Joaquim Maria Machado de Assis

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Machado de Assis
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Machado de Assis en 1896 (photographe inconnu)

Nom de naissance Joaquim Maria Machado de Assis
Naissance
Rio de Janeiro, Drapeau du Brésil Brésil
Décès (à 69 ans)
Rio de Janeiro, Brésil
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Portugais
Genres
Romantisme/réalisme

Œuvres principales

La Triologie réaliste, comprenant :

  • Mémoires posthumes de Brás Cubas 1881
  • Quincas Borba 1891
  • Dom Casmurro 1899
Signature de Machado de Assis

Joaquim Maria Machado de Assis (Rio de Janeiro, - Rio de Janeiro, ) est un auteur, essayiste, chroniqueur, poète et critique littéraire[1] brésilien reconnu comme l’un des plus grands noms de la littérature du Brésil[2],[3]. Il est le fondateur de l’Académie brésilienne des Lettres. Il a été le témoin d’une époque charnière de l’histoire brésilienne, à la fin du XIXe siècle, alors que le régime impérial de Pierre II est remplacé par un régime républicain. Durant cette période, il se consacra davantage à sa tâche de journaliste en produisant des reportages sur les changements politiques et sociaux qui agitaient le pays[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait par Marc Ferrez, 1890.

Il est né à Rio de Janeiro dans une famille pauvre, d’un père ouvrier mulâtre et d’une mère d’origine portugaise. Durant sa jeunesse, il fréquente l’école publique, mais se consacre très peu à ses études et ne fréquentera jamais l’université. Il consacre plutôt son temps à des petits boulots comme typographe à l’âge de 13 ans et plus tard comme journaliste. Autodidacte de nature, il apprend le français, l’anglais, l’allemand et le grec et jouit d’une considérable culture littéraire[5].

ll publie ses premiers poèmes à partir de l’âge de 16 ans. En 1869, âgé de 30 ans, il épouse Carolina Augusta Xavier de Novais, qui est issue d’une noble famille portugaise. Le couple sera heureux en ménage. Jamais ils n’auront d’enfants. Les biographes de Machado de Assis rapportent qu’il était captivé par le style de vie mené par la bohème et plus encore par les questions de justice sociale[6]. En 1872, il obtient un poste au sein du ministère de l’Agriculture (pt) puis en assume la direction en tant que ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics. L’augmentation de sa notoriété politique l’autorise à publier dans de prestigieux journaux ses poèmes et chroniques. Son succès littéraire croît progressivement, au point tel où il réuni des collègues gravitant autour de lui et, grâce à son nouveau statut, fonde et devient le premier président unanimement élu de l’Académie brésilienne des Lettres. Il occupe ce poste jusqu’à sa mort, soit pendant plus de dix ans[2].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

L’ensemble de son œuvre se compose principalement de neuf romans et pièces de théâtre, deux cents nouvelles, cinq recueils de poèmes et plus de six cents chroniques. La première partie de l’œuvre de Machado de Assis se compose donc des œuvres Ressurreição (pt), A Mão e a Luva (pt), Helena et Iaiá_Garcia (pt) et s’inscrivent davantage dans le courant romantique de l’époque. Avec la publication de « Memórias Póstumas de Brás Cubas », il est considéré comme le premier auteur réaliste du Brésil[7]. Toutefois, ce style dit « réaliste » le rapproche plutôt de l’inspiration fantaisiste de Laurence Sterne ou du fantastique de Balzac que du naturalisme de Flaubert ou de Zola. Les spécialistes de Machado de Assis s’entendent généralement pour souligner l’influence de José de Alencar dans l’œuvre de Machado de Assis. Ses premiers romans réalistes forment sa première phrase d’écriture. Mémoires posthumes de Brás Cubas, qui s'inscrit dans sa première époque, est une œuvre essentielle qui pose des balises référentielles qui seront réinvesties dans les œuvres postérieures de l’auteur, notamment dans Quincas Borba et Dom Casmurro.

