Jeanne Alexandrine Pommery

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Jeanne Alexandrine Pommery
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Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Louise PommeryVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jeanne Alexandrine Louise MélinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Mme veuve Pommery, née Jeanne Alexandrine Louise Mélin à Annelles (Ardennes) le et morte à Chigny-les-Roses (Marne) le , est connue pour avoir dirigé la maison de vins de Champagne Pommery.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanne Alexandrine Melin naît à Annelles le . Sa mère Jeanne Marguerite Godron, descendante d'une riche famille, possède un château ainsi qu'un domaine de 680 hectares. Son père se nomme Roland Philibert Mélin.

Petite, elle est scolarisée à Rethel[1],[2], où elle suit les enseignements des demoiselles Legrelle[2].

Elle part en pension à Paris[1],[2], en 1835, d’abord chez mademoiselle Renard, puis chez les sœurs Vienaud, rue de Ménilmontant[2]. Puis en 1837, elle part en Angleterre[1],[2] pour un an afin de parfaire ses connaissances linguistiques[1].

Elle épouse Alexandre Louis Pommery[1],[2], propriétaire de Pommery-Greno, en 1839[3]. Leur premier fils Louis naît le , puis leur fille Louise le .

Le , Alexandre Louis meurt à la suite d'une attaque[1],[2],[3]. Jeanne Alexandrine devient alors directrice du domaine de son mari et continue à le développer[1],[2],[3],[4].

Mme Pommery meurt le dans son château de Chigny-les-Roses près de Reims, à l’âge de 71 ans. Elle repose à Reims au cimetière du Nord et fit un legs au musée des beaux-arts de Reims. Un buste lui a été érigé sur la fontaine de la place du village de Chigny-les-Roses[1],[2],[5].

À la tête de Pommery[modifier | modifier le code]

La célèbre maison des vins de Champagne est au début d’assez minime importance. Après avoir racheté la maison Vibert et Greno, Alexandre Louis Pommery fonde la maison Pommery & Greno. À sa mort, sa veuve prend la direction des affaires, suivant l'exemple de Barbe-Nicole Clicquot-Ponsardin. Elle y déploie énergie, intelligence et habileté, secondée dans la direction des affaires par son collaborateur, Henry Vasnier[5].

Elle invente le champagne brut afin de l'exporter en Russie et dans les pays baltes. Elle en fait aussi importer aux États-Unis et en Angleterre[3],[6]. Sous sa direction, la production passe des 50 000 bouteilles produites en 1850 à plus de 2 millions[4].

La maison élargit ainsi rapidement son cercle d’activité, se créant de nouveaux débouchés en Angleterre puis dans le reste du monde. Transformant les anciennes crayères du quartier Saint-Remi, elle crée ses caves et édifie les constructions élégantes qui font aujourd'hui partie du patrimoine architectural de Reims[3],[4],[5],[6].

Amatrice et collectionneuse d'art[modifier | modifier le code]

En 1882, dans son domaine, elle fit sculpter, par Gustave Navlet, un bas relief représentant Silène, le satyre, versant du nectar dans une coupe[1],[2],[6].

Elle achète au sculpteur René de Saint-Marceaux une copie d'Arlequin[1],[2].

En 1888, elle fait l'acquisition du tableau Des glaneuses, de Jean-François Millet[1],[6], pour la somme de 300 000 francs or. La transaction se fait en présence d'Henri Henrot, médecin et maire de Reims[1]. Par la suite elle en fera don au musée du Louvre[6].

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1894, le sculpteur Léon Chavalliaud réalise un buste en faïence polychrome, de Jeanne Alexandrine. Brièvement exposé à la Royal Academy, il se trouve aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Reims.

Selon Louise Polignac, fille de Jeanne Alexandrine, lorsqu'elle reçoit le président de la République Émile Loubet, en 1902, ce dernier lui demande comment rendre hommage à sa défunte mère. Elle lui répond qu'elle adorait les roses. Le , un décret est publié dans le Journal officiel : la commune de Chigny est renommée Chigny-les-Roses[1],[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m Pellus 1992, p. 181-192.
  2. a b c d e f g h i j k et l Cornuaille 2016, p. 249-267.
  3. a b c d et e France-Amérique, « Ces veuves qui ont fait mousser le champagne », sur France-Amérique, (consulté le ).
  4. a b et c « Edition du soir Ouest France », sur www.ouest-france.fr (consulté le ).
  5. a b et c « La vie rémoise ».
  6. a b c d et e « Madame Pommery - Union des Maisons de Champagne », sur maisons-champagne.com (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]