Jean Trogneux (entreprise)

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Jean Trogneux
Image dans Infobox.
Première génération en 1872
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Domaines d'activité
Chocolatier, commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialiséVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
Pays
Organisation
Fondateur
Jean Trogneux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Chiffre d'affaires
4 177 700 euros ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Produit
Site web
Identifiants
SIREN
TVA européenne
OpenCorporates

Jean Trogneux est une chocolaterie-confiserie basée sur la place Notre-Dame, au centre d'Amiens, en France et dirigée par cinq générations de la famille Trogneux. La maison est renommée pour ses macarons, dont deux millions sont produits chaque année. En plus de sept points de vente à Amiens, l'entreprise familiale compte des boutiques dans d'autres villes de Picardie et des Hauts-de-France : Le Touquet, Lille, Arras et Saint-Quentin.

Gamme de produits[modifier | modifier le code]

L'entreprise propose à son catalogue 2 500 produits différents[1] et a produit plus de deux millions de macarons en 2015[2].

La recette à l'origine de la réputation de la maison, le macaron d'Amiens, est restée inchangée depuis sa création par Jean-Baptiste Trogneux en 1898. La même technique de fabrication artisanale et la même liste d'ingrédients composés de produits naturels ne sont utilisés qu'amandes Valencias, sucre, miel, blanc d'œuf, huile d'amande douce et amandes amère. Le macaron d'Amiens a été popularisé par la maison, principal producteur de cette spécialité régionale.

En 2019, la maison compte neuf magasins (chocolaterie-confiserie) en France : à Amiens, Lille, Le Touquet-Paris-Plage, Arras et Saint-Quentin[3],[2].

Une spécialité renommée[modifier | modifier le code]

Outre ses chocolats, l'entreprise est connue pour son macaron d'Amiens, spécialité d'Amiens dont elle en vend plus de deux millions par an (données 2015)[2],[4].

Le macaron d'Amiens de Jean Trogneux a obtenu en 1992, le grand prix de la meilleure spécialité régionale au salon international Intersuc de Paris. La recette, composée uniquement de produits naturels, n'a pas changé depuis 1872 : amandes valencias, sucre, miel, blancs d’œufs, huile d'amande douce et amandes amères (sans conservateur ni colorant)[5].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Depuis 1872, la maison Trogneux est une entreprise familiale d'Amiens transmise de père en fils depuis six générations. Elle est connue localement depuis que Marc Étienne Xavier Trogneux (1852-1911), artisan chocolatier et confiseur, a fondé l'entreprise homonyme en 1872 et a créé le macaron d'Amiens.

Marc Étienne Xavier Trogneux[modifier | modifier le code]

Le fondateur Jean-Baptiste Trogneux, boulanger pâtissier, s'installe en 1872 dans le centre-ville d'Amiens, place Notre-Dame, dans le quartier Gambetta-Delambre-Duméril à la même adresse de la confiserie actuelle[1]. Dans un premier temps, il réalise soufflés et entremets puis propose plus tard les « macarons d'Amiens » qui deviendra le produit phare de la maison[6].

Il est né le à Lamotte-Buleux dans le département de la Somme, d'Aurélie Trogneux, fileuse, et d'un père inconnu[7]. Il épouse Maria Duhamel avec qui il aura deux enfants dont un fils Ernest Trogneux. Veuf, il épouse en secondes noces le , à Péronne, Olympe Pagniez[8]. Il se déclare pâtissier à Amiens lorsque naît l'unique fils de cette seconde union : Arthur Étienne Jean Baptiste Trogneux, né le à Amiens[9],[10].

Jean Trogneux (1)[modifier | modifier le code]

À partir de 1909, il devient pâtissier dans la maison Trogneux. Le , il épouse à Vervins dans le département de l'Aisne, Marguerite Charlier. De ce mariage est issu un fils unique, Jean Trogneux (1909-1994)[11], né Jean Georges Trogneux le à Amiens[12].

Jean Trogneux (2)[modifier | modifier le code]

Le à Amiens, Jean Trogneux épouse Simone Marie Madeleine Pujol[12]. De ce mariage naissent six enfants dont deux fils, Jean-Claude Trogneux et Jean-Michel Trogneux, et quatre filles dont Brigitte Trogneux[13], née 1953 est la benjamine.

Il meurt à Amiens le [12].

