Jean Schneider (médiéviste)

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Jean Schneider est un médiéviste français, né le et mort le . Spécialiste de l'histoire du Bas Moyen Âge, il fut professeur d'histoire médiévale à Nancy II et directeur d'études à l'École pratique des hautes études, IVe section. Il était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Schneider naît le , à Metz, une ville de garnison animée du Reichsland Elsaß-Lothringen[1]. Il a fait ses études supérieures d'histoire aux universités de Besançon et de Strasbourg jusqu'à l'agrégation. Nommé professeur au lycée de Sarreguemines, au lycée de Metz (1932-1939), puis au lycée de Montpellier pendant l'occupation. Chargé d'enseignement à l'université de Nancy (1943), il fut arrêté en janvier 1944 par la gestapo et déporté au Struthof puis à Dachau.

Il ne revint à Nancy qu'en mai 1945, où il soutint sa thèse de doctorat d'État sur la ville de Metz aux XIIIe et XIVe siècles (1948). Il occupa dès lors la chaire d'Histoire du Moyen Âge à la Faculté des Lettres. Il occupa le poste de doyen (1954-1956 ; 1959-1968) et s'occupa de la construction de la nouvelle faculté. Parallèlement, il devint directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1957-1974), tout en poursuivant ses propres recherches sur la Lorraine et sur la civilisation médiévale. Il rentra à l'Académie Stanislas[2] et fut élu en 1968 membre de l'Institut de France (Académie des inscriptions et belles-lettres). Il est à noter que malgré les demandes de carrières parisiennes, il préféra faire une carrière provinciale.

Sa retraite prise, il continua ses recherches. Jean Schneider s'éteignit le . Son épouse Marie-Thérèse est décédée en 2008.

Postérité[modifier | modifier le code]

Jean Schneider a marqué et marque encore les esprits : Guy Bois, médiéviste, parle ainsi de son « despotisme éclairé »[3].

Titres et qualités[modifier | modifier le code]

  • Correspondant français de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
  • Membre de la Société nationale des antiquaires de France (Paris).
  • Membre du Comité français des sciences historiques (président), du Comité consultatif des Universités (vice-président), du Comité national de la recherche scientifique et du Conseil de l'enseignement supérieur.
  • Membre de l'Académie nationale de Metz et de l'Académie Stanislas (Nancy).
  • Docteur honoris causa de l'université de Liège.
  • Commandeur de l'ordre du Mérite (Allemagne).
  • Commandeur de la Légion d'honneur.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • « Étude sur la fortune d'un patricien messin du XIIIe siècle, Arnoul Aixiet », in Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine, 1938.
  • « Note sur quelques documents concernant les cités lorraines au Moyen Âge », in Revue historique de la Lorraine, 1949.
  • La Ville de Metz aux XIIIe et XIVe siècles, thèse de doctorat, 1950.
  • La cité de Verdun à la veille du Voyage d'Austrasie, Berger-Levrault, 1952.
  • Recherches sur la vie économique de Metz au XVe siècle. Le livre de comptes des merciers messins Jean le Clerc et Jacquemin de Moyeuvre (1460-1461), 1951.
  • Histoire de la Lorraine, coll. Que sais-je ?, 1951, rééd. 1967.
  • Jean Schneider, Jean-Jacques Salverda de Grave, Eduard-Maurits Meijers, Le Droit coutumier de la ville de Metz au Moyen Âge, 1951-1967.
  • Les Villes allemandes au Moyen Âge. Compétence administrative et judiciaire de leurs magistrats, in Recueils de la Société Jean Bodin, 1956.
  • Clément Kieffer, co-écrit avec Gérald Collot, Éditions des musées de Metz, 1967.
  • Les Origines des chartes de franchises dans le royaume de France (XIe-XIIe siècles) 1968.
  • Lorraine et Bourgogne, 1473-1478. Choix de documents, 1982.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’Express, no 2937, du 18 au 24 octobre 2007, dossier « Metz en 1900 »
  2. (fr) « SCHNEIDER Jean Eugène Adrien », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)
  3. « Le petit monde des médiévistes est structuré par des réseaux de pouvoirs, fortement centralisés, dont le CNU constitue le noyau central. Il en résulte une logique implacable. Pour la plupart, les perspectives de carrière implique allégeance à ce noyau. Inversement, ce noyau, à défaut de prestige scientifique (on est loin du despotisme éclairé de E. Perroy ou de J. Schneider), ne doit sa prééminence qu'a un stricte exercice du pouvoir. », Guy Bois, Réponse, in Médiévales, no 21, 1991, page 100.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]