Jean Joseph Ange d'Hautpoul

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Jean Joseph Ange d'Hautpoul
Le général Jean Joseph Ange d'Hautpoul.
Le général Jean Joseph Ange d'Hautpoul.

Naissance
Château de Salettes (Cahuzac-sur-Vère)
Décès (à 52 ans)
Bataille d'Eylau
Mort au combat
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1769-1807
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Commandement Régiment de Languedoc
Grosse cavalerie à l'armée de Sambre-et-Meuse
7e division de cavalerie à l'armée de Mayence
2e division de cuirassiers à la réserve de cavalerie de la Grande Armée
Faits d'armes Bataille de Fleurus
Bataille de Stockach
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Eylau
Distinctions Grand aigle de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 16e colonne
Rue d'Hautpoul (Paris)
D'Hautpoul, navire de la classe Téméraire
Statue à Gaillac [1]
Autres fonctions Sénateur
Inspecteur général de la cavalerie

Jean Joseph Ange d'Hautpoul, né le au château de Salettes, à Cahuzac-sur-Vère, dans l'actuel département du Tarn et mort le des suites d'une blessure reçue à la bataille d'Eylau, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Il commence sa carrière militaire en 1769 et entre en 1777 au régiment de Languedoc-Dragons. Colonel en 1792, il se bat à Fleurus ce qui lui vaut les épaulettes de général de brigade. Il passe ensuite comme divisionnaire aux armées de Sambre-et-Meuse et de Mayence sous les ordres du général Jourdan qui le tient pour responsable de sa défaite à Stockach. Acquitté, il participe en 1800, à plusieurs affrontements en Allemagne avant d'être nommé inspecteur général de la cavalerie et commandant de la cavalerie du camp de Saint-Omer par Napoléon Bonaparte en 1803.

Sous le Premier Empire, le général d'Hautpoul prend le commandement de la 2e division de cuirassiers appartenant à la réserve de cavalerie du maréchal Murat. Il charge en 1805 à Austerlitz sur le plateau de Pratzen puis en 1806, à Iéna et à Lübeck. En 1807, pendant la campagne de Pologne, ses cuirassiers enfoncent les Russes à Hoff et deux jours plus tard, il prend part à la gigantesque charge de cavalerie de Murat lors de la bataille d'Eylau. Il y est grièvement blessé par un biscaïen. Ayant refusé l'amputation prescrite par Larrey, il meurt le à Worienen[1],[2],[Note 1].

États de service[modifier | modifier le code]

Né d'une famille d'ancienne noblesse du Languedoc, il entre comme volontaire dans la légion corse à 15 ans en 1769, passe en 1771 dans les dragons de la légion de Dauphiné, puis en 1777 dans le régiment du Languedoc. De 1777 à 1792, il est cadet gentilhomme au régiment de Languedoc, où il finit colonel[3]. Il participe aux combats les plus mémorables de la Révolution : de 1794 et 1795, malgré ses origines nobles, grâce à l'intervention de ses soldats, il reste à la tête de ses troupes, et commande la cavalerie d'avant-garde de l'armée de Sambre-et-Meuse[4].

Guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean d'Hautpoul en uniforme de général de la Révolution.

Le , il se fait remarquer à la libération de Maubeuge. Exclu comme noble à Cambrai en , ses soldats exigent et obtiennent son maintien au corps. Le , il est nommé chef de brigade, et le suivant, il est promu général de brigade à titre provisoire à l'armée du Nord sous Ferrand. Il commande l'avant-garde de la cavalerie légère à l'armée des Ardennes sous Desjardin le , puis l'avant-garde sous Marceau le . Il passe à la division Dubois le , et le , il combat à Fleurus. Employé à l'armée de Sambre-et-Meuse le , il quitte la division Dubois le pour la division Lefebvre. Confirmé dans son grade de général de brigade par le Comité de salut public le , il se signale au combat de Blankenberge le . Le , il est blessé d'une balle à l'épaule gauche à la bataille d'Altenkirchen, et est remplacé par Richepance qu'il remplace à son tour lorsqu'il est blessé le . Le , il est élevé au grade de général de division et inspecteur de la cavalerie.

Il commande en chef la cavalerie lourde sous Grenier à l'armée de Sambre-et-Meuse le , sert au passage du Rhin à Neuwied le , puis il est désigné pour l'armée d'Angleterre le . Il commande la 7e division de cavalerie à l'armée de Mayence le , à l'armée du Danube le , sert à Ostrach le , puis à Stockach le , mais ayant désobéi et manqué une charge, il est suspendu de ses fonctions le , après une plainte déposée par le général en chef Jourdan. Il est acquitté par un conseil de guerre réuni à Strasbourg et remis en activité à l'armée du Rhin le . Il commande la réserve de cavalerie sous Ney le , sous Lecourbe en , puis sous Baraguey d'Hilliers en . Il fait partie du corps de réserve sous Moreau le , se signale à Engen le , à Biberach le , enfin à Hohenlinden le .

