John de Warenne (7e comte de Surrey)

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John de Warenne
image illustrative de l’article John de Warenne (7e comte de Surrey)
Sceau de John de Warenne.

Titre Comte de Surrey et de Sussex
(1304 - 1347)
Prédécesseur John de Warenne
Successeur Richard FitzAlan
Conflits Guerres d'indépendance de l'Écosse
Guerre des Despenser
Biographie
Naissance
Décès
Château de Conisbrough
Père Guillaume de Warenne
Mère Joan de Vere
Conjoint Jeanne de Bar
Liaisons Maud de Nereford
Isabelle Holland
Enfants John de Warenne (illégitime)
Thomas de Warenne (illégitime)
Édouard de Warenne (illégitime)
Jeanne de Warenne (illégitime)
Catherine de Warenne (illégitime)
Isabelle de Warenne (illégitime)

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John de Warenne, 7e comte de Surrey et 2e comte de Sussex, (né le - mort entre le 28 et le 30 juin 1347 au château de Conisbrough) est un important noble anglais. Il est l'un des rares magnats d'Angleterre à avoir survécu successivement au règne turbulent d'Édouard II et aux premières années troublées de celui d'Édouard III.

Origines, enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

John de Warenne est le fils de Guillaume de Warenne et de son épouse Joan de Vere, une des filles de Robert de Vere, 5e comte d'Oxford. Baptisé le 7 novembre 1286, il est orphelin de père quelques semaines plus tard lorsque Guillaume de Warenne meurt au cours d'un tournoi. La mort subite de son père fait de lui l'héritier de son grand-père paternel John de Warenne, 6e comte de Surrey. Alors qu'il a à peine sept ans, sa mère Joan meurt à son tour en 1293. Dans le contrat de mariage de ses parents, il a été convenu que leurs futurs héritiers seraient placés sous la tutelle du comte d'Oxford s'ils venaient tous deux à mourir avant que leurs enfants n'atteignent l'âge adulte. John et sa sœur cadette Alice sont ainsi confiés à leur grand-père paternel jusqu'à sa mort en 1296. Par la suite, on ignore où John et sa sœur sont élevés. John réapparait dans les registres en 1304 lorsqu'il hérite de son grand-père paternel des comtés de Surrey et de Sussex. Il hérite de diverses propriétés dans le Surrey et le Sussex mais également dans le Lincolnshire, le Yorkshire, le Wiltshire et le Norfolk. Étant encore mineur, tous ses biens sont placés sous l'administration royale. En février 1305, Warenne est envoyé par le roi Édouard Ier à un tournoi tenu à Guildford, qui appartient à sa famille. Bien que ses domaines soient encore administrés par des fonctionnaires royaux, Warenne vit alors dans ses propres domaines.

En mai 1306, le Parlement convoqué à Westminster émancipe le jeune comte. Avant l'ouverture du Parlement, Édouard Ier remet le 7 avril à Warenne les terres de son grand-père, alors qu'il n'a ni atteint ses 21 ans, ni encore rendu hommage au roi. Au cours de la session parlementaire, Édouard offre au comte de Surrey la main d'une de ses petites-filles, Jeanne, fille d'Aliénor d'Angleterre et d'Henri III de Bar. Bien que la petite Jeanne n'ait que 11 ans, le comte accepte sans hésiter la proposition du roi. Jeanne arrive en Angleterre le 13 avril 1306 et est escortée en grande pompe jusqu'à la cour de son grand-père à Westminster. Les fiançailles ont lieu le 15 mai suivant et, une semaine plus tard, le comte de Surrey est adoubé au cours d'une grandiose cérémonie aux côtés de 266 autres jeunes nobles, dont l'héritier du trône, le futur Édouard II. Les célébrations de ces adoubements sont suivies par une série de mariages, dont celui de John de Warenne avec Jeanne de Bar qui a lieu le 25 mai.