Jean-Claude Trogneux[modifier | modifier le code]

Fils ainé de Jean Trogneux, il reprend l'entreprise familiale et contribue à l'essor et au développement de la marque jusqu'à la fin du XXe siècle. Il épouse à Amiens le Danièle Courbot. Le couple divorce. Il épouse en secondes noces à Amiens le Brigitte Poillion, divorcée en 1980 d'Alain Deledicque, médecin en rééducation fonctionnelle et sportive[14]. De son premier mariage sont nés trois enfants dont un fils unique Jean-Alexandre Trogneux.

Depuis le milieu du XXe siècle, la famille Trogneux est « solidement enracinée » au Touquet-Paris-Plage[15] où Jean-Claude Trogneux acquiert une villa en 1970, mais réside jusqu'à la fin de sa vie à Amiens[16]. Au niveau de la politique locale, il soutient Gilles de Robien lors de sa première candidature à la mairie en 1989. De tempérament sportif, il est également Président du tennis-club d’Amiens et organise pendant plusieurs années des promenades à vélo entre Le Touquet et Amiens. Il meurt le à l'âge de 85 ans[17]. Brigitte Macron assiste aux obsèques accompagné de son époux Emmanuel Macron le [18],[19].

Jean-Alexandre Trogneux[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, après avoir terminé cinq années d’études supérieures dans la finance, il envisage de partir à New York pour devenir trader à Wall Street dans un contexte politique où François Mitterrand arrive au pouvoir. Son grand-père, indisponible par une maladie, lui demande de reprendre l'affaire familiale. Il déclare avoir accepté en déclarant « Lui opposer une fin de non-recevoir est impossible. Il était mon meilleur ami. Il avait une ouverture d’esprit incroyable, une grande classe et une écoute rare. Puis, dans la famille, la tradition était que seul un garçon pouvait reprendre l’entreprise. J’étais le seul fils. Je n’y ai pas échappé »[2].

Durant près de 30 ans, il contribue au développement de l'entreprise. Il se focalise notamment sur la stratégie commerciale, la finance, la gestion et le management de l’entreprise. Après le lancement du site internet en 2000, l'entreprise exporte ses produits dans le monde entier[2].

À partir de 2017, l'entreprise connaît une renommée nationale liée à la médiatisation de la vie publique de Brigitte Macron et d'Emmanuel Macron, qui deviendra par la suite président de la République française. Cela conduit à un inévitable jeu de mots dans la presse : « On avait déjà le macaron d'Amiens. Maintenant, on a aussi le Macron d'Amiens[20] ! ».

Début décembre 2018 lors de manifestations des Gilets jaunes, les magasins et le personnel font l'objet de menaces liée à une rumeur qui insinue qu'Emmanuel Macron est propriétaire de l'entreprise familiale. Jean-Alexandre déclare vouloir « rétablir la vérité » dans la presse et annonce une plainte liée à des menaces de vandalisme[21].

Jean-Baptiste Trogneux[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Alexandre Trogneux, Jean-Baptiste Trogneux est diplômé d'une école d'ingénieur l'Hetec et effectue plusieurs stages d'études en Asie dans l'industrie du luxe[22],[20]. Il devient le dirigeant en janvier 2019, représentant ainsi la sixième génération à la tête de l'entreprise familiale. En mai 2020, il déclare que l'entreprise subit financièrement la crise liée au Covid-19 en perdant 80 % du chiffre d'affaires par rapport à 2019[23].

Le 20 avril 2021, il annonce la naissance de son fils Jean, représentant ainsi la septième génération de la célèbre maison Trogneux[24].

