Jean Staune

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Jean Staune
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Biographie
Naissance
Nationalité

Jean Staune, né en 1963[1], est le fondateur de l'Université interdisciplinaire de Paris. Il est un essayiste, chercheur[2] indépendant ouvertement chrétien. Métaphysiquement évolutionniste (il existe une puissance et une transcendance qui guide ou prédétermine l'évolution des espèces), il soutient que l'évolution n'est pas uniquement Darwinienne (pas de puissance transcendante, mais hasard ou déterminisme). Il est ouvertement en philosophie comme en science anti-matérialiste. On assimile souvent ses conceptions philosophiques et les conclusions de ses recherches au dessein intelligent (et, à travers celui-ci, à une forme de créationnisme). Bien qu'il réfute ces accusations, il est critiqué en tant que créationniste ou néo-créationniste[3].

Activités[modifier | modifier le code]

Il a été chargé de cours à l'École polytechnique fédérale de Lausanne. Il est également enseignant et consultant en management, chargé de cours dans le MBA du groupe HEC depuis 1995, et vacataire dans la branche "executive education" du groupe[réf. nécessaire]. Il est le secrétaire général et principal animateur de l’Université interdisciplinaire de Paris (une association loi de 1901 qu'il a créée en 1995), et l'auteur d'ouvrages de synthèse, individuels et collectifs, en philosophie des sciences, dont Notre existence a-t-elle un sens[4] ? il a également été dans ce domaine professeur invité à l'université pontificale grégorienne[5] et à l'Université du Shandong en Chine. Jean Staune est par ailleurs membre fondateur du Club de Budapest-France, branche française du Club de Budapest qui fut créé par Ervin Laszlo[réf. nécessaire]. Il a été directeur de la collection Le temps des sciences aux Éditions Fayard[6].

Notre existence a-t-elle un sens ?[modifier | modifier le code]

L’ensemble de ses thèses est présenté dans un ouvrage intitulé « Notre existence a-t-elle un sens[7] ? » Cet ouvrage a été officiellement présenté par Bernard d'Espagnat à l’Académie des Sciences Morales et Politiques.

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan estime dans sa préface que « Jean Staune nous a rendu un immense service en réalisant cette superbe synthèse des implications métaphysiques de la science contemporaine ». Tandis que le postfacier, le neurologue Dominique Laplane, dit « Il faut savoir gré à Jean Staune du travail colossal que représente l’analyse et la collation des données scientifiques diverses et fondamentales sans laquelle il est vain d’essayer de fonder une réflexion moderne sur l’homme ». Parmi les autres réactions, le philosophe Luc Ferry a dit dans son émission sur LCI du 13 juillet 2007 : « C’est à la fois un formidable livre d’introduction aux sciences contemporaines mais aussi une réflexion sur les rapports de Dieu et la science, un très beau livre ». Tandis que le Cardinal Poupard à l’époque Président du Conseil Pontifical de la Culture a écrit : « Cette riche et vaste argumentation illustre et prolonge avec justesse l’enseignement de Jean Paul II »[réf. souhaitée]

Une critique de cet ouvrage est parue dans la revue Connaître numéro 30 de janvier 2009, sous la plume de Philippe Deterre, coordinateur du réseau Blaise Pascal, prêtre, directeur de recherche au CNRS en génétique. Il écrit : « Il me semble ainsi dommage que pour contrer le darwinisme et le matérialisme en général, l’auteur en arrive à le caricaturer ainsi » et aussi : « Les résultats des sciences peuvent certes invalider certaines des significations que nous donnons à la vie, au monde, à l’Univers, mais les sciences n’imposent aucune interprétation, ni celle d’une création, ni celle d’un non-sens, à la question de savoir si notre existence a un sens, ce n’est pas la science qui répondra, ni dans un sens ni dans l’autre ». Jean Staune a répondu dans le même numéro de cette revue.

Le philosophe Michel Siggen a également critiqué l’ouvrage dans « Le platonisme scientifique de Jean Staune » revue Nova et Vetera, juillet-août-septembre 2008. Il écrit « la position platonicienne de Bernard d’Espagnat et Jean Staune résulte selon nous d’une grave erreur de méthode. Nous avons déjà vu que Staune ne respectait pas beaucoup la diversité des méthodes en science. Cette erreur de méthode est la même que celle que Platon a faite. Elle consiste en ceci : chez ses auteurs, il y a confusion entre la nature profonde de la réalité et la nature des instruments méthodologiques utilisés pour connaître cette réalité. Staune confond donc l’ordre du réel l’ordre de l’être avec l’ordre de la connaissance. » Il écrit par ailleurs sur un autre point « Par conséquent selon notre étude, il n’est pas possible de considérer la thèse de Jean Staune comme relevant explicitement du néo créationnisme, une telle affirmation serait malhonnête intellectuellement. »

Jean Staune a également dirigé 2 ouvrages collectifs, Science et quête de sens (Presses de la Renaissance, 2002) et La science, l’homme et le monde (Presses de la Renaissance, 2008), auxquels ont contribué 35 personnalités dont 11 Prix Nobel.

