Jeanne Hébuterne

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Jeanne Hébuterne.
Jeanne Hébuterne en 1917.

Jeanne Hébuterne est une peintre française, née au 51 avenue de la République[1] à Meaux, en Seine-et-Marne, France, le et décédée à Paris, le , âgée de 21 ans. Elle fut inhumée au cimetière parisien de Bagneux et rejoignit la tombe d'Amedeo Modigliani au cimetière du Père-Lachaise, 96e division, en 1930.
Surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux et de ses cheveux châtains aux reflets roux, elle est surtout connue, de nos jours, pour sa relation amoureuse avec Amedeo Modigliani.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les origines de la famille Hébuterne plongent dans le petit village briard de Varreddes, d'où était originaire le grand-père paternel de Jeanne. Son père, Achille Casimir Hébuterne, gagne sa vie comme comptable, et sa mère, Eudoxie Anaïs Tellier, remplit le rôle de maîtresse de maison sans autre profession connue.

En 1917, Jeanne Hébuterne a 19 ans à peine, elle étudie la peinture à l'Académie Colarossi au 10 de la rue Grande Chaumière à Montparnasse haut lieu de la Bohême artistique de la Belle Époque. C'est son frère André lui-même peintre paysagiste qui l'a introduite dans ce milieu. Elle servira de modèle à Foujita . La sculpteur Russe Chana Orloff lui fera rencontrer Amedeo Modigliani, en mars 1917, à la Rotonde . Selon un autre témoignage, c'est lors d'un bal masqué que Modigliani, déguisé en pierrot aborde Jeanne pour la première fois .

Jeanne a quelques talents mais c'est surtout sa beauté qui la distingue. On la décrit " semblable à une Ophélie préraphaélite avec de grands yeux mélancoliques fixant l'objectif, une sensualité éteinte, un visage énigmatique". Les photographies de l'époque révèlent un long nez rectiligne et une bouche charnue. Selon Chana Orloff, ses yeux sont verts pâles, Modigliani les peindra toujours en bleu . Quoi qu'il en soit son regard fascine, elle attire, elle séduit . Ce sont donc deux séducteurs qui se rencontrent . La "jeune fille de bonne famille" vivra une passion tumultueuse avec le peintre doté d'un charme trouble et dont la santé chancelle déjà . Pour notre époque, il est en fait l'archétype de " l'artiste maudit".

Les parents de Jeanne voient d'un très mauvais œil cette liaison . Ils sont fervents catholiques alors que Modigliani est juif à cette époque où l'antisémitisme demeure banal . Le peintre a une réputation bien établie de toxicomane et d'alcoolique. Jeanne rompt alors avec sa famille.

Elle s'installe avec Modigliani au numéro 8 rue de la Grande-Chaumière juste à côté de l'Académie Colarossi, dans un atelier que leur loue Léopold Zborowskil'agent du peintre qui peine alors à vendre ses toiles. Néanmoins, convaincu du talent de Modigliani, Zborowski envoie, en 1918 le couple se reposer à Nice où le 29 novembre, Jeanne met au monde une petite fille, déclarée en premier lieu à l'état civil sous le nom de Giovanna Hébuterne (1918-1984). Modigliani l' aurait reconnue tardivement pour lui donner son nom . D'autres sources indiquent que c'est la sœur de Modigliani qui adoptera l'enfant après la mort des ses parents, afin que celle ci porte le nom de son père . La petite fut placée par la suite en nourrice à Chaville près de Versailles . On peut s'en étonner eu égard aux revenus toujours aléatoires du couple mais on ne peut que s'en réjouir pour la fillette . En effet, Jeanne et Amédéo ne peuvent prétendre à être des "parents modèles".

À l' automne 1919, le couple est de retour à Paris, Jeanne a cessé peu à peu toute activité artistique après avoir fait de la photographie et créé bijoux et vêtements. De nouveau enceinte, elle est devenue le modèle préféré du peintre. " Retrouvant pour elle la grâce de Boticelli, ses portraits la montrent dans cette linéarité longiforme, le regard est magnifié presque iconique..."

Mais l'état de santé de Modigliani ne cesse de s'aggraver, atteint de pleurésie depuis l'enfance puis de méningite tuberculeuse, il abusait depuis bien trop longtemps de drogues et d’alcool . Il meurt à 35 ans, au soir du 24 janvier 1920 . Les parents de Jeanne consentent alors à accueillir à nouveau cette désespérée nantie d'un enfant et sur le point d'accoucher du second . Le surlendemain, vers quatre heures du matin, échappant à la vigilance de son frère, Jeanne se jette par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents au 8 bis, rue Amyot, dans le 5e arrondissement de Paris.

Chantal Quenneville, qui avait été son amie à l'Académie Colarossi, rapporta les faits suivants : " Le corps disloqué avait été ramassé dans la cour par un ouvrier qui l'avait transporté jusqu'au palier du cinquième étage, où les parents épouvantés lui avaient fermé la porte au nez . Le corps avait été ensuite transporté par ce même ouvrier, dans une carriole, jusqu'à l'atelier de la Grande Chaumière, où le portier l'avait refusé, déclarant qu'elle "n'était pas locataire officielle". A la fin, cet ouvrier alla au commissariat où on lui dit de le ramener, sur ordre de la police, rue de la Grande Chaumière. Le corps resta là, abandonné, toute la matinée."

