Jeff Koons

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Jeff Koons
Jeff Koons at the 2009 Tribeca Film Festival.jpg

Jeff Koons en 2009.

Naissance
Nom de naissance
Jeffrey KoonsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Américain
Activité
Formation
Mouvement
Influencé par
Conjoint
Site web
Œuvres réputées
Puppy (1992) ; Balloon Dog (1994-2000) ; Lobster (2003)

Jeff Koons, né le à York (Pennsylvanie, États-Unis), est un plasticien américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Jeff Koons travaille avec son père, fait du porte-à-porte pour vendre des rubans, des dentelles ou encore du papier cadeau, et vend du Coca-Cola sur un parcours de golf. Alors étudiant, il arrive à rencontrer Salvador Dalí, qu'il admire[1].

Après des études au Maryland Institute College of Art (en) de Baltimore, Jeff Koons s'installe en 1976 à New York. Il travaille jusqu'en 1979 comme responsable du guichet des abonnements au Museum of Modern Art. Vendant des fonds de placements pour financer son train de vie, il bricole des expériences artistiques, créant ainsi sa première œuvre, The New, des appareils électroménagers accrochés à des néons. Il ne tarde pas à être repéré par le milieu artistique new-yorkais. Ses débuts sont pourtant compliqués et, à court d'argent, il retourne chez ses parents, qui vivent désormais en Floride, et travaille un temps comme démarcheur politique. Il revient à New York et réalise la série Equilibrium, présentée dans sa première exposition en 1985, chez la galerie éphémère International with Monument[1]. Il devient courtier en matières premières à Wall Street afin de financer sa production artistique[2]. Le succès lui ayant souri, ses œuvres sont désormais réalisées dans un atelier, situé à Chelsea, près de New York, avec plus de 100 assistants[3]. Il ne réalise aucune œuvre lui-même, mais impulse des idées qu'il fait exécuter par ses collaborateurs professionnels.

Son Inflatable Rabbit, lapin gonflable réalisé en inox en 1986, et ses Balloon Dogs sont aujourd'hui considérés par les plus grands collectionneurs, dont François Pinault, comme des œuvres emblématiques de la fin du XXe siècle[réf. nécessaire]. L'art de Jeff Koons peut être considéré comme le point de rencontre entre plusieurs concepts : les ready-mades de Marcel Duchamp, les objets du quotidien démesurés de Claes Oldenburg, l'appropriation de l'objet plus qu'humain d'Arman et le pop art d'Andy Warhol ; l'artisanat d'art et l'imagerie populaire. L'iconographie qu'il utilise est un catalogue de la culture populaire, non seulement américaine, mais aussi mondiale.

Sa démarche s'inscrivant dans l'héritage du pop art, il s'approprie des objets et essaie de comprendre « pourquoi et comment des produits de consommation peuvent être glorifiés ». Tout au long de sa carrière, il a utilisé toutes sortes d'articles populaires, des aspirateurs et des ustensiles électroménagers enfermés dans des caisses de plexiglas et éclairés de néons d'abord, puis des ballons de basket en suspension dans des aquariums (grâce à l'aide du Dr Richard Feynman, lauréat du prix Nobel de physique[3]), puis des bibelots rococo, des souvenirs de bazar (lapins gonflables, bergères ou petits cochons en sucre, Michael Jackson en porcelaine), enfin et surtout des jouets et des objets intimement liés à l'enfance.

En 1991, il épouse l'actrice pornographique Ilona Anna Staller, dite La Cicciolina, avec qui il réalise des œuvres provocatrices (Made in Heaven), notamment pornographiques, qui le font connaître du grand public mais qui essuient un échec auprès des élites artistiques (au point que Jeff Koons songera à détruire son travail, depuis revalorisé par la critique)[1]. Le couple divorce en 1994, deux ans après la naissance de leur fils Ludwig. La séparation est marquée par de longues batailles juridiques, concernant notamment la garde de l'enfant (qui manque à Jeff Koons et pour qui il réalise plusieurs œuvres), initialement donnée à Koons et plus tard transférée à la mère[réf. nécessaire]. Il s'est engagé auprès du Centre international pour les enfants disparus et exploités et a permis la création du Kotons Family Institute of International Law and Policy (ICMEC). Il a retrouvé sa fille Shannon, conçue lorsqu'il faisait ses études et qui avait été confiée à l'adoption. En 2002, il épouse l'artiste Justine Wheeler, qui avait travaillé dans son atelier ; ils ont plusieurs enfants[1].

En 1999, à cause des frais d'avocats engagés pour retrouver son fils, et du coût élevé de la conception de ses œuvres d'arts, il est soumis à un redressement fiscal de 3 millions de dollars. Il doit également au fur et à mesure se séparer de plus de 70 collaborateurs. Sa cote a depuis fortement augmenté et il travaille avec des mécènes qui financent chaque nouvelle œuvre, celles-ci coûtant plusieurs millions de dollars à fabriquer. Il possède une maison à New York, une ferme familiale en Pennsylvanie ainsi qu'une collection d'art des XIXe et XXe siècle, dont des tableaux de René Magritte, Gustave Courbet et Édouard Manet[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Pour certains[précision nécessaire], « il est l'un des rares à avoir su dégager l'essentiel des courants avant-gardistes du siècle, notamment le pop art »[réf. nécessaire] mais c'est surtout un artiste cultivant le kitsch très apprécié par des milliardaires nouveaux riches – c'est l'artiste favori du financier américain Bernard Madoff. Il reprend ainsi, en les transformant, les figures de la culture américaine : Popeye, Hulk, Michael Jackson… On peut qualifier son style de néo pop.

