Jean de Witte

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Sacrifice Pothos Painter Louvre G496.jpg

Le baron Jean de Witte (Jean Joseph Antoine Marie), est né le à Anvers (Belgique) et est mort le à Paris. Il est un des descendants d'Adriaan de Witte), membre de la famille de Witte (Anvers). Jean de Witte est un savant, archéologue, un épigraphiste et un numismate belge.

Baron Jean Joseph Antoine Marie de Witte. (Photo par LAFOSSE).
Baron Jean Joseph Antoine Marie de Witte. (Photo par LAFOSSE).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean de Witte arrive à Paris à l'âge de 13 ans. Il fait ses études chez les Jésuites et devient ensuite archéologue. Durant un voyage à Rome, il rencontre Louise de Crespin de Billy et en tombe amoureux. Ils se marient le à Paris. De cette union, naissent six enfants. Invité par son ami Charles Lenormant à faire partie le du 1er conseil général[1] de L'Œuvre des Écoles d'Orient[2], plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient[3], dont il restera membre jusqu'à son décès. Le il s'éteint à Paris en son hôtel 5, rue Fortin (aujourd'hui rue Paul Baudry).

Carrière[modifier | modifier le code]

Le jeune archéologue Jean de Witte est vite remarqué par les érudits de son époque. Il voyage avec eux de 1830 à 1840 en Allemagne, en Italie, en Angleterre. Jean de Witte intègre les sociétés savantes.

En 1835, il fonde la revue Annales de l'Institut archéologique avec Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy, le duc de Luynes, Félix Lajard, Charles Lenormant et Raoul Rochette[4].

En avec Charles Lenormant et Jean-Jacques Ampère, il visite la Toscane et la Lombardie.

Jean de Witte fonde avec la collaboration de François Lenormant (fils de Charles Lenormant) la Gazette archéologique : recueil de Monuments pour servir à la connaissance et à l'histoire de l'art antique.

Il fonde également avec Adrien Prévost de Longpérier le Bulletin archéologique de l’Athenaeum français.

En 1844, Jean de Witte a été élu associé étranger et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de l'Institut de France.

En 1855, Jean de Witte reprend la direction de la Revue numismatique fondée en 1835 par Louis de la Saussaye et par Étienne Cartier. Il gardera la direction de la revue jusqu'en 1877 pour la léguer ensuite à un Comité de direction composée d'Anatole de Barthélémy, G. Schlumberger et Ernest Babelon. Il restera, jusqu'à sa mort, membre des Comités de publications de la revue numismatique[5].

Jean de Witte s'était également lié d'amitié avec Otto Jahn, lequel lui a fait présenter, Theodor Panofka et August Böckh. Ceux-ci ont intégré en 1845 Jean de Witte à l'Académie Royale des Sciences de Prusse en tant que membre correspondant pour la France et la Belgique. Il devient ensuite membre étranger de l'Académie bavaroise des Sciences.

Il publia des travaux archéologiques et fit don au Musée du Louvre d'une collection de monnaies et médailles anciennes d'or et d'argent et de poteries étrusques.

Sa Correspondance archéologique est conservée à la bibliothèque de l'Institut de France.

Dans un essai de 2018[6], Jean Ronan de Keranflec'h consacre 44 pages à l'équipe entourant Jean de Witte. L'auteur essaie brillamment de compléter les cahiers manquants de Jean de Witte cela à partir des documents écrits par les trois autres savants avec qui Jean de Witte travaillait.

Le Fonds Jean de Witte[modifier | modifier le code]

Le fonds de Jean de Witte, conservé à la Bibliothèque de l’Institut de France [7],[8] et complété par un lot de lettres déposé au dai de Rome, présente un intérêt majeur, puisque cet archéologue belge assura, aux côtés du duc de Luynes, le secrétariat de la section française et partagea avec Theodor Panofka (1800-1858) la responsabilité de la publication à Paris des Annales et des Monuments inédits. Sa correspondance avec les savants allemands, qui assuraient la direction romaine de l’Institut, se poursuit avec certains d’entre eux jusqu’à la fin de sa longue vie : non seulement, elle rend compte des difficultés rencontrées pour accomplir l’œuvre commune dans le respect mutuel 15, mais elle témoigne aussi de l’évolution de sciences dont l’élaboration repose en grande partie sur les contacts entre savants[9].