Règne d'Édouard II[modifier | modifier le code]

Tensions autour de Piers Gaveston[modifier | modifier le code]

Édouard Ier meurt en juillet 1307 et est succédé par son fils Édouard II. Warenne figure parmi les barons qui assistent le 6 août suivant à l'élévation de Piers Gaveston, favori du nouveau roi, au titre de comte de Cornouailles. Le 26 août 1307, John de Warenne est convoqué pour la première fois au Parlement. Les relations entre le roi et ses barons se détériorent néanmoins rapidement. Warenne tergiverse quelque temps entre le roi et l'opposition baronniale : bien qu'il soit un compagnon d'armes du nouveau roi, le comte de Surrey devient bientôt l'un des adversaires de Gaveston. Aux côtés du comte d'Arundel, qui a épousé sa sœur Alice, et de celui de Hereford, Surrey affronte Piers Gaveston en décembre 1307 lors d'un tournoi tenu à Wallingford. À l'issue d'un verdict controversé, les arbitres tranchent en faveur de Gaveston, ce qui ne fait qu'enrager Warenne, qui devient par la suite un opposant acharné au favori royal. En janvier 1308, alors qu'il accompagne le roi en France lorsque celui-ci va y épouser Isabelle, fille du roi Philippe IV, et rend hommage au roi de France pour ses possessions en Aquitaine, le comte de Surrey est l'un des quatre comtes anglais qui signent l'Accord de Boulogne, une déclaration qui est de nos jours considérée comme la première manifestation de l'opposition de la noblesse à Gaveston. Il assiste le 25 février suivant au couronnement du nouveau couple en l'abbaye de Westminster, lors duquel Piers Gaveston choque les personnalités invitées par son arrogance. Warenne et Arundel font ensuite activement partie de l'opposition au sein du Parlement qui parvient à obtenir en avril 1308 l'exil de Gaveston. À la même époque, Warenne entre au service de Thomas de Lancastre, un cousin du roi qui est le plus puissant des magnats d'Angleterre et désormais le leader de la fronde des barons. Warenne promet à Lancastre, peut-être pendant un tournoi qui a lieu en mars 1308 à Dunstable, de le servir avec 80 hommes d'armes. En avril 1309, les comtes de Surrey et d'Arundel appartiennent officiellement à la suite du comte de Lancastre. En juin 1309, le roi interdit formellement aux comtes de Lancastre, de Surrey et d'Arundel de participer à des activités militaires, telles des tournois.

Lorsque Gaveston revient d'exil peu après, Warenne soutient le roi, qui fait ses retrouvailles avec son favori. Le comte de Lincoln a arrangé le retour de Gaveston, auquel le comte de Lancastre ne s'est pas opposé. Le comte de Surrey se serait quant à lui lié d'amitié avec Gaveston et l'aurait soutenu dans ses entreprises. En octobre 1309, il est ainsi présent à York avec le roi et Gaveston, tandis que les autres barons refusent de se présenter au conseil du roi. En février 1310, Warenne est chargé par le roi d'assurer le maintien de l'ordre lors du Parlement ouvert à Londres. Au cours de cette session, le roi est contraint d'accepter l'élection d'un comité de 21 seigneurs qui cherchent à réformer les prérogatives royales. Warenne est le seul comte avec Gaveston et son oncle le comte d'Oxford à refuser de participer à ce conseil de barons. Il est également le seul comte avec le comte de Gloucester à répondre aux convocations du roi en août 1310 lorsque ce dernier mène avec Gaveston une campagne militaire en Écosse. Le comte de Surrey chevauche en Écosse jusqu'à l'été 1311. Le roi le récompense généreusement pour le soutien qu'il lui a apporté, avec notamment le don de deux domaines dans le Northamptonshire. En juin 1310, le roi lui offre la possession à vie du château de Peveril et des terres associées contre une imposition annuelle de 437 marcs. Le roi réduit considérablement le montant de cette taxe à la fin de l'année 1310 et, en 1311, il lui accorde la remise officielle de Peveril, sans contrepartie.

