Jean Vincent de Crozals

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Jean Vincent de Crozals
Jean Vincent de Crozals 1964-2.jpg
Jean Vincent de Crozals .
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Charles Vincent de Crozals
Nationalité
Activité
Maître
Mouvement
Œuvres principales
La chimie, La physique, Le cheval mécanique, Le haut lieu de la jeunesse, Centaure Ixion, L’aile brisée, Statue de la Madone
signature de Jean Vincent de Crozals
signature

Jean Vincent de Crozals, né en 1922 et décédé en 2009, était un sculpteur et peintre français. Ses sculptures et peintures font l'objet de nombreuses commandes d'État, de l'Église et de collections privées en France et à l'étranger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Vincent de Crozals est né le 8 août 1922 à Toulouse et décédé le 9 août 2009 à Antibes. Après une jeunesse dans le Sud de la France et en Tunisie où il a aussi passé son service militaire dans le cadre de la campagne de Tunisie (1942/1943), l’autodidacte se fixe à Vence fin 1945[1] pour y travailler comme artiste.

C’est ici qu’il fait la connaissance de sa première épouse Annelies Nelck (1925-2014), elle-même active comme peintre artiste aussi sous le pseudonyme d’« Anatole ».

Henri Matisse, Jean Vincent de Crozals et Annelies Nelck dans les jardins de la villa La Jonque à Vence en 1953

En 1949 l’artiste Henri Matisse, demande à Jean Vincent de Crozals de lui servir de modèle pour les peintures du Christ de la Chapelle du rosaire de Vence[2]. Avec son physique mince, musclé, la peau mate et le visage passionné aux traits fins de Crozals est prédestiné à cette tâche. Étant très croyant et ayant une intuition exceptionnelle il peut s’identifier à tout ce qui le touche fortement et Matisse s’en aperçoit vite[3].

Jean Vincent de Crozals et Henri Laurens (à gauche) vers 1950

Henri Matisse et Henri Laurens que celui-ci rencontre par le biais de Matisse ont fortement impressionné l'artiste et considérablement influencé son travail. Après une période de sculptures en terre cuite et en bois, de Crozals crée des sculptures en aluminium ainsi qu'en fer forgé galvanisé qui suscitent un grand intérêt.

Jean Vincent de Crozals, Anatole Nelck et Marc Chagall (de droite à gauche), 1951

L’artiste Marc Chagall engage Jean Vincent de Crozals de 1950 à 1951 à Vence pour la réalisation de divers travaux de céramiques[4].

Jean Vincent de Crozals, Jean Dubuffet (à droite) et épouse Dubuffet à Gaudissart 1964.

De 1958 à 1971 Jean Vincent de Crozals réalise régulièrement des travaux de sculptures et de peintures pour l’artiste Jean Dubuffet à Paris et lie une étroite amitié avec lui accompagnée par de nombreux échanges d'analyses sur l'art des deux artistes[5]. En 1964 Jean Dubuffet invite Jean Vincent de Crozals à devenir membre de la Compagnie de l’art brut qui est présidée par Dubuffet[6].

C'est en 1974 que Jean Vincent de Crozals s'installe dans la commune de Nörvenich en Allemagne avec sa deuxième épouse Hannelore Micknass et leurs deux fils Cyrille et Jean Marie de Crozals[7]. Après avoir travaillé à Vence surtout avec la terre cuite, le bois, la pierre, le fer et l'aluminium commence alors une nouvelle phase pour l'artiste avec l'accent sur le bronze et le papier maché.

Villa Gaudissart, atelier de l'artiste Jean Vincent de Crozals, 1960.

Son lien avec le Sud de la France étant très étroit, Jean Vincent de Crozals voyage régulièrement dans sa résidence à Vence pour y travailler en tant qu'artiste dans son atelier et organiser des expositions de ses œuvres en France. Vers la fin de ses jours de Crozals retourne de façon définitive à Vence.

Comme il l’a demandé, les cendres de Jean Vincent de Crozals ont été dispersées au pied d’un pin maritime dans le jardin du souvenir du crématorium de Nice[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les matériaux que Jean Vincent de Crozals utilise pour ses sculptures sont la terre cuite[9], le bois[10], la pierre, le béton armé[11], le fer[12], le cuivre[13], l’aluminium[14], le bronze[15] et le papier mâché[16]. Pour ses dessins l'artiste utilise la gouache et l’encre de Chine[17].

