Jeanne Rozerot

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Jeanne Rozerot
Zola, Francois Emile - Jeanne Rozerot und Emile Zola (Zeno Fotografie).jpg
Émile Zola et Jeanne Rozerot vers 1893.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Jeanne Sophie Adèle RozerotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Couturière, lavandière, photographeVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Denise Rozerot (d)
Jacques Rozerot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Cheveux
Rouvres-sous-Meilly - Tombe Jeanne.jpg
Vue de la sépulture.

Jeanne Rozerot, née le à Rouvres-sous-Meilly[1] et morte le à Paris, est une lingère française qui fut la maîtresse d'Émile Zola et la mère de ses deux enfants.

La rencontre[modifier | modifier le code]

Jeanne Rozerot, fille d'un ouvrier agricole et orpheline de mère, est venue à Paris pour se placer. En mai 1888, embauchée comme lingère et couturière par l'épouse d'Émile Zola, elle fait la connaissance de celui-ci dans leur maison de Médan[2]. Elle suit le couple lors de ses vacances à Royan, avec deux autres domestiques[3].

L'écrivain aborde alors la cinquantaine et s'interroge sur le sens de sa vie. Celle-ci va basculer brutalement : « Ma femme n'est pas là […] Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire : “Ça ne vaut-il pas mieux qu'un livre ?” », confie-t-il à Edmond de Goncourt[4]. Jeanne a les cheveux noirs, les yeux clairs, la taille très fine. Pour la séduire, Zola perd du poids en suivant un régime strict, muscle son corps en parcourant la campagne à bicyclette : pour elle, il rajeunit. Ils deviennent amants le 11 décembre 1888[5] : Émile a alors quarante-huit ans et Jeanne vingt et un.

Émile Zola installe sa maîtresse au no 66 rue Saint-Lazare à Paris, puis à Cheverchemont sur la commune de Triel-sur-Seine, et enfin à Verneuil-sur-Seine, à proximité immédiate de Médan. C'est avec elle qu’il aura ses deux seuls enfants : Denise en 1889 et Jacques en 1891. Nés hors mariage, ils portent le nom de leur mère, Rozerot.

La double vie d'Émile Zola[modifier | modifier le code]

Il semble qu'Alexandrine Zola, épouse du romancier, découvre cette liaison à la fin de l'année 1891. Elle réagit violemment. La naissance des enfants ajoute à son désespoir, elle qui n'en a pas eu avec son mari. Les Zola ne divorcent pas, l'écrivain s'étant engagé à ne pas abandonner sa femme et à lui conserver son statut officiel d'hôtesse de Médan. Alexandrine exige qu'il ne voie plus Jeanne Rozerot : il le lui promet mais poursuit ses relations avec celle-ci, ce qui le contraint au mensonge[6].

Par une lettre du 16 août 1892, Zola explique à Jeanne Rozerot qu'il évite le scandale en ne se séparant pas de sa femme, et lui assure que les enfants recevront une part de son héritage[7]. Il partage dès lors sa vie entre les deux foyers : celui où vivent Jeanne et ses enfants, et celui où il habite avec son épouse Alexandrine. Sa maîtresse et ses deux enfants séjournent l'été à Verneuil-sur-Seine, où Émile Zola leur rend visite quotidiennement à bicyclette et réalise de nombreuses photos de famille[8]. Mais il note en juillet 1894 : « Je ne suis pas heureux. Ce partage, cette vie double que je suis forcé de vivre finissent par me désespérer. J’avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible. »

La même dévotion pour l'écrivain unit la maîtresse et l'épouse légitime. Si en 1902 Jeanne Rozerot et ses enfants ont suivi les funérailles de Zola perdus dans la foule, Alexandrine et Jeanne assistent ensemble, en 1908, à l'entrée au Panthéon de celui qui fut l'homme de leur vie à toutes deux.

Alexandrine Zola a fait en sorte que les enfants qu'il avait eus avec Jeanne soient reconnus : à partir de 1906, leur nom devient Émile-Zola[9]. Denise Émile-Zola (1889-1942) épousera Maurice Le Blond[10] ; Jacques Émile-Zola (1891-1963) devient docteur en médecine.

Jeanne Rozerot décède le 22 mai 1914 au cours d'une intervention chirurgicale. Denise et Jacques accompagnent son cercueil au cimetière de Rouvres-sous-Meilly, sa terre natale. La maison de Verneuil-sur-Seine, entièrement restaurée entre 2014 et 2016, figure au registre de bâtiments de la fondation du patrimoine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de la Côte-d'Or en ligne, FRAD021EC 533/006, page 4/125.
  2. Article du Bien Public
  3. Les vacances à Royan
  4. M. Sacquin et al, Zola, BNF, p. 89
  5. Clémence Boulouque, « Mère, sœur et maîtresse », in Lire, 2004.
  6. Jérome Garcin, article dans le Nouvel Observateur, 15 juillet 2004.
  7. Lettre de Zola à Jeanne Rozerot du 16 août 1892.
  8. Biographie d'Émile Zola.
  9. Jean d'Ormesson, Une autre histoire de la littérature française, tome II, Nil éditions, p. 103 (en ligne).
  10. Ils auront trois enfants : Aline (1909), Françoise (1911) et Jean-Claude (1914-1999).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]