Cependant, en novembre 1311, Gaveston est une nouvelle fois banni d'Angleterre sur ordre des 21 seigneurs restés en Angleterre pendant la campagne militaire en Écosse. Lorsque le favori royal fait son retour en janvier 1312, l'archevêque de Canterbury Robert Winchelsey persuade le comte de Warenne de l'arrêter. Accompagné du comte de Pembroke, le comte de Surrey assiège Gaveston, réfugié au château de Scarborough. Ce dernier est contraint de capituler le 19 mai 1312 et est emmené prisonnier par le comte de Pembroke à Londres. Warenne n'est par la suite pas impliqué dans les événements tumultueux du mois de juin 1312, au cours desquels les comtes de Warwick, de Lancastre et de Hereford profitent de la négligence de Pembroke pour se saisir du favori et font impitoyablement exécuter Piers Gaveston pour haute trahison. La violence de cette décision provoque la division de l'opposition baronniale. Bien que le roi ait été mécontent que Warenne ait pris part au siège de Scarborough, il ne lui en tient pas rigueur, tout comme au comte de Pembroke. Contrairement à Pembroke et Surrey, les comtes de Lancastre, de Warwick et d'Arundel ne montrent aucun remords dans leurs actions et ne cessent de s'opposer au roi, qui refuse de leur pardonner. En août 1312, Édouard II charge le comte de Surrey d'assurer la préservation de la paix dans le Sussex. L'année suivante, le roi lui interdit fermement de rejoindre les comtes impliqués dans la mort de Gaveston lors de tournois.

Crise conjugale[modifier | modifier le code]

À l'été 1314, le comte de Surrey refuse, tout comme les comtes de Lancastre et d'Arundel, de participer à la campagne militaire d'Édouard II en Écosse qui s'achève par une défaite cinglante à Bannockburn. Toutefois, l'absence de John de Warenne n'est pas due à une prétendue solidarité avec les barons responsables de la mort de Gaveston, mais a pour véritable cause son mariage désastreux avec la nièce du roi. Leur mariage ne produit aucun enfant, de sorte que le roi a autorisé dès 1309 le comte de Surrey à désigner n'importe quel héritier à son gré, pourvu qu'il ne déshérite aucun enfant éventuel né de son union avec Jeanne de Bar. Au printemps de l'année 1313, le roi demande au yeoman William Aune d'extraire la comtesse de Surrey du château de Conisbrough et de l'amener à sa cour. À partir de juin 1313, Jeanne de Bar réside à la Tour de Londres, alors que Warenne vit ouvertement avec sa maîtresse Maud Nereford. Outré par un tel comportement, le clergé d'Angleterre menace le comte de Surrey d'excommunication s'il ne reprend pas sa légitime épouse. Warenne refuse de se soumettre et, bien que le roi ait tout fait pour empêcher la sentence, est excommunié par l'évêque de Chichester John Langton.

Loin d'être inquiet, le comte de Surrey entame en septembre 1314 une procédure de divorce afin d'épouser sa maîtresse et de légitimer les deux fils qu'il a eus avec elle. Il invoque comme arguments pour obtenir l'annulation du mariage qu'il a été contraint de consentir à cette union, qu'il est consanguin aux troisième et quatrième degrés avec son épouse et qu'il a engagé un précontrat de mariage avec sa maîtresse Maud Nereford avant 1306. Jeanne de Bar conteste immédiatement la première assertion et lui rappelle qu'il a accepté la proposition d'Édouard Ier en 1306. Les deux autres arguments sont jugés peu convaincants par l'Église. Le différend entre les deux époux dure deux ans, au cours desquels une assemblée de barons et de prélats tente de trouver une issue. En 1316, le comte de Surrey finit par proposer à son épouse un paiement annuel de 200 £ ainsi que la cession d'une terre d'un revenu annuel de 740 marcs en compensation de l'annulation du mariage. La comtesse refusant ce compromis, John de Warenne se tourne vers le roi et lui remet l'ensemble de ses biens pour montrer sa bonne foi. Édouard II lui restitue immédiatement ses biens et statue sur l'héritage du comte. Il proclame que le fils aîné du comte de Surrey et de sa maîtresse, John, héritera de ses biens à sa mort, et si ce dernier vient à mourir sans descendance, son frère cadet Thomas lui succédera. Selon l'accord, le reste de la famille Warenne ne pourra ainsi hériter des biens du comte de Surrey que si ses fils illégitimes meurent sans descendance. En remerciement, le comte de Surrey convient avec le roi que deux de ses biens les plus rentables reviendront à la couronne à sa mort. Ainsi, il affaiblit considérablement le patrimoine de sa famille en faveur de ses enfants illégitimes. Désirant cependant légitimer ses deux fils, le comte de Surrey se tourne vers le pape Jean XXII avec l'aide du comte de Pembroke afin de dissoudre son mariage mais cette demande est infructueuse. Entretemps, son épouse Jeanne a quitté l'Angleterre en août 1316 et s'en est retournée en sa terre natale.

