Jean Malrieu

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Jean Malrieu
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Biographie
Naissance
Décès
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BruniquelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Robert Emmanuel Jean MalrieuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions

Jean Malrieu, né à Montauban le et mort à Bruniquel le [1], est un poète français. Présenté par Pierre Dhainaut comme un « Homme du Sud », Jean Malrieu aimait se définir comme « un Occitan de langue française »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Malrieu naît le 29 août 1915, d'un père contrôleur des Postes, historien local et militant au parti socialiste. Un oncle bibliothècaire et membre d'un cercle spirite, poète amateur, fait naître chez lui le goût du merveilleux et du latin[3] Pendant son enfance, il écrit des romans d'aventures inspirés de Loti et des poèmes d'inspiration romantique et symboliste. Il est scolarisé au lycée Ingres de Montauban[3].

En 1933, il fait partie d’un groupe de jeunes gens rassemblés autour de Georges Herment, l’ami de Pierre Reverdy. Il découvre alors la poésie et le jazz. Son premier poème, publié dans la revue Jazz hot en 1935, rend hommage à Duke Ellington. Il correspond avec Max Jacob et Jean Cocteau.

En 1934 il rencontre Marie-Thérèse Brousse, dite Lilette, qu’il épouse en 1937 et à laquelle toute son œuvre est dédiée.

Il commence à Paris des études de droit pour lesquelles il a peu de goût, puis accomplit en 1936 son service militaire à Montpellier. Pendant la Guerre d'Espagne, il prend position pour les républicains, et pour le Front populaire. En 1938, il travaille brièvement dans la pharmacie de ses beaux-parents.

Mobilisé en 1939, il passe l'hiver à Bœrsch en Alsace. Après la débâcle, il retourne à Montauban.

À partir de 1942, il exerce divers métiers, avant de devenir instituteur. Il se lie avec le poète occitan Félix Castan. À la libération, il adhère au Parti communiste. En 1945, il apprend que sa grande sœur et son beau-frère, résistants, sont morts en déportation.

En 1948, il est nommé à Marseille. En 1950, il prend contact avec Elsa Triolet et Louis Aragon, qui le publient dans Les lettres françaises. Au même moment, il se lie avec Jean Tortel qui le publie dans les Cahiers du Sud. Avec Gérald Neveu, il fonde l'Association des poètes de Marseille et sa revue Action poétique.

À partir de 1953, il noue des relations amicales avec les surréalistes et rencontre André Breton à partir de la publication de son recueil Préface à l’amour en 1953. Il collabore à plusieurs publications du mouvement surréaliste.

Il prend ses distances avec le PCF en 1956 après l’intervention soviétique en Hongrie[3]. Il évolue d’une écriture lyrique vers une écriture plus sèche, parfois plus angoissée, mais toujours attentive aux objets du quotidien, aux animaux, aux plantes et à la terre qui les porte. Il affirmait que la poésie « exige un langage de rigueur ».[réf. nécessaire]

Il fonde en 1970 la revue Sud (1970), qui devaient poursuivre l’action des Cahiers du Sud. En 1975, il quitte l'enseignement. Il meurt à l'hôpital de Montauban le 24 avril 1976. Il est enterré le 27 avril à Penne. On peut lire sur l'épitaphe :

« Même le temps est accepté, ce provisoire des merveilles[3]. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Préface à l’amour, Marseille, Cahiers du Sud, 1953 - prix Guillaume-Apollinaire
  • Vesper, 1963 - prix Artaud
  • Le Nom secret suivi de La Vallée des Rois, introduction de Georges Mounin, Honfleur, Pierre Jean Oswald, 1968
  • Nous ne voulons pas être heureux, Éditions Encres vives, Engomer, 1969
  • Préface à l'amour suivi de Hectares de Soleil, Honfleur, Pierre Jean Oswald, 1971
  • Le Château cathare, Paris, Seghers, 1972
  • Possible imaginaire, Paris, Pierre Jean Oswald, 1975
  • Le Plus Pauvre Héritier, lithographies d'Adrien Dax, Paris, Privat, 1976
  • Les Maisons de feuillages, éditions Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1976
  • Les maisons de feuillage avec deux collages de Jean-Baptiste Lysland, la louve de l'hiver (1976)
  • Mes manières instinctives (rédigé en 1958), Dijon, Brandes, 1978
  • Libre comme une maison en flammes - Œuvres poétiques 1935-1976, Paris, Le Cherche Midi, 2004
  • Avec armes et bagages (roman pré-publié dans la revue Europe n° 77 et suivants) Le Castor Astral, 1998
  • Penne d'Albigeois à travers l'histoire (écrit avec son fils Pierre Malrieu) PJO, 1969
  • Poids brut Carnets de la Guerre 39-40, Les Autanes 2019
  • Gerald Neveu, coll. « Poètes d'aujourd'hui », Seghers, 1974

Autre prix[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné au collège Jean Malrieu situé dans le 5e arrondissement de Marseille[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. Pierre DHAINAUT, « MALRIEU JEAN (1915-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 1 mars 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-malrieu/
  3. a b c et d Pierre Dhainaut, « Éléments biographiques », dans Jean Malrieu, Libre comme une maison en flamme, Le cherche midi, 2004, p.499-511.
  4. « Prix Archon-Despérouses / Académie française », sur academie-francaise.fr (consulté le ).
  5. « Collège Collège Jean Malrieu », sur ac-aix-marseille.fr (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Malrieu. L’Inquiétude et la Ferveur : ouvrage collectif comportant des inédits de Jean Malrieu ainsi que des études d’écrivains et d'universitaires sur différents aspects de son œuvre ; disponible au laboratoire Babel de l’Université de Toulon, 2004
  • Jean Malrieu de Pierre Dhainaut, éd. des Vanneaux, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]