Ligne 0 Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord

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Ligne 0
Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord
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Carte de la ligne
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Un tronçon surélevé de la jonction nord-midi au niveau de la gare Bruxelles-Chapelle
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Villes desservies Ville de Bruxelles, Schaerbeek
Historique
Mise en service 1952
Caractéristiques techniques
Longueur 3,8 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

3 000 V CC

Nombre de voies 6 voies
Trafic
Trafic Voyageurs
Schéma de la ligne

La Ligne 0 Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord (dite aussi Jonction Nord-Midi) est une ligne d'infrastructure ferroviaire d'importance nationale et internationale qui traverse de part en part, en partie en tunnel, le centre de la ville de Bruxelles, reliant les gares du Nord et du Midi.

Elle comporte six voies utilisées presque uniquement par les trains de voyageurs. Avec ses 1 200 trains par jour, la jonction est la ligne ferroviaire la plus utilisée de Belgique et le tunnel ferroviaire le plus utilisé du monde[1].

Entre les deux gares du Nord et du Midi, elle comporte des arrêts à :

Programmée avant la Première Guerre mondiale, son chantier sera retardé par la guerre, puis par la grande crise financière des années trente, puis par la deuxième guerre mondiale. Elle sera enfin inaugurée le par le roi Baudouin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première jonction[modifier | modifier le code]

L'idée d'une « jonction » à travers la ville est déjà présente lors de la création de la première ligne entre la station de Bruxelles-Allée-Verte et Malines, mise en service le . L'expansion rapide du réseau et du nombre de voyageurs nécessite l'augmentation du nombre des stations et leur agrandissement. La petite station de l'Allée-Verte est rapidement saturée, l'inauguration le de la « station des Bogards » (future gare de Bruxelles-Midi)[2] et le projet de création d'une nouvelle station près du Jardin botanique amène rapidement à réaliser une jonction. La décision est prise de transférer l'ensemble du service voyageurs de l'Allée-Verte à la nouvelle station de Bruxelles-Nord et de créer une voie de raccordement entre l'Allée-Verte et Bogards. Les travaux son rapidement entrepris. La ligne qui passe par les boulevards extérieurs de l'ouest puis prend le boulevard du Midi pour rejoindre la station de Bogards[3]. L'inauguration a lieu le 28 septembre 1841, elle inclut la gare de Bruxelles-Nord qui ne dispose alors que de cette voie et pas encore de bâtiments[4].

Projets pour la jonction Nord-Midi[modifier | modifier le code]

En 1895 est installée une première commission, de trois membres[5], qui doit rechercher les moyens nécessaires à l'augmentation de la capacité des gares de la ville[6]. Elle est renforcée avec des fonctionnaires en 1897, ce qui lui permet de créer un projet chiffré. Les deux commissions ont une conclusion identique qui est de créer une jonction directe entre les gares du Nord et du Midi[5].

Un engorgement complet du réseau en 1900 provoque la création d'une nouvelle commission en 1901[6]. Présidée par Ramaeckers, secrétaire général du ministère des chemins de fer, elle est composée de membres du conseil supérieur des chemins de fer et de fonctionnaires techniques et administratifs[7]. Son premier travail est d'étudier trois possibilités : la première est limitée à uniquement l'agrandissement des gares du Nord et du Midi, la seconde est un déplacement de la gare du Nord vers Schaerbeek, et la troisième envisage la création d'une jonction directe ou indirecte entre les gares du Nord et du Midi. À l'unanimité de ses membres, la commission adopte le projet d'une jonction directe et recommande de suivre le tracé sur le flanc du coteau Est de la vallée de la Senne déjà établit par l'ingénieur Frédéric Bruneel[7],[5].

En 1903, l'État et la ville de Bruxelles trouvent un accord pour une ligne qui passe au flanc de la colline densément construite qui longe le centre de la ville. Dans le même élan on décide de surhausser les deux gares terminales existantes pour supprimer les passages à niveau. Le projet implique la destruction de quartiers populaires à l'habitat vétuste. Si cette opération est vue avant tout comme une opération améliorant les transports, elle doit aussi permettre, par les expropriations, d'assainir une petite partie du centre-ville, alors qu'il s'agit de la destruction d'un patrimoine architectural et social. Les travaux, commencés en 1911, sont interrompus, en 1914, par la première guerre mondiale.

Réalisation[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le projet peine à reprendre. Or, au début des années trente on pense faciliter l'accès de la campagne aux citadins, et même à les inciter à les y faire vivre pour les acheminer en ville pour leur journée de travail. Or, le chantier de la jonction se traîne et sa réalisation améliorerait les communications de la ville avec la campagne par les trains venant de banlieue et de province. De plus, la crise économique des années trente incite l'État à financer de grands travaux.

Dans le but de soustraire le chantier à certaines remises en cause politiques, on crée en 1935 l'Office national pour l'achèvement de la Jonction Nord-Midi (ONJ) chargé de mener à bien ce gigantesque projet. Entre la gare du Nord et du Midi des pâtés de maisons entiers sont rasés dans la plus pure tradition haussmannienne adoptée à Bruxelles, au XIXe siècle, par le bourgmestre Anspach pour moderniser le centre ville par la création de grands boulevards. Orientés du nord au sud, ils permettaient une liaison par tramways entre la gare du Midi et la gare du Nord. La jonction était destinée à améliorer cette situation en établissant une liaison ferroviaire souterraine permettant aussi de créer une voirie au-dessus du tracé souterrain. C'est ainsi que vont naître, du Nord au Sud, les boulevards Pachéco, de Berlaimont, de l'Impératrice et de l'Empereur, une enfilade de voiries au long desquelles ont été édifiées la station Chapelle, la gare Centrale et la station Congrès. De grands bâtiments publics et des hôtels sont venus s'y joindre.

