Jean Riolan (1577-1657)

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Jean Riolan
Portrait de Jean Riolan
Jean Riolan le Jeune.
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à AmiensVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Père Jean RiolanVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Anatomiste (d), professeur et médecinVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Collège de France (-)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Riolan, dit le Jeune, né en à Amiens[1], ou le 20 février 1580 [2] à Paris, et mort le , est un médecin français. Il est connu pour son opposition à la théorie de la circulation du sang.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean Riolan (1539-1605), dit l'Ancien, médecin lui aussi, et doyen de la faculté de médecine de Paris en 1584.

Reçu docteur en 1604, il est nommé médecin ordinaire du roi Henri IV, puis de Louis XIII. Il devient premier médecin de la reine mère Marie de Médicis, il lui témoignera fidélité en la suivant dans l'exil (1632) pour ne la quitter qu'à sa mort (Cologne, 1642).

Dès 1613, il obtient la chaire d'anatomie et de botanique du Collège Royal. Un an plus tard il ouvre un cours particulier de dissection pour les étudiants. Par ses travaux, il est surnommé en son temps « prince des anatomistes »[3].

Il sollicita et obtint la formation d'un jardin de botanique (ancêtre du Jardin du Roi, aujourd'hui Jardin des plantes), qui fut établi par Louis XIII en 1626.

Après une dizaine d'années d'interruption consacrées à la reine mère, il reprend l'enseignement de 1642 à 1654. Il cède alors son poste, pour cause de maladie, au successeur qu'il s'est choisi, Guy Patin[3].

Riolan souffre d'inflammations oculaires, de goutte, de fièvres... et il a subi deux opérations de la taille. Il boit tous les jours du vin pur, contrairement à l'habitude de l'époque de « tremper son vin comme il faut ». Il meurt le 19 février 1657 après une anurie de 56 heures[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Riolan le Jeune est considéré par ses contemporains comme une « bibliothèque vivante », érudit et éloquent, il jouit d'un prestige européen, mais c'est aussi un homme intransigeant qui n'aime pas la réplique[3].

Comme son père Riolan l'Ancien, il est partisan de la médecine de Galien, et très opposé aux nouveautés. Il combat violemment les partisans de la médecine chimique ou iatrochimie qui « sont les démons du genre humain en leur sorte, principalement quand ils se servent d'antimoine »[3].

Pour la querelle de l'antimoine qui dura près d'un siècle, voir dans :

Il est surtout connu pour son Anthropographie (1618), description anatomique de l'homme, et ses Opuscula anatomica (1649).

Dans ce dernier ouvrage, il critique la découverte du système lymphatique par Thomas Bartholin[4] et celle de la circulation du sang par William Harvey[5] ; il fut lui-même combattu par Harvey[6], par Bartholin et par Domenico Marchetti (it)[7], successeur de Johann Vesling à Padoue et maître de Bartholin.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean Riolan le jeune par Lasne, 1626

Publications traduites[modifier | modifier le code]

  • (en) A sure guide, or, The best and nearest way to physick and chyrurgery — Nombreuses éditions

Éponymie[modifier | modifier le code]

Arcade de Riolan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Louis Marie Prudhomme, « Somme », Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, vol. 5,‎ (lire en ligne).
  2. « Jean Riolan (1580-1657) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 26 septembre 2015)
  3. a b c d et e Théodore Vetter, Un siècle d'histoire de la circulation du sang 1564-1664, Documenta Geigy, , chap. fascicule 4 (« Les anticirculateurs »), p. 42-44.
  4. Bartholin lui avait dédié son livre Vasa lymphatica avec ses éloges (« Maximo … anatomico » (« très grand anatomiste »). Le dédicataire avait republié l'ouvrage en France la même année, tout en le faisant précéder d'une attaque en règle : dans la seule page 2, Bartholin se voit traiter de faux modeste, de montagne qui accouche d'une souris et d'homme de mauvaise foi (parce qu'il prétend ajouter à Pecquet).
  5. Sur ce sujet : Roger French, William Harvey's Natural Philosophy, Cambridge University Press, 2006 (ISBN 0521031087 et 9780521031080).
  6. William Harvey, La circulation du sang — Des mouvements du cœur chez l'homme et les animaux — Deux réponses à Riolan, trad. Charles Richet, Paris, Masson, 1879.
  7. (la) Dominici de Marchettis Patavini, Petri Equitis, Professoris Filii, Anatomia : cui responsiones ad Riolanum, anatomicum Parisiensem, in ipsius animadversionibus contra Veslingium additae sunt.
  8. Mais voir « Riolan's arch : confusing, misnomer, and obsolete. A literature survey of the connection(s) between the superior and inferior mesenteric arteries », dans Am J Surg., 2007 Jun;193(6):742-8 PMID 17512289.
  9. « AOR, named after Jean Riolan, a French anatomist, is also known as meandering mesenteric/central anastomotic artery. It connects middle colic branch of SMA with left colic branch of IMA that runs close to the root of the mesentery. » : Sureka Binit et Mahesh Kumar Mittal, « Arc of Riolan », dans Indian J Med Res., juin 2014, 139(6), p. 965–966. PMID PMC4165021 PMC4165021.
  10. « Artère siégeant dans le mésocôlon transverse et constituant une anastomose entre le système de l’artère mésentérique supérieure par l’artère colique droite et celui de l’artère mésentérique inférieure par l’artère colique gauche. »
  11. a et b A. Manuila, Dictionnaire français de médecine et de biologie, Masson, 1970-1975.
    en 4 volumes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The circulation of the blood
    Comparaison des théories de la circulation du sang de Harvey, Riolan et Descartes
  • (en) Allen Debus (en), The chemical philosophy: Paracelsian science and medicine in the sixteenth and seventeenth centuries, New York, Science History Publications, 1977.
  • (de) Fred Rihner, Jean Riolan, der Jüngere (1580-1657) : Gedenkschrift zum 400. Geburtstag, Zürich, W. Woodtli, 1980

Liens externes[modifier | modifier le code]