en), introduit par le gouvernement de Justin Trudeau en mai 2016 et devenu loi en juin 2017, et qui proposait de modifier la loi canadienne afin d’interdire la discrimination envers les personnes transgenres. Revendiquant la liberté d’expression contre les « diktats linguistiques » des « gauchistes radicaux », il refuse l'idée d’utiliser un pronom personnel neutre pour désigner une personne transgenre lors de ses déclarations publiques à l’université de Toronto. Il déclare craindre que C-16 ne le rende de facto coupable d’une violation de la loi[38]. À l'université de Toronto, il déclare : « L'identité n'est pas et ne sera jamais quelque chose que les gens peuvent déterminer eux-mêmes, parce que votre identité correspond à ce que vous exprimez selon un ensemble de règles que la plupart des gens apprennent, et je vais être précis, entre 2 et 4 ans »[39].

Chaîne YouTube et popularité sur Internet[modifier | modifier le code]

L'enseignant possède une chaîne YouTube comptant plus de 950 000 abonnés et plus de 46 millions de vues en mars 2018, sur laquelle il publie ses entretiens et interventions diverses[42]. D'après Peterson, la principale raison pour laquelle son public semble être majoritairement masculin n'est pas parce que ses vidéos et son dernier livre, 12 Rules for Life (« 12 règles pour la vie ») « encouragent » les jeunes hommes à s’affirmer[38], mais principalement à la différence de fréquentation entre hommes et femmes que l'on retrouve sur la plate-forme YouTube, « 80 % des personnes regardant YouTube se trouvent être des hommes », comme il l'a affirmé lors de récentes interviews.

Une vidéo du média français Brut le qualifie de « star de YouTube »[39]. Le magazine The New Yorker se demande, dans un article de mars 2018, « comment un obscur universitaire est devenu l'intellectuel le plus vénéré — et le plus honni — d'Internet »[41].

Médiatisation de l'intellectuel[modifier | modifier le code]

Suite à son intervention sur Channel 4 qui est saluée par ses nombreux fans sur Internet[38], Jordan Peterson devient davantage invité dans les médias anglo-saxons, et bien plus médiatisé. Le New York Times parle alors d'un « moment Jordan Peterson »[43].

Jordan Peterson avait pourtant déjà fait l'objet de controverses, par exemple lorsqu'une assistante de recherche à l'université Wilfrid-Laurier avait projeté l'extrait d’une vidéo YouTube de Peterson, qu'un étudiant avait porté plainte et qu'elle avait été convoquée par la direction[38].

Un article « portrait » de M, le magazine du Monde décrit, en février 2018, Jordan Peterson comme « le nouveau héraut des masculinistes » et un « idéologue décrié »[38]. Le média français Brut lui consacre, en février 2018, une vidéo qui le décrit comme « le nouveau héros de l'alt-right américaine conservatrice » et constate qu'il est « désormais invité régulier des télés anglo-saxonnes » et qu'il « n'hésite pas à déstabiliser ses intervieweurs »[39].

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles (sélection)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  3. a et b (en)« Meaning Conference », International Network on Personal Meaning (en), .
  4. a b c d et e « What’s So Dangerous About Jordan Peterson? », The Chronicle of Higher Education,‎ (lire en ligne)
  5. a b c et d « Right Now - Chaos, Culture, Curiosity », sur harvardmagazine.com (consulté le 10 juin 2018)
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  7. (en) J. Harold Ellens, The Destructive Power of Religion: Models and cases of violence in religion, Praeger, (ISBN 978-0-275-97974-4, lire en ligne)
  8. (en) Erik M. Gregory et Pamela B. Rutledge, Exploring Positive Psychology: The Science of Happiness and Well-Being: The Science of Happiness and Well-Being, ABC-CLIO, (ISBN 978-1-61069-940-2, lire en ligne)
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  41. a et b (en) Kelefa Sanneh, « Jordan Peterson’s Gospel of Masculinity », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne).
  42. (en) « Jordan B Peterson », sur YouTube (consulté le 19 mars 2018).
  43. (en-US) David Brooks, « Opinion | The Jordan Peterson Moment », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]