Ces deux œuvres sont conventionnellement considérées comme faisant partie de la deuxième phase d’écriture de Machado de Assis, car elles se démarquent des autres par des traces soutenues de pessimisme, d’ironie, de ruptures amoureuses et de désillusion[8]. La vie sociale y est présentée comme un jeu féroce où ceux qui ont le plus d’ambition et le moins de scrupules écrasent les plus faibles. Le thème de la jalousie et de la rivalité sont prédominants (Esaü et Jacob, Dom Casmurro). Au final, certains critiques considèrent la Trilogie Réaliste (Mémoires posthumes de Brás Cubas, Quincas Borba, Dom Casmurro) comme sa meilleure œuvre.

De nos jours, l’œuvre de Machado de Assis est enseignée mondialement. au Brésil, elle marque un moment déterminant pour les études littéraires des XIXe et XXe siècles. D’abord primé et lu par les académiciens il est aujourd’hui lu par toute la population. Il a été une source d’influence majeure pour des auteurs tels que Olavo Bilac, Lima Barreto, Drummond de Andrade, John Barth, Donald Barthelme de même qu’à l’extérieur du Brésil pour des personnalités comme José Saramago, Carlos Fuentes, Thomas McGuane, Susan Sontag et Woody Allen. Au cours de sa vie, il a récolté un succès croissant à travers tout le Brésil, mais ce succès n’a pas retenti outre-mer du temps de son vivant. Ce n’est qu’après sa mort qu’il sera mondialement reconnu pour le caractère innovant et audacieux de son œuvre sans précédent. Il sera alors cité et récoltera de nombreux admirateurs à travers le monde entier. Certains iront même jusqu’à le comparer à Dante, Shakespeare et Camus en termes de génie littéraire. En 1914, l’Académie brésilienne des Lettres lui décernera le prix Machado de Assis, le plus prestigieux prix littéraire du pays. 

Œuvres[modifier | modifier le code]

Également aux Éditions Métailié, La Montre en or et autres contes paru en 2015

On peut également retrouver trois nouvelles de Machado de Assis, publiées entre 1878 et 1884, dans le recueil Trois contes, traduit par Jean Briant (édition bilingue), Paris, Chandeigne, 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Machado de Assis - Obra Completa », sur machado.mec.gov.br (consulté le 16 octobre 2016)
  2. a et b (pt) « Biografia e obras de Machado de Assis - Estudo Prático », Estudo Prático,‎ (lire en ligne)
  3. CacauLimão Comunicação Digital, « Machado de Assis - biografia e obras, vida, livros, contos », sur www.suapesquisa.com (consulté le 16 octobre 2016)
  4. « Machado de Assis por Weber », sur www.machadodeassis.ufsc.br (consulté le 16 octobre 2016)
  5. Arnaldo Nogueira Jr, « Machado de Assis - Biografia », sur www.releituras.com (consulté le 16 octobre 2016)
  6. « Joaquim Maria Machado de Assis | Brazilian author », Encyclopedia Britannica, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  7. (pt) « O Realismo no Brasil – Machado de Assis - Mundo Educação », sur Mundo Educação (consulté le 16 octobre 2016)
  8. « Machado de Assis em Literatura - educação », sur Literatura - educação (consulté le 16 octobre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ludmylla Mendes Lima, Cynical approaches in Machado de Assis and Denis Diderot, Via litterae (ISSN 2176-6800), 2009, vol. 1.1, p. 206-214.
  • Dominique Fernandez, « La folie douce selon Machado de Assis. Les catastrophes du cœur », Le Nouvel Observateur, 24-30 mai 1990, p. 136. (« Il est sans doute le plus grand écrivain brésilien du XIXe. »)
  • Sidney Chalhoub, Machado de Assis, historiador, São Paulo, Companhia das Letras, 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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