Guerre privée avec le comte de Lancastre[modifier | modifier le code]

Malgré une brouille entre Édouard et John de Warenne au sujet du mariage de ce dernier, le comte de Surrey reste un fidèle partisan du roi. En février 1317, le roi convoque à Clarendon un petit groupe de nobles, dont Warenne, qui lui sont entièrement dévoués afin de discuter des problèmes du royaume. Les discussions s'orientent certes vers le conflit avec l'Écosse mais également vers la menace que pose le comte de Lancastre, qui s'est saisi du gouvernement du royaume entre 1315 et 1316 après la déroute de Bannockburn. Édouard II n'a en effet toujours pas pardonné à son cousin la mort de Gaveston. Le comte de Surrey hésite initialement à défier ouvertement Lancastre. Toutefois, le 9 mai 1317, il fait enlever Alice de Lacy, épouse du comte de Lancastre, à Canford et l'emmène en son bastion de Reigate. Il est très probable qu'il a eu pour ambition non pas de s'en prendre à l'intégrité physique de la comtesse mais bien d'humilier le plus puissant magnat du royaume d'Angleterre. Ce événement résulte sans doute d'une vengeance personnelle, puisque Lancastre a protesté contre le divorce de Warenne et de Jeanne de Bar l'année précédente. Pourtant, d'autres hypothèses sont envisageables pour expliquer les causes de cet enlèvement, qui résulte de l'opposition sur le plan politique des deux comtes et qui a peut-être même eu lieu grâce à la connivence secrète du roi.

Le comte de Surrey constate pourtant avec amertume qu'il a déclenché la fureur du magnat du royaume. Le comte de Lancastre entame une querelle féroce avec son rival et mène une série de raids dans les domaines de Warenne dans le Yorkshire, qui sont avoisinants aux siens. La maîtresse de John de Warenne, Maud Nereford, soit s'enfuir en précipitation pour échapper aux troupes lancastriennes. Les attaques militaires de Lancastre se révèlent dangereusement efficaces et inquiètent le roi, qui se met à chercher une issue dans son propre duel avec son cousin. Le traité de Leake, signé le 9 août 1318, met fin officiellement aux tensions qui subsistent entre le roi et Lancastre depuis 1312. Warenne remarque avec effroi que sa guerre privée avec Lancastre n'est pas inclue dans les clauses du traité. Alarmé déjà en juin 1318 par l'assaut de son rival sur ses possessions galloises de Bromfield et de Wrexham, il se voit contraint d'accepter la paix proposée par son adversaire. Lancastre oblige Surrey à faire un échange de terrains qui lui est défavorable : Warenne doit livrer à son ennemi des domaines dans le Yorkshire, en Galles et dans le Norfolk contre des territoires dans le Somerset, le Dorset et le Wiltshire. En outre, il doit reconnaître qu'il doit payer à Lancastre une énorme indemnité de 50 000 £, bien que ce dernier n'ait jamais insisté par la suite pour qu'il la paye.

Ralliement au parti du roi[modifier | modifier le code]

