Jean de Brouwer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir De Brouwer.
Jean de Brouwer
Jean de Brouwer.jpg
Jean de Brouwer
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinction

Jean de Brouwer (Bruges 18 janvier 1872 - Bruges 4 janvier 1951) est un industriel et mécène belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Joseph de Brouwer, industriel, membre d'honneur et président de l'Association des Gaziers belges, Jean de Brouwer étudie le droit à l'Université catholique de Louvain et s'inscrit ensuite au Barreau de Bruges.

Dès 1897, aux côtés d'Henri Beernaert, Jean de Brouwer engage des capitaux dans la fondation de la société d'horticulture La Flandria, dont il deviendra le président-fondateur[1]. Il prendra également part dans l'organisation des Floralies gantoises, dont il deviendra le vice-président.

En 1905, il s'associe avec son père et son frère Joseph pour créer la Société pour l'Exploitation intercommunale du Gaz et de l'Électricité, dite Centrale Gaz et Électricité. En 1930, Centrale Gaz et Électricité fusionne avec la Compagnie du Gaz de Saint-Josse-ten-Noode et la Société belge de distribution électrique. Cette fusion donne naissance à la Compagnie Générale de Gaz et d'électricité, dite Gazelec[2].

Il est également le fondateur, en 1907, des Briqueteries de la Côte et administrateur de nombreuses sociétés : de la succursale du Crédit liégeois (Bruges), de la compagnie d'assurances La Continentale (Bruxelles), de la Compagnie française coloniale et industrielle, de la Compagnie Générale du Gaz pour la France et l'Étranger (Paris), des Cookeries du Marly, de la société de pêcheries Noordende (Ostende), etc.[3].

Mécène, il soutient des artistes comme Nicolas de Staël[4] et Zinaida Serebriakova.

Créé baron par le roi Léopold III de Belgique, Jean de Brouwer sera également honoré des titres de grand-officier de l’ordre de Léopold, grand-officier de l’ordre de la Couronne, de chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand (Saint-Siège), de chevalier de Saint-Stanislas (Russie). Il est également honoré du titre de consul honoraire de Russie à Bruges[5].

Industrie du gaz et électricité[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 1905, avec le soutien du Crédit Liégeois et de la Société des conduites d'eau, Joseph de Brouwer ainsi que deux de ses fils, Jean et Joseph, s'associent en vue de créer la Société pour l'Exploitation intercommunale du Gaz et de l'Électricité, dite Centrale Gaz et Électricité. Avant la Première guerre mondiale, Centrale Gaz et Électricité développe son réseau de distribution du gaz principalement en Flandre occidentale, en Flandre orientale ainsi que dans la province d'Anvers.

En 1921, Centrale Gaz et Électricité conclut un accord avec la Compagnie Générale du Gaz pour la France et l’Étranger (C.G.G.F.E.), qui assure la distribution du gaz dans la région de Roulers (Flandre occidentale), en vue de la construction d'un usine à gaz appelée à fournir le gaz nécessaire pour les exploitations gazières des deux sociétés.

En 1922, poursuivant leur collaboration, Centrale Gaz et Électricité et la C.G.G.F.E. participent à la constitution de la Société Générale Belge de Distribution d’Électricité.

La Compagnie Générale du Gaz pour la France et l'Etranger entre dans le capital de Centrale Gaz et Électricité en 1925. Elle fait apport de ses concessions de gaz d'Ath, Courcelles, Souvret, Hal, Soignies, Roulers, Rumbeke, Beveren, Hasselt, Turnhout et Saint-Trond.

En 1928, Centrale Gaz et Électricité prend, conjointement avec la société du Gaz de Saint-Josse-ten-Noode, une participation dans Distrigaz. Elle intervient également dans la constitution de la société des Produits chimiques du Marly ainsi que dans la société Cokeries du Marly.

Le 1er juillet 1930, Centrale Gaz et Électricité, la société du Gaz de Saint-Josse-ten-Noode et la Société belge de distribution électrique fusionnent pour donner naissance à la Compagnie Générale de Gaz et d'électricité, dite Gazelec

Jean de Brouwer exerce la fonction d'associé-gérant (administrateur-délégué) de Centrale Gaz et Électricité jusqu'en 1925. À la suite de l'entrée de la C.G.G.F.E. dans le capital de Centrale Gaz et Électricité, les fonctions d'administrateur-délégué sont exercées conjointement par Jean de Brouwer et Raymond Casaubon, directeur de la C.G.G.F.E. Jean de Brouwer exerce les fonctions de vice-président dès 1927, aux côtés de Robert Ellissen, administrateur-délégué de la C.G.G.F.E. Il en devient président d'honneur en 1948.

Mécène et collectionneur d'art[modifier | modifier le code]

Jean de Brouwer rencontre Zinaida Serebriakova à l’exposition internationale de Bruxelles en 1928 et l'invite à venir peindre au Maroc[6], où il dispose d'importants intérêts, notamment dans le domaine immobilier et dans le domaine agricole. Elle s'y rend à deux reprises, en 1928 et en 1930. Il lui commande ensuite des panneaux allégoriques pour sa résidence, le manoir de Ville-Pommerœul, à proximité de Mons, en 1936.

Jean de Brouwer fait la connaissance de Nicolas de Stael au cours des années 30, à Bruxelles, alors qu'il est encore étudiant à l'Académie. Il lui commande également la décoration de l'une des pièces de sa résidence de Ville-Pommeroeul. En 1936, il finance le voyage de Nicolas de Stael au Maroc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur la société La Flandria, voy. F.G. Meyer, Plant Explorations. Ornamentals in the Netherlands, West Germany and Belgium, U.S. Department of Agriculture, 1963, p.63.
  2. R. Brion et J.-L. Moreau, « Jalons pour une histoire du gaz en Belgique aux XIXe et XXe siècles », in S. Paquier et J.-C. Williot (dir.), L'Industrie du gaz en Europe aux XIXe et XXe siècles, Bruxelles, P.I.E.-Peter Lang, 2005, pp.197-224.
  3. G. Kurgan, S. Jaumain, V. Montens, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, De Boeck Université, 1996.
  4. J.-P. Ameline, Nicolas de Staël, catalogue de l’exposition, Paris, Centre Georges-Pompidou, 2003 ; L. Greilsamer, Le prince foudroyé. La vie de Nicolas de Staël, Paris, Fayard, 2003.
  5. Autorisation d'exercer les fonctions de consul de Russie à Bruges donnée par arrêté royal du 30 novembre 1907 (Moniteur Belge, 7 décembre 1907).
  6. Z. Serebryakova, Selected Works, 1988, p.38.