John Stenhouse

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John Stenhouse
Naissance
Glasgow (Drapeau de l'Écosse Écosse)
Décès (à 71 ans)
Londres (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Domicile Pentonville, Islington (Londres)
Nationalité Drapeau d'Écosse Écossais
Domaines chimie organique
Institutions Université de Glasgow, Université de Giessen, Owens College, Chemical Society of London, St Bartholomew's Hospital
Formation Université de Glasgow
Directeur de thèse Thomas Graham, Thomas Thomson, Justus Liebig
Étudiants en thèse Friedrich Kekulé von Stradonitz
Renommé pour appareil respiratoire, bétorcinol et érythritol
Distinctions Médaille Royale de la Royal Society de Londres (1871)

John Stenhouse (Glasgow, Londres, ) est un chimiste écossais. Il a mis au point l'un des premiers appareils respiratoires fonctionnels (1854). Il fut l'un des membres fondateurs de la Chemical Society de Londres[1] (1841).

Biographie[modifier | modifier le code]

Masque respiratoire au charbon actif de John Stenhouse (dessin tiré du Class-Book of Chemistry d’Edward L. Youmans (New York, 1858)).

John Stenhouse était le fils aîné de William Stenhouse, un fabricant d’indiennes de Glasgow, et de sa femme Élisabeth née Currie[2] ; il fut le seul de leurs enfants à parvenir à l'âge adulte[3],[4]. Il effectua ses études secondaires à Glasgow puis à l’université de cette ville de 1824 à 1828. D'abord intéressé par la littérature, il se tourna ensuite vers la chimie, d'abord sous la direction du Pr Thomas Graham puis du Dr Thomas Thomson de l’université d'Anderson à Glasgow (aujourd'hui intégrée à l'université de Strathclyde ; l'un des bâtiments porte le nom de ce chimiste). Au cours de l'année universitaire 1837-1839, Stenhouse assista aux conférences de chimie données à l’université de Glasgow, puis partit poursuivre ses recherches en chimie pendant deux ans sous la direction de Justus Liebig à l'université de Giessen en Allemagne. De retour à Glasgow, il fut en 1841 l'un des membres fondateurs de la Chemical Society of London. En 1848, il fut élu Fellow de la Royal Society de Londres. L'université d'Aberdeen lui décerna un doctorat honoris causa en 1850[5].

Jusque-là Stenhouse avait vécu sur l'héritage que lui avait légué son père ; mais en 1850 le comptoir de commerce de Glasgow fit banqueroute[6] : aussi sollicita-t-il, mais en vain, un poste d'enseignant à Owens College, qui est aujourd'hui rattaché à l'université de Manchester. Enfin au mois de février 1851, il fut recruté comme maître de conférences en chimie à l'école médicale de St Bartholomew's Hospital, à Londres. Le jeune August Kekulé (1829-1896), qui devait par la suite s'imposer comme l'un des plus éminents chimistes de la seconde moitié du XIXe siècle, était l'un de ses préparateurs à l'époque[7]. En 1857, Stenhouse fit une hémorragie cérébrale[8] qui le laissa à moitié paralysé, ce qui le contraignit à démissionner. Il quitta pour convalescence l'Angleterre en compagnie de sa mère pour Nice (alors ville du royaume de Piémont-Sardaigne) et demeura là-bas jusqu'à la mort de celle-ci en février 1860. Au mois de juin il était de retour en Angleterre et établit son laboratoire dans l'annexe d'une usine abandonnée de Rodney Street, à King's Cross (Londres) ; il gagnait sa vie de l'exploitation de quelques brevets et de travaux d'expertise[9], tout en poursuivant ses recherches de chimie, en dépit du fait qu'il ne pouvait plus se servir de ses mains : il employait des assistants (pour la plupart des étudiants du Royal College of Chemistry)[9]. Il y avait, parmi ces assistants, Raphael Meldola (en) (1849-1915) et Charles E. Groves[5] (1841-1920).

De 1865 à 1870, il fut assesseur de la Royal Mint (son ex-professeur Thomas Graham était le Master of the Mint en exercice). En 1871, il fut récompensé de la Royal Medal de la Royal Society pour ses travaux en chimie. En 1877, il fut reçu Fellow de l'Institute of Chemistry[10]. Il mourut trois ans plus tard et fut inhumé au High Church New Cemetery de Glasgow.