Malgré sa défaite face au comte de Lancastre, Warenne demeure un solide partisan du roi et prouve sa loyauté en le soutenant lors de ses campagnes militaires qui suivent. En 1319, il est présent à Newcastle-upon-Tyne où il rejoint Édouard, qui compte mener une nouvelle campagne militaire contre l'Écosse, bien que l'expédition tourne au fiasco. Relativement neutre lors des années suivantes, qui voient l'ascension politique des favoris royaux Hugues le Despenser père et fils, le comte de Surrey est finalement contraint de s'impliquer dans le nouveau conflit entre le roi et ses barons : la guerre des Despenser. En août 1321, les barons des Marches galloises prennent les armes et obligent le roi à exiler ses deux favoris. Les comtes modérés que sont alors Arundel, Pembroke et Surrey ne peuvent qu'acquiescer à cette décision. Toutefois, ces trois comtes appuient la riposte royale en octobre 1321 et sont présents au siège du château de Leeds. John de Warenne participe à la campagne-éclair d'Édouard II en Galles en janvier 1322 contre les rebelles. Accompagné des comtes d'Arundel, de Pembroke et de Richmond, il persuade le 17 janvier les barons Mortimer de Chirk et de Wigmore de se soumettre au roi en échange de la vie sauve. Au début du mois de mars 1322, Warenne et Arundel assistent au conseil royal au cours duquel il est décidé de proclamer traîtres les rebelles restants. Les comtes de Surrey et de Kent sont chargés ensuite de pourchasser le comte de Lancastre mais celui-ci est intercepté et capturé par Andrew Harclay à Boroughbridge. Le roi désigne Warenne comme l'un des juges qui condamnent à mort Lancastre pour haute trahison lors d'un procès expéditif qui a lieu quelques jours plus tard. Au mois de mai suivant, Warenne participe au Parlement tenu à York qui révoque formellement les Ordonnances de 1311.

Libéré de l'emprise de ses barons, Édouard II rappelle les Despenser et décide de mener une ultime campagne en Écosse en août 1322, à laquelle le comte de Surrey est convié. Cette invasion se révèle infructueuse et s'achève par une défaite cuisante à Old Byland en octobre 1322. Malgré cet échec, le roi désire reprendre les combats et mobilise une nouvelle fois ses troupes en février 1323, bien qu'il soit convaincu par ses conseillers d'accepter la trêve proposée par les Écossais. Outre son implication dans les conflits avec l'Écosse, John de Warenne est chargé en mars 1325 de mener un corps expéditionnaire en Aquitaine, à la suite du revers anglais au cours de la guerre de Saint-Sardos l'année précédente. Accompagné du comte de Kent et de 100 hommes d'armes, Warenne débarque dans le duché aquitain en août 1325 mais ne mène aucun combat, Édouard ayant finalement accepté les conditions de paix du roi de France Charles IV. De retour en Angleterre au début de l'année 1326, il est alors, avec son beau-frère d'Arundel, l'un des derniers pairs du royaume fidèles au régime despotique d'Édouard II et des Despenser. Ces derniers, conscients de l'importance de son soutien au roi, le récompensent de sa loyauté des années passées en le nommant en mai et juillet 1326 commandant des troupes stationnées au nord du royaume. Par ailleurs, Édouard lui restitue certaines des terres saisies en 1318 par le comte de Lancastre. Hugues le Despenser l'Aîné s'attire toutefois l'inimitié de Warenne en s'emparant illégalement d'une possession censée revenir à son propriétaire légitime.

Règne d'Édouard III[modifier | modifier le code]

Soutien à la régence de Roger Mortimer[modifier | modifier le code]

L'adhésion du comte Warenne au régime des Despenser prend subitement fin en septembre 1326, lorsque la reine Isabelle et son amant Roger Mortimer de Wigmore entament l'invasion de l'Angleterre afin de chasser Édouard II et ses favoris du pouvoir. Le comte de Surrey, bien que considéré par les rebelles comme un proche soutien du roi, parvient à survivre à cette période tumultueuse en assurant la reine de sa loyauté. Il échappe ainsi au sort funeste des Despenser et du comte d'Arundel, qui sont capturés et exécutés en novembre 1326. Au cours des mois qui suivent, Warenne regagne rapidement les faveurs de la reine et de Mortimer, tous deux dirigeants effectifs du royaume après la capture du roi et son incarcération à Kenilworth. En janvier 1327, il fait partie de la délégation parlementaire envoyée auprès d'Édouard II afin de le sommer d'abdiquer. Par la suite, il est présent au couronnement du jeune Édouard III, proclamé roi dès la déchéance de son père par le Parlement, et figure parmi le conseil de régence chargé d'assister le nouveau souverain. Une preuve supplémentaire de son retour en grâce est sa désignation la même année par le conseil pour aller maintenir l'ordre dans l'Oxfordshire.

