Jean Balliol

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Jean Balliol
Sceau de Jean Balliol
Sceau de Jean Balliol
Titre
Roi des Écossais

3 ans 7 mois et 23 jours
Couronnement
Prédécesseur Marguerite
Successeur Robert Ier
Biographie
Dynastie Balliol
Date de naissance vers 1248
Date de décès vers 1315
Père Jean de Balliol
Mère Derborgail de Galloway
Conjoint Isabelle de Warenne
Enfant(s) Édouard Balliol

Jean Balliol
Liste des rois d'Écosse

Jean Balliol (Iain Bailiol en gaélique, John Balliol en anglais, Jehan de Bailleul en ancien français) est né vers 1249 et mort vers 1315. Il est roi des Écossais de 1292 à 1296.

Choisi comme roi après l'extinction de la maison de Dunkeld, Jean Balliol doit composer avec son puissant voisin le roi d'Angleterre Édouard Ier, à qui il a prêté serment d'allégeance. Il noue alliance avec la France contre lui, mais ce geste ne fait qu'offrir un casus belli à Édouard, qui envahit son royaume en mars 1296. C'est le début des guerres d'indépendance de l'Écosse.

Après la défaite écossaise de Dunbar, Balliol se rend à Édouard et doit abdiquer. Il termine sa vie dans l'obscurité en France. Il est resté dans l'imagination populaire comme un roi faible, ce que reflète son surnom de Toom Tabard, « le tabard vide ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Jean Balliol est le fils de Jean de Bailleul, seigneur de Barnard Castle, dans le comté de Durham en Angleterre. Originaire de Bailleul-en-Vimeu, en Picardie[1], la famille de Bailleul est établie en Angleterre depuis le règne de Guillaume le Roux. La mère de Jean Balliol est Derbogail, la fille du seigneur écossais Alan de Galloway. Par sa mère Marguerite, Derbogail est la petite-fille de David de Huntingdon, le frère des rois écossais Malcolm IV et Guillaume Ier.

La fratrie de Jean Balliol comprend deux frères, Hugues (mort en 1271) et Alexandre (mort en 1278), ainsi qu'une sœur, Éléonore, qui épouse le baron écossais John II Comyn.

Succession d'Écosse[modifier | modifier le code]

Article connexe : Crise de succession écossaise.

La maison de Dunkeld, qui règne sur le royaume d'Écosse depuis 1058, s'éteint à la mort de la petite Marguerite de Norvège, en 1290. La succession au trône est alors disputée entre plusieurs descendants par les femmes de branches cadettes de la dynastie éteinte. Parmi eux, les plus puissants et ceux dont les prétentions sont les plus sérieuses sont Robert Bruce, seigneur d'Annandale, et Jean Balliol. Tous deux sont des descendants de David de Huntingdon : Bruce est le fils de sa fille cadette, tandis que Balliol est le petit-fils de sa fille aînée. Dans son argumentaire, le premier met donc en avant sa proximité avec la lignée royale, tandis que le second fonde son argumentaire sur le principe de primogéniture[2].

Les prétendants à la couronne s'accordent à accepter l'arbitrage du roi d'Angleterre Édouard Ier en juin 1291. Ils s'engagent tous à reconnaître sa suzeraineté et lui confient le gouvernement de l'Écosse le temps que la crise soit résolue[3]. Une commission est mise sur pied pour trancher la question. La prépondérance de Bruce et Balliol se reflète dans sa composition : sur les 104 membres qu'elle comprend, 40 sont nommés par Bruce et 40 autres par Balliol, le reste étant composé d'Anglais[2]. Elle rend sa décision en faveur de Jean Balliol le 17 novembre 1292[4]. Déçu, Robert Bruce abdique ses titres en faveur de son fils Robert pour ne pas être contraint de rendre hommage à son rival[5].

Règne[modifier | modifier le code]

Jean Balliol dans l'armorial de Forman (1562). Son sceptre et sa couronne sont brisés, et son blason vierge reflète son surnom de « tabard vide ».

Jean Balliol est sacré le 30 novembre 1292, le jour de la Saint-André, à Scone. Quelques semaines plus tard, il se rend en Angleterre pour rendre hommage à son suzerain Édouard Ier à Newcastle[5]. Il doit répondre à une convocation devant le Parlement d'Angleterre le 15 octobre 1293.

