Jean-Pierre de Beaulieu

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Jean-Pierre de Beaulieu
Jean-Pierre de Beaulieu.
Jean-Pierre de Beaulieu.

Naissance
Lathuy, Brabant
Décès (à 94 ans)
Linz, Autriche
Origine Duché de Brabant
Allégeance Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Arme Infanterie
Grade Feldzeugmeister
Années de service 1743 – 1796
Conflits Guerre de Sept Ans
Révolution brabançonne
Guerres de la Révolution française
Faits d'armes Kolin
Breslau
Leuthen
Hochkirch
Arlon
Lodi
Borghetto
Distinctions Ordre militaire de Marie-Thérèse

Jean-Pierre de Beaulieu, né le 26 octobre 1725 à Lathuy dans le Brabant et mort le 22 décembre 1819 à Linz (Empire d'Autriche), est un général wallon au service de la monarchie des Habsbourg. Il s'engage très jeune dans l'armée du Saint-Empire et participe à la guerre de Sept Ans contre les Prussiens. Homme cultivé, il contribue à écraser l'insurrection des Pays-Bas méridionaux et est promu au grade d'officier général. Il se bat ensuite contre les armées françaises pendant les guerres révolutionnaires et accède à des postes au sein du haut commandement. En 1796, le jeune général Napoléon Bonaparte remporte en Italie ses premières victoires contre une armée impériale dirigée par Beaulieu. Ce dernier se retire de la vie militaire après cette ultime campagne mais reste propriétaire d'un régiment d'infanterie autrichien jusqu'à sa mort en 1819.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du natif de Lathuy au général du Saint-Empire[modifier | modifier le code]

En 1757, Beaulieu participe aux affrontements de la guerre de Sept Ans, comme ici à Leuthen. Peinture de Carl Röchling.

Né en 1725 au château de Lathuy près de Jodoigne, dans les Pays-Bas autrichiens (actuelle province du Brabant wallon en Belgique), Beaulieu s'engage dans l'armée impériale du Saint-Empire en 1743 et fait ses premières armes durant la guerre de Succession d'Autriche. Il participe ensuite à la guerre de Sept Ans, d'abord comme officier d'infanterie puis comme aide de camp du maréchal Leopold Joseph von Daun. Beaulieu est blessé lors de la bataille de Kolin et prend part également aux batailles de Leuthen, Hochkirch, Maxen et à plusieurs autres engagements. En 1760, il est fait chevalier de l'ordre militaire de Marie-Thérèse : « encore jeune, son caractère audacieux et ardent combiné avec sa grande énergie et une activité constante le destinait parfaitement à une carrière militaire »[1].

Beaulieu se marie en 1763 avec Marie-Louise Robert ; elle meurt en 1776 après lui avoir donné un fils. Particulièrement versé dans le domaine artistique, il conçoit des améliorations pour un certain nombre de palais, dessine et met en œuvre la construction d'un jardin à la française et collectionne les objets d'art. Promu au grade de général-major en 1789, il aide à réprimer la révolte des Pays-Bas méridionnaux qui voulaient se séparer du Saint-Empire et créer les États belgiques unis, mais son fils unique est tué au cours de l'insurrection[2]. En récompense de ses services, en 1790, Beaulieu est élevé au rang de Feldmarschall-Leutnant[3] et devient commandeur de l'ordre de Marie-Thérèse[4].

Les guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

De 1792 à 1795, Beaulieu opère contre les armées françaises dans les Flandres puis sur la ligne du Rhin[4]. Les 28 et 29 avril 1792, il remporte à Mons l'un des premiers engagements de la Première Coalition. Avec 5 000 hommes et 18 canons, il défait le corps français du général Armand-Louis de Gontaut Biron fort de 7 500 hommes et 36 pièces d'artillerie, lui infligeant 400 victimes alors que lui-même ne perd qu'une trentaine de soldats[5]. Il est vainqueur lors d'un autre affrontement à Harelbeke le 23 juin, où il fait face avec 11 000 hommes et 10 canons à 7 000 Français accompagnés de six pièces d'artillerie appartenant à l'armée du maréchal Nicolas Luckner[6]. Lors de l'infructueux siège de Lille qui dure du 25 septembre au 8 octobre, Beaulieu est à la tête d'une division dans l'armée du duc Albert de Saxe-Teschen. Les troupes sous son commandement comprennent trois bataillons et demi d'infanterie aux ordres de Karl von Biela, neuf escadrons de cavalerie menés par Louis-François de Civalart d'Happoncourt, huit autres escadrons sous le prince Charles-Eugène de Lambesc et les sapeurs et pontonniers de Karl Friedrich von Lindenau[7].

