Jeu de paume de Rennes

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Jeu de paume
Salle du Pélican
Chapelle des Augustins - Jeu de Paume - Rennes 02.JPG

Façade de la salle

Présentation
Type
salle de jeu de paume, chapelle
Construction
XVIe siècle
Destination actuelle
propriété de la ville de Rennes
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées
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Le Jeu de paume est un bâtiment situé à l’ouest du quartier Centre de Rennes, au numéro 12 de la rue Saint-Louis. C’est le seul bâtiment subsistant de l’ancien grand séminaire des Eudistes fondé en 1662[1] et plus ancien bâtiment de jeu de paume en élévation conservé en France[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jeu de paume[modifier | modifier le code]

L'année de création de l'édifice reste à ce jour inconnue. Une analyse dendrochronologique, menée en 2011[3], indique cependant que le bois utilisé dans la charpente du bâtiment date des années 1605-1607. Le jeu de paume aurait donc été construit au début du XVIIe siècle. Le jeu de paume mesure 28,82 mètres sur 9,15 mètres, et présente à l'intérieur une bonne conservation des éléments de charpente montrant les caractéristiques d'un jeu de paume. Si les galeries et escaliers ont disparu, les traces subsistantes sont bien conservées[2].

Dans son ouvrage Le Vieux Rennes, l'historien Paul Banéat relate que le jeu de paume de la rue Saint-Louis, baptisé « Le Pélican », était un lieu très fréquenté[4]. Ce sport, ancêtre du tennis, était en effet très prisé au XVIIe siècle. Preuve de cet engouement, dans les années 1650, le quartier comptait trois autres salles de jeux de paume dans les rue Saint-Louis, rue de Penhoët et rue Saint-Michel[5]. Si le quartier abritait une telle concentration de lieux sportifs, c'est qu'à l'époque il était situé dans les faubourgs de la ville : il restait suffisamment d'espace pour implanter ces lieux de loisirs[5].

En 1686, Palasne de la Ménardière, huissier au Parlement de Bretagne et propriétaire de l'édifice, vend « Le Pélican » pour la somme de 6 000 Livres. L'acheteur est Charles Ferret, seigneur du Tymeur, riche magistrat du Parlement de Bretagne[6]. Celui-ci achète le bâtiment pour le compte de l'évêché de Rennes : le grand séminaire, confié aux Eudistes, s'y installe peu après[6].

Transformation en chapelle[modifier | modifier le code]

La salle du jeu de paume devient alors une chapelle. L'architecture est revue : création d'un transept par la création de deux extensions à l'est et à l'ouest et pose d'une voute lambrissée au plafond[2]. Sur le fronton de la façade sud du bâtiment, une citation latine datée de 1690 et tirée de la geste de Jacob du livre de la Genèse (chapitre 28, verset 17 : Non est hic aliud nisi domus dei et porta cæli, « Ici est véritablement la maison de Dieu et la porte du Ciel ») attestent de la fonction religieuse du lieu[5].

Inscription du livre de la Genèse sur le fronton de la façade.

La transformation de la salle du jeu de paume en chapelle correspond aux mutations du quartier et à la perte d'intérêt du jeu[2]. À la fin du XVIIe siècle, cette partie de Rennes prend en effet une coloration religieuse avec les nombreux couvents et édifices religieux construits dans les alentours[6]. En plus du grand séminaire qui s'est installé dans la rue Saint-Louis, on peut citer le couvent des Jacobins déjà présent sur la place Sainte-Anne et celui de la Visitation dans la rue du même nom.

Usage civil[modifier | modifier le code]

Le bâtiment du 12 rue Saint-Louis va ensuite connaître plusieurs vies : confisquée à l'église lors de la Révolution, il deviendra la propriété de l'armée en 1793 (le grand séminaire devenant hôpital militaire[2]) puis de la ville de Rennes au XXe siècle, qui y installera des bureaux des services municipaux[5].

La totalité du bâtiment est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 23 juillet 2012[7],[8],[9]. Une campagne de fouilles est menée par l'Inrap en 2014 pour mieux comprendre le bâtiment[2].

Entre 2015 et 2016, le bâtiment ainsi que celui de la salle de La Cité situé à côte devrait accueillir un équipement de quartier intergénérationnel[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ancien séminaire, devenu hôpital militaire, sur Glad, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  2. a, b, c, d, e et f Inrap, « Rennes redécouvre son jeu de Paume et un quartier de la ville antique »,‎ (consulté le 4 février 2015)
  3. Analyse dendrochronologique réalisée par Dendrotech. Publié par Dendrotech en 2011, N° d'inventaire : DT-2011-006
  4. Paul Banéat, Le Vieux Rennes, Plihon et Hommay éditeurs, 2011.
  5. a, b, c et d Gauthier Aubert, Rue Saint-Louis : le jeu de paume perdu et retrouvé, Magazine Place Publique no 21, Janvier-Février 2013.
  6. a, b et c Amélie Cano, Les trésors cachés de Rennes, dossier publié dans L'Express en juin 2013
  7. « Notice no PA35000045 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2012
  9. Arrêté no 2012-4708 portant inscription au titre des monuments historiques du bâtiment de l'ancien jeu de paume à Rennes (Ille-et-Vilaine).
  10. Article de 20 Minutes Une crèche dans l'ancien jeu de paume, publié le 15 mai 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes.
  • Paul Banéat, Le Vieux Rennes.
    • Extrait publié dans le Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome XXXVII, deuxième partie, 1908, chapitre « Rue Saint-Louis (Canton N.-O.). », pp. 77-78, lire en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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