Jocelyn Armel

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Jocelyn Armel
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Jocelyn Armel devant sa boutique en 2020.
Biographie
Naissance
Pseudonyme
Le BachelorVoir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Activités
Sapeur, styliste de mode, commerçantVoir et modifier les données sur Wikidata
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Mouvement

Jocelyn Armel, dit le Bachelor, est un sapeur d'origine congolaise établi à Paris.

Il est une icône du mouvement culturel congolais de la sape dans la capitale, aux costumes chics et colorés. Il y tient sa marque Connivences, fondée en 1998 et installée à Château Rouge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Jocelyn Armel naît en république du Congo au cours des années 1960 au sein d'une famille aisée[1]. Il arrive à Paris en 1977[2] à l'âge de seize ans[1], et grandit au sein du quartier de la Goutte-d'Or[3]. Il passe son baccalauréat[1] puis obtient une maîtrise en administration économique et sociale option gestion des entreprises[4].

Débuts dans la mode[modifier | modifier le code]

Malgré ses diplômes, Jocelyn Armel enchaîne les emplois pour subvenir aux besoins de sa famille[1].

Il est employé au cours des années 1990[5] en tant que saisonnier[6] dans la boutique parisienne du créateur Daniel Hechter, chez qui il était d'abord client[2]. Passionné par la mode[3], alors qu'il pensait jusque là faire carrière au Congo[7], il y devient responsable[6].

Succès dans la sape[modifier | modifier le code]

Souhaitant que le « métissage de Paris » soit reflété par la mode[2], qu'il juge trop classique et peu colorée[1], Jocelyn Armel fonde en 1998 sa propre marque, Connivences. Il vend d'abord ses créations à domicile[2].

Sept ans plus tard, en 2005, sa mère lui cède le local de son restaurant, situé à Château Rouge[2], 12, rue de Panama dans le 18e arrondissement[7]. Il y ouvre sa boutique de prêt-à-porter masculin[8], Sape and co, le [4]. Elle lui fait connaître le succès[7],[2]. Vers 2010, il ouvre une seconde boutique, rue Caulaincourt[1], mais l'expérience ne dure que deux ans[2].

Figure du mouvement de la sape[modifier | modifier le code]

Jocelyn Armel est un sapeur, membre de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, un mouvement culturel chic réunissant les deux Congos[2] qui s'approprie les costumes des colons, par affront envers ces derniers puis par opposition à la politique menée par Mobutu Sese Seko, qui en interdit l'usage[7]. Il voit en la sape « une quête identitaire » : « Avant, on subissait le système, on était obligés de se conformer à une norme vestimentaire », qu'il compare au port de la coiffure afro[2].

Jocelyn Armel est devenu à Paris « le Bachelor », un personnage à la fois emblématique du monde de la Sape parisienne[7] et du quartier Barbès-Château Rouge[9],[10]. Il doit son nom à l'émission de télé-réalité Bachelor, le gentleman célibataire[1]. Au cours des années 2010, il prête tour à tour son image aux collections de Nike, Lacoste et Louboutin ; Martin Parr le photographie[5].

Marque Connivences[modifier | modifier le code]

Jocelyn Armel réalise des costumes très colorés[5] voir fluos[3], aux motifs fleuris, à pois ou à rayures. Au sein d'une même collection, il propose six modèles pour chaque vêtement. En 2016, ses tissus proviennent d'Italie, de Pologne et de Roumanie[5]. Il vend ses costumes à des prix allant de 150[11] à 300 euros[5]. Il déclare avoir une clientèle à moitié occidentale, qui vient parfois de pays frontaliers à la France[5].

Il a fait de son ami l'écrivain Alain Mabanckou son égérie[5]. Il sape le chanteur et sapeur Papa Wemba, l'animateur Ariel Wizman ou l'acteur Vincent Perez. Il est reconnu par le City Guide Louis Vuitton comme l'une des cent personnalités de Paris[2] et sa boutique est classée parmi les cent les plus chics de Paris par Monsieur[9],[12]. Elle est aussi étudiée à l'Institut français de la mode[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g « L'icône de la sape congolaise s'étend sur la Toile », sur Le Parisien, (consulté le ).
  2. a b c d e f g h i et j Marie Royer, « Diaspora : « Le Bachelor », sapeur sachant saper », sur Le Point, (consulté le ).
  3. a b et c Tomas Statius, « À Château-Rouge, Sape & Co, Mecque de la sape à Paris », sur StreetPress, (consulté le ).
  4. a et b Sébastien Badibanga, « Dans la peau des sapeurs congolais de Paris », sur Afrik.com, (consulté le ).
  5. a b c d e f et g Rémy Darras, « Portrait : Jocelyn Armel, il sape comme jamais », sur Jeune Afrique, (consulté le ).
  6. a et b Mathilde Poncet et Blanche Vathonne, « Portrait : « La sape c'est l'art de s'aimer au quotidien », rencontre avec « le Bachelor » (3/3) », sur CelsaLab, (consulté le ).
  7. a b c d et e Zoé Varier, « 10 mai 1981 : Jocelyn le Bachelor est dans la rue pour l'élection de François Mitterrand », sur France Inter, (consulté le ).
  8. Pauline Pidoux, « Paris : La sape, un « art de vivre, plus qu'une mode vestimentaire » », sur 20 Minutes, (consulté le ).
  9. a et b « Connivences à la conquête du monde », sur Africultures, (consulté le ).
  10. Céline Develay Mazurelle, « Barbès : Paris en couleurs, épisode 2 », sur Radio France internationale, (consulté le ).
  11. « Sape & Co : la référence de la sape parisienne (2/3) », sur CelsaLab (consulté le ).
  12. Meryll Mezath, « Mode : Jocelyn Armel, une icône de la sape », sur Agence d'information d'Afrique centrale, (consulté le ).
  13. Camille Beauvais et Gatien Elie, « La sape ou les enjeux de la reconnaissance d’une contre-culture », sur Africultures, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]