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Jeannine Worms

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Jeannine Worms
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Éliane Jeannine MetzgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint

Jeannine Worms, nom de plume d'Éliane Jeannine Metzger, née le à Buenos Aires (Argentine) et morte le à Paris 8e, est une dramaturge et femme de lettres française.

Le , une allée portant son nom, l'allée Jeannine Worms, est inaugurée dans les jardins des Champs-Elysées à Paris, reliant le Théâtre Marigny à l’avenue Matignon.

L'histoire d’Éliane Jeannine Metzger traverse ce siècle brutal. Elle a parcouru le monde en des temps troublés. Sa famille, de religion juive, avait quitté l'Est de la France puis la France même pour échapper aux guerres. Elle naquit en Argentine.

Enfant, elle vint à Paris mais, devant la menace des persécutions antisémites, elle dut repartir avec les siens, heureusement munis du passeport argentin. À Buenos Aires, elle tira profit des enseignements de Roger Caillois et Paul Bénichou dont elle resta proche[1].

L'après-guerre fut plus faste. Après un séjour au Brésil, où elle épouse en 1945 Gérard Worms, éditeur et directeur des Éditions du Rocher à Monaco, elle s'installa à Paris et savoura avec son mari les belles années de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Tropez. Elle rejoignit alors à la fois la « vie parisienne » et la société des lettres. Son vaste cercle d'amis comptait parmi les plus proches Jean Cocteau, Emil Cioran, Eugène Ionesco, des peintres tels que Youla Chapoval, Pierre Tal Coat, Angel Alonso et Arthur-Luiz Piza. Elle se trouvait bien parmi ces Roumains, ces Latino-américains avec lesquels elles partageait et le sentiment de l'exil et une redoutable exigence morale.

Jeannine Worms pratique différents genres. Le leitmotiv de son œuvre est la réflexion sur les mensonges et les apparences.

Elle meurt à Paris le à l'âge de 83 ans[1].

Un arrêté municipal des 8, 9, 10 et donne à l'allée des jardins des Champs-Élysées traversant le carré Marigny d'est en ouest, du théâtre jusqu’à l'avenue Matignon, le nom de « allée Jeannine-Worms »[2].

Son goût pour l’aphorisme lui a fait privilégier la brièveté sur scène. Des œuvres courtes, des saynètes cruelles, au plus près du trivial et déjà contraignant le spectateur à se mettre soi-même en cause. Quand elle écrit ou revoit ses textes, Jeannine Worms traque le « gras », tout ce qui ralentit. Dans ses essais, son style reste aigu, véhément. Son souci d’élégance intellectuelle va de pair avec celui de l’honnêteté ne laissant pas de place pour les compromis.

Elle a aimé les acteurs (comme Denise Gence ou Delphine Seyrig, entre autres) et n'a jamais cessé jusqu'à la fin de ses jours de fréquenter les théâtres. Ses pièces sont des classiques contemporains, étudiées dans les écoles d'art dramatique et encore régulièrement jouées. Elles ont été abondamment traduites et mises en scène dans le monde.

Chez Jeannine Worms l’affirmation d’un style l’emporta sur celui d'un genre, et ce à partir d’une posture intellectuelle très déterminée. En aucun cas elle ne porta une pensée systématique, effrayée par l’esprit de sérieux sorbonnicole et élevée loin des bornages académiques, elle peut être située dans le rang des adeptes du « gai savoir ». Elle a traqué le conformisme en jouant sur les vertus du divertissement théâtral et en maniant ces flèches qui faisaient le bonheur des moralistes du grand siècle.

Dans son dernier texte, Les Ratés de l’éternité, Jeannine Worms reprit son dialogue avec la Funeste et fit d’elle le personnage central d’un Theatro mundi impitoyable. Cette cosmogonie rapportée à celles de la physique contemporaine ou des grandes religions est irrespectueuse, blasphématoire.

Jeannine Worms fut une sorte de Diogène au féminin. Elle a assumé la bassesse de l’homme et magnifié son courage. La camarde contre laquelle, petite femme, elle s'était dressée avec véhémence, vient d'emporter une rebelle. La rébellion portée par ses textes nous reste.

