Jean Richer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Richer et Jean Richer (graveur).
Jean Richer
CD009-Richer Guyane.jpg

Observations astronomiques et gravimétriques faites en l'île de Cayenne Jean Richer, d'après une gravure de Sébastien Leclerc.

Informations
Naissance
Décès
Activité

Jean Richer (1630-1696) est un astronome et navigateur, nommé à l'Académie des sciences en 1666.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il participe, le 21 juin 1667, en compagnie notamment de Auzout et de Picard, au tracé d'une ligne méridienne au futur emplacement de l'Observatoire de Paris[1].

Envoyé en mission à Cayenne en 1672, il y étudie la planète Mars en conjonction avec le travail de Jean-Dominique Cassini à Paris, ce qui permet de déterminer la parallaxe de cet astre.

Pendant une opposition de Mars (c’est-à-dire lorsque Mars, la Terre, et le Soleil sont alignés, dans cet ordre), des mesures simultanées à Paris, à Cayenne, et en Angleterre ont lieu en 1672[2] : la distance Terre-Soleil, déduite de la mesure de la parallaxe, ressort à quelque 140 millions de km. Il s'agit d'un moment « historique » méconnu : la taille du système solaire, telle qu'on l'imaginait jusqu'alors, se dilate brusquement d'un facteur 20. En effet, depuis Ptolémée, on croyait que le Soleil se trouvait à 7 millions de km de la Terre. Johannes Kepler avait bien pressenti que cette distance, que l'on appelle de nos jours l'unité astronomique (ua), était au moins trois fois plus grande.

Toujours en Guyane, Richer observe aussi qu'un pendule bat plus lentement à Cayenne qu'à Paris, confirmant une hypothèse de Huygens[3] sur une diminution de la pesanteur en s'approchant de l'équateur, due à la force centrifuge. Cette première observation est reproduite à plusieurs occasions[4] dans diverses expéditions dans les décennies qui suivirent, conduisant Newton en 1687 et Huygens en 1690 à considérer que la Terre est une sphère aplatie par la force centrifuge[5]. Comme cela contredit les mesures de Cassini, il s'ensuit une polémique que les voyages de Maupertuis en Laponie ainsi que ceux de Bouguer et La Condamine[6] en Équateur permettent de résoudre en 1736.

Histoire naturelle[modifier | modifier le code]

En 1679, Jean Richer publie, en annexe à ses calculs d'astronomie effectués en Guyane, quelques remarques sur le sang chaud des marsouins et la sobriété des crocodiles ; il fait à ses dépens l'expérience de la décharge électrique par laquelle l'anguille tremblante paralyse ses proies et va même jusqu'à disséquer un pécari[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, Registres de l'Académie des sciences, vol. 1, t. 3, manuscrit,‎ (lire en ligne), p. 73.
  2. Article de Yael Nazé, p. 27
  3. En 1659, Huygens détermine l'expression de la force centrifuge. En 1666, il soupçonne que celle-ci contribue à diminuer la pesanteur à l'équateur. Œuvres complètes de Huygens, tome XVIII, p.635-636
  4. Les études de Richer sur le pendule seront poursuivies par celles de Halley à Sainte-Hélène, de Varin dans l'île de Gorée, de Helder et de Graaf au cap de Bonne-Espérance
  5. Newton prévoit un aplatissement de 1/230 environ compte-tenu de la force centrifuge et de la force de gravitation, alors que Huygens ne prévoit qu'un aplatissement de 1/580 due à la seule force centrifuge. La valeur actuelle est de l'ordre de 1/300. Œuvres complètes de Huygens, tome XXI, p.383
  6. Florence Trystram, Le procès des étoiles : récit de la prestigieuse expédition de trois savants français en Amérique du Sud et des mésaventures qui s'ensuivirent, 1735-1771. Paris : Payot, 1993 (p. 227).
  7. Jean Richer, « Remarques sur quelques animaux et poissons » dans Observations astronomiques et physiques faites en l'isle de Caïenne, Paris, 1679, p. 70-71.