John Warnock Hinckley, Jr.

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John Hinckley, Jr.
John Hinckley, Jr. Mugshot.png

John Warnock Hinckley, Jr. lors de son arrestation.

Biographie
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ArdmoreVoir et modifier les données sur Wikidata
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Condamné pour

John Hinckley, Jr., né le à Ardmore (Oklahoma), est un criminel américain. Fan obsessionnel de l'actrice Jodie Foster, il tente d'assassiner le président des États-Unis Ronald Reagan le .

Biographie[modifier | modifier le code]

John Warnock Hinckley, Junior naît à Ardmore dans l'Oklahoma et grandit au Texas et au Colorado. Il est un étudiant peu assidu à la Texas Tech University, de 1973 à 1980. En 1976, il se rend à Los Angeles dans l'espoir de devenir compositeur. Ses efforts ne sont pas couronnés de succès ; dans les lettres qu'il envoie à ses parents, il raconte son désespoir et réclame de l'argent. Il y parle aussi d'un amour réciproque, une certaine Lynn Collins, qui se révèle plus tard être une pure invention. Il revient chez ses parents à Evergreen, dans le Colorado, avant la fin de l'année. Pendant les années qui suivent, il vit seul pendant quelque temps avant de retourner une nouvelle fois chez ses parents.

Après avoir visionné le film Taxi Driver au moins 15 fois[1], dans lequel un jeune homme perturbé — lui-même inspiré par l'aspirant assassin Arthur Herman Bremer — interprété par Robert De Niro, projette d'assassiner un candidat à la présidence, Hinckley développe une obsession pour la jeune actrice Jodie Foster, qui y joue le rôle d'une prostituée. Quand elle intègre l'université Yale, Hinckley déménage à New Haven, dans le Connecticut, pour une courte période, afin d'être plus proche d'elle, et commence à lui glisser des poèmes et des messages sous sa porte et à la contacter plusieurs fois par téléphone.

N'arrivant pas à développer des liens plus personnels avec Jodie Foster, Hinckley conçoit des projets tels que détourner un avion ou se suicider devant l'actrice pour attirer son attention. Il finit par être convaincu qu'il peut impressionner la jeune femme et ainsi gagner son cœur en assassinant un président, qui en tant que figure importante, serait son égal[2]. À cette fin, il pourchasse l'ancien président Jimmy Carter d'État en État, mais est arrêté à Nashville dans le Tennessee pour détention d'arme à feu[3]. Sans argent, il retourne une nouvelle fois chez ses parents. Bien qu'il soit traité en psychiatrie pour dépression, sa santé mentale se détériore. En 1981, il choisit une nouvelle cible en la personne du président nouvellemeny élu, Ronald Reagan.

Peu avant d'essayer d'attenter à la vie de Reagan, il écrit à Jodie Foster :

« Ces sept derniers mois, je t'ai laissé des dizaines de poèmes, de lettres et de messages d'amour dans l'infime espoir que tu puisses développer de l'intérêt à mon égard. Bien que nous ayons parlé au téléphone quelques fois, je n'ai jamais eu le courage de simplement te rencontrer pour me présenter. [...] La raison pour laquelle je vais faire cela est que je ne peux plus attendre une seconde de plus pour t'impressionner. »

Tentative d'assassinat de Ronald Reagan[modifier | modifier le code]

Le , Hinckley tira six coups de revolver sur le président Reagan, lorsque celui-ci quittait l'hôtel Hilton de Washington après y avoir donné une conférence. L'arme utilisée par Hinckley était un Röhm RG-14 (en) de calibre .22 coûtant 98 dollars et 80 cents[4]. Aucune des balles ne toucha directement Reagan, mais une rebondit sur le vitrage blindé de la limousine et le frappa à la poitrine tandis que d'autres blessèrent également l'attaché de presse James Brady, l'agent de police Thomas Delahanty et l'agent du Secret Service Timothy McCarthy. Hinckley ne tenta pas de fuir et fut immédiatement arrêté.

Reagan survécut à ses blessures (notamment un poumon transpercé) après avoir été opéré à l'hôpital universitaire George Washington. Les trois autres blessés par balles survécurent également, mais le porte-parole de la Maison Blanche James Brady souffrit de graves problèmes neurologiques et dut se déplacer en fauteuil roulant pendant de nombreuses années. De plus, pendant une dizaine d'années, il fut incapable de prononcer correctement une phrase et de travailler.

Au cours du jugement en 1982, chargé de trente chefs d'inculpation, Hinckley fut déclaré non coupable car jugé pénalement irresponsable pour raison psychiatrique. Hinckley fut confiné à l'hôpital Sainte Elizabeth de Washington. Il fut autorisé à quitter l'hôpital pour des visites surveillées avec ses parents en 1999 et des permissions non surveillées, plus longues, en 2000. Ces droits lui furent retirés lorsqu'on trouva des objets liés à Jodie Foster à l'hôpital. Considérant qu'il n'était plus une menace pour les autres, le tribunal fédéral de Washington ordonna sa libération encadrée de nombreuses mesures de restriction en août 2016[5]. Cette libération est effective le , John Warnock Hinckley Jr devant résider pendant un an chez sa mère[2].

Taxi Driver est projeté comme pièce à conviction au jury chargé de juger Hinckley[6].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) « John Hinckley, psycho who shot Reagan to impress Jodie Foster, 'has recovered and will soon be released from mental hospital' », sur Daily Mail.co.uk, (consulté le 4 décembre 2016).
  2. a et b « L'homme qui avait tenté de tuer Reagan libéré », Le Figaro, (consulté le 11 septembre 2016).
  3. (en) Jeremy P. Kelley, « John Hinckley stalked Carter in Dayton before shooting Reagan », sur Dayton Daily News.com, (consulté le 7 décembre 2016).
  4. CNN du 19/03/2011.
  5. « L'homme qui tenta de tuer Ronald Reagan va être libéré », 20 minutes, (consulté le 28 juillet 2016).
  6. « Taxi Driver: une scène de film culte décryptée », sur L'Express, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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