Jeanne Rozerot

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Jeanne Rozerot
ZOLA Jeanne Enfants.jpg

Cliché d'Émile Zola en compagnie de Jeanne Rozerot et leurs deux enfants.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jeanne Sophie Adèle RozerotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Couturière, lavandière, photographeVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Denise Rozerot (d)
Jacques Rozerot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Alexandrine Zola (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Cheveux

Jeanne Rozerot, née le à Rouvres-sous-Meilly[1] et morte le à Paris, est une couturière française. Elle fut la maîtresse, la mère des enfants et lingère d'Émile Zola.

La rencontre[modifier | modifier le code]

En 1888, alors que Zola s'interroge sur le sens de sa vie à la veille de la cinquantaine, celle-ci bascule brutalement. N'avait-il pas soufflé à Goncourt : « Ma femme n'est pas là […] Eh bien je ne vois pas passer une jeune fille comme celle-ci sans me dire : “Ça ne vaut-il pas mieux qu'un livre ?” »[2].

Jeanne Rozerot, fille d'un ouvrier agricole et orpheline de mère, s'installe à Paris pour se placer. Elle fait la connaissance de l'écrivain dans la maison d'Émile Zola à Médan, en mai 1888, où l'épouse de Zola l'a embauchée comme couturière et lingère[3]. Elle suivra le couple lors de ses vacances à Royan avec deux autres domestiques[4]. Jeanne Rozerot avait les cheveux noirs, les yeux clairs et la taille très fine. Pour la séduire, Zola avait perdu du poids en suivant un régime strict et musclé son corps en parcourant la campagne à bicyclette. Pour elle, il avait rajeuni. Elle devient sa maîtresse à l'automne, le 11 décembre 1888[5], Émile avait quarante-huit ans et Jeanne en avait vingt et un.

Émile Zola installe Jeanne Rozerot au no 66 rue Saint-Lazare à Paris, puis à Cheverchemont sur la commune de Triel-sur-Seine, ensuite à Verneuil-sur-Seine à proximité immédiate de Médan. Jeanne Rozerot lui donne ses deux seuls enfants, Denise Rozerot (devenue Denise Émile-Zola après la mort de son père) (1889-1942), qui épousera Maurice Le Blond[6], et Jacques Rozerot (devenu Jacques Émile-Zola) (1891-1963), docteur en médecine.

La double vie d'Émile Zola[modifier | modifier le code]

Alexandrine Zola vers 1900.

Il semble que son épouse, Alexandrine Zola, apprenne cette liaison à la fin de l'année 1891. Elle réagit violemment à cette découverte. La naissance des deux enfants ajoute au désespoir de celle qui n'avait pu lui en donner. Finalement les époux Zola ne divorcent pas, Zola s'étant engagé à ne pas abandonner sa femme et à lui conserver son statut officiel d'hôtesse de Médan. De plus Alexandrine Zola exige de l'écrivain de ne plus voir Jeanne Rozerot. Il s'y engage, mais continue ses relations avec elle, ce qui l'oblige à mentir et à continuer sa double vie[7].

Par une lettre du 16 août 1892, Zola dit à Jeanne Rozerot qu'il a évité le scandale en ne se séparant pas de sa femme. Par ailleurs, il lui assure que les enfants recevront bien une part de son héritage[8].

L'auteur partage sa vie entre deux foyers : celui où vit Jeanne Rozerot et les deux enfants, et celui où il habite avec son épouse Alexandrine Zola. Sa maîtresse et ses deux enfants séjournent l'été à Verneuil-sur-Seine où Émile Zola leur rend visite quotidiennement à bicyclette[9]. La très belle maison de Verneuil-sur-Seine a été entièrement restaurée entre 2014 et 2016 et figure au registre de bâtiments de la fondation du patrimoine.

En juillet 1894, il écrit : « Je ne suis pas heureux. Ce partage, cette vie double que je suis forcé de vivre finissent par me désespérer. J’avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible. »

La même dévotion pour Émile Zola unit la maîtresse et l'épouse légitime. Ainsi cette dernière fera reconnaître les enfants, après la mort d'Émile Zola[10]. Dès 1906, ils purent porter le nom de leur célèbre père.

Jeanne, Denise et Jacques Rozerot, perdus dans la foule, ont suivi les funérailles de Zola en 1902. Mais en 1908, Alexandrine Zola et Jeanne Émile-Zola assistèrent ensemble à l'entrée au Panthéon de celui qui fut l'homme de leur vie à toutes les deux .

Jeanne Rozerot meurt au cours d'une intervention chirurgicale le 22 mai 1914. Ses enfants Denise Émile-Zola et Jacques Émile-Zola accompagnèrent son cercueil au cimetière de Rouvres-sous-Meilly, sa terre natale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de la Côte-d'Or en ligne, FRAD021EC 533/006 , page 4/125.
  2. M. Sacquin et al, Zola, BNF, p. 89
  3. Article du Bien Public
  4. Les vacances à Royan
  5. Clémence Boulouque, « Mère, sœur et maîtresse », in Lire, 2004.
  6. Dont trois enfants : Aline (1909), Françoise (1911) et Jean-Claude (1914-1999).
  7. Jérome Garcin, article dans le Nouvel Observateur, 15 juillet 2004.
  8. Lettre de Zola à Jeanne Rozerot du 16 août 1892.
  9. Biographie d'Émile Zola.
  10. Jean d'Ormesson, Une autre histoire de la littérature française, tome II, Nil éditions, p. 103 (en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]