Jerusalemsverein

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Le Jerusalemsverein (association de Jérusalem) est une association luthérienne-évangélique allemande créée pour soutenir les communautés paroissiales luthériennes-évangéliques et leurs œuvres en Terre sainte, spécialement en Israël, Palestine et Jordanie, et aussi en Syrie, au Liban et en Égypte.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est le que Friedrich Adolph Strauß et Wilhelm Hoffmann[1] fondent cette association à la cathédrale luthérienne-évangélique de Berlin. L'association est membre de la fondation évangélique de Jérusalem (Evangelische Jerusalemstiftung) qui appartient à l'Église évangélique en Allemagne et elle est intégrée à la Société missionnaire de Berlin depuis 1975. Son président est l'évêque poméranien luthérien-évangélique Hans-Jürgen Abromeit.

Les débuts[modifier | modifier le code]

L'association soutient au départ des œuvres missionnaires en Terre Sainte, alors aux mains de l'Empire ottoman, protégé du futur Empire allemand, comme celle des diaconesses de Jérusalem qui s'occupent de l'école de filles Talitha Kumi ou comme l'orphelinat syrien fondé à Jérusalem par Johann Ludwig Schneller en 1860. L'association s'occupe aussi d'œuvres à Beyrouth, à Alexandrie, au Caire et en Palestine. C'est ainsi qu'une mission luthérienne-évangélique est ouverte à Bethléem en 1860 qui devient autonome en 1865. Le premier luthérien-évangélique d'origine arabe est formé en 1879 pour la mission allemande de Palestine. Plus d'une cinquantaine de colons allemands habitant Haïfa sont réintégrés en 1886 dans l'Église luthérienne-évangélique après avoir fait partie d'une secte protestante proche des anabaptistes, la Société des Templiers, fondée par le propre frère de Wilhelm Hoffmann. La mission de Haïfa comprend une école, une chapelle desservie par un pasteur, une maison paroissiale et une maison communautaire que l'association finance. Le même mouvement se produit à Jaffa en 1889-1890, où d'anciens membres de la Société des Templiers réintègrent l'Église luthérienne-évangélique. Ces communautés sont officiellement intégrées à l'Union luthérienne-évangélique vieille-prussienne en 1906 et l'association fait construire l'Immanuelkirche (église de l'Emmanuel) à Jaffa. Elle fonde en 1901 une communauté luthérienne-évangélique arabophone à Beit Sahour en 1901 et participe au financement d'une nouvelle colonie allemande à Waldheim en Galilée en 1907. L'église se construit à partir de 1914.

Le mandat britannique[modifier | modifier le code]

Toutes les propriétés de l'association sont saisies par le mandataire britannique qui occupe la Palestine fin 1917. L'évêque luthérien suédois Nathan Söderblom se fait le porte-parole de ses intérêts auprès des autorités britanniques, mais rien n'y fait. Le traité de Versailles confirmera du reste la confiscation des biens comme réparation de dommages de guerre. Tous les ressortissants allemands sont internés, dont le pasteur de l'association, Eitel-Friedrich von Rabenau, qui est interné à Wilhelma. En , ils sont transférés en tant qu'ennemis de la nation britannique dans des camps à Sidi Bishr et Herouan près du Caire. La plupart sont libérés à l'été 1920 et retournent en Palestine, sauf le pasteur von Rabenau, jugé persona non grata par les Britanniques[2] et qui reviendra plus tard. Certains biens sont compensés après le traité de Lausanne de 1925, l'association loue son orphelinat arménien aux mandataires, qui avait été réquisitionné en 1917 et l'école Talitha Kumi retourne à l'association. Gustaf Dalman représente alors les intérêts de la Jerusalemsverein. La majorité de ses pasteurs fait partie de l'Église confessante dans les années 1930 et s'oppose à la mainmise idéologique du pouvoir en place en Allemagne, dont le pasteur von Rabenau qui dénonce depuis 1931 le néopaganisme du national-socialisme. Cependant un certain nombre de membres de la Société des Templiers, essentiellement dans la jeunesse, s'affilient au NSDAP[3], car ils ne sont pas soutenus moralement et financièrement par les structures évangéliques d'Allemagne. Les structures missionnaires sont déchirées par les luttes politiques à la veille de la guerre. Les Allemands sont tous internés ou expulsés pendant la Seconde Guerre mondiale et les trois années d'après-guerre.

Après 1948[modifier | modifier le code]

L'État d'Israël nationalise les biens de l'association en 1948.

L'association continue sa mission en Cisjordanie. Une communauté arabophone est fondée en 1958 à Ramallah et une Église luthérienne-évangélique de Jordanie et de Terre Sainte est formée par la suite, avec son siège à Amman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il en est le premier président, jusqu'à sa mort
  2. (de) Frank Förster, Mission im Heiligen Land: Der Jerusalemsverein zu Berlin 1852-1945, Mohn, Gütersloh, 1991
  3. 17 % des Allemands de Palestine y appartiennent en 1939

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]