Dans son œuvre hiératique et silencieuse c’est toujours la nature et le temps qui s’assurent la maîtrise. Elle conserve du minéral ou du végétal ce qui fut autrefois entièrement défini, et ne concerne plus que les rythmes et tensions essentiels que l’érosion et les vents ont épargnés. La recherche est celle de conserver dans un dépouillement médité ces signes et forces de résistance qui permettent au spectateur de retrouver, dans cette œuvre érodée sa lointaine origine[18].

Jean Vincent de Crozals décrit le fondement de son travail de la façon suivante :

« Cette usure silencieuse du temps qui travaille les matériaux, ces fascinantes erosions, ont toujours attiré mon attention – ne laissant d’eux qu’un essentiel qui si profondément les caractérise. Se fait alors ce silence où l’esprit recrée ce qui fut effacé et uni tout ensemble sur ce reste et le temps et la forme. Sols érodés sous le soleil de méditerranné, calcaires usés jadis par les eaux des glaciers, troncs d’arbres dessechés ou brûlés de foudres, ont été pour moi visions familières et révélatrices. Et me venait le besoin de faire des œuvres elles-mêmes comme érodées. Sculptures issues des temps révolus. Espaces et silences traversés de pluies et de vents de sable. Derrière cette usure mes personnages sont thaumaturges, sois hiératiques ou cavaliers. Graves et immobiles. Témoins de hautes époques révolues. Tôles de fer ou plaques de cuivre, ambouties, martelées, cannelées profondément, soudées entre elles, m’ont permis plus que tout autre matériau à recréer ce type de volume et de surface. La lenteur et la force de travail de forge me permettaient bien cette transposition. Je voulais sur la sculpture qu’usure et rythme rappellent ceux de la terre sous l’empire de ses éléments. C’est dans cette aventure de l’imaginaire que je me lançais en entrant dans ces terres fabuleuses… »

— Catalogue de l’exposition internationale réalisée avec le concours du Ministère de la Culture, « Castel des Arts », Vallauris, en 1989, page 34.

Les œuvres de Jean Vincent de Crozals font souvent l'objet de commandes de l'État et de l'Église et se trouvent entre autres au Centre Pompidou à Paris, au Musée Pouchkine à Moscou et dans la cathédrale de Vence ainsi que dans de nombreuses collections privées en France, Allemagne, Suède, Grande-Bretagne et aux États-Unis[19].

Liste des œuvres (non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Statue de la Madone, bois d'eucalyptus, H 1,22 m, L 0,33 m, Jean Vincent de Crozals 1953
  • Statue de la Madone, bois d’eucalyptus (H 1,22 m, L 0,30 m), commande de l’Église, Cathédrale de Vence, 1953[20].
  • Taureau de fer forgé, commande d’État, Centre Pompidou Paris, 1955[21].
  • Illustration du livre « On a crevé le paravent » d’Henri Pevel aux Éditions Pierre Seghers, Paris, 1957[22].
  • Illustration du livre « Le balayeur promu » d’Henri Pevel aux Éditions Pierre Seghers, Paris, 1960[23].
  • Bas-relief en fer forgé galvanisé (H 2,40 m, L 1,80 m), commande d’État, Ministère de l’éducation nationale, pour le Collège technique de Marseille (Centre d’apprentissage Roger Salengro), 1961[24].
Le cheval mécanique, fer forgé galvanisé, H 2,10 m, L 2,75 m, Jean Vincent de Crozals 1962
  • « Le cheval mécanique », statue de fer forgé galvanisé (H 2,10 m, L 2,75 m), commande d’État, Ministère de l’éducation nationale, pour le Collège technique de Nice (collège Les Eucalyptus), 1962[25].
La chimie, fer forgé galvanisé, H 3,50 m, Jean Vincent de Crozals 1963
  • « La chimie », statue de fer forgé galvanisé (H 3,50 m), commande d’État, Ministère des arts et lettres, pour la faculté des sciences de Nice, 1963[26].
La physique, cuivre et bronze, H 3,50 m, Jean Vincent de Crozals 1964
  • « La physique », statue en cuivre et bronze (H 3,50 m), commande d’État, Ministère des arts et lettres, pour la faculté des sciences de Nice, 1964[27].
  • « Le haut lieu de la jeunesse », statue de fer forgé galvanisé (H 2,10 m), commande d’État, C.E.S. de Cagnes-sur-mer (collège Jules Verne), 1973[28].
  • Le sanglier, gouache, Collection de l'art brut, Lausanne (Suisse), Jean Vincent de Crozals 1960
    « Le sanglier », gouache et encre de Chine, 1960, une de 15 œuvres achetées par Jean Dubuffet et données au Musée suisse Collection de l'art brut, Lausanne, en 1976[29].
Fontaine de Nörvenich, bronze et pierre, Jean Vincent de Crozals 1981
  • Fontaine, commande d’État, commune de Nörvenich (Allemagne), 1981[30].
  • Croix du village de Nörvenich, fer forgé galvanisé, H 3,25 m, Jean Vincent de Crozals 1987
    Christ en croix, fer forgé galvanisé (H 3,25 m), commande d’État, commune de Nörvenich (Allemagne), 1987[31].
Le roi et la reine, gouache, Musée Pouchkine, Jean Vincent de Crozals 1994
  • « Le roi et la reine », gouache et encre de Chine, 0,65 x 0,5 m, commande du Musée Pouchkine, Moscou, 1994[19].
  • Visage du Christ, bois d’olivier taillé environ en 1954 (H 0,66 m, L 0,46 m), Jean Vincent de Crozals, prêt permanent Église St. Maternus de Trèves (Allemagne)
    Visage du Christ, bois d’olivier taillé environ en 1954 (H 0,66 m, L 0,46 m), commande de l’Église, Église St. Maternus de Trèves (Allemagne), 2015. 
  • "Icare", fer forgé galvanisée forgé en 1970 (H 1,09 m, L 0,90 m), prêt permanent, base aérienne de Nörvenich – escadre tactique des forces aériennes 31 „Boelcke“, 2016.

