Jean Tatlock

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Jean Tatlock
Portrait de Jean Tatlock
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Ann ArborVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 29 ans)
San FranciscoVoir et modifier les données sur Wikidata
Père John TatlockVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation École de médecine de l'université Stanford (en), université Stanford, université de Californie à Berkeley et Vassar CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Médecin et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata

Jean Frances Tatlock ( à Ann Arbor au Michigan, États-Unis - à San Francisco, Californie) est une femme médecin et une psychiatre américaine. Militante gauchiste, elle est surtout connue pour sa relation amoureuse avec le physicien Robert Oppenheimer, directeur du Projet Manhattan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Frances Tatlock, née le à Ann Arbor au Michigan[1], est la fille de John Tatlock et de Marjorie Fenton Tatlock[2]. Son père, qui détient un Ph.D. de l'université Harvard, est un professeur de littérature anglaise reconnu pour ses travaux sur le poète anglais Geoffrey Chaucer[3],[4]. Après son doctorat, John enseigne à l'université Stanford puis à l'université Harvard et complète sa carrière à l'université de Californie à Berkeley (UCB)[5],[6]. Jean a un frère aîné qui se nomme Hugh[2].

En 1936, Jean suit une formation de niveau post-bac en psychologie à l'université Stanford, alors que Robert Oppenheimer est professeur de physique à UCB. Les deux se rencontrent au printemps 1936[7] grâce à Mary Ellen Washburn qui organise des levées de fonds en faveur des républicains espagnols. Les deux ont une relation amoureuse intense et envisagent même à deux reprises de se marier[8]. Tatlock introduit Oppenheimer aux mouvements gauchistes américains dans les années 1930[9] et aux militants fraternisant avec ces mouvements[8].

En 1941, Jean complète sa formation en médecine au Stanford University School of Medicine (en) à San Francisco[10]. Elle obtient un poste de médecin au département de psychiatrie du Mount Zion Hospital (qui s'appelle maintenant University of California, San Francisco Medical Center (en))[11].

Des historiens ont avancé qu'Oppenheimer a eu des relations extra-conjugales avec Jean Tatlock pendant qu'il est directeur du Projet Manhattan, d'autres avancent plutôt qu'il l'a seulement vue une fois vers la mi-[12]. Lors de cette rencontre, elle lui a dit qu'elle est toujours amoureuse de lui et veut vivre avec lui[13],[14]. Après avoir passé la nuit ensemble (surveillés par des agents de l'armée américaine qui attendent dehors)[12], il ne l'aurait plus jamais revue. Elle s'est suicidée environ six mois plus tard[15],[16].

Tatlock souffre d'une dépression sévère et est traitée au Mount Zion Hospital[12]. Elle est découverte en [17],[18],[19],[20],[21] dans son appartement de San Francisco, Californie[3], laissant derrière elle une note sans signature. À cette époque, à cause de ses activités gauchistes, elle est surveillée par le FBI. Des rumeurs ont circulé sur sa mort, certaines avançant qu'il s'agissait d'un meurtre déguisé en suicide[22], mais selon les historiens américains Bird et Sherwin, il n'y aurait pas suffisamment de preuves pour incriminer qui que ce soit[23].

Tatlock a aussi introduit Oppenheimer à la poésie de John Donne. L'historien Gregg Herken croit qu'il a donné le nom « Trinity » au premier essai nucléaire de l'histoire à la mémoire de Tatlock en faisant une référence indirecte à l'un des poèmes de Donne[8],[24].

Les liens d'Oppenheimer avec les amis de Jean seront présentés comme preuves contre lui lors de son audition de sécurité en 1954[25],[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jean Tatlock » (voir la liste des auteurs).
  1. Bird et Sherwin 2006, p. 112.
  2. a et b (en) « '96 Harvard College — Class 1896 », dans Harvard College: Class of 1896 Thirty-fifth Anniversary Report, Norwood, Mass., Plimpton Press, (lire en ligne), chap. VIII
    Chercher pour « JOHN STRONG PERRY TATLOCK », nom de son père. La date de naissance de Jean apparaît dans le paragraphe.
  3. a et b (en) Sam Kashner et Jennifer MacNair, The Bad & the Beautiful : Hollywood in the Fifties, , p. 65
  4. (en) « Tatlock, John S. P. (John Strong Perry) 1876-1948 », sur WorldCat
  5. (en) « Between the wars: 1914–45 », Sandstone & Tile, Stanford Historical Society, vol. 26, no 1,‎ winter/spring 2002
  6. (en) W. M. Hart, I. M. Linforth et B. H. Lehman, « John Strong Perry Tatlock, English: Berkeley », 1948, University of California: In Memoriam, The Regents of The University of California,‎ (lire en ligne)
  7. Bird et Sherwin 2006, p. 111.
  8. a b et c Herken 2003, p. 29.
  9. Bird et Sherwin 2006, p. 114-117.
  10. (en) Stanford University Yearbook — 1941, School of Medicine. Stanford University, p. 176
  11. (en) « Pulitzer Prize-Winning Authors to Discuss Oppenheimer », University of California,
  12. a b et c Herken 2003, p. 101-102.
  13. (en) Alice Kimball Smith et Charles Weiner, Robert Oppenheimer : Letters and Recollections, Stanford University Press, , 376 p. (ISBN 978-0-8047-2620-7), p. 262
  14. (en) William Henry Chafe, The Achievement of American Liberalism : The New Deal and Its Legacies, Columbia University Press, (ISBN 0-231-11213-0), p. 141
  15. Rival 1995, p. 155.
  16. (en) Jennet Conant, 109 East Palace : Robert Oppenheimer and the Secret City of Los Alamos, New York, Simon & Schuster, , 425 p. (ISBN 978-0-7432-5007-8)
  17. Herken 2003, p. 119.
  18. (en) Robert P. Crease, Peace & War : Reminiscences of a Life on the Frontiers of Science, , p. 86
  19. (en) Abraham Pais et Robert P. Crease, J. Robert Oppenheimer : A Life, , p. 36
  20. (en) Neil A. Porter, Physicists in Conflict : From Antiquity to the New Millennium, , p. 133
  21. (en) Charles Thorpe, Oppenheimer : The Tragic Intellect, , p. 55
  22. (en) Cornell Simpson, The Death of James Forrestal, Western Islands, (lire en ligne), p. 139-140
  23. Bird et Sherwin 2006, p. 249-54.
  24. Herken 2003, p. 129.
  25. (en) Ward V. Evans, « Findings and Recommendations of the Personnel Security Board in the Matter of Dr. J. Robert Oppenheimer », The Avalon Project, Yale Law School,
    Lettre adressée à l’United States Atomic Energy Commission le 27 mai 1954.
  26. (en) « Decision and Opinions of the United States Atomic Energy Commission in the Matter of Dr. J. Robert Oppenheimer », Project Avalon, Yale Law School,
    Décision publiée par l’United States Atomic Energy Commission le 29 juin 1954.

Bibliographie[modifier | modifier le code]