L'avènement d'Édouard III s'accompagne également pour Warenne d'un renouement avec son épouse Jeanne de Bar. En effet, il est retourné d'Aquitaine au début de 1326 avec son épouse et a demandé l'année suivante au conseil de pouvoir voyager à l'étranger avec elle. Jeanne de Bar est tenue en haute estime par le roi et la reine-mère, puisqu'elle a passé beaucoup de temps avec eux alors qu'ils étaient réfugiés à la cour de France à la fin de 1325. Elle est vivement récompensée de sa fidélité tant par Isabelle, qui revient sur le règlement de l'héritage de Warenne en 1316 au bénéfice de ses fils illégitimes et tranche en sa faveur, que par Édouard III, qui lui accorde des biens confisqués au défunt comte d'Arundel. En compensation pour ses fils déshérités, Warenne obtient du roi qu'ils soient intégrés dans l'Ordre de Saint-Jean. Par ailleurs, contre une somme de 200 marcs, Henri de Lancastre, frère et héritier du comte Thomas, lui rétrocède en 1328 l'ensemble des possessions saisies par son frère dans le Yorkshire en 1318. Restant relativement discret sous la régence d'Isabelle et Mortimer, le comte de Surrey leur apporte nominalement son soutien. Il est récompensé de sa neutralité pendant le complot du comte de Kent en mars 1330 en recevant un domaine appartenant à ce dernier, d'une rente de 230 £. Le roi Édouard III ne tient pas grief à Warenne de ce comportement lorsqu'il renverse Isabelle et fait exécuter Mortimer en octobre de la même année.

Campagnes en Écosse et nouvelles fonctions[modifier | modifier le code]

Warenne participe à nouveau activement aux campagnes militaires contre l'Écosse et ce, dès la déposition d'Édouard II. En juillet 1327, il accompagne le jeune Édouard III dans sa toute première expédition militaire, qui se solde par un échec à Stanhope Park. En novembre de la même année, il est missionné par les régents pour négocier le traité d'Édimbourg-Northampton entre l'Angleterre et l'Écosse. Malgré ce répit, Warenne apporte son soutien au roi lorsqu'il décide de reprendre les hostilités à la chute de Mortimer en 1330. Il est sans doute motivé par le fait qu'Édouard III prévoit de restaurer sur le trône d'Écosse son cousin Édouard Balliol en lieu et place du jeune David II Bruce. Ainsi, il est présent en 1333 aux côtés d'Édouard III et de Balliol lors du siège de Berwick-upon-Tweed et de la bataille de Halidon Hill. Warenne fournit également des troupes lors des invasions de l'Écosse en 1334 et 1335. Il est toutefois présent le 12 juin 1334 à Newcastle-upon-Tyne lorsque son cousin Balliol cède à Édouard III une grande partie du territoire écossais situé au sud du Forth. Le roi d'Angleterre récompense Warenne de ses services rendus en Écosse, notamment en lui accordant un pardon pour les dettes que lui et ses ancêtres ont contractées envers la couronne. Il lui promet par ailleurs une rente supplémentaire de 2,000 marcs. De son côté, Édouard Balliol le remercie de son appui et le titre comte de Strathearn au détriment de son détenteur légitime, Malise V. Néanmoins, l'échec définitif de l'ultime campagne d'Édouard III en Écosse en 1336 empêche Warenne de prendre possession de ses domaines écossais.

Considéré par Édouard III comme l'un des plus anciens magnats du royaume, le comte de Warenne se voit confier de nouveaux postes par le roi au sein de l'administration de l'Angleterre. Il est chargé ainsi de la défense du royaume à l'été 1336, pendant que le roi part guerroyer en Écosse. Au cours des années qui suivent, Warenne reprend plusieurs fonctions subsidiaires de ses titres de noblesse, notamment celle de shérif du Surrey et du Sussex, qu'il exerce à partir de 1339. Au même moment, la guerre de Cent Ans éclate avec la France et Édouard III doit se rendre entre 1338 et 1340 auprès de ses alliés flamands. Pendant son absence, le gouvernement est nominalement pris en charge par le prince héritier Édouard de Woodstock mais celui-ci, âgé de seulement 8 ans, est assisté par un nouveau conseil de régence dans lequel Warenne détient une place importante. Lorsqu'éclate à l'automne 1340 une crise constitutionnelle entre le roi et le clergé en raison de difficultés financières, Warenne se rend au Parlement afin de plaider la cause d'Édouard et rappelle aux pairs qu'ils se doivent de soutenir efficacement leur souverain. En juillet 1345, le comte de Surrey est chargé par le roi de conseiller son deuxième fils Lionel d'Anvers, nommé régent par son père, pendant qu'il mène une campagne en Flandre.

