Jeanne Chauvin

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Jeanne Chauvin
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Biographie
Naissance
Décès
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ProvinsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Jeanne Chauvin est une avocate et féministe française née à Jargeau dans le département français du Loiret le et morte le [1] à Provins dans le département français de Seine-et-Marne.

Elle est la première femme à plaider en France en 1901[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de notaire, orpheline de père à 16 ans, brillante élève, elle réussit deux baccalauréats - Lettres et Sciences,- deux licences - droit et philosophie - et est reçue docteure en droit. Elle est la deuxième étudiante titulaire d'une licence de droit en 1890 et la première Française[note 1] à soutenir son doctorat en droit en 1892[4], qu'elle consacre à l’Étude historique des professions accessibles aux femmes[5] et où elle indique que, selon elle, c'est notamment sous l'influence de la Bible et du catholicisme qu'a été introduite et consolidée l'inégalité juridique entre les hommes et les femmes. Elle y revendique pour la femme l'égalité tant dans son éducation que dans l'accession à toutes les professions, aussi bien privées que publiques.

Mais ces idées ne font pas l'unanimité et sont même contestées : lorsqu'elle se présente devant le jury, des étudiants envahissent la salle, chantent La Marseillaise et déclenchent un vacarme tel qu'il faut ajourner la soutenance. Quelques jours plus tard, elle est reçue docteur en droit à l'unanimité des membres du jury.

Elle est alors chargée de dispenser des cours dans plusieurs lycées parisiens pour jeunes filles, elle est entre autres professeure de droit au lycée Molière[6], mais n'oublie pas son combat féministe.

Dès 1893, elle demande aux parlementaires d'accorder à la femme mariée le droit d'être témoin dans les actes publics ou privés ; d'admettre la capacité des femmes mariées à disposer des produits de leur travail ou de leurs industries personnels[7].

Le 24 novembre 1897, pourvue de tous les diplômes requis, - elle est titulaire d'un doctorat en droit et d'une licence ès lettres - elle se présente à la cour d'appel de Paris pour prêter le serment d'avocat. Elle essuie un refus qui lui est signifié le 30 novembre 1897, au motif que la loi n'autorise pas les femmes à exercer la profession d'avocat, exercice viril par excellence[5]. Elle devra attendre trois ans, à la suite de pressions féministes, pour que Raymond Poincaré et René Viviani fassent voter la loi publiée au Journal officiel de la République française le 1er décembre 1900, permettant aux femmes d'accéder pleinement au barreau avec accès à la plaidoirie. C'est ainsi qu'elle peut prêter serment comme avocate au barreau de Paris le 19 décembre 1900, la deuxième après Olga Petit, qui a prêté serment le 5 décembre 1900. Jeanne Chauvin est cependant la première avocate de France à plaider en 1901[8],[3]. Sa première plaidoirie porte sur la contrefaçon de corsets[5].

La loi de suscite une réaction misogyne importante aussi bien au Palais de Justice que dans le public[5]. Certains juristes, comme le juge Paul Magnaud, applaudissent cependant à cette entrée des femmes dans la profession, espérant même qu'elles pourraient bientôt devenir magistrates.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Étude historique sur les professions accessible aux femmes : influence du sémitisme sur l’évolution de la position économique de la femme dans la société, Paris, Giard et Brière, .
  • Cours de droit professé dans les lycées de jeunes filles de Paris, Paris, Édition V. Giard & E. Brière, .

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La juriste roumaine, Sarmiza Bilcescu, première doctoresse en droit, est aussi la première femme à suivre régulièrement les cours à la faculté de droit de Paris. Elle soutient sa thèse en 1890, ayant pour titre « De la condition légale de la mère », deux ans avant sa collègue française Jeanne Chauvin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de décès (Musée de Provins) - Conservateur M. Luc Duchamp
  2. Henri Varennes, « Gazette des tribunaux », Le Figaro, 22 janvier 1901, p. 4 lire en ligne sur Gallica
  3. a et b Marina Bellot, « Jeanne Chauvin, pionnière des femmes avocates », RetroNews,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  4. Catherine Marry, Celles qui dérogent... in Christian Baudelot et Roger Establet, Quoi de neuf chez les filles ? : entre stéréotypes et libertés, Nathan(ISBN 978-2-09278-083-1).
  5. a b c et d Anne-Laure Catinat, « Les premières avocates du barreau de Paris », Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle (cahiers Georges Sorel), 1998, 16, p. 43-56.
  6. Extrait de Centenaire du lycée Molière. Mémorial 1888-1988, p. 68 (Paris).
  7. Debré et Bochenek 2013, p. 169-170
  8. Debré et Bochenek 2013, p. 169+175

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]