Enseignement et conseil en management[modifier | modifier le code]

À la suite de Margaret Wheatley aux États Unis et de Ervin László en Hongrie, Jean Staune a tenté de développer des liens entre science et management, à la fois : chez PSA, Thalès, L’Oréal, Auchan, EDF, GDF ; par l’organisation de colloques réunissant scientifiques et managers ; par ses interventions en tant qu’expert de l’association progrès du management.

Sa théorie est que les principes du management classique (organisation scientifique du travail) sont calqués sur ceux, réductionnistes mécanistes et déterministe, de la physique classique. Selon lui, la science ayant montré la limite de la validité de ces concepts, les organisations doivent donc appliquer des conceptions nouvelles acceptant l’incertitude, favorisant les réseaux, la créativité, l’initiative individuelle. Abordant le management uniquement par la médiation de la philosophie des sciences, Jean Staune tente de développer une discipline : la philosophie des sciences appliquée au management[8].

Depuis 1995, Jean Staune est enseignant dans le MBA du groupe HEC avec le titre de « adjunct lecturer. » (ce qui peut se traduire par « chargé de cours » ou « maître de conférences associé »). Son cours intitulé « Clef pour comprendre le changement sociétal » est une option, de la partie « formation individuelle » du MBA. Il a lieu au maximum 2 fois par an, sur une durée de 18 heures, si un nombre suffisant d’étudiants s’inscrivent à cette option. Par ailleurs, Jean Staune est vacataire dans la branche formation permanente du groupe, où il a enseigné dans de nombreux modules et enseigne actuellement dans le module « entraînement aux responsabilités managériales. »

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Tout en rejetant fermement l’altermondialisme comme étant illusoire, Jean Staune critique l’ultra-libéralisme[9] (Ni Davos, Ni Porto Alègre). Il propose comme alternative des pratiques venant de l’intérieur du capitalisme mais permettant de transformer celui-ci, comme le commerce équitable, le développement durable, le micro-crédit, l’investissement éthique, la notion d'éthique des entreprises…. En 2010 il accepte une discussion filmée pour le site Enquête & Débat[10].

Rapprochement entre science et religion[modifier | modifier le code]

Pour Jean Staune, les découvertes scientifiques ont par elles-mêmes des implications philosophiques et métaphysiques, indépendamment de tout présupposé théologique ou religieux. En s’appuyant sur les écrits de Bernard d'Espagnat (qui postule un « réalisme non physique » comme conséquence d’expériences de physique telles que la non localité), de Trinh Xuan Thuan (portant sur le « réglage fin de l’univers » qui pose – sans y répondre – la question d’un principe créateur), de Roger Penrose (qui affirme que l’esprit humain a un accès direct à un monde platonicien des vérités mathématiques) et de Benjamin Libet (sur la non identité entre les états neuronaux et mentaux), Jean Staune affirme que les progrès scientifiques donnent une crédibilité nouvelle aux conceptions non matérialistes du monde et de l’homme et convergent avec certaines intuitions de toutes les grandes traditions, monothéistes ou non[11]. Cette conclusion est vivement contestée par des scientifiques et des philosophes qui affirment que la science ne saurait se concevoir hors d’une épistémologie matérialiste (voir Intrusions spiritualistes en sciences et Les matérialistes et leurs détracteurs sous la direction de Jean Dubessy et Guillaume Lecointre).

Après avoir contribué au regroupement des scientifiques français s’intéressant au domaine « Science et religion », Jean Staune a développé son action sur ce thème au niveau international en collaborant avec des centres de l’université d'Oxford[12], de Berkeley[réf. souhaitée] et en devenant un des premiers français membre du Conseil scientifique de la Fondation John Templeton, dans lequel il a déjà été nommé à trois reprises, la dernière fois en janvier 2009 (ces mandats dans ce conseil ont une durée maximum de trois ans, séparée par une période d’absence obligatoire)

Il est membre du Réseau Blaise Pascal qui regroupe les scientifiques francophones intéressés par ce thème.

