Johannes Itten

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Johannes Itten
(archives du Bauhaus).

Johannes Itten, né le et mort le à Zurich, est un peintre et un enseignant suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il commence à dessiner et à peindre à l'âge de seize ans et suit les cours de l'École des Beaux-Arts de Genève, tout en poursuivant des études scientifiques. En 1910 il découvre à Paris le cubisme, Picasso et Cézanne, et en 1911 à Munich le groupe du Blaue Reiter. Il termine sa formation à Stuttgart chez Adolf Hölzel de 1913 à 1916. Il fonde alors une école d'art et participe au Sturm à Berlin.

De 1919 à 1923 il enseigne au Bauhaus. Il prit dès son arrivée une influence majeure sur l'enseignement de cette institution. Il dirigea les enseignements ayant trait à la forme. Il fut contesté tant par les élèves, dont Josef Albers, que par Walter Gropius et la direction, en raison de ses méthodes d'enseignement empreintes de sectarisme et influencées par la pratique du zoroastrisme dont il était un fervent pratiquant.

Après un séjour en Suisse, il fonde en 1926 une nouvelle école à Berlin, puis dirige une école professionnelle à Krefeld. En 1938, il émigre à Amsterdam, puis retourne à Zurich où il dirige la Kunstgewerbeschule (école des arts appliqués), qu'il quitte en 1954 pour se consacrer entièrement à la peinture et à l'écriture de ses ouvrages théoriques, dont le plus célèbre est L'art de la couleur, publié en 1967[1].

Cercle chromatique et étoile chromatique[modifier | modifier le code]

« Les théories sur la couleur de Kandinsky, Klee, Itten, Albers, et par ailleurs Robert et Sonia Delaunay, ne peuvent être séparées de leur œuvre picturale, didactique et artisanale. »

— Manlio Brusatin[2]

Johannes Itten, Farbkreis (1961).

Enseignant de la couleur et de la forme, Itten a créé des variantes du cercle chromatique déjà bien établi en peinture, suivant la tradition des artistes et des teinturiers, et les pratiques d'ateliers expliquées par écrit à partir du XVIIIe siècle[3], développées au XIXe siècle avec les ouvrages de Johann Wolfgang von Goethe. et de Michel-Eugène Chevreul, puis au XXe siècle avec Charles Blanc.

Le triangle des trois teintes fondamentales, un jaune, un bleu profond et un rouge, se développant par mélange en un cercle est la forme fondamentale de Johannes Itten pour enseigner l'usage de la couleur et permettre son utilisation dans un but esthétique et fonctionnel. Il ne vise pas à une science de la couleur, mais à la formation d'un nouvel artisanat industriel possédant une maîtrise de la couleur. Le cercle chromatique est plus qu'une simple convention de travail. C'est une disposition graphique élaborée pour structurer la perception des couleurs, comme les nombres structurent la perception des quantités.

L'étoile des couleurs d'Itten, présentée dans un autre ouvrage, inclut la valeur (au sens de la luminosité) dans la présentation, avec au centre le blanc, de luminosité maximale, et à la périphérie, au bout des branches colorées, le noir, valeur la plus sombre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

  • Horizontal-Vertical, 1915
  • Rencontre, 1916

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le dessin et la forme [trad. de l'allemand par Albert Garreau] Paris:Dessain et Tolra, 1983
  • L'étoile des couleurs, Paris:Dessain et Tolra, 1985.
  • Kunst der Farbe, traduit en français L'art de la couleur: approche subjective et description objective de l'art, Paris:Dessain et Tolra, 1988 (OCLC 25840781).
  • L'Étude des œuvres d'art, édité sous la direction de Rainer Wick en collaboration avec Anneliese Itten ; traduit par Annick Bigot, Paris:Dessain et Tolra, 1990.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ , p. 450-456

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Laclotte (dir.), Jean-Pierre Cuzin (dir.) et Arnauld Pierre, Dictionnaire de la peinture, Paris, Larousse,‎ (lire en ligne), p. 399-400.
  2. Manlio Brusatin (trad. Claude Lauriol, préf. Louis Marin), Histoire des couleurs, Paris, Flammarion, coll. « Champs arts » (no 626),‎ (1re éd. 1986), p. 150.
  3. Claude Boutet, Traité de mignature : pour apprendre aisément à peindre sans maistre, Paris,‎ (lire en ligne).