L'inauguration de la jonction aura finalement lieu en 1952. Depuis, cette liaison souterraine à travers le centre de la ville permet le passage aussi bien des trains internationaux que des trains qui relient les villes belges et que des trains de banlieue. Le concept du RER et la construction d'un réseau urbain de métro sont venus valoriser la jonction par diverses connexions et elle est devenue la voie de communication la plus densément utilisée du réseau belge de chemin de fer au point que l'on s'interroge sur la façon de permettre une extension du trafic car celui-ci est arrivé à saturation.

En 2002, pour marquer le cinquantenaire de la Jonction, une pièce commémorative de 10 € est frappée à 50 000 exemplaires.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom officiel de la ligne sur le réseau ferroviaire belge est « Ligne 0 Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord », néanmoins elle aussi connue sous le nom de « Jonction Nord-Midi » qui était notamment celui qu'elle a porté tout au long des nombreuses années qui se sont écoulées entre le projet et sa mise en service. Mais aussi du fait de son impact non ferroviaire sur la ville et ses habitants.

Tracé[modifier | modifier le code]

Ligne 0 Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord
Schéma de la ligne
vLSTR vLSTR vLSTR
lignes : 124, 96, 50A, 96A, 28, 96N
vBHFr vBHFm vBHFl
0,000 Bruxelles-Midi
vSTRe vSTRe vSTRe
HST-L HST-R STR
1,129 Bruxelles-Chapelle
TUNNELa TUNNELa TUNNELa
tBHF-L tBHF-M tBHF-R
1,829 Bruxelles-Central
tSTR tHST-L tHST-R
2,729 Bruxelles-Congrès
TUNNELe TUNNELe TUNNELe
vSTRa vSTRa vSTRa
vBHFr vBHFm vBHFl
3,820 Bruxelles-Nord
vLSTR vLSTR vLSTR
lignes : 25, 27, 36, 161/2, 36N

Gares[modifier | modifier le code]

La ligne comporte cinq gares, y compris celles d'extrémités :

Voies[modifier | modifier le code]

Il y a six voies, numérotées 0/1, 0/2, 0/3, 0/4, 0/5 et 0/6, établies en parallèles.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Exploitation[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

Limitée par ses six voies, la jonction est saturée. En septembre 2008, la SNCB lance une réflexion sur la manière d'augmenter la capacité de la jonction[8]. Plusieurs solutions sont évoquées, par exemple l'élargissement de la jonction actuelle (de 6 à 10 voies), ou la réalisation d'un nouveau tunnel sous la jonction actuelle[9].

Selon une étude commandée par Infrabel et publiée en 2012[10], le montant envisagé pour de tels travaux avoisinerait les 5 milliards d'euros[9].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lionel Wiener, « Les chemins de fer de la banlieue de Bruxelles et la jonction Nord-Midi », Revue générale des Chemins de fer,‎ , p. 149-158 (lire en ligne).
  • Fernand Lebbe, La jonction Nord-Midi : Historique et Urbanisation, Bruxelles, Éditorial-Office, coll. « Au fil du Rail » (no XIX), , 32 p. (lire en ligne).
  • Fernand Lebbe, La jonction Nord-Midi : L'O.N.J. et la Halte Centrale, Bruxelles, Éditorial-Office, coll. « Au fil du Rail » (no XVIII), , 36 p. (lire en ligne).
  • Crem (directeur d'exploitation) et Loumaye (ingénieur principal), « La mise en service de la Jonction Nord-Midi », Trains,‎ , p. 25-31 (lire en ligne).
  • « La jonction et la transformation des gares de Bruxelles-Midi et Bruxelles-Nord », Revue générale des Chemins de fer,‎ , p. 298-306.
  • Fernand Brunfaut, La Jonction, Bruxelles, Éditions Goemaere, , 256 p..
  • La Jonction Nord-Midi et ses conséquences pour la géographie urbaine de Bruxelles. Bulletin de la société belge de géographie. Fascicule 3, 4 . 1960.
  • Chloé Deligne, « Le discours politique en urbanisme. Étude du cas de la Jonction Nord-Midi (1900-1960) », Revue belge de géographie, no 122/1,‎ , p. 29-54.
  • Michelangelo Van Meerten, Greta Verbeurgt et Bart van der Herten, Un tunnel sous Bruxelles : Les 50 ans de la jonction Nord-Midi, Éditions Racine, , 96 p. (ISBN 9782873862978).
  • Serge Jaumain (dir.), Bruxelles et la Jonction Nord-Midi – Brussel en de Noord-Zuidverbinding : Histoire, architecture et mobilité urbaine (Actes d'un colloques), Bruxelles, Archives de la Ville de Bruxelles, coll. « Studia Bruxellae » (no 3), , 224 p..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]