Jeanne Socquet

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Jeanne Socquet
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Naissance
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Mouvement

Jeanne Socquet, née le à Paris, est une artiste peintre néo-expressionniste[1] et mosaïste française[2].


Biographie[modifier | modifier le code]

Ancienne élève des cours de dessin de la ville de Paris, de l'Académie de la grande chaumière, puis de l'École nationale supérieure des beaux-arts[3] de Paris, Jeanne Socquet vit et travaille à Paris.

C'est à partir de 1960 que sa peinture se tourne vers les « vieilles femmes », les marginales, les solitaires, les anormales, les enfermées des hôpitaux psychiatriques, les exclues de la beauté. Pour une importante suite de portraits néo-expressionnistes brossés de la sorte, nommés, classés, situés (comme Amandine, n°11, pavillon Charcot), le format uniformément carré de 40 cm des toiles et la froideur des titres renforcent la sensation angoissante d'enfermement.

Au-delà des ces thèmes qui sont énoncés dans les titres et annonces d'expositions (Jeanne Socquet, peindre la solitude[4], La folie peinte par Jeanne Socquet[5]), les visages de Jeanne Socquet, qui ne sont pas sans capacité de bouleverser, de susciter malaise et compassion, offrent à Jean-Marie Tasset de voir en ces toiles « l'œuvre néo-expressionniste qui exprime le mieux le malaise de notre société »[1].

Appartenant au groupe militant de femmes artistes La Spirale fondé en 1972 par Charlotte Calmis[6], Jeanne Socquet a coécrit avec Suzanne Horer et publié en 1973 un livre intitulé La création étouffée, non dénué d'audience[7] et doublement analysé comme un manifeste féministe et un hommage à la féminité dans la création et la sublimité tant mystique (Christine de Pisan) que littéraire (Madame de Lafayette), scientifique (Marie Curie) ou artistique (Simone Mary)[8].

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Jeanne Socquet est un peintre à qui l'histoire de l'art fera une place singulière, elle est un peintre pour qui la solitude est comme une condition existentielle, une manière de condition humaine - peintre figuratif dont l'œuvre est fortement expressive, et dans laquelle l'expression douloureuse prend forme et invite à une réflexion critique. » - Jacques Leenhardt[9]
  • « Cette peinture qu'elle fait, je vois que c'est une très grande peinture. » - Marguerite Duras[10]
  • « Ainsi Socquet frappe et jette sur la toile les catatoniques hébétées, les débiles mentaux, les noires schizophrènes et les bienheureux de la démence précoce. » - Armand Lanoux[11]
  • « Vision étrange, émouvante, de ces figures épaisses, incrustées dans la banalité, mais happées telles quelles avec leurs grosses mains dans les tourbillons lyriques d'une peinture implacable. » - Viviane Forrester[réf. nécessaire]
  • « Ses personnages sont des figures, des incarnations d'une certaine condition humaine avec ses mythologies et ses métamorphoses […] Ainsi, le peintre découvre en son for intérieur une réalité nouvelle : son isolement est celui de la foule solitaire, et paradoxalement l'introspection de Jeanne Socquet débouche sur un nouveau réalisme. » - Jean-Marie Tasset[réf. nécessaire]
  • « Entre peintures, collages, boîtes en tous genres, c'est un univers à part, un espace d'expression où l'époque n'a plus d'importance et a laissé place à la vérité des visages, visages sans masques qui dégoulinent de couleurs et d'expressivité. » - Bertrand Scholler[réf. nécessaire]

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • La création étouffée, en collaboration avec Suzanne Horer, Éditions Pierre Horay, 1973[13].
  • Son prochain comme soi-même, roman, Éditions La Bruyère, Paris, 2014.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Personnelles
  • 1958, 1959, 1962, 1965 : galerie Dauphine, Paris.
  • 1968 : galerie Jean-Claude Bellier, Paris.
  • 1969 : galerie Saint-Placide, Paris.
  • 1970, 1971, 1973, 1974, 1975 : galerie Valérie Schmidt, Paris.
  • 1973 : Centre éducatif et culturel, Yerres (avec Alkis Pierrakos et Jean-Claude Bernath).
  • 1977, 1979 : galerie Principe, Paris.
  • 1978 : galerie du Lurcernaire, Paris.
  • 1981 : galerie Arcadia Paris.
  • 1981, 1982, 1984 : galerie Jacques Massol, Paris.
  • 1982, 1986 : galerie Jaquester, Paris.
  • 1989 : galerie Pierrette Morda, Paris
  • 1989 : hôtel de ville, Hambourg.
  • 1990 : Kelly Gallery, Glasgow.
  • 1990 : Maison des Femmes, Cergy-Pontoise.
  • 1991, 1993 : galerie Philippe Gand, Paris.
  • 1992: librairie des Océanes, Pornichet.
  • 1996, 1997, 1998 : galerie Béatrice Soulié, Paris.
  • 2001 : espace Le Rocher, La Tresne, Bordeaux.
  • 2002, 2004, 2005 : galerie Figure, Paris.
  • 2006, université de Lille, Villeneuve-d'Ascq.
  • Décembre 2007: agence BNP du 15e arrondissement de Paris[15].
  • Février-mars 2012 : Jeanne Socquet, la solitude de l'homme dans ce monde et dans son monde, Atelier Z, Paris[4],[16].
  • Août 2012 : espace Christiane Peugeot, Paris[1].
  • Novembre 2012 : Jeanne Socquet, les Folles, Atelier Z, Paris[5].
  • 2013 : espace Belleville CFDT, Paris.
  • avril-mai 2015 : galerie 55 Bellechasse, Paris (avec Alexis Mitelberg)[17],[18].
expositions collectives et Salons