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Édouard Detaille, Le général d'Hautpoul à cheval, 1912.

Il est nommé inspecteur général de la cavalerie par le Premier Consul puis il fait partie du camp de Compiègne le . Il commande la cavalerie au camp de Saint-Omer le . Le , il commande la 2e division de cuirassiers à la réserve de cavalerie de la Grande Armée sous Murat. À la bataille d'Austerlitz le , il enfonce le centre russe par une charge de cavalerie sur le plateau de Pratzen[3]. Napoléon Ier le fait le grand aigle de la Légion d'honneur et le nomme sénateur avec une pension annuelle de 20 000 francs le . Jean Joseph Ange d'Hautpoul sert ensuite en Prusse à Iéna le 14 octobre 1806 et à la prise de Lübeck le [5]. Il est employé avec sa division au 2e corps de cavalerie de Bessières le , puis sous Murat de nouveau le . À la bataille d'Eylau, après avoir exécuté deux charges à la tête de sa division de cuirassiers, il est blessé lors d'une troisième, atteint d'un biscaïen[5]. Refusant d'être amputé d'une jambe, contre l'avis du chirurgien Larrey, il meurt cinq jours après le de septicémie[5].

Jean Joseph Ange d'Hautpoul est dans un premier temps inhumé à Vornen, près d'Eylau. En 1840, son fils le comte Alphonse Napoléon d'Hautpoul ramène ses restes dans le caveau familial du cimetière parisien du Père-Lachaise (43e division), tandis que le cœur du général est déposé dans la crypte des gouverneurs aux Invalides. Napoléon ayant ordonné qu'une partie des canons pris à Eylau soit employée à la fonte d'une statue représentant le général d'Hautpoul, revêtu de l'uniforme des cuirassiers, celle-ci est érigée à Gaillac le , avec le bronze de 24 canons, mais est renversée le , sur ordre du régime de Vichy puis fondue pour soutenir l'effort de guerre nazi[6]. Le nom d'Hautpoul est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile. Sa veuve, Alexandrine Suzanne Daumy († 1862) — dont il a eu Alphonse Napoléon (1806-1889), baron d'Hautpoul et de l'Empire (), saint-cyrien (7e promotion : 1824-1826), maire de Trouville (1845) — se remarie le à Paris VIIIe, avec Louis, comte Leclerc des Essarts (1770-1820), général d'Empire.

Décoration et titres[modifier | modifier le code]

Le général d'Hautpoul.
Tombe de Jean Joseph Ange d'Hautpoul.

Armoiries[modifier | modifier le code]

« D'or à deux fasces de gueules accompagnées de six coqs de sable crêtés, becqués et barbés de gueules, posés 3, 2 et 1 »[7].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le général d'Hautpoul a donné son nom à une rue du 19e arrondissement de Paris, près du Parc des Buttes-Chaumont.
  • Un des salons de l'hôtel-restaurant du château de Salettes porte son nom[8].
  • Le Dégourdy's Club a pris pour idole le général d'Hautpoul, lui qui est « le plus fondu des Gaillacois », sa statue ayant été fondue par les Allemands le pour en récupérer le bronze.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouvera également les graphies de Vornienen, Vonrinen, Vornen, ou encore Vaurinen.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Worienen » est le nom allemand de « Woryny », en vigueur en 1807 pour ce village de Prusse-Orientale.
  2. (en) Colmar von der Goltz (trad. C. F. Atkinson), Iena to Eylau – The Disgrace and the Redemption of the Old-Prussian Army, Pickle Partners Publishing, (1re éd. 1913), 193 p. (ISBN 978-1-908902-41-2, lire en ligne), note 226.
  3. a et b Capelle et Demory 2008, p. 136.
  4. Capelle et Demory 2008, p. 136.
  5. a, b et c Capelle et Demory 2008, p. 137.
  6. « Tarn (81) – Gaillac – Statue (grandeur nature) et son socle : général Jean-Joseph d'Hautpoul », Le patrimoine de Midi-Pyrénées, patrimoines.midipyrenees.fr.
  7. Voir le blason sur le site Napoléon & Empire (consulté le 29 août 2010).
  8. www.chateaudesalettes.com.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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