Expositions[modifier | modifier le code]

Liste des expositions (non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue de l’exposition „Creatura“ du Museum am Ostwall, Dortmund (Allemagne) de 1963, page 95.
  2. Sœur Jacques-Marie, Henri Matisse - La chapelle de Vence, Nice, Grégoire Gardette Editions, , 184 p. (ISBN 2909767000), p. 82
  3. Annelies Nelck et Henri Matisse, L'olivier du rêve : Matisse à Vence : témoignage, Nice, A. Nelck, , 183 p. (ISBN 978-2-951-29820-0, OCLC 270993467), p. 154. « Henri Matisse – Nice et Vence 1917-1954 », Alex Benvenuto, 2016, [[:de:Spezial:ISBN-Suche/9782864106265| (ISBN 9782864106265)]], p. 65-66.
  4. Crozals 2010, p. 127.
  5. Jean Dubuffet, Biographie au pas de course, Paris, Gallimard, , 125 p. (ISBN 978-2-07-076277-4), p. 76-77.
  6. Crozals 2010, p. 128.
  7. a et b (de) Kunst und Künstler im Dürener Raum, Tolbiac, , 80 p. (ISBN 3-923399-09-X), p. 23-24.
  8. Crématorium de Nice, Vallon du Roguez, RD 6202, F-06670 Colomars.
  9. Crozals 2010, p. 121
  10. Crozals 2010, p. 113-119.
  11. Crozals 2010, p. 123-125.
  12. Crozals 2010, p. 14-90.
  13. Crozals 2010, p. 24-25, 83, 87.
  14. Crozals 2010, p. 4-13.
  15. Crozals 2010, p. 106-112.
  16. Crozals 2010, p. 91-94.
  17. Crozals 2010, p. 95-105.
  18. Description des œuvres de l’artiste pour l’exposition „Des sculptures et des gares“ du Conseil régional Provence, Alpes, Côte d’azur en 1983 ; Crozals 2010, p. 3
  19. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao ap aq ar as at au av aw et ax Crozals 2010, p. 127-129.
  20. Crozals 2010, p. 119, 127-129 ; « Matisse à Vence - L'olivier du rêve », témoignage d’Annelies Nelck (1998, (ISBN 978-2-95-129820-0)), page 144.
  21. « https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-f8a13e8caf18202cb8010b81252d460&param.idSource=FR_O-f91621e2cff69f33ec196249ac89a6b » ; Crozals 2010, p. 127-129.
  22. notice BnF no FRBNF32524040
  23. notice BnF no FRBNF33134533
  24. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/visionneuseUD.action?udId=d_37&formCaller=GENERALISTE&irId=FRAN_IR_015069 » ; Crozals 2010, p. 127-129.
  25. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/visionneuseUD.action?udId=d_38&formCaller=GENERALISTE&irId=FRAN_IR_015069 » ; Article de journal, Nice Matin 27.06.1965 ; Crozals 2010, p. 28, 127-129.
  26. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/visionneuseUD.action?udId=d_38&formCaller=GENERALISTE&irId=FRAN_IR_015069 » ; Crozals 2010, p. 30-31, 127-129.
  27. « https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/visionneuseUD.action?udId=d_38&formCaller=GENERALISTE&irId=FRAN_IR_015069 » ; Crozals 2010, p. 24-25, 127-129 ; Dominique Laredo, « D’une villégiature aristocratique à un campus scientifique : Valrose, siège de l’Université Nice Sophia Antipolis et de la Faculté des Sciences », In Situ. Revue des patrimoines,‎ (ISSN 1630-7305, DOI 10.4000/insitu.9949, lire en ligne)