En juin 1294, Édouard convoque ses vassaux pour partir en guerre contre la France pour le duché d'Aquitaine. Cette convocation s'étend au roi Jean, ainsi qu'à dix comtes et seize barons écossais. Un Parlement réuni à Scone rejette cette demande et conclut une alliance militaire offensive et défensive avec Philippe IV le Bel le 23 octobre 1295[6]. En accord avec cette alliance, l'armée écossaise envahit la Cumbria au mois de mars 1296 et dévaste la région sous le commandement du comte de Buchan John Comyn (en). Il ne parvient pas à s'emparer de Carlisle et doit battre en retraite[7]. Peu après, le même comte de Buchan effectue un raid dans le Northumberland, sans plus de succès.

Pendant ce temps-là, Édouard s'empare de Berwick-upon-Tweed, dont il massacre la population (30 mars), puis il progresse en direction de Dunbar. Les Écossais défendent le château, mais l'armée de soutien envoyée pour le soulager est sévèrement vaincue le 27 avril lors de la bataille de Dunbar par le propre beau-père du roi, le comte de Surrey John de Warenne. Le roi d'Angleterre poursuit sa progression : les châteaux de Roxburgh et Jedburgh capitulent et il traverse le Firth of Forth avec pour objectif Perth.

Jean Balliol, qui s'était enfui devant les armées anglaises, se soumet à Édouard au château de Montrose. Il est conduit à Stracathro, où il est dépouillé de ses insignes royaux et abjure l'alliance française le 7 juillet. Il abdique trois jours plus tard à Brechin[8].

Après l'abdication[modifier | modifier le code]

Jean Balliol et son fils sont emprisonnés d'abord à Hertford puis après août 1297 jusqu'au 18 juillet 1299 à la Tour de Londres. À la suite d'un accord entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII, Édouard Ier est contraint de lui laisser la liberté en juillet 1299. Jean est transféré de Douvres à Wissant et remis par les officiers du roi d'Angleterre à l'évêque de Vicence, représentant du Pape près de Cambrai. Au cours de l'été 1301 Jean Balliol est remis par le Pape à la garde du roi Philippe IV de France qui l'envoie terminer ses dernières années dans son domaine de Bailleul-en Vimeu en Picardie[9],[10],[11].

Hypothèse[modifier | modifier le code]

Une étude récente (Essay-Belle-Balliol) nous dévoile d'une manière convaincante une autre histoire des Balliol. Elle fait débarquer John sur les terres des comtes de Boulogne d'où il disparaît, probablement avec la complicité de certains Grands Lignages Flamands et/ou des Chevaliers Templiers. Le reste de sa vie, il le passe incognito. Peut-être dans une abbaye ou dans un château situé plus que probablement dans le sud ou à l'est de la Belgique. Qu'il ait passé le reste de ses jours sur les terres de ses ancêtres, en Flandres, dont la situation politique internationale est depuis toujours extrêmement instable, est également une option irréaliste.[réf. nécessaire]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Jean Balliol se marie avant février 1279 avec Isabelle de Warenne, la fille du comte de Surrey John de Warenne. Ils ont au moins un fils :

  • Édouard (vers 1283 – vers 1367), prétendant au trône écossais contre David II.

D'autres enfants sont peut-être issus de ce mariage :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Duchein 1998, p. 534.
  2. a et b Duchein 1998, p. 94.
  3. Brown 2004, p. 167.
  4. Brown 2004, p. 168.
  5. a et b Brown 2004, p. 169.
  6. Duchein 1998, p. 96-98.
  7. Duchein 1998, p. 99.
  8. Oram 2006, p. 115.
  9. Barrow 2005, p. 500.
  10. Selon Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) p. 412 il meurt en 1313
  11. Selon le Dictionary of National Biography Il meurt au début de l'année 1315 à Chateau-Gaillard en Normandie aveugle et âgé de 66 ans
  12. (en) « Scotland Kings », sur Medieval Lands (consulté le 12 juillet 2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) G. W. S. Barrow, Robert Bruce and the Community of the Realm of Scotland, Edinburgh University Press,‎ , 4e éd. (ISBN 0-7486-2022-2).
  • (en) Michael Brown, The Wars of Scotland, 1214-1371, Edinburgh University Press, coll. « The New Edinburgh History of Scotland » (no 4),‎ (ISBN 0748612386).
  • Michel Duchein, Histoire de l'Écosse, Fayard,‎ (ISBN 978-2-213-60228-8).
  • (en) Richard Oram (éd.), The Kings and Queens of Scotland, Tempus,‎ (ISBN 0-7524-3814-X).
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « John Balliol » p. 409-412.