Le 6 novembre 1792, Beaulieu dirige l'aile gauche du corps de Saxe-Teschen à la bataille de Jemappes. Il a alors sous ses ordres un bataillon du régiment d'infanterie no 17 Hohenlohe, deux bataillons du régiment d'infanterie no 18 Stuart, cinq compagnies du corps franc serbe et un escadron du régiment de hussards no 16 Blankenstein[8]. Il concourt également à la victorieuse défense de Trèves en décembre 1792[9]. Il remporte un nouveau succès le 28 août 1793 en repoussant une attaque de 8 000 soldats français sur Wervik avec seulement 5 000 hommes[10]. Il prend aussi part au siège du Quesnoy du 28 août au 13 septembre en tant que subordonné du comte François Sébastien de Croix de Clerfayt, à l'issue duquel 5 000 soldats français sont tués ou capturés[11]. Le 26 juin 1794, au cours de la bataille de Fleurus, il commande la cinquième colonne de l'armée coalisée, force puissante qui totalise 16 bataillons, 22 escadrons et 18 pièces d'artillerie[12]. Après la défaite, le prince de Saxe-Cobourg, qui n'apprécie guère Beaulieu, le démet de son commandement. Pendant deux ans, de 1792 à 1794, Beaulieu reste le propriétaire d'une unité hongroise, le régiment d'infanterie no 31[13]. Le 7 juillet 1794, il est décoré de la grand-croix de l'ordre militaire de Marie-Thérèse[4].

L'échec d'Italie[modifier | modifier le code]

La bataille de Lodi, 10 mai 1796. Peinture de Felicien de Myrbach, parue dans Life of Napoleon Bonaparte de William Sloane.

En 1796, la renommée militaire de Beaulieu lui vaut le commandement en chef de l'armée impériale d'Italie. Le général est constamment battu par le jeune vainqueur de Montenotte. Poursuivi à outrance sur le , sur l'Adda, au pont de Lodi, sur le Mincio, l'expérience et l'audace de Beaulieu ne peuvent résister nulle part à l'impétuosité de Napoléon Bonaparte, et il doit céder le commandement à Wurmser.

Beaulieu quitte alors le service, pour vivre dans la solitude. Retiré près de Linz, dans un château qu'il a acheté du produit de ses économies et des largesses de Léopold, il s'y livre à son goût favori pour l'étude et les soins agricoles. Son fils est tué sous ses yeux, son gendre mortellement frappé à la bataille d'Ostrach, ses trois frères meurent aussi les armes à la main ; sa fortune, sa bibliothèque et son cabinet de médailles et d'antiquités sont anéantis par les désastres de la guerre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Boycott-Brown 2001, p. 132.
  2. Boycott-Brown 2001, p. 132 et 133.
  3. Fiebeger 1911, p. 8.
  4. a, b et c (en) Digby Smith et Leopold Kudrna, « Biographical Dictionary of all Austrian Generals during the French Revolutionary and Napoleonic Wars, 1792-1815 », sur napoleon-series.org (consulté le 27 février 2017).
  5. Smith 1998, p. 21.
  6. Smith 1998, p. 23.
  7. Smith 1998, p. 28.
  8. Smith 1998, p. 31.
  9. Smith 1998, p. 35.
  10. Smith 1998, p. 53.
  11. Smith 1998, p. 55.
  12. Smith 1998, p. 87.
  13. Boycott-Brown 2001, p. 133.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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