Seconde tentative de divorce et conflit d'héritage[modifier | modifier le code]

Pourtant, bien que Warenne accomplisse avec succès ses devoirs militaires et administratifs, il ne parvient pas à s'entendre avec son épouse. Bien qu'ils aient été proches d'une réconciliation en 1326, les époux se séparent à nouveau en 1337 après une querelle. Jeanne de Bar quitte l'Angleterre avec l'ensemble de sa famille. En 1344, l'évêque de Winchester Adam Orleton exhorte Warenne à reprendre son épouse et à respecter le traité de leur mariage, mais sa demande reste infructueuse. En 1345, Jeanne de Bar se rend une nouvelle fois en Angleterre et se voit confirmer par Édouard III la possession des terres qu'elle détient de son plein droit. Toujours aussi ardent à rompre son mariage, le comte Warenne affirme la même année qu'il a entretenu avant 1306 une liaison avec Marie de Woodstock, fille d'Édouard Ier et tante de son épouse, ce qui aurait pour conséquence la prononciation de la nullité de leur union. Cette assertion n'est pas comptabilisée par les autorités ecclésiastiques, qui considèrent que cette relation n'a pu avoir lieu, puisque Marie est entrée au couvent en 1285, avant même la naissance du comte de Surrey. La détermination du comte à faire annuler son mariage provient sans doute de sa liaison avec une nouvelle maîtresse, Isabelle Holland, fille du baron Robert de Holland, qu'il espère épouser et à laquelle il compte léguer une partie de ses biens. Le roi Édouard consent initialement à la cession de certaines propriétés du comte à sa maîtresse mais il revient sur sa décision lorsque le comte d'Arundel Richard FitzAlan, neveu et héritier de Warenne par sa mère Alice, proteste vivement contre cette décision. John de Warenne se voit alors contraint d'acquiescer à la demande de son héritier.

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1340, la santé du comte de Surrey se détériore sensiblement. En 1342, le roi convoque le comte de Surrey pour l'invasion de la Bretagne mais ce dernier, désormais âgé de 56 ans, invoque des raisons de santé pour justifier son absence. La même année, il refuse de se présenter à un tournoi tenu à Dunstable. En juillet 1346, il s'excuse auprès du Parlement pour son absence et abandonne ses fonctions officielles. Il meurt sans descendance légitime en juin 1347 et est inhumé au prieuré de Lewes. Son épouse, absente au moment de son décès, lui survit jusqu'en 1361. Dans son testament rédigé quelques jours avant son décès, John de Warenne lègue à sa maîtresse Isabelle divers présents mais ne transmet rien à son épouse Jeanne. Il a au moins trois fils et trois filles de ses diverses relations adultérines, auxquels il lègue également des biens. Malgré l'échec flagrant de son mariage, le comte a toujours été considéré comme un homme pieux, notamment par les dons qu'il a faits à des monastères, sa participation à de la confrérie du prieuré de Durham ainsi que la rédaction d'une Bible en français à ses frais. Ses titres et terres sont héritées par son neveu Richard FitzAlan. Après la mort de Jeanne de Bar, ce dernier décide enfin de porter le titre de comte de Surrey, tandis que celui de comte de Sussex s'est éteint à la mort de Warenne faute de descendants directs.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ayant habilement joué un rôle de second plan pendant les règnes paradoxaux d'Édouard II et d'Édouard III, Warenne est considéré après son décès comme un homme d'État respecté. Bien qu'il ait été impliqué dans la plupart des événements politiques du début du XIVe siècle, il n'a jamais été la figure de proue d'une quelconque décision. Sans grands principes politiques, son destin montre pourtant comment une adhésion ferme était dangereuse et sa politique de tergiversation plus sûre pour les seigneurs anglais à l'époque. Célébré comme un chevalier brave et loyal, ses conflits matrimoniaux et successoraux ont quelque peu terni sa réputation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]