Jeanne Hébuterne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références.

Jeanne Hébuterne
Jeanne Hebuterne.jpg

Jeanne Hébuterne, photographie anonyme non sourcée.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 21 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Frère
Conjoint
Amedeo Modigliani (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Jeanne Hébuterne en 1917.

Jeanne Hébuterne est une artiste-peintre française, née à Meaux[1],[2] (France), le , et morte à Paris le .

Surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux et de ses cheveux châtain aux reflets roux, elle est surtout connue, de nos jours, pour sa relation amoureuse avec Amedeo Modigliani.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les origines de la famille Hébuterne plongent dans le petit village briard de Varreddes, d'où était originaire le grand-père paternel de Jeanne. Son père, Achille Casimir Hébuterne, gagne sa vie comme comptable, et sa mère, Eudoxie Anaïs Tellier, remplit le rôle de maîtresse de maison sans autre profession connue.

En 1917, Jeanne Hébuterne étudie la peinture à l'Académie Colarossi au no 10 de la rue de la Grande-Chaumière à Paris dans le quartier Montparnasse, haut lieu de la bohème artistique de la Belle Époque. C'est son frère André Hébuterne, lui-même peintre paysagiste, qui l'a introduite dans ce milieu. Elle servira de modèle à Léonard Foujita. La sculptrice russe Chana Orloff lui fera rencontrer Amedeo Modigliani, en mars 1917, à la Rotonde. Selon un autre témoignage, c'est lors d'un bal masqué que Modigliani, déguisé en pierrot, aborde Jeanne pour la première fois.

Jeanne Hébuterne a quelques talents, mais c'est surtout sa beauté qui la distingue. On[Qui ?] la décrit « semblable à une Ophélie préraphaélite avec de grands yeux mélancoliques fixant l'objectif, une sensualité éteinte, un visage énigmatique »[réf. nécessaire]. Les photographies de l'époque révèlent un long nez rectiligne et une bouche charnue. Selon Chana Orloff, ses yeux sont vert pâle, Modigliani les peindra toujours en bleu. Quoi qu'il en soit, son regard fascine, elle attire, elle séduit. Ce sont donc deux séducteurs qui se rencontrent. La jeune fille de bonne famille vivra une passion tumultueuse avec le peintre doté d'un charme trouble et dont la santé chancelle déjà. Pour notre époque, il est en fait l'archétype de l'artiste maudit.

Les parents de Jeanne Hébuterne voient d'un très mauvais œil cette liaison. Ils sont fervents catholiques, alors que Modigliani est juif, à cette époque où l'antisémitisme demeure banal. Le peintre a une réputation bien établie de toxicomane et d'alcoolique. Jeanne Hébuterne rompt alors avec sa famille.

Elle s'installe avec Modigliani au no 8 rue de la Grande-Chaumière, juste à côté de l'Académie Colarossi, dans un atelier que leur loue Léopold Zborowski, l'agent du peintre qui peine alors à vendre ses toiles. Néanmoins, convaincu du talent de Modigliani, Zborowski envoie le couple se reposer à Nice où, le 29 novembre 1918, Jeanne Hébuterne met au monde une petite fille, déclarée en premier lieu à l'état civil sous le nom de Giovanna Hébuterne (1918-1984). Modigliani l'aurait reconnue tardivement pour lui donner son nom. D'autres sources indiquent que c'est la sœur de Modigliani qui adoptera l'enfant après la mort de ses parents, afin que celle-ci porte le nom de son père. La petite fut placée par la suite en nourrice à Chaville près de Versailles.

À l'automne 1919, le couple est de retour à Paris, Jeanne Hébuterne a cessé peu à peu toute activité artistique après avoir fait de la photographie et créé des bijoux et des vêtements. De nouveau enceinte, elle est devenue le modèle préféré du peintre. « Retrouvant pour elle la grâce de Boticelli, ses portraits la montrent dans cette linéarité longiforme, le regard est magnifié presque iconique… »[réf. nécessaire]

Mais l'état de santé de Modigliani ne cesse de s'aggraver, atteint de pleurésie depuis l'enfance, puis de méningite tuberculeuse, il abusait depuis bien trop longtemps de drogues et d’alcool. Il meurt à 35 ans, au soir du 24 janvier 1920. Les parents de Jeanne consentent alors à accueillir à nouveau cette désespérée nantie d'un enfant et sur le point d'accoucher du second. Le surlendemain, vers quatre heures du matin, échappant à la vigilance de son frère, Jeanne Hébuterne se jette par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents au no 8 bis rue Amyot, dans le 5e arrondissement de Paris.

