Jean Le Bitoux

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Jean Le Bitoux
Description de cette image, également commentée ci-après
Yves Navarre et Jean Le Bitoux en avril 1981.
Nom de naissance Jean Le Bitoux
Naissance
Bordeaux (France)
Décès (à 61 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Professeur d’éducation musicale
Journaliste
Autres activités

Jean Le Bitoux, né le à Bordeaux et mort le à Paris, est un journaliste et historien de la déportation homosexuelle français.

Il est une figure du militantisme homosexuel français. Cofondateur du journal Le Gai Pied en 1979, il a milité pour les droits des homosexuels en France[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

24 avril 2005, Journée nationale du souvenir de la déportation à Paris. La police empêche Jean Le Bitoux de participer à la cérémonie.

À Nice, en 1969-1970, Jean Le Bitoux (fils d’amiral et en rupture avec sa famille) est élève de la classe de propédeutique musicale du Lycée Honoré d'Estienne d'Orves. Parallèlement (après avoir participé aux débats sur les questions liées à l'homosexualité, à la Sorbonne en Mai 1968)[3], il va progressivement devenir un militant de cette cause. Il est vite rejeté par les maoïstes de la Gauche Prolétarienne (alors très en vue) qu'il découvre rapidement homophobes[4]. Il participe activement à un des trois GLH (groupe de libération homosexuelle) parisiens.

À Paris, il est d'abord professeur de musique de l’Éducation nationale, avec laquelle il a quelques démêlés, du fait d'un esprit rebelle et sans compromission, renforcé par un humour corrosif. Pianiste classique amateur, Jean Le Bitoux accompagne au concert le chanteur haute-contre Thierry Roth-Platen, au début des années 1980, dans le spectacle Arts scéniques et vieilles dentelles[5], parodiant avec humour une certaine tradition du romantisme macabre : les deux interprètes commencent par sortir de leur cercueil…

Il devient journaliste pigiste au quotidien Libération. Il se présente aux élections législatives de 1978 dans le 6e arrondissement de Paris avec le soutien du Groupe de libération homosexuelle-Politique & Quotidien (GLH-PQ)[6].

Il crée en 1979 Le Gai Pied avec quelques amis[7]. Jean Le Bitoux est mis en minorité en 1983 pour des raisons éditoriales et économiques. Lorsqu’il démissionne avec la quasi-totalité des journalistes, le journal continue vers une orientation plus commerciale. Il disparaît en 1992, après 541 numéros.

En tant qu’intellectuel et militant, Jean Le Bitoux s’investit dans la lutte contre le sida, en participant à AIDES dès 1985[8],[9]. Très attaché à l’histoire et à ses oublis, il milite activement pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Directeur de recherches en 1992 du Centre d’archives et de documentations homosexuelles de Paris (CADHP), créé avec le soutien de la mairie de Paris, il est licencié pour cause d'absence de résultats[10].

Jean Le Bitoux crée le Mémorial de la Déportation Homosexuelle, qu'il préside à sa fondation, et révèle le calvaire de l’Alsacien Pierre Seel, déporté pour homosexualité au camp de Schirmeck, avec qui il publie Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel en 1994. Sur ce thème, il écrit en 2002 Les oubliés de la Mémoire.

Jean Le Bitoux meurt le . Il est incinéré au colombarium du Père Lachaise, puis selon ses dernières volontés, ses cendres sont enterrées au pied d’un baobab dans le village de Pesseribougou au Mali[11].

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

Un jardin public de la ville de Montreuil-sous-Bois, angle des rues Paul Bert et Étienne Marcel[12], porte son nom depuis le [13].

La bibliothèque du Centre LGBT Paris-Île-de-France, porte le nom de Jean Le Bitoux et une plaque y est apposée[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Le Bitoux passeur de mémoire, 1948-2010, recueil de textes dirigé par Hussein Bourgi, Mémoire active 2010. (ISBN 978-2-908185-74-4)
  • Le Gai Tapant, Jean Le Bitoux, le « Harvey Milk » français, film documentaire de Voto & Goa, 54 min, DVD Épicentre Films 2011. [3]
  • Michael Sibalis, « Le Bitoux, Jean (b. 1948) », Who's Who in Contemporary Gay & Lesbian History from World War II to the Present, dirigé par Robert Aldrich et Garry Wotherspoon, Londres, Routledge, 2001, pages 240–241. (ISBN 0-415-22974-X)

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Christophe Broqua, À propos de l'homosexualité masculine et du sida, Mouvements, 5/2004, no 35, p. 166-171, texte intégral.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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