Engagement dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Baptisé orthodoxe, Jean Staune s’est converti au catholicisme[13]. Il a contribué à la création et au développement du projet « Science Technologie et Quête Ontologique » avec le Conseil Pontifical de la Culture et plusieurs universités pontificales. Il a aussi contribué au développement de la partie scientifique du « Projet Nouveau Regard » créé par Dom Gérard Lafond, 4e abbé de l’Abbaye Bénédictine de Wisques. Il est aussi intervenu sur le thème « Science et foi » pour les communautés bénédictines des monastères de Ganagobie, Kergonan et Sainte marie des 2 montagnes et Saint Benoît du Lac (Canada) et pour des adolescents hors des cours de catéchisme.

Dialogue inter-religieux[modifier | modifier le code]

Éviter le « choc des civilisations » est pour Jean Staune un objectif essentiel d’où son implication dans des programmes concernant l’islam et l’orthodoxie, sa collaboration avec l’église orthodoxe roumaine ou des sites musulmans. Son action actuelle s’étend au dialogue avec l’hindouisme et le taoïsme à travers divers voyages en Inde et en Chine.

Il a entre autres été récemment le concepteur et le coorganisateur du colloque Science, cultures et avenir de l’humanité. La connaissance, la spiritualité et l’action peuvent-elles changer le monde ? Organisé par Centre d’Études Al-Jazeera qui a donné lieu à une importante diffusion sur des chaines du groupe Al Jazeera entre le Prix Nobel de chimie juif américain Roald Hoffmann et des musulmans particulièrement engagés dans la critique du fondamentalisme comme Éric Geoffroy et Nidhal Guessoum. L’ouvrage de Nidhal Guessoum « Réconcilier l'islam et la science moderne : L'esprit d'Averroès » est d’ailleurs le premier publié dans la nouvelle collection que Jean Staune dirige aux Presses de la Renaissance « Science et quête de sens ». Cet ouvrage constitue une critique particulièrement forte venant de l’intérieur de la communauté musulmane des positions de Harun Yahya et du créationnisme dans l’islam.

Critique du darwinisme[modifier | modifier le code]

Se revendiquant l'héritier d’une tradition française de mise en doute de la possibilité d’expliquer l’évolution de la vie uniquement par des mécanismes darwiniens (initiée entre autres par le zoologiste Pierre-Paul Grassé), Jean Staune dans des écrits et des conférences argumente en faveur de théories alternatives au darwinisme[14], inspirées d'une vision téléologique ou finaliste parfois proche des idées de Teilhard de Chardin, du zoologiste Remy Chauvin ou du mathématicien et généticien Marcel-Paul Schützenberger dont il a été proche.

Les théories de l’évolution qu’il vulgarise ont en commun de rejeter le caractère exclusif du modèle néodarwinien pour expliquer la transformation de l'organisation interne des espèces, car elle ne correspondrait pas à l’adaptation d'une espèce à un changement de l'environnement par voie de la sélection naturelle, d'une part, ni à un cumul d'erreurs de copies génétiques d'autre part. Le néo-darwinisme n'expliquerait pas la macro-évolution ou l'émergence des plans d'organisation (pattern en anglais). Jean Staune diffuse entre autres les travaux de la paléontologue Anne Dambricourt-Malassé chercheur au CNRS dont les travaux sur les origines de la lignée humaine a été développée dans un documentaire scientifique de Discovery Channel "Homo sapiens - the Inside Story (version française : une nouvelle histoire de l'homme") et ceux des biologistes Rosine Chandebois (Pour en finir avec le Darwinisme), et Michael Denton (L’Évolution a-t-elle un Sens?). Cet évolutionniste critique du militantisme darwiniste lui a attiré de nombreuses critiques jusqu'à faire pression sur la chaîne Arte pour censurer la diffusion d' "Homo sapiens -the Inside Story" sur Arte (1,8 million de téléspectateurs), accusant Jean Staune d'en être le commanditaire. Jean Staune a démenti toute relation avec le film, qui permettrait au grand public de découvrir les avancées scientifiques dépassant le néo-darwinisme, à l'instar des travaux du généticien suisse Denis Duboule, membre de l'Académie des Sciences de l'Institut de France. Jean Staune décrirait les méthodes pour censurer la diffusion de ces connaissances relatives aux mécanismes non-darwiniens (évolutions contrôlés par des mécanismes internes en réseau et non par la sélection naturelle) dans son livre "La science en otage" paru en 2010 aux Presses de La Renaissance. Ce livre a fait l'objet d'une chronique d'Alain Gérard Slama sur France Culture.

