Joëlle Bordet

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Joëlle Bordet
Portrait de Joëlle Bordet
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (65 ans)
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Sociologue et psychologueVoir et modifier les données sur Wikidata

Joëlle Bordet (née le ) est une psychosociologue française du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) depuis 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a, depuis 1994, développé un travail sur les questions de la prévention de la délinquance, et de la lutte contre la violence. Elle s'intéresse particulièrement à l'éducation des adolescents dans les quartiers d'habitat social, en particulier les plus marginalisés, aux prises avec la plus grande exclusion, ou qui plus probablement vivent dans des situations de précarisation. Sa collaboration avec Jacques Selosse sur la question des modes de socialisation des jeunes dans les quartiers d'habitat social s'est traduite par le livre Les « jeunes de la cité ». En tant que psychosociologue, elle s'efforce d'associer les habitants au travail qu'elle mène auprès des équipes de professionnels, en relation avec les élus. Cette démarche l'a amenée à travailler dans des villes très différentes, et sur des sujets qui relèvent toujours de cette question de la préoccupation du territoire, du lien social et du politique, et plus globalement sur le rôle de la communauté d'adultes dans l'éducation et la prévention. Elle développe par ailleurs un travail comparatif sur ces questions, avec le Brésil et la Russie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les "jeunes de la cité", Paris, PUF, coll. « Le sociologue », , 232 p.
  • Oui à une société avec les jeunes des cités ! Sortir de la spirale sécuritaire, Paris, Les Éditions de l'Atelier, , 207 p.
  • Avec Philippe Guiton, et la participation de Serge Tisseron, Adolescence et idéal démocratique. Accueillir les jeunes des quartiers populaires, Paris, In Press, coll. « Ouvertures psy »,

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Une position sur la jeunesse, que l'on devrait déstigmatiser, pour la libérer[modifier | modifier le code]

Selon Joëlle Bordet, la jeunesse des quartiers populaires est enfermée dans une spirale dont elle pourrait sortir :

« ...Les jeunes des cités sont à la fois source d’inquiétude et objets de stigmates. Mais, plus ils sont désignés comme dangereux, plus ils se mettent en danger et peuvent devenir menaçants pour autrui. L’auteur, psychosociologue habituée à côtoyer ces publics, en est convaincue : « Les possibilités de s’enfermer dans la négation, l’autodestruction et celles de la réussite et de la construction sont étroitement mêlées (p.9 in Oui à une société avec les jeunes des cités ! Sortir de la spirale sécuritaire)...» in la Banlieue, Propos rapportés par Jacques Trémintin,Editions du lien social, n° 845 du 21 juin 2007

Selon elle, il faudrait permettre la créativité :

« ... Aussi, soit on réussit à faire appel à leur énergie créatrice pour faire société avec eux, soit la spirale sécuritaire prendra le dessus avec pour conséquences la montée de la répression et notamment de l’incarcération ou encore l’embrigadement religieux. L’enjeu est de taille. La question centrale n’est pas de faire à la place des gens, mais avec eux. Ce qui n’est pas facile tant l’insécurité sociale et personnelle face à l’avenir ne permet plus d’être dans la confiance d’abord en soi, puis par rapport à l’autre...» in la Banlieue, Propos rapportés par Jacques Trémintin,Editions du lien social, n° 845 du 21 juin 2007

Mais des freins à ce processus créatif existent :

« ...En s’affirmant forts et violents, les jeunes éloignent leur détresse intérieure et leur sentiment de ne pas exister. Le faible repérage des règles et la banalisation des actes de violence ne leur permettent plus d’identifier les transgressions et de se confronter à leurs responsabilités. Certains trouvent dans la religion un moyen de reconquérir une dignité, de retrouver des valeurs morales, un sens commun, une perception de l’universel. Pour ce qui est des familles, elles se réfugient le plus souvent dans un espace de repli et de survie qui rend difficile l’éducation des enfants et surtout des adolescents....»in la Banlieue, Jacques Trémintin,Editions du lien social, n° 845 du 21 juin 2007

Il y a "quelque chose" de possible :

« ...Mais il y aurait un grand danger à ne voir là que de la défaillance...»in la Banlieue, Jacques Trémintin,Editions du lien social, n° 845 du 21 juin 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]