Jeff Koons utilise plusieurs techniques artistiques : l'installation, la photographie, la peinture, la sculpture sur tous matériaux (bois, marbre, verre, inox) jusqu'à la création assistée par ordinateur, sa technique de prédilection pour les peintures, qui sont ensuite mises en forme sur toile par ses assistants[3]. Il affirme essayer de faire de l'art pour le plus grand nombre et travailler toujours avec le souci de « traiter de choses avec lesquelles tout le monde peut créer un lien[4] »[réf. nécessaire]. Malgré la simplicité apparente de ses œuvres, Koons y met le plus grand soin, ses Balloon Dogs, par exemple, reproduisent le moindre plissement du ballon. Le temps de production d'une sculpture serait de près de trois ans[3].

L'une de ses dernières créations, Split-Rocker, est une sculpture réalisée avec plus de 100 000 fleurs. Elle représente pour une moitié un Dino, pour une moitié un Pony, tous deux issus de l'imagerie de l'enfance. Elle a été acquise par François Pinault en 2001.

Plus récemment, Koons a collaboré avec BMW et a décoré la 17e Art Car de la marque, une M3 courant dans la catégorie GT2 aux 24 Heures du Mans 2010. Cette décoration spéciale, réalisée à partir d'une impression numérisée sur vinyle recouverte de deux épaisseurs de film transparent de protection, a été dévoilée le 1er juin 2010 au Centre Georges-Pompidou à Paris.

Il a participé à la création de la statue de Artpop (dévoilée le 11 novembre 2013) lors de la artRave qui est le quatrième album de la chanteuse Lady Gaga.

En hommage aux victimes des attentats de novembre 2015, il souhaite offrir à Paris l'œuvre Bouquet de tulipes, un bronze polychrome de 12 mètres de haut et d'un poids de 33 tonnes, représente la main d’une jeune femme qui tient un bouquet de tulipes gonflables colorées, qui pourrait être installée en 2017 place de Tokyo[5].

En 2017, il conçoit pour Louis Vuitton cinq sacs reprenant des toiles célèbres : Mars, Vénus et Cupidon du Titien, La Joconde de Léonard de Vinci, La Chasse au tigre de Rubens, La Gimblette de Fragonard, et Champs de blé avec cyprès de Vincent van Gogh[6].

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Cote[modifier | modifier le code]

Jeff Koons a été en quelques mois l'artiste vivant le plus cher aux enchères avec Balloon Flower (Magenta) vendu 12 921 250 £ (soit 16 343 000 avec les frais de vente) par Christie's à Londres le 30 juin 2008[7], détrôné quelques mois plus tard par Lucian Freud. L’œuvre intitulée Puppy a été vendue 29 765 000 selon Paris-Match. Il a été classé 54e artiste en produit de ventes aux enchères pour l'année 2008[8]. Son œuvre One Ball Total Equilibrium Tank a été vendue chez Christie's au Rockefeller Center de New York le 8 mai 2016 pour 13 371 732 .

Et pourtant Koons dit qu'il n'est pas un bon homme d'affaires, « je préfère penser que je suis un très bon artiste. »[9]

En 2014, Jeff Koons est classé par le magazine ArtReview (en) dans le top 10 du « Power 100 » (classement classant les cent personnalités les plus influentes du monde de l'art contemporain). Il passe de la 56e place à la 7e[10].