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • Marc Étienne Xavier Trogneux (1852-1911), boulanger-pâtissier. Il épouse Olympe Elvire Pagniez (1858-1948).
    • Arthur Étienne Jean Baptiste Trogneux (1881-1951), pâtissier à Amiens. Il épouse le à Vervins Marguerite Charlier (1884-1973).
      • Jean Georges Trogneux (1909-1994)[25], il épouse Simone Marie Madeleine Pujol (1913-1998)[26].
        • Annie Trogneux (1932). Elle épouse Gérard Boulogne.
        • Jean-Claude Trogneux (1933-2018[27]. Il épouse Danièle Courbot puis Brigitte Poillion.
          • Jean-Alexandre Trogneux (1961)
            • Jean-Baptiste Trogneux (1993)
          • Nathalie Trogneux
          • Martine Trogneux (1964), stomatologue, épouse Hacene Abbar, stomatologue[28].
        • Maryvonne Trogneux (1937-1960)[29]. Elle épouse Paul Farcy (1931-1960). Le couple meurt dans un accident de voiture le [30] à Orvillers-Sorel[31].
          • Nathalie Farcy (1955)
        • Monique Trogneux (1941). Elle épouse Jean-Claude Gueudet, entrepreneur automobile[32].
          • Anne-Catherine Gueudet (1964)
          • Cyril Gueudet (1966)
          • Arnaud Gueudet (1972)
        • Jean-Michel Trogneux (1945)[33]
        • Brigitte Trogneux (1953)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Arras : la chocolaterie Trogneux va déménager sur la place des Héros », sur le site du quotidien La Voix du Nord, (consulté le ).
  2. a b c d et e Florence Guilhem, « Jean-Alexandre Trogneux perpétue la tradition familiale », sur Le site de l'Action agricole picarde, (consulté le ).
  3. « Chocolatier – JEAN TROGNEUX – Amiens (80000) » (consulté le ).
  4. Magazine Réponses Cuisine, été 2008, p. 66, [lire en ligne].
  5. Le macaron d'Amiens sur le site de l'entreprise.
  6. « La Maison », sur www.trogneux.fr (consulté le )
  7. Acte de naissance du à Lamotte-Buleux de Marc Étienne Xavier Trogneux, p. 43-44/49, Archives départementales de la Somme, [lire en ligne].
  8. Acte de mariage du à Péronne entre Marc Étienne Xavier Trogneux et Olympe Elvire Pagniez, p. 89/383, Archives départementales de la Somme, [lire en ligne].
  9. Registre des naissances de l'année 1881 - Acte de naissance d'Arthur Étienne Jean Baptiste Trogneux, [lire en ligne] p. 471.
  10. Laure Sizaire et Gwenola Ricordeau, « « C’était une femme à qui il fallait un époux et lui un homme qui voulait une épouse… ». Les représentations filmographiques des mariages par correspondance », Genre, sexualité et société, no 14,‎ (ISSN 2104-3736, DOI 10.4000/gss.3647, lire en ligne, consulté le )
  11. « Généalogie de Jean TROGNEUX », sur Geneanet (consulté le )
  12. a b et c Registre des naissances de l'année 1909 - Acte de naissance de Jean Georges Trogneux, [lire en ligne] p. 158.
  13. « Généalogie de Jean TROGNEUX », sur Geneanet (consulté le )
  14. CV du Dr Alain Deledicque.
  15. Pierre Leduc, « Découvrez la chocolaterie Trogneux, propriété de sa famille, à Amiens », sur le site de l'hebdomadaire Les Échos du Touquet, (consulté le ).
  16. « Jean-Claude Trogneux, le frère aîné de Brigitte Macron, vient de s’éteindre », sur La Voix du Nord, (consulté le )
  17. « Amiens : Jean-Claude Trogneux, le frère de Brigitte Macron, est décédé », sur France Bleu, (consulté le )
  18. « Amiens : Emmanuel Macron assiste aux obsèques de Jean-Claude Trogneux », sur France Bleu, (consulté le )
  19. « Jean-Claude Trogneux, frère de Brigitte Macron, est décédé », sur Courrier picard (consulté le )
  20. a et b « Qui est Brigitte Trogneux, l'épouse d'Emmanuel Macron ? – L'Express Styles », Lexpress.fr (consulté le )
  21. Par Isabelle Boidanghein et correspondante à Amiens Le 4 décembre 2018 à 16h55, « Gilets jaunes : à Amiens, l’appel au secours du neveu de Brigitte Macron », sur leparisien.fr, (consulté le )
  22. Bakhti Zouad, « Jean-Baptiste, sixième du nom chez Trogneux à Amiens », sur Courrier picard (consulté le )
  23. « "La relance éco" : à Amiens, le déconfinement a un goût de chocolat », sur France Bleu, (consulté le )
  24. Bakhti Zouad, « Un nouveau-né à croquer à la chocolaterie Trogneux à Amiens », sur Courrier picard, (consulté le )
  25. Fiche de Jean Georges Trogneux dans le fichier Insee des décès depuis 1970 en France.
  26. Fiche de Simone Marie Madeleine Pujol dans le fichier Insee des décès depuis 1970 en France.
  27. Fiche de Jean-Claude Trogneux dans le fichier Insee des décès depuis 1970 en France.
  28. Stomatologues à Longjumeau.
  29. [1]
  30. Plaque commémorative à Albert (Somme), indiquant l'âge des époux défunts.
  31. Kalina Raoelina, « Brigitte Macron : le drame familial ayant hanté son enfance en 1960 », 26 avril 2019
  32. Bottin Mondain,
  33. Sylvie Bommel, Il venait d'avoir dix-sept ans, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-6274-1, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]