En janvier 2006, plusieurs articles dans le hors série du Nouvel Observateur intitulé La Bible contre Darwin ont fait état des travaux de Jean Staune les décrivant comme une version française du dessein intelligent, théorie qui a une importante notoriété aux États-Unis et qui subi actuellement de nombreux démentis du monde scientifique. Sur ce sujet, sa position y était décrite comme faisant partie d’« une dérive créationniste » en France. Ce thème a également été développé dans un article[15] du journal Le Monde auquel il a répondu[16] en affirmant qu’il « soutient avec la plus grande force la théorie de l’évolution (le fait que tous les êtres vivants aient un ancêtre commun) et [je] dénonce le créationnisme (la conception selon laquelle les êtres vivants auraient été créés séparément) dans toutes ses interventions et écrits sur ce sujet ». En fait, une vision ultra simplifiée de l'argumentaire de certains défenseurs de l'évolution darwinienne comme le magazine Science et Vie (qui met en exergue le fait que des courants comme le dessein intelligent relève du créationnisme déguisé) est que la différence entre créationnisme et évolution est l'acceptation du hasard comme responsable de l'apparition des espèces, et le magazine considère Jean Staune comme néo-créationniste entre autres pour son prêche de l'évolution guidée.

Université Interdisciplinaire de Paris[modifier | modifier le code]

Jean Staune est le cofondateur et secrétaire général de l'association de loi 1901 nommée Université interdisciplinaire de Paris. Comme d'autres universités populaires, l'UIP organise des colloques sur différents thèmes scientifiques et sociétaux.

Depuis sa fondation en 1995, elle a reçu plusieurs centaines d’intervenants, dont 20 Prix Nobel, lors de colloques organisés en collaboration avec l’Unesco, à la Sorbonne ou au Sénat. Elle soutient également des programmes de recherches internationaux dans plus d’une dizaine de pays et dans plus d’une vingtaine d’universités.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les clés du futur. Réinventer ensemble la société, l'économie et la science, Plon, Paris, 2015
  • La science en otage. Comment certains industriels, écologistes, fondamentalistes et matérialistes nous manipulent, Presses de la Renaissance, Paris, 2010
  • Au-delà de Darwin. Pour une autre vision de la vie, Jacqueline Chambon Éditions, 2009
  • Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique, Presses de la Renaissance, 2007 - rééd. Fayard, 2017
  • Jean Staune (dir.), Science et quête de sens, Presses de la Renaissance, 2005
    Textes de Christian de Duve, Trinh Xuan Thuan, Bernard d'Espagnat, Charles Townes, Ahmed Zewail, William Phillips, Jean Kovalevsky et d'autres.
  • Jean Staune (dir.), L'Homme face à la science, Criterion, 1992
    Textes de Hubert Reeves, Ilya Prigogine, René Lenoir, Jacques Arsac et d'autres.
  • Michael Behe, La Boîte Noire de Darwin - Intelligent Design, dans la collection Science et Quête de Sens sous la direction de Jean Staune, Presses de la Renaissance, 2009
    Préface de Pierre Perrier (conseil scientifique de l'UIP)
  • Lucien Daly (auteur), Pierre Perrier (postface), Jean Staune (préface) Dieu, les miracles et la science, Tatamis, 350p. 2012

Débats et controverses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF
  2. « M. Jean Staune n'est pas chercheur » in Darwin et "Avatar" : une réponse à Jean Staune, Jean-Baptiste André et Nicolas Baumard, par Vincent Fleury, Le monde, Idée, 2010
  3. Marie-Laure Théodule, "Faut-il dialoguer avec les créationnistes ?", La Recherche daté du 10 mai 2010 [1]."Ainsi en France, l’université interdisciplinaire de Paris et son secrétaire général Jean Staune organisent des conférences à tendance créationniste même s’ils s’en défendent."
  4. [2]
  5. STOQ - Università Gregoriana
  6. Jean Staune, Au-delà de Darwin. Pour une autre vision de la vie, Jacqueline Chambon Éditions, , p. 221-222
  7. Canal Académie : Notre existence a-t-elle un sens ?
  8. La philosophie des sciences appliquée au management
  9. Ni Davos, Ni Porto Alegre [3]
  10. Entrevue sur Enquête & Débat [4]
  11. http://www.staune.fr/spip.php?page=article_pdf&id_article=97
  12. [http://users.ox.ac.uk/~theo0038/Muslim-Christian%20conference%2006.htm Muslim-Christian Conference 2006: overview
  13. Jean Staune et la religion
  14. http://philnet.org/rbp/IMG/doc/JeanSTAUNE_evolution_mars07.doc
  15. Michel Alberganti, "Le jeu de masques du néocréationnisme français", Le Monde daté du 2 septembre 2006 [5].
  16. Le Monde daté du 14 septembre 2006.