Publications

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Romans, récits

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Album de là-bas, adaptation de Gérard Bonal, Paris, TriArtis éditions, coll. « L'Invitation aux voyages », 2016, 52 p. (ISBN 978-2-916724-81-2).
  • Rêver pour vivre. Saynète, L'Avant-Scène Théâtre, 357, 1966)
  • Pardon Monsieur (L'Avant-Scène Théâtre, 393, 1967)
  • La Boutique : pièce en deux actes, Paris : Stock, coll. « Théâtre ouvert » (no  10), 1971, 137 p. (Extrait en ligne sur Gallica)
réédition : Paris, Librairie théâtrâle, 1990.
  • Le Goûter [pièce en 1 acte], Tout à l'heure [farce en 1 acte] ; Un chat est un chat [pièce en 1 acte], Paris, L'Avant-Scène, coll. « L'Avant-Scène Théâtre » (no  492), 1972, 42 p.
  • Avec ou sans arbres : pièce en deux actes suivi de Le téléphone : pièce en un acte, Paris, L'Avant-Scène, coll. « L'Avant-Scène Théâtre » (no  648/), 1979, 41 p.
réédition : Avec ou sans arbres, Paris, Actes sud - Papiers, coll. « Théâtre » [no  8, 1985, 58 p. (ISBN 2-86943-006-X).
  • Le Calcul, Paris, Éditions de la Différence, coll. « Les Feux de la rampe », 1983, 44 p. (ISBN 2-7291-0110-1).
réédition : Le calcul [suivi de] Vingt comédies-minute, Paris, Éditions des Quatre-Vents, coll. « Répertoire thématique contemporain : le jeu », 1996, 79 p. (ISBN 2-907468-59-6).
  • Duetto, Paris, Éditions de la Différence, coll. « Les Feux de la rampe », 1983, 108 p. (ISBN 2-7291-0112-8).
  • Archiflore, Arles / Paris, Actes Sud / Papiers, 1988, 50 p. (ISBN 2-86943-127-9).
  • Un chat est un chat, Paris, Librairie Théâtrale, 1989, 63 p. (ISBN 2-7349-0067-X).
  • Liens, Paris, Actes sud - Papiers, coll. « Théâtre », 1989, 51 p. (ISBN 2-86943-206-2).
  • Pièces de femmes [contient :] Le Goûter, un acte et Mougnou-Mougnou ou un cœur de mère, un acte, Paris, Librairie théâtrale, 1989, 116 p. (ISBN 2-7349-0066-1).
  • La Bobine : comédie en deux actes, Paris, Librairie théâtrale, 1990, 94 p. (ISBN 2-7349-0079-3).
  • Les Cercles suivi de Un air pur, Paris, Librairie Théâtrale, 1990, 83 p. (ISBN 2-7349-0080-7).
  • La Recette, suivi de Un gros gâteau, Paris, L'Avant-scène théâtre, coll. « Collection des quatre-vents : humour », 2002, 78 p. (ISBN 2-907468-84-7) - Titre de couverture : Pièces culinaires.
  • Le téléphone, suivi de Tout à l'heure, Paris, L'Avant-scène théâtre, coll. « Collection des quatre-vents », 2002, 75 p. (ISBN 2-907468-85-5) - Titre de couverture : Pièces pendulaires.

Poésie / Livres d'artiste

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  • Dans le rien, illustré de 2 gravures d'Arthur-Luiz Piza, Nice, Éditions Laure Matarasso, 1999 - tirage à 36 exemplaires signés par l’autrice et l’artiste.
  • Poèmes à G., gravures d'Arthur-Luiz Piza, Rochefort du Gard, éditions Alain Benoît coll. « À vous de l'autre rive », 2001 (ISBN 2-9516047-3-4).
  • Apologie du mensonge, Paris, Fasquelle, coll. « Librairie des libelles », 1958, 150 p. (réédité en 1992 en ouverture de Vies de la mort : essais[5].
  • D'une malédiction, Paris, Gallimard, 1963, 102 p.
  • L'Impardonnable [suivi de] Petit traité de la dilatation du moi, Paris, Éditions de la Différence, coll. « Littérature », 1987, 199 p. (ISBN 2-7291-0231-0).
  • Entretiens avec Roger Caillois, Paris, La Différence, coll. « Mobile matière » (no  19), 1991, 149 p. (ISBN 2-7291-0694-4).
publication d'une série d'entretiens radiophoniques avec Roger Caillois réalisés en mars - avril 1970 et diffusés sur France Culture.

Traductions

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la pièce de Ramón María del Valle-Inclán, en espagnol : Luces de bohemia, écrite en 1920 et publiée en 1923 à Madrid, n'a pas été représentée du vivant de son auteur ; la pièce est créée en français le , dans la traduction de Jeannine Worms, à Paris au Palais de Chaillot, mise en scène par Georges Wilson[6] ; la création en espagnol aura lieu le à Valence en Espagne, dans la mise en scène de José Tamayo.

Mises en scène des pièces de théâtre

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  • 1973 : La Boutique, mise en scène d'André Mairal, spectacle d'inauguration du Centre théâtral de Franche-Comté / La Boutique-Théâtre, Besançon[10].
reprise en 1990, mise en scène d'Albert-André Lheureux, avec Marie-José Nat (Louise) et Henri Garcin (Léopold), Théâtre Hébertot, Paris[13].

Références

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  1. a et b « Jeannine Worms, dramaturge et écrivain français », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. « Dénomination « allée Jeannine-Worms » attribuée à l’allée des jardins des Champs-Élysées traversant le carré Marigny d’est en ouest, du théâtre jusqu’à l’avenue Matignon (8e) ».
  3. « Les Uns les autres de Mme Jeannine Worms », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. G. R., « Album de là-bas par Jeannine Worms », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « Apologie du mensonge », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. Bertrand Poirot-Delpech, « Lumières de Bohème de Valle Inclan », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. Nicole Zand, « Archiflore une pièce sur le vieillissement des femmes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. Bertrand Poirot-Delpech, « La Nuit de Jeannine Worms », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. Bertrand Poirot-Delpech, « Le Goûter et Tout à l'heure de Jeannie [sic] Worms », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. « La Boutique - 1973 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  11. « La Boutique - 1975 [notice de spectacle] », sur Les Archives du spectacle.
  12. Michel Cournot, « Avec ou sans arbres à l'Athénée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. « "Tu es, donc je suis". Trois couples marquent la rentrée des théâtres parisiens », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  14. Caroline de Baroncelli, « Scènes d'amour filial », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Bibliographie

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  • Alexandre Pajon, « Jeannine Worms. Entre théâtre et morale », Europe, vol. 82, no 900,‎ , p. 220-224.

Liens externes

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