Jeannie Dumesnil

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Jeannie Dumesnil
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Naissance
Décès
(à 74 ans)
Ramatuelle
Sépulture
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Mouvement

Jeannie Dumesnil est une artiste peintre paysagiste abstraite française née le à Paris. Morte accidentellement à Ramatuelle le , elle repose au cimetière de Larchant (Seine-et-Marne)[1], au pied du rocher de la Dame Jouanne. Elle était la petite-fille du peintre Eugène Carrière[2] et l'épouse du sculpteur Jean Nora (1923-2013)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeannie Dumesnil naît du second mariage de la sculptrice Nelly Carrière (1886-1971), fille d'Eugène Carrière, successivement Madame Choublier, puis Madame Dumesnil, et du parlementaire et ministre Jacques-Louis Dumesnil : une photographie de la famille Carrière où figure Jeannie âgée de dix ans, prise place Constantin-Pecqueur à Paris vraisemblablement le jour où y est inaugurée la statue d'Eugène Carrière, soit le 29 novembre 1936, est conservée dans les collections du musée d'Orsay[4].

Elle expose à partir de 1947 (elle n'a alors que 21 ans) dans plusieurs salons parisiens. Ses toiles alors résolument figuratives (une « inspiration fantastique mêlant des visions ténébreuses à un onirisme érotique »[2]) offrent à Eric Mercier de la situer dans le courant de la Jeune Peinture des années 1950[5].

Son évolution des années 1960 vers l'abstraction, en ce qu'elle a rendu son œuvre lisible comme un « hommage à Claude Monet »[2], rangent Jeannie Dumesnil avec Hanna Ben-Dov dans le courant de l'impressionnisme abstrait : pointillisme sur fond monochrome, grands espaces vacants suggérant à la subjectivité des regards des Paysages imaginaires (titre d'une exposition), une aube, un crépuscule, un mirage - peut-être une citadelle noyée dans la brume -, « des frémissements de blés sous le vent » pour restituer la sensation de Jean-Pierre Delarge[1] ou encore, pour citer Milan Kundera, « la mer allée avec le soleil »[6].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Palmes, Paris, 1953.
  • Obelisk Gallery, Londres, 1956.
  • Galerie Visconti, Paris, 1956.
  • Galerie Craven, Paris, 1959.
  • Galerie Erval, Paris, 1980, 1985, 1989 (Paysages imaginaires).
  • Mairie de Champigny-sur-Marne, mars-.
  • Galerie Vieille du Temple, Paris, 1998.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Salon d'automne, Paris, 1947[1].
  • Salon des moins de trente ans, Paris, 1947 à 1953.
  • Salon de la jeune sculpture, Paris, 1947 à 1953.
  • Salon de la Jeune Peinture, Paris, 1953, 1954[5].
  • La mer vue par trente jeunes peintres, Galerie Visconti, Paris, juin 1954.
  • Portraits par trente jeunes peintres, Galerie Dumesnil, Paris, juin 1955.
  • Salon grands et jeunes d'aujourd'hui, Paris, 1965 à 1973.
  • Peinture française, Musée des Beaux-Arts de Tours, 1966.
  • Peinture française contemporaine, Maison de la Culture du Havre, 1968.
  • Face-à-face Arts primitifs - Arts d'aujourd'hui, Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, 1989.
  • Le belvédère de Mandiargues, Galerie Artcurial, 1990.
  • Jean Nora, sculpteur, et Jeannie Dumesnil, peintre, Galerie Marie-Hélène de La Forest Divonne, Paris, 1999.

Conservation[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Drapeau du Brésil Brésil[modifier | modifier le code]

Drapeau : France France[modifier | modifier le code]

Drapeau d’Israël Israël[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Le plus souvent monochrome, ses toiles mettent l'accent sur une ligne d'horizon ultrasensible, au-dessus de laquelle l'espace devient tridimensionnel. Milan Kundera parle de la "gamme ontologique" de Jeannie Dumesnil : "le sol, l'espace, l'horizon, la matière mouvante, les blocs, la faille. Cette gamme, c'est la vérité intime du peintre qui est allé à la recherche du regard originel de l'homme et de sa poésie terrestre perdue". Si la tendresse et la sensibilité sous-tendent les toiles de Jeannie Dumesnil, il arrive qu'un éclairage presque dur donne parfois une connotation douloureuse. » - Philippe Cruysmans[8]
  • « L'œuvre de Jeannie Dumesnil, ayant évolué progressivement en direction de l'abstraction, s'est subdivisé en séries successives dont les séparations ne sont pas forcément tranchées. D'une façon générale, à l'intérieur de chaque série, ses peintures, abstraites certes, préservent le souvenir, la sensation ou même le contact avec les éléments primordiaux. Jusqu'à sa première exposition à la Galerie Erval, à partir d'une construction orthogonale, à peine perceptible, un pointillisme de touches blanches en virgules sur un fond monochrome, plus que d'un feuillage léger tel celui d'un saule, suggère le substitut, l'équivalence d'un espace bruissant de ses particules, recréant comme en hommage à Monet la subtilité de l'aube ou la nostalgie du crépuscule, écho apaisé de la vision crépusculaire hallucinée de Van Gogh. Dans les séries suivantes, des formes opaques, d'abord limitées aux sonorités des gris, progressivement ont occupé l'espace toujours ouvert, encore vacant, dans la toile. » - Jacques Busse[2]
  • « Les tableaux de Jeannie Dumesnil racontent la mystérieuse rencontre du monde vivant et du monde non-animé. » - Milan Kundera[2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, page 379.
  2. a b c d et e Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999, article de Jacques Busse, vol.4, pages 845-846.
  3. « Jeannie Dumesnil », revue Différences, n°220, juillet 2000, page 11.
  4. Collections du musée d'Orsay, photographie de la famille Carrière, place Constantin-Pecqueur, Paris, 1936
  5. a b et c Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, tome II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, pages 154-155.
  6. Milan Kundera, La gamme de Jeannie Dumesnil, Galerie Erval, 1989.
  7. Philippe Piguet, Françoise Deflandre, Maïtien Bouisset et Léone Javal, SACEM - Vingt-cinq ans de collection d'art contemporain, 1974-1999, Éditions SACEM, 1999.
  8. Philippe Cruysmans, « Exposition Jeannie Dumesnil à la mairie de Champigny-sur-Marne », Le Figaro, mars 1991.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Roy, Jeannie Dumesnil, édité par Galerie Craven, Paris, 1959.
  • « Jeannie Dumesnil », L'Œil, n°94, .
  • Claude Robert, commissaire-priseur, 5 avenue d'Eylau, Paris, Jeannie Dumesnil, œuvres 1950-1975, catalogue de la vente de l'atelier Jeannie Dumenil, Hôtel Drouot, .
  • Milan Kundera, La gamme de Jeannie Dumesnil, édité par Galerie Erval, Paris, 1989.
  • Milan Kundera, Jean-Marie Dunoyer et Claude Roy, Jeannie Dumesnil, édité par le service municipal de la culture de Champigny-sur-Marne, 1991.
  • Philippe Piguet, Françoise Deflandre, Maïtien Bouisset et Léone Javal (préface de Michel Tournier), SACEM - Vingt-cinq ans de collection d'art contemporain, Éditions SACEM, 1999.
  • Emmanuel Bénézit (article de Jacques Busse), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol.4, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • Eric Mercier, Années 50: la Jeune Peinture, 2 volumes: L'alternative figurative et Panorama de la Jeune Peinture. ArtAcatos éditeur, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]