John Hawkwood

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sir John Hawkwood, dit en français Jean Haccoude et en italien Giovanni Acuto, né vers 1320 et mort en 1394, est un célèbre mercenaire anglais considéré comme le premier condottiere des temps modernes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un tanneur londonien, petit propriétaire terrien[1], né à Sible Hedingham (en) (Essex), vers 1320, John Hawkwood participe à la guerre de Cent Ans, au service du roi Édouard III d'Angleterre contre la France. Après le traité de Brétigny, en 1360, il rejoint les Grandes compagnies et participe au saccage du sud de la France, en particulier la Provence, où il se montre « impitoyable et brillant »[1], avant de passer en Italie en 1362. Il intègre les rangs de la Compagnie blanche, combat pour le marquisat de Montferrat contre le comté de Savoie et Milan, et est élu commandant de la compagnie en 1365[2].

En quête de gloire et de fortune, il se met tour à tour au service des Pisans, qui l'utilisent contre les Florentins en 1364, puis des Visconti de Milan. Sous le commandement d'Hawkwood, la compagnie blanche acquiert une bonne réputation. Ses succès sont variables mais Hawkwood sait exploiter les fréquents renversements d'alliance à son bénéfice, comme en 1373 où il participe à la victoire de Montichiari dans le camp de l'armée papale contre son ancien employeur Barnabé Visconti. Hawkwood demande un prix exorbitant pour ses services. Comme les florins d'or affluent dans ses coffres, il devient une force financière qui peut rivaliser avec les banques les plus prestigieuses et les maisons de commerce internationales[1].

Il participe ensuite à la guerre des Huit Saints, toujours au service du pape Grégoire XI, et les Florentins lui versent une forte somme d'argent pour qu'il n'attaque pas leur cité. En 1375, il est engagé pour défendre la ville et Florence lui donne une pension annuelle à vie (fait sans précédent pour un mercenaire étranger). Il est par la suite souvent libéré pour poursuivre d'autres contrats dans toute la péninsule, mais reste fidèle à la ville jusqu'à sa mort[1].

En 1377, il participe au tristement célèbre massacre de Cesena mais change à nouveau de camp peu après et, la même année, épouse Donnina, la fille naturelle de Barnabé Visconti, seigneur de Milan et de sa maîtresse Montanina de Lazzari. Désormais très riche, il achète des terres en Romagne et en Toscane et, en 1381, Richard II d'Angleterre le nomme ambassadeur auprès du pape.

En 1387, il reprend du service en combattant pour Padoue contre Vérone et remporte une grande victoire lors de la bataille de Castagnaro. Il devient ensuite commandant en chef des troupes florentines en 1390 dans la guerre que mène Florence contre les ambitions territoriales de Jean Galéas Visconti. Il envahit la Lombardie et parvient jusqu'à moins de 20 km de Milan avant d'être obligé de battre en retraite. Il bat une armée milanaise en 1392 et, après la signature de la paix, est considéré comme le sauveur de Florence. Il prend le nom de « Giovanni Acuto » et la cité lui accorde la citoyenneté et une pension. Il passe ses dernières années dans une villa aux environs de Florence et meurt le 16 ou le 17 mars 1394. Il est enterré avec les honneurs à Santa Maria del Fiore avant que Richard II ne demande le retour de son corps en Angleterre.

De son mariage avec Donnina, il eut un fils et trois filles. Après sa mort, son fils revint vivre dans l'Essex.

Les Florentins qui s'étaient engagés à lui ériger une statue le représentant à sa mort, se contentèrent de faire peindre une fresque représentant la statue qu'ils s'étaient engagés à financer. Cette œuvre, commandée en 1436, fut réalisée par Paolo Uccello ; elle figure encore aujourd'hui dans la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence et porte l'inscription : « Ceci est John Hawkwood, chevalier britannique, estimé le général le plus prudent et expert de son temps »[1]. Selon Frances Stonor Saunders, le message cependant était politique. Il était censé signifier aux étrangers : « Comme les Romains, nous honorons nos généraux; comme les Romains, nous gagnons nos guerres »[1].

Les activités de Hawkwood ont choqué un âge habitué aux atrocités, et inspiré le proverbe Inglese italianato è un diavolo Incarnato (« Un Anglais italianisé est un diable incarné »). Pétrarque l'a dénoncé, Boccace a tenté en vain de monter une offensive diplomatique contre lui, sainte Catherine de Sienne le pria de quitter l'Italie, Chaucer l'a rencontré et, sans doute, l'a utilisé comme un modèle pour Le Conte du chevalier (Les Contes de Canterbury).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) John Hawkwood's mercenaries terrorised 14th-century Italy. Why did Florence honour him with a fresco?, Frances Stonor Saunders, theguardian.com, 16 octobre 2004
  2. (en) Michael Mallet, Mercenaries and their Masters, Londres, Bodley Head, (ISBN 0370105028), p. 37

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Duccio Balestracci, Le armi, i cavalli, l'oro. Giovanni Acuto e i condottieri nell'Italia del Trecento, Rome, Laterza, 2003, (ISBN 978-88-420-6807-5).
  • William Caferro, John Hawkwood: An English Mercenary in Fourteenth-century Italy, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2006, (ISBN 978-0-8018-8323-1).
  • Stephen Cooper, Sir John Hawkwood: Chivalry and the art of War, Barnsley: Pen and Sword, 2008, (ISBN 978-1-84415-752-5).
  • Frances Stonor Saunders, Hawkwood: The Diabolical Englishman, Londres, Faber & Faber, 2004, (ISBN 978-0-571-21909-4).
  • John Temple Leader et Giuseppe Marcotti, Sir John Hawkwood: Story of a Condottiere, Londres, T. Fisher Unwin, 1889.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]