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1963 : prix de Barbizon.
  • 1981 : prix Drouant.
  • 2003 : prix de la ville de Monaco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-Marie Tasset, l'œuvre de Jeanne Socquet exprime le mieux le malaise de notre société. Présentation de l'exposition Artiste du mois : Jeanne Socquet, espace Christiane Peugeot, Paris, août 2012.
  2. (en)Benezit
  3. « Jeanne Socquet », in Dictionnaire Bénézit, t.12, Gründ, 1999, p.936.
  4. a et b Jean-Marie Tasset, , Jeanne Socquet, peindre la solitude de l'homme dans ce monde et dans son monde, présentation de l'exposition sur artaujourdhui.info.
  5. a et b Présentation de l'exposition Atelier Z, La folie peinte par Jeanne Socquet Textes de Patricia Cadorel et Jean-Marie Tasset.
  6. « La Spirale », Artension, n°9, sur fanfg.canalblog.com.
  7. Marie-Jo Bonnet, Les femmes artistes dans les avant-gardes, Odile Jacob, 2006, pp. 87 à 95.
  8. La création étouffée, notice sur lepapillondeslivrescerclerenevigo.wordpress.com.
  9. Jacques Leenhardt, Connaître la peinture de Jeanne Socquet, coll. dirigée par Jacques Dopagne.
  10. Citée par Jean-Pierre Delarge dans « Jeanne Socquet », in Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains.
  11. Armand Lanoux, Jeanne Socquet, [catalogue], galerie Jean-Claude Bellier, 1968.
  12. Présentation de New-York balafres, sur evene.lefigaro.fr.
  13. Éliane Boucquey, analyse critique, La création étouffée de S. Horer et J. Socquet, sur persee.fr.
  14. La collection Signatures de femmes de l'Association Camille
  15. Jacqueline Peker, Jeanne Soocquet a exposé…,, décembre 2007, sur jacquelinepeker.com.
  16. Atelier Z, photographies de l'exposition Jeanne Socquet, février-mars 2012, sur jukoaccess.blogspot.fr.
  17. Présentation de l'exposition Galerie 55 Bellechasse, 2015, sur parisetudiant.com.
  18. Présentation de l'exposition Galerie 55 Bellechasse, 2015, sur parisbouge.com.
  19. Les participants au Salon des peintres témoins de leur temps, sur masmoulin.blog.lemonde.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Lanoux et Jacques Leenhardt, Jeanne Socquet, édition Galerie Jean-Claude Bellier, 1968.
  • Marguerite Duras, Outside, Éditions Albin Michel, 1981, et P.O.L., 1984.
  • Jacques Leenhardt, Connaître la peinture de Jeanne Socquet, Éditions Jacques Dopagne, 1986.
  • Maud Tabachnik, Socquet, collection « Passeport », Éditions Fragments, 1996.
  • Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine, Arted, 1983.
  • Philippe Guérin, Jacques Marthelot et Claude Polibarbe, ABC Kunstschule Paris, dans Lehrbuch der Techniken, Jeanne Socquet, Jean Feugereux, Claude Nadel, édition Hamburg Axel Andersson Akademie, 1990.
  • Alain Vircondelet, Duras, biographie, Éditions François Bourin, 1991.
  • Jean-Claude Cheval et Alain Blot, Entretien avec Jeanne Socquet, Pornichet, Éditions Librairie des Océanes, 1992.
  • Isaure de Saint-Pierre, « Jeanne Socquet : son regard d'absence », Supérieur Inconnu, n°8, octobre 1997.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Paris, Éditions Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Paris, Éditions Gründ, 2001.
  • Marie-Jo Bonnet, Les femmes dans l'art, Éditions de la Martinière, 2004.
  • Diane Quinby, « De l'art et du féminisme en France dans les années 1970 », Archives de féminisme, n°8, décembre 2004.
  • Marie-Jo Bonnet, Les femmes artistes dans les avant-gardes, Paris, Éditions Odile Jacob, 2006.
  • Cathy Fourez (Université de Lille), « Naufrages du corps ou le corpus de la nausée dans les “Paysages solitaires à Juârez” de Jeanne Socquet », in Norah Giraldi-Dei-Cas, Fatiha Idmhand et Cathy Fourez, « Lieux et figures de la barbarie », Comparatisme et Société, n°8, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang éditeur, 2012.
  • Fabienne Dumont, « Jeanne Socquet : peintures de femmes maîtresses d'elles-mêmes », in Des sorcières comme les autres, Presses universitaires de Rennes, 2014, p.273.

Liens externes[modifier | modifier le code]