Chantal Quenneville, qui avait été son amie à l'Académie Colarossi, rapporta les faits suivants : « Le corps disloqué avait été ramassé dans la cour par un ouvrier qui l'avait transporté jusqu'au palier du cinquième étage, où les parents épouvantés lui avaient fermé la porte au nez. Le corps avait été ensuite transporté par ce même ouvrier, dans une carriole, jusqu'à l'atelier de la Grande Chaumière, où le portier l'avait refusé, déclarant qu'elle “n'était pas locataire officielle”. À la fin, cet ouvrier alla au commissariat où on lui dit de le ramener, sur ordre de la police, rue de la Grande-Chaumière. Le corps resta là, abandonné, toute la matinée. »[réf. nécessaire]

Le 27 janvier, Modigliani est enterré au cimetière du Père-Lachaise, accompagné des artistes de Montmartre et de Montparnasse. Jeanne est enterrée le lendemain au petit jour au cimetière de Bagneux dans l'intimité. Achille Hébuterne a refusé aux amis de Modigliani de faire enterrer sa fille aux côtés du peintre. Il faudra attendre 1930 avant qu'il ne revienne sur sa décision.

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, la chanteuse française Véronique Pestel lui rend hommage à travers la chanson Jeanne Hébuterne. Chanson qui sera reprise par Jann Halexander sur son album Un Bon Chanteur est un Chanteur Mort en 2014.

Au cinéma, elle a été incarnée par Anouk Aimée dans le film Montparnasse 19 de Jacques Becker, et par Elsa Zylberstein dans le film Modigliani de Mick Davis.

En 2006, c'est la romancière France Huser qui publie un roman, La fille à lèvre d'orange, dont Jeanne Hébuterne est l’héroïne . D'octobre 1919 à janvier 1920, l'auteure « à travers un journal imaginaire, recrée le quotidien passionnel des deux amants. »

En 2002, c'est dans l'atelier de son frère André Hébuterne, au no 12 rue de Seine à Paris, que furent découvertes neuf de ses peintures ayant séjourné dans la cave depuis 1978. Elles furent présentées une seule journée au musée du Montparnasse à Paris, et à nouveau à l'exposition Amadeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse à Ancon, Caserte et Bari. Seules six peintures d'elle étaient connues avant cette découverte. Elles représentent des portraits de famille et des vues des bâtiments proches de son domicile. Une dixième a été découverte en 2003 chez un brocanteur en Allemagne.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Février 2003 : exposition : Amedeo Modigliani, de Montmartre à Montparnasse ; Ancon, Caserte, Bari : présentation des neuf toiles découvertes dans l'atelier de son frère.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Archives départementales de Seine-et-Marne (page 212/367) », sur http://archives.seine-et-marne.fr/archives-en-ligne (consulté le 30 décembre 2012).
  2. Au no 51 avenue de la République.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • France Huser , La fille à lèvre d'orange, Gallimard, Paris, 2006
  • Michel Georges-Michel, Les Montparnos, écrit en 1923, publié en 1929 et réédité à maintes reprises (par Le Livre de Poche en 1976), met principalement en scène, à Montparnasse, sous les noms de Modrulleau et Haricot-Rouge, Modigliani et Jeanne Hébuterne, au milieu des peintres de ce que l'on nommera l'École de Paris.
  • Marc Restellini, Le Silence éternel : Amadeo Modigliani et Jeanne Hébuterne, Éd. Pinacothèque, 2008, 224 p. (ISBN 2953054626)
  • Zoé Blumenfeld, « Jeanne Hébuterne, avec et sans Modigliani », in Le Quotidien des Arts, 11 février 2003.
  • Alain Vircondelet, « Les couples mythiques de l'art », in Beaux Arts magazine, 2011.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Marie Drot, Les heures chaudes de Montparnasse, vol.1 d'un coffret de trois dvd, ORTF-INA, 1980.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Amedeo Modigliani

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :