Jean de Monluc

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Jean de Monluc
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Jean de Lasseran de Massencome de Montluc dit Jean de Monluc, né en et mort à Toulouse le , est un homme d'Église, un diplomate et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Évêque de Valence et de Die de 1553 à 1574, il est un conseiller politique important de la reine Catherine de Médicis. Proche des idées de la Réforme, il fut longtemps suspecté d'avoir adhéré au protestantisme, au point d'être menacé d'excommunication par le pape et de devoir céder son évêché à son neveu Charles de Gélas de Léberon.

Il est le frère du maréchal de Montluc, de la famille de Lasseran de Massencôme de Montluc, éteinte en 1646, dont le rattachement au XVIIIe siècle à la famille de Montesquiou est contesté par certains généalogistes [1].

Il fit fortune dans le sillage de son frère, et son fils légitimé, Jean de Montluc de Balagny devint maréchal de France et gouverneur-prince de Cambrai.

Il entra dans les jacobins de l'ordre dominicain[2],[3]. Sa connaissance des belles-lettres va lui permettre d'entrer en contact avec Marguerite de Navarre, reine de Navarre.

François Ier le fait relever de ses vœux et en fait un diplomate. Il est d'abord nommé secrétaire d'ambassade à Rome. Puis il est chargé d'une mission secrète à Constantinople auprès du sultan Soliman le Magnifique.

En 1545, il est nommé ambassadeur de France à Venise. Il est ensuite chargé de missions diplomatiques en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en Écosse. Le 3 juillet 1551 il est désigné comme archevêque de Bordeaux mais il n'est jamais confirmé et le 13 septembre 1553 le siège est occupé par François de Manaz. En 1553, il est nommé évêque de Valence et de Die. Mais il mena une vie profane. Brantôme, dans le chapitre consacré à M. de Monluc de Hommes illustres français, décrit l'évêque comme "fin, délié, rinquant, rompu et corrompu, autant pour son savoir que pour sa pratique".

Un temps attiré par la Réforme, il fut condamné comme hérétique par le pape Pie IV. Il profita de la protection royale et son accusateur, ne pouvant apporter des preuves, dut faire amende honorable. Il composa une apologie du massacre de la Saint-Barthélemy.

Il a laissé des sermons intéressants. Il prêchait tantôt à la catholique, tantôt à la huguenote, suivant la composition de son auditoire.

Il eut un fils, Jean de Monluc de Balagny, prince de Cambrai, légitimé en 1567.

Il participa activement en 1572 aux négociations qui ont amené à l'élection du duc d'Anjou comme roi de Pologne en 1573[4].

En 1574, déclaré hérétique par la cour de Rome, il laissa son évêché de Valence à un de ses neveux, Charles de Gélas de Léberon. Cependant le temps nécessaire pour mettre en place cet arrangement fit que la consécration du nouvel évêque n'intervint qu'en 1578. En 1575 il a fondé à Valence un collège confié aux Jésuites. En 1577, il se retire chez les Jésuites de Toulouse où il meurt le 12 avril 1579. Il est inhumé à la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, où une plaque de marbre noir (sous l'orgue) rappelle son souvenir[5].

Ronsard lui dédia un sonnet :

Docte Prélat, qui porte sur la face
Phœbus pourtrait, et Pallas au cerveau,
Je te dédie en cest œuvre nouveau
Tous mes lauriers, mon myrte et mon Parnasse.
Je ne veux plus qu'un vain temps se passe
Sans composer quelque livre plus beau,
Pour y graver ainsi qu'en un tableau,
D'un tel Prélat les vertus et la grace.
En te plaisant, à la France je plais :
D'autre douceur mon esprit je ne pais
Qu'aux beaux discours de ta douce faconde.
Pour ce je veux tes honneurs raconter :
Car de sçavoir un Monluc contenter,
C'est contenter la France et tout le monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Borel d'Hauterive "Revue historique de la noblesse", Volume 2,1841, page 173.
  2. Google Livres : Edouard La Barre Duparcq, Biographie et maximes de Blaise de Monluc, Paris, 1848
  3. Sous la direction de Georges Courtès, Le Gers. Dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours, Société Archéologique et Historique du Gers, Auch, 1999 (ISBN 2-9505900-1-2)
  4. Google Livres : Revue de Gascogne: bulletin mensuel de la Société histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, Tome IX, Auch, 1868
  5. Paul Dudon - Les Jésuites dans le Diois (1610-1763), in Revue d'Histoire de l'Eglise de France, tome 15 (1929), n° 66, p. 18, n. 41.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude La Charité, « Rumeurs et propagande autour du rôle du duc d'Anjou dans la Saint-Barthélemy », dans Luc Vaillancourt (dir.), « Des bruits courent » : rumeurs et propagande au temps des Valois, Paris, Hermann, coll. « Les collections de la république des Lettres. Symposiums », , 264 p. (ISBN 978-2-7056-9408-1), p. 209-220.
  • Jean Plèche, « L'évêque Jean de Monluc et la Réforme à Valence (1560) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, Genève, Librairie Droz, vol. 77, no 1,‎ , p. 31-35 ; 504 (JSTOR 24289859).
  • Hector Reynaud, Essai d'histoire littéraire : Jean de Monluc, évêque de Valence et de Die, Paris, Thorin et fils, 1893.
    Thèse présentée à la Faculté des lettres de Montpellier.
    • Reproduction en fac-similé : Hector Reynaud, Essai d'histoire littéraire : Jean de Monluc, évêque de Valence et de Die, Genève, Slatkine, , 303 p.
  • Janusz Tazbir, « La Nuit de la Saint-Barthélemy, ses échos en Pologne », dans Actes du colloque « L'amiral de Coligny et son temps » (Paris, 24-28 octobre 1972), Paris, Société de l'histoire du protestantisme français, , 796 p. (JSTOR 24297217, présentation en ligne), p. 427-433.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]