  28. Article de journal, Nice Matin, 20.01.1974 ; Crozals 2010, p. 40-41, 127-129.
  29. « Bases de données patrimoniales de Suisse romande » (consulté le 20 décembre 2016)
  30. Crozals 2010, p. 108, 127-129. ; Article de journal, Neues Rheinland, no. 1 - janvier 1982, p. 23; Article de journal, Dürener Zeitung 07.11.1981 ; Article de journal, Dürener Nachrichten 07.11.1981.
  31. Crozals 2010, p. 88-89, 127-129 ; Article de journal, Dürener Zeitung 19.06.1987.
  32. Catalogue de l’exposition „Creatura“ du Museum am Ostwall, Dortmund (Allemagne) de 1963, page 15 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  33. Catalogue de l’exposition „La musique et la danse“, Palais de la Méditerranée à Nice, 29.11.1963-28.02.1964, p. 12 et 14 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  34. Crozals 2010, p. 127-129 ; Catalogue du Musée de St. Paul, première exposition des peintres et sculpteurs de l'école de St. Paul, 16.05.-05.06.1964, p. 31.
  35. a b c et d Crozals 2010, p. 127-129
  36. Articles de journal, Nice Matin 04.08.1971 et 12.08.1971 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  37. Article de journal, Nice Matin 08.06.1972; Crozals 2010, p. 127-129.
  38. Crozals 2010, p. 127-129 ; Catalogue du XXIIIe festival, salon international d'arts plastiques, de la ville de Toulon, 26.06.-31.08.1973, p. 22
  39. Article de journal, Nice Matin, 31.08.1973 Crozals 2010, p. 127-129.
  40. Article de journal, Nice Matin, 27.06.1975 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  41. Article de journal, Nice Matin, 06.08.1982 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  42. Crozals 2010, p. 127-129 ; Catalogue exposition "Schwerpunktthema Frankreich", Meckenheim (Allemagne), 20.09.-22.12.1982, p. 30-31
  43. Article de journal, Nice Matin, 26.05.1983 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  44. Affiche de l'exposition "Des sculptures et des gares", 28.05.-05.06.1983
  45. Article de journal, Welt am Sonntag, 34/1985 ; Crozals 2010, p. 127-129.
  46. Crozals 2010, p. 127-129 ; Catalogue 4e rencontre des artistes contemporains à Cannes, 02.-30.09.1986, p. 7
  47. Article de journal, Nice Matin, 23.08.1988 ; Crozals 2010, p. 127-129 ; Catalogue 6e rencontre des artistes contemporains à Cannes, 19.08.-21.09.1988, p. 18 et 29
  48. Podcast Journal, « VENCE - Dixième édition de « l’Art en place/s » » (consulté le 4 octobre 2015) ; « L' ART EN PLACE/S », sur www.lartenplaces.fr (consulté le 4 octobre 2015)
  49. Article de journal, Nice Matin, 09.08.2013 ; « Jean-Vincent de Crozals », sur www.nicematin.com (consulté le 4 octobre 2015)
  50. « http://www.nicematin.com/sortir/agenda/1373824/photos »
  51. « Exposition "Matisse et Vence - l'émotion pure" » (consulté le 25 août 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]