Jean Thiébault Silbermann

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Jean Thiébault Silbermann
Description de l'image Jean Thiébault Silbermann.jpeg.
Naissance
Burnhaupt-le-Haut (France)
Décès (à 58 ans)
Paris (France)
Domaines Physique
Institutions Conservatoire national des arts et métiers
Distinctions Légion d'honneur

Jean Thiébault Silbermann est un physicien alsacien, né le à Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin) et mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation en Alsace[modifier | modifier le code]

Fils d'un capitaine d'artillerie, celui-ci s'attache à développer chez le jeune Jean-Thiébaut le goût pour les sciences d'observation[1]. Il entre à l'école communale de Burnhaupt-le-Bas à 7 ans puis ses parents déménagent l'année suivante à Neuf-Brisach, son père étant détaché à la direction de l'artillerie ; il étudie alors à l'école de Beaumont, puis à l'école de Messin et enfin à l'école communale de Stoerckel. Il entre au collège communal de Neuf-Brisach sous Ravez à 11 ans et y reste 5 ans. Il étudie ensuite le dessin à l'école de la chanoinesse baronne Loire de Wimpfen. Il rejoint en 1823 le service du génie et arrive à Strasbourg en mars 1824 où il est dessinateur à la caserne des pontonniers de la ville. Il continue à suivre des cours de dessin auprès de J. Guérin à l'hôtel de ville, tout en suivant les cours de la faculté des sciences de Strasbourg notamment les cours de physique du professeur Herrenschneider, parent de sa famille.

Premier séjour à Paris[modifier | modifier le code]

Il part ensuite à Paris, en novembre 1825, où il est accueilli par un ami de son père, le constructeur d'instruments de précision alsacien François Antoine Jecker. Lui trouvant de grandes aptitudes, il l'engage comme apprenti dans ses ateliers. Silbermann suit en parallèle durant l'année 1825-1826 les cours de dessin de Leblanc et les cours de géométrie de Charles Dupin au Conservatoire royal des arts et métiers, ainsi que les cours de physique et de chimie de la faculté des sciences de Paris, en particulier les leçons de Claude Pouillet, qui partage alors le cours de physique avec le professeur titulaire Gay-Lussac. Pouillet, qui est également professeur titulaire au collège royal Bourbon, le remarque et lui offre à la rentrée 1826 la place de préparateur des cours de physique et de chimie au collège tout en se l'attachant pour ses recherches personnelles concernant à l'époque l'électricité et la chaleur. Claude Pouillet emploie également Silbermann, avec Claude-François Barruel préparateur du cours de chimie de la faculté, lors des leçons qu'ils donnent aux enfants du roi Louis-Philippe en 1827-1828, et le charge de la confection des planches du traité de physique dont il prépare alors la rédaction. Silbermann enseigne également le dessin durant l'année 1828-1829.

Retour en Alsace[modifier | modifier le code]

Cependant, la faible rémunération de ces fonctions l'amène à les quitter en novembre 1829, date à laquelle il retourne en Alsace pour y reprendre des études de dessin des cartes géographiques dans la maison Herder de Fribourg-en-Brisgau. L'année suivante, il se marie (octobre 1830) et il obtient une place de piqueur aux services des ponts et chaussées (avril 1831). Il y travaille en particulier aux travaux d'endiguement du Rhin, ainsi qu'à la cartographie du cours de ce fleuve entre Bâle et Strasbourg, ouvrage qu'il exécute avec son frère Ignace Joseph de trois ans et demi son cadet. Il occupe ce poste jusqu'en septembre 1834, date à laquelle il entre comme contremaître de mécanique dans la maison centrale d'Ensisheim avec l'entrepreneur Titot.

Retour à Paris[modifier | modifier le code]

Un an plus tard, en juillet 1835, il revient à Paris où Claude Pouillet, devenu professeur au Conservatoire royal des arts et métiers, l'engage comme préparateur de son cours. Il obtient également en 1839 le poste de préparateur des cours de physique de Pouillet et Despretz à la faculté des sciences de Paris. En 1848, il quitte ses postes de préparateur au Conservatoire et à la Faculté pour devenir conservateur des collections du Conservatoire national des arts et métiers en remplacement de Charles Schlumberger. Il fut remplacé à la faculté des sciences par Jean-Gustave Bourbouze

Son frère Ignace Joseph (né en 1819) devient quant à lui en 1838 préparateur du cours de physique générale et expérimentale du Collège de France (succédant à M. Simon), auprès de Félix Savart (suppléé par Jacques Babinet) puis Victor Regnault, qui lui fit développer de manière très importante le cabinet de physique du Collège au point d'en faire un des plus riches du monde.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Il a, avec Pierre Antoine Favre, réalisé les premières mesures de thermochimie, à propos des chaleurs de combustion de corps organiques (1850 à 1855). Tous deux ont mesuré aussi le dégagement de chaleur produit par le courant électrique, confirmant ainsi le principe d'équivalence. On doit également à Silbermann un focomètre, pour la mesure des distances focales des lentilles, un héliostat (1843 avec Jean-Baptiste Soleil), un réfractomètre (nommé "appareil de Silbermann"), ainsi qu'un pyromètre.

Comités, sociétés savantes et décorations[modifier | modifier le code]

Il fut l'un des membres fondateurs de la Société française de photographie en 1854, membre du comité des arts économiques, membre du congrès international de statistique en 1855, membre de l'ordre militaire du Christ du Portugal également en 1855. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 1er janvier 1856, sur demande du ministère des Travaux publics, alors qu'il est «conservateur des collections aux Arts et métiers»[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice biographique sur Jean-Thiébaut Silbermann par M. J. Nicklès, in Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Colmar, 1867, p. 41
  2. Chevalier de la Légion d'honneur, janvier 1856

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]