"Le fonds contient des lettres signées Anatole de Barthélémy (1821-1904), Beulé (1826-1874), comte de Clarac (1777-1847), Maximin Deloche (1817- 1900), Ernest Desjardins (1823-1886), Albert Dumont (1842-1884), Emile Egger (1813-1885), Félix Lajard (1783-1868), Louis de La Saussaye (1801-1878), Philippe Le Bas (1794-1860), Edmond Le Blant (1818-1897), Charles Lenormant (1802-1869), François Lenormant (1835-1883), Adrien de Longpérier (1816-1882), duc de Luynes (1802-1867), Alfred Maury (1817-1892), Emmanuel Miller (1810-1886), Jules de Pétigny (1801-1868), Raoul Rochette (1790-1864), Léon Renier (1809-1886), Charles Robert (1812-1887), Gaignart de Saulcy (1807-1880), baron Thenard (1777-1871), Louis Vitet (1802-1873), W. H. Waddington (1826-1894), Natalis de Wailly (1805-1886).

Parmi les autres archéologues et numismates français les plus notables, avec qui de Witte fut en relations épistolaires, nous citerons Alphonse de Boissieu (1807-1886), Arcisse de Caumont (1802-1873), l'abbé Cochet, Jean Deville (1789-1876), conservateur du Musée d'antiquités de Rouen, l'abbé Greppo de Montellier (1788-1863), vicaire général à Belley, le marquis de Lagoy (1 789-1860), correspondants de l'Académie des Inscriptions, Maurice Ardant, archiviste de la Haute-Vienne, le duc de Blacas (1815-1866), Chabouillet (1814-1899), conservateur à la Bibliothèque Nationale, Charles Daremberg (1817-1872), bibliothécaire à la Bibliothèque Mazarine, Charles Dauban (1820-1876), conservateur à la Bibliothèque Nationale, Prosper Dupré (1771-1866), l'abbé Martigny, Martin d'Aussigny, le vicomte de Ponton d'Amécourt (1825-1888)."[10]

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sépulture du Baron Jean de Witte - Cimetière de Montmartre à Paris - N° 571 PP 1857.
Sépulture du Baron Jean de Witte - Cimetière de Montmartre à Paris - N° 571 PP 1857.

Le baron Jean Joseph Antoine Marie de Witte est enterré au cimetière de Montmartre, à Paris, en France, avec son épouse Anne Louise Marie de Crespin de Billy (1823 - 1893). La sépulture est située dans la 22e division, 7e ligne, tombe N°19, Avenue Cordier (commence avenue Tunnel). C’est un mausolée classé monument historique et protégé, dont la concession numéro 571 PP 1857 existe depuis 1857.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries du Baron Jean Joseph Antoine Marie de Witte.
Armoiries du Baron Jean Joseph Antoine Marie de Witte.

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le 1er fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le mentionnant la composition de son 1er Conseil Général
  2. https://www.oeuvre-orient.fr/wp-content/uploads/LE-CINQUANTENAIRE-DE-LŒUVRE-DES-ECOLES-DORIENT.04.07.2017.pdf
  3. https://oeuvre-orient.fr
  4. réf.
  5. Lafaurie Jean. La Revue numismatique a 150 ans. In: Revue numismatique, 6e série - Tome 28, année 1986 p. 24 et annexe 1 et 2.
  6. Jean Ronan de Keranflec'h, J'erre encore dans ma mémoire, Les Cent Chemins, (ISBN 978-1719485890)
  7. Dehérain Henri. La correspondance archéologique du Baron Jean De Witte, conservée a la bibliothèque de l'institut. (premier article). In: Journal des savants. 11e année, Août 1913. pp. 362-370. (lire en ligne)
  8. Dehérain Henri., « La correspondance archéologique du Baron Jean de Witte, conservée a la bibliothèque de l'Institut (deuxième et dernier article). », Journal des savants. 11e année, Septembre 1913. pp. 413-421.,‎ , pp. 413-421 (lire en ligne)
  9. L’histoire des sciences de l’Antiquité et les correspondances savantes : transferts culturels et mise en place des institutions (1797-1873). Ève Gran-Aymerich. p. 241-246
  10. Henri Dehérain, « La correspondance archéologique du Baron Jean de Witte, conservée a la bibliothèque de l'institut. (premier article) », Journal des savants, vol. 11, no 8,‎ , p. 362-370 (DOI 10.3406/jds.1913.5865, lire en ligne, consulté le 23 décembre 2015)
  11. http://www.aibl.fr/membres/academiciens-depuis-1663/?lang=fr

Liens externes[modifier | modifier le code]