Le 27 janvier, Modigliani est enterré « comme un prince » au cimetière du Père-Lachaise, accompagné des artistes de Montmartre et de Montparnasse. Jeanne est enterrée le lendemain au petit jour au cimetière de Bagneux dans l'intimité . Achille Hébuterne a refusé aux amis de Modigliani de faire enterrer sa fille aux côtés du peintre . Il faudra attendre 1930 avant qu'il ne revienne sur sa décision.

Dans les années 1990, la chanteuse française Véronique Pestel lui rend hommage à travers la chanson Jeanne Hébuterne. Chanson qui sera reprise par Jann Halexander sur son album Un Bon Chanteur est un Chanteur Mort en 2014.

Au cinéma elle a été incarnée par Anouk Aimée dans "Montparnasse 19" de Jacques Becker et par Elsa Zylberstein dans " Modigliani" de Mick Davis.

En 2006, c'est la romancière France Huser qui publie un roman: " La fille à lèvre d'orange" dont Jeanne Hébuterne est l’héroïne . D'octobre 1919 à janvier 1920, l'auteure " à travers un journal imaginaire, recrée le quotidien passionnel des deux amants".

C'est dans l'atelier de son frère au 12 rue de Seine que furent découvertes en 2002, neuf de ses peintures ayant séjourné 24 ans dans la cave. Elles furent présentées une seule journée au musée du Montparnasse et à nouveau dans une exposition consacrée à : Amadeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse à Ancon, Caserte et Bari. Seules six peintures d'elle étaient connues avant cette découverte. Elles représentent des portraits de famille et des vues des bâtiments proches de son domicile. Une dixième a été découverte en 2003 chez un brocanteur en Allemagne.

Œuvre[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

  • 1917 - Femme nue ; Dessin mine de plomb, papier; dimensions : 30,7 cm × 21,1 cm ( vente France le 2 décembre 2010)
  • 1918 ca - Portrait d'Amedeo Modigliani à la Pipe ; Dessin fusain, S; dimensions : 33,8 cm × 26 cm ( vente France le 1er décembre 2009)
  • 1918 ca - Autoportrait ; Dessin aquarelle, fusain sur papier; S; dimensions : 42 cm × 25,8 cm ( vente France le 25 mai 2009)
  • 1919 - Amedeo Modigliani endormi ; Dessin au crayon et aquarelle; S; dimensions : 29 cm × 43 cm ( vente France 17 mars 1999)
  • S - D - Eudoxie-Anaïs Tellier à la théière (mère de l'artiste); Dessin aquarelle; S; dimensions : 33,5 cm × 26 cm ( vente France le 1er décembre 2009)
  • S - D - Portrait de Modigliani ; Dessin, crayon sur papier; S; dimensions : 21 cm × 24 cm ( vente France le 15 juin 2000)
  • 1919 - Portrait d'Amedeo Modigliani endormi ; Dessin au crayon; S; dimensions : 23,5 cm × 30,8 cm ( vente France 2012)

Peintures[modifier | modifier le code]

  • 1916 - Autoportrait ; HSCarton parqueté; S; dimensions : 58 cm × 42 cm (vente France le 19 juin 2008)
  • S - D - Femme au collier, modèle de Modigliani ; HST; S; dimensions : 73,2 cm × 61 cm ( vente France le 25 mai 2011)
  • S - D - Les toits rouges ; HST; S; dimensions : 65,2 cm × 54 cm (vente France le 1er décembre 2009)
  • S - D - Portrait de Chaïm Soutine ; HST; S; dimensions : H 73,4 × 54,5 cm ( vente France le 2 décembre 2008)
  • S - D - Portrait de femme ; HST; S; dimensions : 62 cm × 47 cm ( vente France Le 21 décembre 2000)
  • S - D - Portrait de Modigliani en buste la tête appuyée sur ses mains ; HST; S; dimensions : × (retrouvée chez un brocanteur en Allemagne)

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

  • 2003 - Exposition : Amedeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse ; Ancon, Caserte, Bari : présentation des 9 toiles découvertes dans l'atelier de son frère. Février 2003.

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1916 - Autoportrait HSCarton parqueté; S; dimensions : 58 cm × 42 cm (venet France le 19 juin 2008)
  • 1917 - par Amedeo Modigliani - Portrait de Jeanne; H;
  • 1918 - par Amedeo Modigliani Portrait de Jeanne Hebuterne ; H

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

.France Huser , La fille à lèvre d'orange, Gallimard, Paris, 2006

.Michel Georges-Michel, - Les Montparnos, écrit en 1923, publié en 1929 et réédité à maintes reprises (par Le Livre de Poche en 1976), met principalement en scène, à Montparnasse, sous les noms de Modrulleau et Haricot-Rouge, Modigliani et Jeanne Hébuterne, au milieu des peintres de ce que l'on nommera l'École de Paris.

  • Marc Restellini, Le Silence éternel: Amadeo Modigliani et Jeanne Hébuterne, éd. Pinacothèque, 2008, 224 p. (ISBN 2953054626)
  • Zoé Blumenfeld, Jeanne Hébuterne, avec et sans Modigliani dans : Le Quotidien des Arts 11 février 2003.
  • Alain Vircondelet, Les couples mythiques de l'art " Beaux Arts, 2011
  • Jean Marie Drot, Les heures chaudes de Montparnasse, vol1. coffret 3 dvd, ORTF-INA, 1980

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Archives départementales de Seine-et-Marne (page 212/367) », sur http://archives.seine-et-marne.fr/archives-en-ligne (consulté le 30 décembre 2012).