Découvertes[modifier | modifier le code]

Stenhouse était un spécialiste de la chimie organique, et plus précisément de l'analyse chimique des substances sécrétées par les végétaux et de leurs applications médicales et industrielles : on lui doit notamment l'extraction du bétorcinol[11], homologue de l'orcinol, et de l'érythritol[12], deux extraits des lichens.

On lui est redevable de plusieurs inventions touchant le domaine des colorants (brevets du 13 octobre 1855 et du 12 juin 1856), des étanchéités (brevets du 8 janvier 1861 et du 21 janvier 1862), du raffinage du sucre, et du tannage ; mais il est surtout célèbre pour la mise en application des propriétés absorbantes du charbon actif en désinfection et en désodorisation, par l'invention des filtres à air et du masque respiratoire au charbon, toujours en usage aujourd’hui (brevets du 19 juillet 1860 et du 21 mai 1867[13]). Parmi ses autres brevets, l'un concerne la fabrication des colles (7 mai 1857) et un autre la préparation de l’amidonnage et de l’apprêt des vêtements[14] (29 avril 1868).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles D. Waterston et A. Macmillan Shearer, Former Fellows of the Royal Society of Edinburgh 1783-2002: Biographical Index, vol. II, Édimbourg, The Royal Society of Edinburgh, (ISBN 978-0-902198-84-5, lire en ligne)
  2. In 1809 William Stenhouse, a merchant of Glasgow, married Elizabeth, second daughter of George Currie, Esq., at Nesbit, avis de mariage extrait de The Athenaeum, vol. 5, Londres, England, , p. 185.
  3. George Stronach, Dictionary of National biography, 1885-1900, vol. 54 (lire en ligne), « Stenhouse, John », p. 149.
  4. « Survive beyond infancy », Journal of the Chemical Society, Transactions, vol. 39,‎ , p. 185-188 (lire en ligne).
  5. a et b « Survive beyond infancy », Journal of the Chemical Society, Transactions, vol. 39,‎ , p. 186 (lire en ligne).
  6. « Glasgow Commercial Exchange Bank », The Bankers’ Magazine; Journal of the Money Market and Railway Digest, Londres, vol. 10,‎ , p. 446, 515, 574, 575 ; John Francis et I. Smith Homans, « History of the Bank of England, Its Times and Traditions, from 1694 to 1844 », Offices of the Bankers’ Magazine, New York,‎ , p. 399-400 ; Richard Saville, Bank of Scotland: A History, 1695-1995, Edimbourg, Edinburgh University Press Ltd., , p. 353.
  7. Joseph S. Fruton, Methods and Styles in the Development of Chemistry, Philadelphie, Pennsylvanie, American Philosophical Society, , p. 107.
  8. Hannah Gay, « Technical assistance in the world of London science, 1850–1900 », Notes & Records of the Royal Society, vol. 62, no 1,‎ , p. 51-75 (lire en ligne).
  9. a et b Gay (2008)
  10. English Mechanic and World of Science… , vol. 32, no 824, p. 419, 7 janvier 1881.
  11. « XXII.—Contributions to the history of the orcins. Betorcinol and some of its derivatives », Journal of the Chemical Society, Transactions, RSC Publishing, vol. 37,,‎ (lire en ligne)
  12. C'est en étudiant les propriétés chimiques de l'érythritol (qu'il appelait « érythroglucine »), que Stenhouse découvrit un puissant explosif, le tétranitrate de pentaérythritol. Cf. sa communication John Stenhouse, « Examination of the proximate principles of some of the lichens. Part II », Philosophical Transactions of the Royal Society, Londres, vol. 139,‎ , p. 393-401.
  13. Wyndham D. Miles, « The velvet-lined gas mask of John Stenhouse », Armed Forces Chemical Journal, vol. 12, no 3,‎ , p. 24-25 (lire en ligne[archive du ]). Et : John Stenhouse, « On the Economical Applications of Charcoal to Sanitary Purposes », Notices of the Proceedings at the Meetings of the Members of the Royal Institution of Great Britain…, vol. 2,‎ , p. 53-55 (lire en ligne).
  14. Dictionary of National Biography, « Stenhouse, John »