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

  • 1980 : The New, New Museum of Contemporary Art, New York
  • 1985 : Equilibrium, International With Monument Gallery, New York ; Feature Gallery, Chicago
  • 1986 : Luxury and Degradation, Daniel Weinberg Gallery, Los Angeles ; International With Monument Gallery, New York
  • 1987 : The New : Encased works 1981-1986, Daniel Weinberg Gallery, Los Angeles
  • 1988 :
    • Jeff Koons : Works 1979-1988, Museum of Contemporary Art, Chicago
    • Banality, Galerie Max Hetzler, Cologne; Sonnabend Gallery, New York ; Donald Young Gallery, Chicago
  • 1989 : Jeff Koons – Nieuw Werk, Galerie ‘T Venster, Rotterdamse Kunststichting
  • 1991 : Made in Heaven, Galerie Max Hetzler, Cologne ; Sonnabend Gallery, New York ; GalerieLehmann, Lausanne (1992) ; Christophe Van de Weghe, Bruxelles (1992)
  • 1992 :
    • Jeff Koons Retrospective, Stedelijk Museum, Amsterdam; Aarhus Kunstmuseum (1993); Staatsgalerie Stuttgart (1993)
    • Jeff Koons Retrospective, San Francisco Museum of Modern Art (1992-93) ; Walker Art Center, Minneapolis (1993)
    • Puppy, Schloss Arolsen
  • 1994 : Jeff Koons : A Survey 1981-1994, Anthony d’Offay Gallery, Londres
  • 1995 : Puppy, Museum of Contemporary Art, Sydney
  • 1997 :
    • Puppy, Guggenheim Museum, Bilbao
    • Jeff Koons, Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
  • 1998 : Jeff Koons : Encased Works, Anthony d’Offay Gallery, Londres
  • 1999 :
    • Easyfun, Sonnabend Gallery, New York.
    • Jeff Koons, A Millenium Celebration, Deste Foundation, Athènes (1999-2000)
  • 2000 :
    • Easyfun-Ethereal, Deutsche Guggenheim, Berlin (2000-2001) ; Fruitmarket Gallery, Edimbourg (2001) ; Guggenheim Museum, Bilbao (2001-2002) ; 25e Biennale de SaoPaulo (2002) ; Guggenheim Museum, New York
    • Puppy, Rockefeller Center, New York
    • Split-Rocker, Palais des papes, Avignon
  • 2001 :
    • New Paintings, Gagosian Gallery, Los Angeles, Californie
    • Easyfun–Ethereal, Fruitmarket Gallery, Edinburgh, Écosse
    • Jeff Koons, Kunsthaus Bregenz
  • 2002 :
    • Easyfun-Ethereal, 25th Sao Paulo Biennial, Sao Paulo, Brésil
    • Easyfun-Ethereal, Guggenheim Museum, New York
    • Jeff Koons, York College, York, Pennsylvanie
    • Jeff Koons. Paintings, Photos, Prints 1980-2002, Kunsthalle Bielefeld
    • Popeye, Sonnabend Gallery, New York
  • 2003 :
  • 2004 :
    • Jeff Koons : Highlights of Twenty-Five Years, C&M Arts, New York
    • From Pop to Now : Selections from the Sonnabend Collection, The Tang Museum, Saratoga Springs, New York ; The Wexner Center for the Arts, Columbus, Ohio
    • Retrospektiv, exposition itinérante : Astrup Fearnley Museet for Moderne Kunst, Oslo ; Helsinki City Art Museum (catalogue)
  • 2008 :
    • Jeff Koons - Celebration, Neue Nationalgalerie, Berlin ; 11 œuvres exposées au rez-de-chaussée de cette galerie berlinoise.
    • Koons Versailles  : 17 œuvres emblématiques de l'artiste prennent place dans les appartements et les jardins du château de Versailles[11], du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009.
  • 2012 :
    • Beauté animale - de Dürer à Jeff Koons, Galeries nationales du Grand Palais, Paris
    • Split Rocker - Jeff Koons à la Fondation Bayeler, Bâle
    • Almine Rech Gallery, Brussels
  • 2013 :
    • Lady Gaga - Jeff Koons à la artRAVE (festival célébrant la sortie de Artpop par Lady Gaga)
  • 2014- 2015 :
  • 2015 :
    • Jeff Koons, La Rétrospective, Musée Guggenheim, Bilbao. Du 9 juin 2015 au 27 septembre 2015.
  • 2016

Références[modifier | modifier le code]

La chanteuse américaine Lady Gaga fait une référence à Koons dans sa chanson Applause avec les paroles suivantes : « One second I'm a Koons then, suddenly the Koons is me! ». Il a également créé la sculpture de Lady Gaga qui apparaît notamment sur la pochette de son album Artpop.

Jeff Koons fait une courte apparition dans le film Harvey Milk, sorti en 2008. En perruque noire, il joue le rôle de l’ancien maire de San Francisco Art Agnos[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Ingrid Sischy, « Jeff Koons, l'art gonflé », Vanity Fair no 16, octobre 2014, p. 130-145.
  2. https://www.centrepompidou.fr/fr/content/download/25388/244370/version/22/file/DOSSIER+DE+PRESSE+JEFF+KOONS.pdf
  3. a, b, c et d De Wavrin T, Atelier de Chelsea, la fabrique de Jeff Koons, Dans Jeff Koons, Versailles, Beaux-arts éditions
  4. « Art Wiki : JeffKoons », sur www.artwiki.fr (consulté le 25 mai 2015)
  5. Sabrina Silamo, « Le drôle de cadeau de Jeff Koons à la Ville de Paris », telerama.fr, (consulté le 24 novembre 201)
  6. Pierre Groppo, « Hors les murs », Vanity Fair no 47, juin 2017, pages 50-51.
  7. Artvalue.com
  8. Artfacts.net
  9. http://www.franceinter.fr/emission-a-live-speciale-jeff-koons-au-centre-pompidou-mathieu-amalric
  10. http://artreview.com/power_100/
  11. Exposition sujette à beaucoup de controverses et de scandales divers, un descendant de Louis XIV, Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, intentant même un procès pour la faire interdire, fut débouté par la justice.
  12. (fr) « Un récit typiquement américain, mais avec un gay », consulté le 22 décembre 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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